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Cette rubrique née en 2012 s’éteindra quand ils auront cessé de nous tourmenter. Voraces, vulnérants, puants, sales, mordants, vecteurs, disparates, proliférants, bruyants, indéterminables, collants, importuns… les insectes nous insupportent et on ne va pas les laisser nous narguer jusqu’à la fin du monde. Nos aïeux ont inventé des procédés infaillibles pour les détruire, nous continuons dans cette voie. On lira ici un choix de recettes et de techniques remarquables ; l’OPIE ne les a pas toutes soumises à son impitoyable banc d’essai : en effet, pourquoi ne pas faire confiance à leurs inventeurs ou rapporteurs qui proclament leur efficacité ?
Donc, pour en finir avec les insectes, yaka…               
par Alain Fraval
Articles parus dans Insectes depuis le n° 166  et des inédits

Les encercler

« Pour attirer les fourmis au bas de l’arbre, présentez-leur un morceau de sucre ou du miel étendu sur un morceau de papier au bas de cet arbre : elles y accourront toutes : faites ensuite autour un cercle avec de la craie, elles n’oseront jamais franchir cette barrière, & vous les écarterez facilement. » - L'Albert moderne. Chez la veuve Duchesne (Paris), 1773.

Un internaute affirme que « les fourmis n'aimant pas la craie, il vous suffit de tracer un cercle magique autour de vos plantes pour opposer une barrière insurmontable aux affreuses ». à un clic de là, on vend des « craies magiques » ou des « craies chinoises » qui font barrière aux fourmis domiciliaires ; leur secret : elles incorporent un insecticide pyréthrinoïde.

Les percuter 

Une automobile roulant à 90 km/h, en été, rencontre fatalement entre 80 et plus de 160 insectes par kilomètre.

À (re)lire : La mortalité des insectes liée à la circulation automobile, par Jean-Pierre Chambon. Insectes n° 88 (1993-1). 


Les livrer aux poules

« […] le moyen de M. Giot, fermier à Chevry (Seine-et-Marne). Il consiste à conduire des centaines de poules en omnibus au milieu de ses champs et à les lâcher au moment les charrues marchent. Il faut les voir se jeter dans la raie, presque dans les jambes du laboureur. Pas un ver, pas une larve, pas un insecte n'échappent. En Normandie, les femmes et les enfants font la besogne des poules ; ils suivent la charrue et ramassent les vers blancs. » Petite école d'agriculture, par Pierre Joigneaux. La Maison rustique (Paris), 1878.

À la même époque, on a préconisé en Allemagne, l’usage de Hühnerwagen : des cages à poules grillagées sans fond – mais avec des poules marcheuses dedans – assemblées côte à côte, assujetties à un essieu reliant deux grandes roues et tirées par un cheval, à la vitesse adéquate.


Détruire leur habitat  

« Il y avait à cet endroit [au-dessus d'Orléans] une vaste forêt, de trente-cinq lieues de longueur et de dix-sept de largeur, ou à peu près. Celle-ci était horriblement riche et féconde en mouches à bœufs et en frelons, si bien que c'était un vrai coupe-gorge pour les pauvres bêtes de somme, ânes et chevaux. Mais la jument de Gargantua eut la revanche de tous les outrages qui y avaient été commis sur les bêtes de son espèce, dont elle vengea l'honneur par un tour auquel les insectes ne s'attendaient guère. Car dès qu'ils eurent pénétré dans la forêt en question et que les frelons lui eurent livré l'assaut, elle dégaina sa queue et dans l'escarmouche les émoucha si bien qu'elle en abattit toute la futaie. A tort, à travers, de çà, de là, par-ci, par-là, en long, en large, par-dessus, par-dessous, elle abattait les troncs comme un faucheur abat les herbes, de telle sorte que depuis il n'y eut plus ni bois ni frelons, et que tout le pays fut transformé en champs. » - Gargantua, par François Rabelais. Paris, 1534.

Le petit paragraphe qui suit est totalement hors sujet : « Ce que voyant, Gargantua y prit un bien grand plaisir et, sans davantage s'en vanter, dit à ses gens : "Je trouve beau ce."C'est pourquoi, depuis lors, on appelle ce pays la Beauce ». On chercherait en vain dans la suite de l’histoire les moyens de détruire les insectes ravageurs des céréales.

Les manger  

À (re)lire : Les insectes ; une ressource alimentaire d'avenir ? par Véronique Bizé. Insectes n° 106 (1997-3).

Les poudrer

« Lorsqu’on apperçoit quelque livre atteint, soit dans la couverture, soit dans le corps du volume, il faut verser dessus de la poudre de coloquinte, & en garder à cet effet dans une petite phiole bouchée d’un morceau de parchemin percé de plusieurs trous : il faut aussi de temps en temps battre les livres pour en faire sortir la poussière, & renouveller la coloquinte. » - L'Albert moderne. Chez la veuve Duchesne (Paris), 1773.

Un auteur allemand de cette époque, écrivant à la suite de l’attaque par les Anobium (Col. Anobiidés) de la bibliothèque de Göttingen, conclut que « là où une bibliothèque sert seulement de tapisserie ou de décoration des murs, sans qu’on s’en occupe autrement, il est parfaitement inutile de tenter quelque chose contre les insectes » - après avoir mentionné l’existence de « rapports français [qui] parlent d’insectes qui gloussent comme les poules, rongent les couvertures des livres, se nourrissent de la colle de pâte ». Où sont ces documents ? Bouffés par les anthrènes…

Les ensacher

« On suspend au plafond deux ou trois branches de genêt bien fournies de ramilles; ces branches sèchent rapidement et ressemblent à des petits balais. Les mouches qui, on ne sait pourquoi, affectionnent les couleurs sombres, vont, à l'approche de la nuit surtout, se poser par milliers sur ces ramilles. Pour les prendre on a un sac à ouverture assez large autour de laquelle on attache une baguette pliée en deux et non complètement brisée. Cette baguette fait ouvrir le sac d'une manière triangulaire ; or, il suffit d'ouvrir le sac, d'y faire entrer les rameaux où les mouches sont passées, de fermer les deux bâtons en tirant le sac en bas, et toutes les mouches sont enfermées. Ceci doit se faire très-vite, et le sac doit être très-long. […] C'est un des meilleurs et des plus amusants procédés qu'on puisse employer à la destruction de la mouche domestique. » - X. Thiriat. Journal d'agriculture pratique, vol. 3, 543 547 (1868).

Les peigner

À (re)lire : Le peigne à poux, de la préhistoire à nos jours,  par Jean-Marie Doby. Insectes n° 112 (1999-1).

Les effaroucher bestialement

Si un crapaud cloué sur la porte de la grange protège des charançons, alors que les criquets sont paralysés par des chauves-souris piquées au sommet des grands arbres (selon Démocrite), pour être débarrassé des chenilles des choux, il convient de fixer au sommet d’un piquet une écrevisse de rivière ou bien :

« Au temps de Pline, le grand naturaliste latin, on dressait un pal au milieu du carré de choux à protéger, et sur ce pal on disposait un crâne de cheval blanchi au soleil ; un crâne de jument convenait mieux encore. Pareil épouvantail était censé tenir au large la dévorante engeance. Ma confiance est très médiocre en ce préservatif ; si je le mentionne, c'est qu'il me rappelle une pratique usitée de notre temps, du moins dans mon voisinage. Rien n'est vivace comme l'absurde. La tradition a conservé, en le simplifiant, l'antique appareil protecteur dont parle Pline. Au crâne de cheval on a substitué la coquille d'un œuf dont on coiffe une baguette dressée parmi les choux. C'est d'installation plus facile ; c'est aussi d'efficacité équivalente, c'est-à-dire que cela n'aboutit absolument à rien. » - Jean-Henri Fabre. Souvenirs entomologiques, série X, ch. 2.

Les manger

 « Il y avait une fois une grand’mère qui avait beaucoup d'enfants et de petits-enfants. Chaque année, le jour de sa fête, elle réunissait toute sa famille à sa table et ce jour-là était impatiemment attendu par tous : on savait qu'on aurait, au dîner, un fameux et exquis plat de beignets dont la grand'mère avait la spécialité et le secret. Ces beignets avaient une réputation dans la petite ville qu'habitait la famille. Quand ils arrivaient sur la table tout fumants, dans leur belle pâte croquante et dorée, les enfants battaient des mains et passaient la langue sur leurs lèvres. C'était doux, onctueux, parfumé, délicat, et le fils aîné qui avait été militaire et qui savait bien des choses, prétendait que ‘c'était le bon Dieu en culotte de velours qui vous descendait dans l'estomac’. Vainement on avait prié, à maintes reprises, la grand’mère de divulguer le secret de ce plat, digne du palais des Dieux, qu'elle confectionnait elle-même dans le silence de sa cuisine et loin de tout œil indiscret. Enfin, un jour, elle se décida à livrer la recette de ce plat mystérieux. Les beignets si savoureux étaient tout simplement des vers blancs noyés dans du lait, entourés de pâte et cuits à point dans de la fine huile d'olives. »

Vers blancs et hannetons, par Cyrille de Lamarche, Le Magasin pittoresque, 1907, pp. 207-209.

Les anathémiser

« On peut faire pour la conservation des récoltes même ce qui est défendu par les lois: ainsi les enchantements, les sortilèges prohibés par le droit, sont permis toutes les fois qu'ils ont pour objet la conservation des fruits de la terre; on doit, à plus forte raison, permettre d'anathématiser les insectes qui dévorent les fruits, puisque, loin d'être défendu comme le sont les sortilèges, l'anathème est au contraire une arme autorisée et employée par l'Église. » - Barthélemi de Chasseneuz (XVIe siècle) in Procès contre les insectes, par Émile Agnel, 1858. En ligne à www.inra.fr/opie-insectes/av1858-1.htm

Les insectes traduits en justice – devant l’Officialité du diocèse, tribunal compétent - ont bénéficié de défenseurs. À (re)lire : Un précurseur de l’OPIE au temps de la Renaissance, par Vincent Albouy. Insectes n° 137 (2005-2)

Leur faire peur avec des fourmis

On indique, comme moyen très-propre à éloigner le charançon, un moyen qui consiste à porter dans le grenier une fourmilière ou un sac de fourmis que l’on y secoue. Les fourmis tombent sur les charançons, qui désertent aussitôt la place. On a reconnu, dit-on, l’efficacité  de ce moyen par une expérience de trente ans, à l’administration royale de Ludwigsburg (Würtemberg), où le garde-magasin désespérait de s’opposer aux ravages des charançons, lorsque M. Schoch d’Osterholz, veneur à la cour, lui enseigna ce procédé, qui délivra en deux jours les greniers des insectes nuisibles dont ils étaient infestés. (Dingler’s polytechnisches Journal). - Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale. 1870.


Les emmieller


On peut encore faire un piège constitué de deux planches enduites de miel, maintenues écartées par un bâton qu’on tire avec une ficelle quand les guêpes sont venues en grand nombre sur les planches, où elles se trouvent ainsi écrasées.
La Gazette du village (Paris) -Librairie agricole de la Maison rustique (Paris)-1912


Les graver

Par exemple, Ant. Misald, dans la Centurie des secrets mémorables, écrit, que pour chasser les mouches d’un endroit, de manière qu’on n’en revoie plus, on n’a qu’à faire tailler l’image d’une Mouche dans une pierre, et de la porter ensuite enchâssée dans une bague. Ou bien l’on n’a qu’à couper la figure d’une Mouche, Araignée ou Serpent, dans une plaque de cuivre ou d’étain, Secunda facie piscum ascendente, et prononcer, en courant, ces paroles, voici le simulacre qui chasse à perpétuité les mouches ; après quoi l’on enterre la figure qu’on a faite au milieu de la maison.
Les asphyxier 184

« La destruction des moustiques par le cactus épineux. Les procédés pratiques de destruction des moustiques, préconisés et essayés jusqu’à présent, ne sont pas nombreux et l’on n’avait même pas encore trouvé, à vrai dire, un procédé absolument efficace. Le Dr Saugeau de Puyberneau, chef du service de santé au Gabon, vient d’appeler l’attention sur les résultats qu’il a obtenus par l’emploi du cactus épineux ou figuier de Barbarie (Opuntia vulgaris), très répandu dans les régions chaudes où il rend de très grands services. Les raquettes du figuier de Barbarie servent à l’alimentation du bétail, les fruits fournissent de l’alcool ou sont consommés en nature, enfin la plante peut être utilisée comme clôture. De plus, ses feuilles grasses et charnues, hachées en morceaux, malaxées dans l’eau où elles produisent un mélange mucilagineux de consistance assez épaisse, peuvent, paraît-il, servir à la destruction des larves de moustiques. Ce mélange mucilagineux, qui monte à la surface du liquide, absolument comme le pétrole, projeté sur les corps ou plantes envahis de moustiques, empêche les larves de venir au contact de l’air. Peu à peu, le mucilage obstruant leurs trachées, les larves sont détruites au bout d’un temps variable, suivant l’épaisseur de la couche isolante soit de quinze à cinquante heures en moyenne. En dehors de cette action, et toujours comme avec le pétrole, les moustiques ne peuvent plus pondre sur le liquide, ou du moins leurs œufs ne peuvent plus se développer et donner naissance à de nouvelles larves. Il n’est même pas nécessaire de malaxer les feuilles de cactus dans l’eau pour obtenir le résultat désiré ; il suffit d’y jeter les morceaux découpés. Par osmose, le mucilage de la plante arrive à former la couche isolante nécessaire ; seulement, il faut davantage de feuilles et un temps plus long. Les feuilles de cactus, ainsi plongées dans l’eau fermentent légèrement si on les a malaxées, sinon le mucilage se mélange progressivement au liquide au fond duquel tombent les débris épidermiques de la plante, entraînant les poussières et la presque totalité des matières organiques, les larves mortes, etc. C’est à ce moment qu’il convient de renouveler l’opération. Le procédé est absolument inoffensif. Il est notamment sans action sur les poissons des  lagunes, qu’il y a intérêt à ne pas détruire. »
Par H. Blin. La Nature, 1909, n°1880, p. 36
Les manger

 « Il y avait une fois une grand’mère qui avait beaucoup d'enfants et de petitsenfants. Chaque année, le jour de sa fête, elle réunissait toute sa famille à sa table et ce jour-là était impatiemment attendu par tous : on savait qu'on aurait, au dîner, un fameux et exquis plat de beignets dont la grand'mère avait la spécialité et le secret. Ces beignets avaient une réputation dans la petite ville qu'habitait la famille. Quand ils arrivaient sur la table tout fumants, dans leur belle pâte croquante et dorée, les enfants battaient des mains et passaient la langue sur leurs lèvres. C'était doux, onctueux, parfumé, délicat, et le fi ls aîné qui avait été militaire et qui savait bien des choses, prétendait que ‘c'était le bon Dieu en culotte de velours qui vous descendait dans l'estomac’. Vainement on avait prié, à maintes reprises, la grand’mère de divulguer le secret de ce plat, digne du palais des Dieux, qu'elle confectionnait ellemême dans le silence de sa cuisine et loin de tout œil indiscret. Enfi n, un jour, elle se décida à livrer la recette de ce plat mystérieux. Les beignets si savoureux étaient tout simplement des vers blancs noyés dans du lait, entourés de pâte et cuits à point dans de la fi ne huile d'olives. »
Vers blancs et hannetons, par Cyrille de Lamarche, Le Magasin pittoresque, 1907, pp. 207-209. En ligne à www.inra.fr/opie-insectes/be1907-2.htm
Les noyer

 « Pour éradiquer les puces de façon naturelle, il suffi t de placer dans la pièce infestée une poêle de couleur claire, à-même le sol, avec de l'eau et une ou deux gouttes de produit de vaisselle. Installer dans la pièce une ampoule de 60 watts, si possible juste au-dessus de la poêle. Laisser ainsi passer la nuit, et au matin, on peut constater que les puces sont mortes, noyées dans la poêle ! Cette méthode peut être utilisée pour les puces de plancher, les puces de parquet et on arrive bien à les éliminer avec cette méthode naturelle. » Lu à www.trucsdegrandmere.com
La technique – à mettre en œuvre jusqu’à éradication de la peste – n’est pas publiée dans les revues d’entomologie. À (re)lire : Les puces du chien et du chat, par Michel Franc. Insectes n°143, 2006(4). En ligne à www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i143franc.pdf

Les faire se battre

 « Des joutes d’animaux de toutes tailles et de même espèce (taureaux, coqs, poissons, etc.) sont couramment organisées en Thaïlande. Offi cielles ou clandestines, elles sont l’objet de paris et drainent des passionnés de tous les horizons. Dans le Nord du pays, les combats de coqs laissent place, à la fi n de la saison des pluies, à l’organisation de combats de scarabées du genre Xylotrupes. De la collecte aux compétitions, les multiples opérations de sélection et de comparaison auxquelles les soumettent leurs propriétaires rendent compte d’une relation forte et inédite. » L’élevage de ces insectes est bien maîtrisé mais il ne fournit pas des combattants valables : on les déloge puis les ramasse en masse dans les bosquets de bambous et les cultures de longaniers.
À (re)lire : Duels en miniature : la délicate mise en scène des combats de scarabées au nord de la Thaïlande par Stéphane Rennesson, Nicolas Césard et Emmanuel Grimaud. Insectes n°151, 2008(4). En ligne à www.inra.fr/opie-insectes/pdf/i151renesson-et-al.pdf
par Alain Fraval
Dessin Jimmy Massoir
Écrire qu’il faut en fi nir avec eux

« Nous reste-t-il, de tant de bêtes que la nature avait façonnées avant nous, une seule espèce qui puisse encore menacer notre empire ? Peut-être l’insecte ? Celui-là, en effet, ne se replie pas. J’ai retrouvé des fourmis dans une ascension aux montagnes d’Aï, dans les déserts de pierre qui précèdent le sommet du Gers. Il y en a dans les pampas, dans les forêts des Amazones, dans les régions glacées du cercle polaire, dans les allées de nos jardins. La troupe effrayante des mouches, des moustiques, paraît indestructible... Il est de si petits insectes qu’ils échappent à nos microscopes, de si grands qu’ils semblent des oiseaux. Leurs proches parents, les arachnides, ont des territoires à eux, où l’homme ne peut pénétrer. Une immense araignée de l’Amazone nous regarde, nous terrorise... Elle pullule... Elle nous arrête. Et à côté de cet adversaire qui nous tient en échec, qui nous menace, nous mord, nous déchire, n’existe-t-il pas une légion, plus redoutable encore, d’infi niment petits qui vivent sur nous en parasites, sans souci de notre majesté ? Le pou nous envahit, la puce nous pique, le cousin nous infecte, la tique nous obsède ; la chique empêche la marche du voyageur en se glissant entre l'ongle et la chair de son orteil... Que faire contre cet enfer qui nous environne, nous presse, nous défi e, nous insulte ? Tuer, toujours tuer ! Cela nous était facile avec les éléphants, les girafes, les lions, les tigres, la baleine. Mais l’insecte, si petit, si adroit, a encore pour lui le nombre ».
L’Homme ou l’Insecte. La Société des insectes, par J.-H. Rosny Jeune. Les Éditions des Portiques, Paris, 1933. En ligne à www.inra.fr/opie-insectes/mi-la-societe-des-insectes.htm
Les expulser

« On va remplir à une source d’eau située dans une commune voisine de celle qu’on habite et d’où l’on ne peut apercevoir le champ qu’il s’agit d’expurger, un arrosoir dont au retour on répand en petits fi lets le contenu sur les bords du champ dévasté, tout en prononçant ces mots : Erugo ruguieiro ? Chenille rongeuse Sor de ma rabieiro ! (sors de ma ravière) et les chenilles sortent aussitôt par une issue que l’on n’a pas soumise à l’incantation. Cela se nomme escumergà las erugos (excommunicare erucas). » Faune populaire de la France, par Eugène Roland. 1877.
À
Les piéger rotativement

« Un des meilleurs pièges mécaniques consiste en un disque horizontal portant des godets remplis de sirop et mû par un mouvement d’horlogerie; le tout est surmonté d’une nasse en toile métallique. En tournant, le disque fait passer tous les godets sous la nasse; les mouches y pénètrent et y restent. »
Lutte contre les mouches. Larousse agricole, 1921. En ligne à www.inra.fr/ opie-insectes/1921agri-m.htm
Le mode d’emploi du Muscamor (produit par Cizeron, 50 rue d’Alger à Toulon dans les années 1890) précise ceci : « Ne mettre que QUELQUES GOUTTES de miel ou de liquide sucré sur le tambour. On a une tendance à en mettre TOUJOURS TROP. Deux petites gouttes sur chaque face suffi sent. ». Le tambour à 4 faces mû par un mécanisme d’horlogerie, entraîne les mouches gourmandes dans la cage grillagée. Mr Gaige, états-unien, fut séduit par l’appareil, en fi t l’acquisition mais n’attrapa jamais la moindre mouche. - The New Yorker, 10 août 1935.
Les prendre au bon moment

« Il n’y a pour ainsi dire pas de papillons qui nuisent directement à l’homme autrement qu’en propageant leur espèce dont les larves sont des chenilles. S’il était possible de détruire tous les papillons il n’y aurait pas de chenilles mais il faudrait pour que ce but fût atteint pouvoir faire périr les papillons au moment même de leur naissance. A peine sortis de leur chrysalide les mâles fécondent les femelles qui pondent presque aussitôt qu’elles ont été fécondées. Lorsqu’on allume le soir des feux clairs avec des ramilles sèches et de la paille pour attirer les papillons qui viennent s’y brûler en grand nombre la plupart de ceux qu’on détruit par ce moyen ont fait avant de périr et sans qu’il ait été possible de les en empêcher tout le mal qu’ils pouvaient faire : il n ya rien à gagner à abréger leur existence qui n’a jamais d’ailleurs une longue durée. Faire la guerre aux papillons c’est donc se donner beaucoup de peine et d’embarras à peu près pour rien ; c’est aux chenilles qu’il faut faire la guerre et non aux papillons » - Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne [...], par Guillaume-LouisGustave Belèze. Hachette (1859).
Les enfumer

« La fumée sensible à nos yeux & celle qui ne l’est qu’à notre odorat sont vraisemblablement composées de parties plus grossières que celles qui s’exhalent de l’huile de térébenthine & par conséquent peuvent être propres à boucher les trachées de nos insectes. La fumée que j’ai essayée la première & dont j’avois le plus d’opinion a été celle du tabac. Un morceau de serge ayant été mis dans un poudrier je l’ai bien enfumé de la fumée d’une pipe ; j’ai même renfermé dans le poudrier une quantité sensible de cette fumée en le bouchant sur le champ avec du papier ; vingt teignes qui furent jetées dans cette bouteille, étoient toutes mortes le lendemain. » Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, par René Antoine Ferchault de Réaumur. Paris (1737).
À Roubaix, début juillet 2011, des locataires voyant une fumée s’échapper sous la porte d’un voisin parti en vacances appellent les secours. Les pompiers déploient la grande échelle et s’acharnent sur la porte blindée. Elle cède et ils découvrent un fumigène insecticide. – d’après Nord-Éclair, 7 juillet 2011.
Spécial courtilières

Les moyens pour venir à bout de ce « fl éau des couches et des jardins » sont présentés dans tous les ouvrages d’agriculture et de jardinage au XIXe siècle. François Rozier1 donne une description minutieuse et pittoresque, qui sera reprise, copiée ou enrichie par ses successeurs, des procédés pour détruire les courtilières, et qui comporte cet avis : « Je ne parlerai pas de la manière de les chasser à coups de pistolets ; elle n’est bonne que pour ceux qui n’ont rien de mieux à faire ». À propos de l’emploi de fumier – comme abris-pièges dirions-nous aujourd’hui –, N.-F. de Neuchâteau2 indique : « […] faire de distance en distance de petites fosses que l’on remplit de fumier de vache, foulé fortement ; les courtilières s’y assemblent et tous les quatre à cinq jours un homme armé d’une fourche enlève rapidement et d’un seul coup tout le fumier de la fosse et l’éparpille sur le terrain, tandis qu’un autre écrase les courtilières à mesure qu’elles paraissent ». Pour Henry Gobin3 : «  Il est peu de moyens pour détruire ces insectes, que Bosc prétend insectophages. La chasse qu'on leur fait est une chasse individuelle : on arrose légèrement une plate-bande, on l'unit bien avec le dos d'un râteau, et la courtilière, attirée par la fraîcheur, y vient creuser ses galeries, qui se trahissent par une légère élévation sur tout leur parcours. Alors on suit ces galeries en y introduisant son doigt [l’index de la main gauche, avait indiqué Rozier], et l'on arrive ainsi au trou vertical au fond duquel est la courtilière. Il faut verser dans ce trou un verre d'eau contenant quelques gouttes d'huile, ou de l'eau de vaisselle, enfi n quelque matière grasse que ce soit ; l'insecte, dont les stigmates ne peuvent plus fonctionner, remonte et vient mourir sur le sol. De l'eau de savon, une dissolution de sulfate de cuivre, de tannin, les eaux qui ont servi à laver les toisons, suffi sent pour cet usage. On a cherché à exploiter le goût que manifestent les chats pour les courtilières. Il serait avantageux qu'on réussît, car c'est pendant la nuit que ces insectes commettent ordinairement leurs dégâts. J'ai vu souvent des enfants tenant une courtilière lui faire mordre le bord de leurs vêtements, l'exciter, puis, donnant une secousse vive, retirer le corps et laisser la tête fi xée à sa morsure. Quelques-uns faisaient ainsi des garnitures aSpécial courtilières Les moyens pour venir à bout de ce « fl éau des couches et des jardins » sont présentés dans tous les ouvrages d’agriculture et de jardinage au XIXe siècle. François Rozier1 donne une description minutieuse et pittoresque, qui sera reprise, copiée ou enrichie par ses successeurs, des procédés pour détruire les courtilières, et qui comporte cet avis : « Je ne parlerai pas de la manière de les chasser à coups de pistolets ; elle n’est bonne que pour ceux qui n’ont rien de mieux à faire ». À propos de l’emploi de fumier – comme abris-pièges dirions-nous aujourd’hui –, N.-F. de Neuchâteau2 indique : « […] faire de distance en distance de petites fosses que l’on remplit de fumier de vache, foulé fortement ; les courtilières s’y assemblent et tous les quatre à cinq jours un homme armé d’une fourche enlève rapidement et d’un seul coup tout le fumier de la fosse et l’éparpille sur le terrain, tandis qu’un autre écrase les courtilières à mesure qu’elles paraissent ». Pour Henry Gobin3 : «  Il est peu de moyens pour détruire ces insectes, que Bosc prétend insectophages. La chasse qu'on leur fait est une chasse individuelle : on arrose légèrement une plate-bande, on l'unit bien avec le dos d'un râteau, et la courtilière, attirée par la fraîcheur, y vient creuser ses galeries, qui se trahissent par une légère élévation sur tout leur parcours. Alors on suit ces galeries en y introduisant son doigt [l’index de la main gauche, avait indiqué Rozier], et l'on arrive ainsi au trou vertical au fond duquel est la courtilière. Il faut verser dans ce trou un verre d'eau contenant quelques gouttes d'huile, ou de l'eau de vaisselle, enfi n quelque matière grasse que ce soit ; l'insecte, dont les stigmates ne peuvent plus fonctionner, remonte et vient mourir sur le sol. De l'eau de savon, une dissolution de sulfate de cuivre, de tannin, les eaux qui ont servi à laver les toisons, suffi sent pour cet usage. On a cherché à exploiter le goût que manifestent les chats pour les courtilières. Il serait avantageux qu'on réussît, car c'est pendant la nuit que ces insectes commettent ordinairement leurs dégâts. J'ai vu souvent des enfants tenant une courtilière lui faire mordre le bord de leurs vêtements, l'exciter, puis, donnant une secousse vive, retirer le corps et laisser la tête fi xée à sa morsure. Quelques-uns faisaient ainsi des garnitures aux devants de leurs blouses. » Pour ce qui est de l’emploi de chats comme agents de lutte biologique, lisons (entre autres) Havet et Robinet4 : « Si l’on a plusieurs chats, on leur donne une courtilière morte, ou hors d’état de s’échapper ; ensuite on leur jette de bien portantes. Si les chats mangent avec avidité, on les prend, et, pendant qu’on les tient, on jette sur la terre une courtilière qu’on laisse s’enterrer en partie ; alors on lâche le chat, qui déterre la courtilière avec ses griffes, et qui continue ensuite à les chasser, surtout lorsque les courtilières s’accouplent. Il faut avoir l’attention de donner, dans cette saison, un peu de lait aux chats qui mangent cet insecte et d’autres ; autrement ils maigrissent et périssent. » L’usage du fumier et la chasse à vue perdurent. Préconisé par Olivier de Serres, consacrer un tiers de son jardin à la culture du chanvre n’a plus cours dans le but de bannir les courtilières. Les pièges-étuis à opercule5 ne sont plus utilisés de nos jours, les chats auxiliaires ont disparu de la panoplie de lutte biologique, remplacés par des nématodes… ir les courtilières. Les s s par Alain Fraval
Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique1.  […], par François Rozier, 1809. Cet ouvrage ancien et les suivants sont disponibles sur Internet. Dictionnaire d’agriculture pratique2. . Nicolas François de Neufchâteau, 1836. Guide pratique d'entomologie agricole, et petit traité de la destruction 3. des insectes nuisibles, par H. Gobin. Chez Lacroix (Paris), 1865. Le dictionnaire des ménages: ou recueil de recettes et d'instruc-4. tions pour l'économie domestique ... : ouvrage utile aux pères et mères de famille et à tout chef de maison, par Armand É Havet et Stéphane Robinet. Chez Blanchard, 1826. Voir à 5. www7.inra.fr/opie-insectes/mi-destructiondesmalfaisants.html
ux devants de leurs blouses. » Pour ce qui est de l’emploi de chats comme agents de lutte biologique, lisons (entre autres) Havet et Robinet4 : « Si l’on a plusieurs chats, on leur donne une courtilière morte, ou hors d’état de s’échapper ; ensuite on leur jette de bien portantes. Si les chats mangent avec avidité, on les prend, et, pendant qu’on les tient, on jette sur la terre une courtilière qu’on laisse s’enterrer en partie ; alors on lâche le chat, qui déterre la courtilière avec ses griffes, et qui continue ensuite à les chasser, surtout lorsque les courtilières s’accouplent. Il faut avoir l’attention de donner, dans cette saison, un peu de lait aux chats qui mangent cet insecte et d’autres ; autrement ils maigrissent et périssent. » L’usage du fumier et la chasse à vue perdurent. Préconisé par Olivier de Serres, consacrer un tiers de son jardin à la culture du chanvre n’a plus cours dans le but de bannir les courtilières. Les pièges-étuis à opercule5 ne sont plus utilisés de nos jours, les chats auxiliaires ont disparu de la panoplie de lutte biologique, remplacés par des nématodes…
 ir les courtilières. Les s s par Alain Fraval
1. Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique1.  […], par François Rozier, 1809. Cet ouvrage ancien et les suivants sont disponibles sur Internet.
2 Dictionnaire d’agriculture pratique. Nicolas François de Neufchâteau, 1836.
3. Guide pratique d'entomologie agricole, et petit traité de la destruction des insectes nuisibles, par H. Gobin. Chez Lacroix (Paris), 1865.
4. Le dictionnaire des ménages: ou recueil de recettes et d'instruc-4. tions pour l'économie domestique ... : ouvrage utile aux pères et mères de famille et à tout chef de maison, par Armand É Havet et Stéphane Robinet. Chez Blanchard, 1826.
5. Voir à  www7.inra.fr/opie-insectes/mi-destructiondesmalfaisants.html
Spécial courtilières Les moyens pour venir à bout de ce « fl éau des couches et des jardins » sont présentés dans tous les ouvrages d’agriculture et de jardinage au XIXe siècle. François Rozier1 donne une description minutieuse et pittoresque, qui sera reprise, copiée ou enrichie par ses successeurs, des procédés pour détruire les courtilières, et qui comporte cet avis : « Je ne parlerai pas de la manière de les chasser à coups de pistolets ; elle n’est bonne que pour ceux qui n’ont rien de mieux à faire ». À propos de l’emploi de fumier – comme abris-pièges dirions-nous aujourd’hui –, N.-F. de Neuchâteau2 indique : « […] faire de distance en distance de petites fosses que l’on remplit de fumier de vache, foulé fortement ; les courtilières s’y assemblent et tous les quatre à cinq jours un homme armé d’une fourche enlève rapidement et d’un seul coup tout le fumier de la fosse et l’éparpille sur le terrain, tandis qu’un autre écrase les courtilières à mesure qu’elles paraissent ». Pour Henry Gobin3 : «  Il est peu de moyens pour détruire ces insectes, que Bosc prétend insectophages. La chasse qu'on leur fait est une chasse individuelle : on arrose légèrement une plate-bande, on l'unit bien avec le dos d'un râteau, et la courtilière, attirée par la fraîcheur, y vient creuser ses galeries, qui se trahissent par une légère élévation sur tout leur parcours. Alors on suit ces galeries en y introduisant son doigt [l’index de la main gauche, avait indiqué Rozier], et l'on arrive ainsi au trou vertical au fond duquel est la courtilière. Il faut verser dans ce trou un verre d'eau contenant quelques gouttes d'huile, ou de l'eau de vaisselle, enfi n quelque matière grasse que ce soit ; l'insecte, dont les stigmates ne peuvent plus fonctionner, remonte et vient mourir sur le sol. De l'eau de savon, une dissolution de sulfate de cuivre, de tannin, les eaux qui ont servi à laver les toisons, suffi sent pour cet usage. On a cherché à exploiter le goût que manifestent les chats pour les courtilières. Il serait avantageux qu'on réussît, car c'est pendant la nuit que ces insectes commettent ordinairement leurs dégâts. J'ai vu souvent des enfants tenant une courtilière lui faire mordre le bord de leurs vêtements, l'exciter, puis, donnant une secousse vive, retirer le corps et laisser la tête fi xée à sa morsure. Quelques-uns faisaient ainsi des garnitures aux devants de leurs blouses. » Pour ce qui est de l’emploi de chats comme agents de lutte biologique, lisons (entre autres) Havet et Robinet4 : « Si l’on a plusieurs chats, on leur donne une courtilière morte, ou hors d’état de s’échapper ; ensuite on leur jette de bien portantes. Si les chats mangent avec avidité, on les prend, et, pendant qu’on les tient, on jette sur la terre une courtilière qu’on laisse s’enterrer en partie ; alors on lâche le chat, qui déterre la courtilière avec ses griffes, et qui continue ensuite à les chasser, surtout lorsque les courtilières s’accouplent. Il faut avoir l’attention de donner, dans cette saison, un peu de lait aux chats qui mangent cet insecte et d’autres ; autrement ils maigrissent et périssent. » L’usage du fumier et la chasse à vue perdurent. Préconisé par Olivier de Serres, consacrer un tiers de son jardin à la culture du chanvre n’a plus cours dans le but de bannir les courtilières. Les pièges-étuis à opercule5 ne sont plus utilisés de nos jours, les chats auxiliaires ont disparu de la panoplie de lutte biologique, remplacés par des nématodes… ir les courtilières. Les s s par Alain Fraval
Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique1.  […], par François Rozier, 1809. Cet ouvrage ancien et les suivants sont disponibles sur Internet. Dictionnaire d’agriculture pratique2. . Nicolas François de Neufchâteau, 1836. Guide pratique d'entomologie agricole, et petit traité de la destruction 3. des insectes nuisibles, par H. Gobin. Chez Lacroix (Paris), 1865. Le dictionnaire des ménages: ou recueil de recettes et d'instruc-4. tions pour l'économie domestique ... : ouvrage utile aux pères et mères de famille et à tout chef de maison, par Armand É Havet et Stéphane Robinet. Chez Blanchard, 1826. Voir à 5. www7.inra.fr/opie-insectes/mi-destructiondesmalfaisants.html
Les terroriser

« Depuis des siècles, les populations allemandes du Luxembourg ont l’habitude de faire bénir chaque année, le jour de l’Assomption, une botte d’herbes aromatiques, composée d’absinthe, d’armoise, de sauge, de rue, de fleurs de sureau, de camomille, etc., pour faire servir, en cas de maladie d’hommes ou de bestiaux, en fumigations et en tisanes. Pour éviter l’odeur trop forte de ces plantes, on les pend ordinairement au grenier, et lorsqu’on ne s’en sert pas, elles s’y accumulent bientôt, l’air du grenier et de la maison s’en imprègne; et jamais on n’y voit un charançon ni artison. Dans le département voisin de la Moselle, chacun sait que presque toutes les maisons de cultivateurs sont infectées de ces insectes qui font des ravages considérables. Or, du blé venant de cette contrée, ayant été mis dans le grenier du moulin du Differt, appartenant à M. Lenger, en moins de trois semaines, tout le grain qui s’y trouvait auparavant était également envahi par une innombrable quantité de ces animaux. Voici alors ce qu’il imagina pour s’en débarrasser : il fit pendre dans le grenier une botte d’absinthe verte, et plaça quelques branches de cette plante dans le tas de blé. Au bout de six heures, dit-il, on vit sortir et grimper le long des murs, qui en étaient noirs comme s’ils eussent été tapissés par une fumée épaisse, tous les parasites dont peu auparavant il redoutait tant les ravages. » Moyen de détruire les charançons et les artisons, insectes rongeurs des grains, par l’absinthe verte, par M. le docteur Lenger. Le Génie industriel, vol. 11, 1856, p. 97-98. par Alain Fraval

Leur sacrifier

 « Hercule, Fils d’Alcmène, sacrifiant un jour à Jupiter dans Olympie, fut si incommodé des Mouches, que sur le champ, soit de son propre mouvement, soit par le conseil de quelqu’un des assistants, il immola une Victime à Jupiter Apomyen, ou Chasse-Mouches ; & le Sacrifice ne fut pas plutôt achevé, que l’on vit toutes les Mouches s’envoler au-delà de l’Alphée. Depuis ce temps-là les Éléens ont coutume de faire tous les ans un Sacrifice, pour être délivrés de l’importunité des Mouches, durant les jours de Fêtes qui sont consacrés à Jupiter ». Pline le Naturaliste parle d’un Dieu appelé Myagros, que les Éléens adoroient pour se délivrer des Mouches qui les infectoient. […] L’Écriture Sainte parle d’une Divinité qui avoit la même vertu et qui portoit le nom de Seigneur ou Prince des Mouches. C’est Baalzébub adoré par les Acroniens, ou à cause de l’abondance des Mouches dont son temple étoit rempli, ou parce qu’ils demandoient à cette Idole du secours & du remède contre les Mouches qui les incommodoient. » Par P. Humbert, in : Bibliothèque germanique ou histoire littéraire de l’Allemagne, de la Suisse, et des pays du Nord, 1738, Vol. 21.
I
Les fusiller

 « Un promeneur aperçoit une masse, perchée à près de 20 m dans une peupleraie, qui avise l’employé communal chargé de la sécurité et de la prévention au sein de la collectivité qui contacte un apiculteur administrateur de l’Association action anti-frelon asiatique (AAAFA) pour la Bretagne, lequel fait appel au président de la société de chasse, qui mobilise une équipe de 7 chasseurs. « Les chasseurs ont, simultanément, tiré sur le nid de frelons avec des plombs de diff érents calibres (2, 6, 9 et 12). Le nid et ses occupants ont été détruits. » Le Télégramme, 4 décembre 2015.
Les livrer aux prédateurs

 […] mais pour les cultivateurs, pour les boulangers et pâtissiers, pour vous et pour moi, fi  ! Les cafards ne seront jamais que des rongeurs infects et des gâte-farine. Blumenbach prétend que, dans les maisons qui n’en sont pas encore trop envahies, il suffi  t de placer pendant la nuit un canard ou un hérisson. Mais le canard, pendant la nuit, dormirait, et serait en dormant, le malheureux, dévoré par les blattes. Quant au hérisson, si la population n’était composée encore que de quelques individus, je veux bien croire qu’il pourrait les détruire; mais les œufs cachés dans les fentes, où les trouverait-il ? Pour moi, c’est à la chimie que j’aurais recours pour me débarrasser de l’aff reuse vermine. Il y faudrait de la patience et de l’attention ; j’en aurais. « Le cafard », in Petites et grosses bêtes, essai de zoologie populaire, par Eugène Noël. 1880. En ligne à gallica. bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5440347h

Les champignonner

 « Procédés pour la destruction des mouches domestiques. Ainsi, aussitôt que paraîtront les premières fausses oronges, sorte de champignons vénéneux, dits agaric des mouches, qui croît le long des haies, dans les lieux arides; on en verra dans toutes les fermes placés sur des planchettes et saupoudrés de sucre ou humectés de miel ou de crème. C’est la mort-auxmouches par excellence. En moins d’une heure elles tombent foudroyées par milliers. On prépare ce champignon en le plaçant par tranche sur une pelle à feu fortement chauffée, ce qui force l’agaric à jeter son jus à sa surface : on mêle à ce jus une très-légère couche de crème comme il est dit ci-dessus, ou de miel, de sucre, etc., et la préparation est bonne pour deux jours. »
Par X. Thiriat, In : Journal d’agriculture pratique, Vol. 3, 1868
Les électrocuter

« À dater de l’an prochain l’administration des lits militaires vient d’ordonner une réforme coûteuse, mais énergique. La paille végétale sera remplacée dans les lits militaires par de la paille de fer, tout aussi souple, et qui permettra d’une façon radicale la destruction complète de tous les parasites. C’est ce procédé nouveau que l’intendance désigne dès maintenant sous le nom un peu pompeux d’Électrocuferropaillasse, et que nos troupiers appellent plus familièrement l’électrocu. Tous.les mois, on fera passer dans chaque paillasse militaire un fort courant électrique, qui électrocutera instantanément tous les animaux malfaisants qui se trouveront dans la literie. C’est simple, rapide, ingénieux, peu coûteux, et d’une antisepsie qui fera la joie de nos hygiénistes. »
Inventions nouvelles et dernières nouveautés, par G. de Pawlowski (1916)

Promettre une récompense

Programme d’un prix de 1 200 francs, proposé par la Société de littérature, sciences et arts de Rochefort, pour la destruction des termites. Cette société avoit publié, l’an dernier, le programme d’un prix de 600 francs proposé au mémoire qui auroit le mieux fait connaître l’espèce d’insectes connu à Rochefort sous le nom de termite, ses mœurs, sa reproduction, les dégâts qu’il fait, les substances sur lesquelles il exerce ses ravages, et les moyens de les détruire. […] Les mémoires, écrits en latin ou en français, devront être adressés, francs de port, au secrétaire-général de la Société de Littérature, sciences et arts de Rochefort ; ils porteront une épigraphe, laquelle sera aussi écrite sur un billet cacheté renfermant le nom de l’auteur. Les procédés indiqués par l’auteur du mémoire qui aura mérité la préférence, seront soumis à une expérience authentique ; et ce ne sera qu’après le rapport de la Commission qui aura répété les expériences, que la Société prononcera. La Société se réserve la propriété du mémoire qui aura remporté le prix. In : Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, n°103-114, 1813.
 ■ Prix pour un moyen de détruire les insectes qui attaquent l’olivier Depuis quelques années, les insectes qui ravagent les récoltes de l’olivier, dans le midi de la France, ont fait de nouveaux progrès dans leur fâcheux développement. Les feuilles, les boutons, les noyaux des olives sont attaqués, et les récoltes, quelquefois complétement détruites, éprouvent toujours de notables diminutions. L’histoire des insectes qui attaquent l’olivier est encore le sujet de controverses ; de là quelque incertitude sur le choix des moyens propres à remédier à leurs ravages, ou à les prévenir pour les années suivantes. La Société d’encouragement, voulant contribuer à conserver à nos départements méridionaux une culture précieuse, propose un prix de la valeur de 2 000 francs qu’elle accordera à l’auteur de la meilleure méthode pour la destruction des insectes qui attaquent l’olivier. Elle se réserve de récompenser les auteurs qui, sans avoir résolu le problème, auraient fait connaître d’une manière satisfaisante les habitudes des insectes qui attaquent les oliviers et auraient préparé de la sorte la découverte des moyens de les détruire. Le prix sera décerné en 1850. In : Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, n°523-534, 1848.
 ■ M. Amédée Joux demande leur tête : « Il me parait utile et raisonnable, dit-il, que les académies instituent un prix d’une grande valeur, pour celui qui aura trouvé le moyen réellement efficace et pratique de détruire sûrement, instantanément, avec économie et sans danger pour la vie des hommes et des animaux, toutes les mouches qui auront pénétré dans les appartements, les hôpitaux et les étables. » « Comment se préserver des mouches », par H. Blatin, in : L’Union médicale, n°87, 24 juillet 1862. par Alain Fraval
I NSECTES  38  n°186 - 2017 (3)
Dessin Jimmy Massoir
Les brûler, les cuire, les griller, les carboniser.

.. ■ « Les enfants sont si questionneurs qu’ils vous demanderont sûrement de quelle manière on doit s’y prendre pour se débarrasser de tous les charançons que je viens de citer. Vous leur répondrez qu’on n’en connaît pas d’expéditive. Le meilleur moyen consiste à ramasser les poires tombées, à enlever les feuilles de vigne roulées, les bouts de rameaux d’arbres pendants, les tiges de choux attaquées, les boutons de pommiers et de poiriers qui ne s’ouvrent pas, les noisettes véreuses, etc., d’en faire un tas et d’y mettre le feu. Quand on a grillé les larves, on est sûr de n’avoir ni pères ni mères charançons pour multiplier les espèces. Pour ce qui est de la bruche des pois, lentilles et fèves, on est sûr de s’en débarrasser par la cuisson des légumes. Nous la mangeons en purée ou autrement. Mais quand nous plantons ces légumes, nous enterrons les bruches avec les graines. Voilà le mal. En chauffant légèrement les graines en question avant de les planter, les bruches en sortiraient bien vite. Si je vous l’assure, c’est que j’en ai fait l’expérience. » Petite école d’agriculture, par Pierre Joigneaux, Éd. Librairie agricole de la Maison rustique (Paris), 1878. ■ Objets utiles : piège insectivore à l’acétylène. « Les insectes nocturnes sont le fléau de la belle saison. Lorsqu’on ne peut les détruire radicalement en s’attaquant à leurs œufs ou à leurs larves, le mieux est de les attirer dans quelque piège où ils viennent à coup sûr s’engouffrer sans plus songer à importuner les personnes ou à piller fleurs et fruits. Le piège Radius, utilise l’attraction que tous les insectes de nuit éprouvent pour la lumière. La flamme brillante de l’acétylène était tout indiquée à cet effet. L’appareil comporte donc un bec à acétylène autour duquel est disposé un large bassin, rempli d’eau additionnée de pétrole. Au crépuscule on allumera le bec, les insectes viendront en foule se brûler les ailes à la flamme et finir d’agoniser dans le pétrole. Le bec et le générateur d’acétylène sont agencés de telle façon à donner une flamme bien régulière, condition essentielle pour attirer les insectes sans les effrayer. Le piège peut servir non seulement dans les jardins, mais dans les vignes et les vergers où il rendra, sans grands frais, de sérieux services. Le Radius est en vente chez M. F. Alexandre, 53, rue Blanche, Paris. » La Nature, 1911, deuxième semestre, n° 1983-2009 ■ La famille Doucette, d’Old Orchard Beach (Maine, États-Unis), va être relogée grâce à la générosité de ses concitoyens. Le fils de la famille, 21 ans, a en effet mis le feu à leur maison en procédant, dans le sous-sol, à l’extermination des fourmis. Muni d’allumettes en bois, il avait entrepris de les brûler vives une par une. Le feu s’est propagé à une matière inflammable. Le chien et plusieurs chats sont morts, en plus d’un nombre indéterminé d’insectes. « Man burns house, kills pets while trying to exterminate ants », Daily Progress, 20 mars 2017. par
Les martyriser 187

Les moyens ne manquent pas pour la destruction des fourmis. On peut saupoudrer les fourmilières de chaux vive et les arroser ensuite avec de l’eau. Arroser copieusement avec une décoction de feuilles de noyer, de tabac, une dissolution forte de savon noir ou même de l’urine. – Couvrir la fourmilière d’huile de poisson ou d’huile de genièvre ; y pratiquer, avec une seringue, des injections de pétrole. – Au printemps, les doucher fortement avec de l’eau bouillante. – Écraser les nids avec une grosse poutre. – Introduire dans les nids des substances vénéneuses : phosphore, sublimé corrosif (bichlorure de mercure), sulfate de cuivre et boucher le mieux possible les ouvertures. – Le camphre, la benzine, le chloroforme, ne tuent que quelques femelles ; le cyanure de potassium se décompose à l’air. – Mettre au pied des arbres des fioles à demi pleines d’eau miellée ; les fourmis, très friandes du liquide sucré, viendront facilement s’y noyer. Pour les empêcher de grimper après les arbres, mettre autour du tronc un flocon de laine cardée ou une lisière imbibée d’essence de térébenthine. – Entourer le pied d’une couche de craie friable ou de charbon de bois concassé : elles ne franchiront pas ces obstacles. – Une traînée de sel marin, quelques gouttes d’acide phénique leur font rebrousser chemin. – Enduire le pied des arbres de goudron, de glu, d’une lotion composée de 1 gramme d’aloès par litre d’eau, ou bien encore de la composition suivante: crasse d’huile, mauvaise graisse, goudron de poix de cordonnier et térébenthine ; le tout bien mélangé et appliqué à l’aide d’un pinceau. Si l’on veut protéger les offices et les cuisines, mettre sur les tablettes des feuilles de tabac, d’absinthe, de basilic, de lavande, ou du marc de café bouilli. – La poudre de pyrèthre les éloigne assez bien des armoires. – Pour protéger une fleur en pot, la placer sur une soucoupe pleine d’eau. – Si l’on veut faire la chasse dans les appartements, se procurer des plantes ou des branches couvertes de pucerons ; les fourmis les auront bientôt envahies. – Mettre sur leur passage une éponge trempée dans une solution de sucre ou de miel : la plonger plusieurs fois par jour dans l’eau bouillante.
Extrait de : Vilaine Bêtes, par Armand Leyritz. F. Juven, Paris, 1898.
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