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Les Épingles tout frais forgées ainsi que les À lire sur Internet tout frais repérés sont en haut de la pile
En épingle en 2013
L'insecte ou l'événement entomologique du jour, celui qui défraye la chronique et qui alimente les conversations en ville et dans les insectariums, sera épinglé sur cette page, qui s'enrichira au fur et à mesure des événements entomologiques.

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Rédaction (sauf mention contraire) : Alain Fraval 

Les dernières de 2012 : L'odeur du mâle, À l’insecte moderne, Twitoptère
Tourisme profitable, Harem, La digestion du Gendarme,
Le pilulier et la Galaxie, Le Damas cendré et l’Acidalie rustique, Noctuole, Onction formique, Roule !, Il aimait les insectes, Myrmicaphonies,
Le cafard amusant, Un mérope tout nouveau, Chez la tordeuse, La cigale, le microbe mou et l’autobus, Chenilles théières, La mémoire ouvrière, Le thécla berne la saltique, Objectif petit angle, Les charges s’accumulent,
Les Épingles parues dans Insectes n° 168 (1er tr. 2013) : Il jaillit, Les antennes toujours propres !

Fourmis ou éléphants ?, Frelon vigneron, Le scaphandre et l'asticot,
Sphinx : question résolue, Cannibales en bouteille, Mouche artificielle, Pas piqué, givré, Néozoon septique, Le coup de la pompe, Pratique sexuelle originale, Formule i, Maintenir l'intolérance, Le gène de l'homme attirant, Faible impression, Vie intérieure, Dernier asservissement,
Les Épingles parues dans Insectes n° 169 (2e tr. 2013) :
Le trajet optique de la Fourmi électrique, Bien défendu, La Fourmi court-jus,
Les cent pas du prisonnier,
Filet mignon, Nouveau suspect, La purée, c’est bon, SSS, pourquoi ?, Les forages ont repris, Ça baigne dans l’iule, Stridulophile !,
L'indifférence dans la peau,
Des dents entre les cuisses, Redégringolant, Pinces entomologiques, Pas de beau temps, pas de bon temps, Lutte bio perso,
Les Épingles parues dans Insectes n° 170 (3e tr. 2013) : Le bon côté de l’Abeille, Attirants insectes, Faut pas exagérer !,
Schiste bitumineux hémoglobineux,Au galop, L’insecte ravageur est une espèce renouvelable, Blattaculture, Chirurgie industrielle, Coitus ininterruptus,Mirage sur l’aile, Pour désasticoter les olives, Essence de scolyte, Mouches de Mars, Ténébrion artistique…, Spray auriculaire adulte,
Blatte bousière, Un Japonais à Manhattan, Le plan grillons, Nouveau sur la toile, Qui dort dîne,

Elle refoule des goulots 

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Décembre En Épingle en 2014

Elle refoule des goulots
On sait combien l’halitose est désagréable. C’est pareil chez la chenille du Sphinx du tabac, Manduca sexta (Lép. Sphingidé), qui absorbe des quantités de nicotine à tuer n’importe quel insecte. Elle possède, outre la capacité d’échapper à l’empoisonnement (le mécanisme est mal connu), celle de faire passer une petite partie de la nicotine de l’intestin moyen à l’hémolymphe et de l’évacuer par son système respiratoire. Elle « souffle » donc de la nicotine par les stigmates (9 paires), ce qui dégoûte l’araignée-loup Camptocosa parallela. Laquelle se repaît avec entrain d’une chenille manipulée génétiquement pour avoir l’haleine fraîche.
Travaux dirigés par Pavan Kumar à l’institut Max-Planck (Iéna, Allemagne), en ligne

NDLR : autre sphinx, autre émission : la chenille du Sphinx du noyer Amorpha juglandis expulse de l’air par les stigmates de la 8e paire et couine. Le Lasiocampidé Malacosoma americanum régurgite du cyanure d’hydrogène et du benzaldéhyde, tirés de la plante nourricière, qui éloignent les fourmis.

Qui dort dîne
On met le chauffage. Celles-ci s’arrêtent de circuler, elles dorment on dirait. Celles-là marchent, courent et volent – pas loin, ell
es sont dans la bouteille à côté. Celles-ci sortent de leur sommeil de brefs instants, le temps d’avaler un peu de milieu nutritif. Celles-là continuent à bouger. On coupe le chauffage, les deux populations se comportent normalement.
Les premières – on a compris qu’elles et leurs voisines sont des Mouches du vinaigre - ont le cerveau modifié : dans leurs neurones sensibles au neuropeptide Y, un canal à cations est activé par la chaleur.
La drosophile devient un outil pour étudier le rôle du NPY chez l’homme et chez le rat, où son rôle dans la régulation de l’appétit et du sommeil est reconnu mais mal compris. Chez ces espèces, l’obésité est souvent provoquée par l’assouvissement des fringales liées à un sommeil très perturbé.
Travaux de Leslie Griffith et son équipe, à l’université Brandeis (Massachusetts, États-Unis).
D’après, entre autres, « Fruit Flies Provide Answers to Link between Eating and Sleeping », par Eric Cohen. Lu le 18 décembre 2013 à www.everydayhealth.com/

Nouveau sur la toile
Que trouve-t-on habituellement sur la toile ? Des petits Diptères et Hyménoptères surtout, la provende de l’araignée orbitèle qui l’a tissée. On y trouve aussi, parmi le plancton aérien intercepté, des grains de pollen. Mais l’araignée est entomophage de stricte obédience et ce ne serait que par inadvertance qu’elle en absorberait en avalant son piège pour en récupérer la soie et sécréter du fil neuf.
C’est faux. Expérimentant sur l’Épeire diadème Araneus diadematus et l’Épeire feuille de chêne Aculepeira ceropegia (Aranéidés), Benjamin Eggs et Dirk Sanders (universités de Berne et d’Exeter, respectivement) ont montré que ces araignées sont partiellement pollinivores. Le pollen (marqué radioactivement) constitue le quart de la consommation alimentaire. Et ceci même s’il n’y a pas de pénurie d’insectes. La prise de nourriture est active : le grain est digéré extra-oralement ; sa taille lui interdit d’être avalé.
Où les ces araignées s’arrangent-elles pour tendre leurs toiles, là où la circulation aérienne d’insectes est intense ou là où le flux de pollen est important ? Ceci reste à examiner.
Article source : Eggs B, Sanders D (2013) Herbivory in Spiders: The Importance of Pollen for Orb-Weavers. PLoS ONE 8(11): e82637. doi:10.1371/journal.pone. En ligne, gratuit.

Le plan grillons
Seah Wee Beng, un Singapourien, vient d’être condamné à 15 mois de prison et 6 coups de bâton. Agissant sur dénonciation, la police l’a cueilli devant un appartement et saisi, outre un marqueur noir, des cages pleines de grillons.
Il a tout avoué. Sa passion ruineuse pour les paris sur le foot, l’emprunt auprès d’un usurier clandestin, l’impossibilité de rembourser autrement qu’en se mettant à son service pour décider ses clients à rembourser, sa méthode à base de menaces écrites et de saccage des logis, jusqu’à sa toute dernière tactique, jamais mise en œuvre mais il s’agissait, pour leur pourrir la vie, de lâcher chez le débiteur des centaines de grillons.
D’après « Loanshark runner planned to use live insects to harass debtors », par Khushwant Singh. Lu le 11 décembre 2013 à www.straitstimes.com/

Un Japonais à Manhattan
Il est tout nouveau mais se sent déjà new-yorkais, avec un moral d’invasif. La neige à laquelle il résiste parfaitement dans son pays d’origine ne lui fait pas peur du tout. Il a sur place un cousin, immigré il y a longtemps, bien plus frileux, qui sera son pire ennemi. Tous deux guignent les mêmes bonnes choses à manger : trognons et miettes.
Il a un nom, attesté par sa signature ADN : Periplaneta japonica (Blatt. Blattidé). Son concurrent sur place est le Cancrelat P. americana.
Comment s’est-il introduit dans la Grosse Pomme ? Par la High line, une voie ferrée aérienne. Qui est désaffectée (et n’a aucune connexion avec le réseau japonais). Mais, à l’instar de la Promenade plantée (Paris XIIe), elle a été garnie de végétaux. De plantes indigènes – mais qui ont poussé dans des pépinières à côté et dans la même terre que des exotiques japonaises…
D’après « Cold-tolerant Cockroach from Asia Found in New York », lu le 9 décembre 2013 à //www.entsoc.org/
PS. Pendant ce temps là, la Blatte rouge du Pakistan (« red runner » des élevagistes) Blatta lateralis (Blattidé) envahit les zones urbaines du Sud-Ouest des États-Unis, en supplantant le Cafard Blatta orientalis. Elle est entrée en Californie par la base militaire de Lathrope en 1978. Elle tirerait avantage de sa fécondité plus élevée et de son développement plus rapide.
D’après « Turkestan Cockroach is Displacing the Oriental Cockroach », lu le 9 décembre 2013 à //www.entsoc.org/

Blatte bousière
Au Mézozoïque, le monde aurait dû étouffer sous les déjections des dinosaures herbivores. De gros bestiaux, déféquant d’abondance. Car il ne fallait pas compter sur les bousiers ni sur les mouches, très rares à cette époque où la biodiversité entomologique était encore en travaux.
Heureusement, les blattes étaient là, qui avaient des régimes alimentaires particuliers.
Un représentant (larvaire) de la famille des Blattulidés (éteinte) pris dans l’ambre s’est retrouvé à l’Université du Liban, pour un examen par microtomographie synchrotron à rayons X. Dans son tube digestif, 5 coprolithes qui se sont révélés être des morceaux de bois, aux angles mousses, pas abîmés. Leur taille exclut une action de champignons : ils ont été prédigérés par un herbivore qui les a rejetés avec sa bouse.
En plus, dans le proctodéum, des éléments de petite taille, où la digestion de la lignine indique l’action d’endosymbiontes sans doute transmis par le dinosaure.
De nos jours, des blattes s’occupent du guano de leurs descendants, les oiseaux.
Article source : Vršanský P. et al., 2013. Cockroaches Probably Cleaned Up after Dinosaurs. PLoS ONE 8(12): e80560. doi:10.1371/journal.pone.0080560. En ligne.
 

Spray auriculaire adulte
Le forficule, alias perce-oreilles, a une bonne hygiène. Comment ferait-il sinon, lui qui passe l’hiver sous terre confiné avec ses congénères ?
Tina Gasch et ses collaborateurs, à l’université de Giessen (Allemagne), ont étudié la composition des secrétions abdominales (2 glandes dorsales sur les côtés) des imagos de 3 espèces : Forficula auricularia, Apterygida media et Chelidurella guentheri (Derm. Forficulidés). Ces sécrétions, très mal connues, étaient censées jusque-là servir à repousser les assaillants.
Or elles contiennent plusieurs benzoquinones – dont une jamais trouvée dans un insecte – antibiotiques, efficaces contre les bactéries Gram+ et Gram- et contre 2 champignons entomopathogènes. Leur composition varie avec le sexe et avec l’espèce. Notre Perce-oreilles commun, F. auricularia, sécrète en plus un nématicide, actif contre Caenorhabditis elegans.
D’où l’hypothèse que les forficules disposent d’une arme multifonctions, sous forme d’un nuage chimique qu’ils entretiennent autour d’eux, contre les prédateurs et les microbes.
D’après, entre autres, « Earwigs use 'chemical clouds' for protection », par Ben Aviss. Lu le 29 novembre 2013 à www.bbc.co.uk/nature/
La fiche HYPPZ du Perce-oreilles

Les vœux de l'OPIE en vidéo sur Opie TiVi


Opie TiVi
l'antenne des insectes


La Belgique autorise la consommation de dix insectes. Le Monde, 19 décembre 2013.

Les Vespidés : guêpes et frelons.
Dossier de l'OPIE (recension des articles en ligne)

Les mousitiques nous rendent dengue !
Jeu didactique

Biodiversité dans ma cour d'école
.
Guide pedagogique, par François Lasserre et al., WWF.
Pdf

Dans la Drôme, des bataillons d'insectes pour remplacer les pesticides,
par Pierre Le Hir. Le Monde,7 décembre 2013.

Un nouveau centre dédié aux biotechnologies "jaunes".
BE Allemagne 638.
" les insectes représentent un véritable 'trésor pharmaceutique' dont il reste encore beaucoup à découvrir."

50 000 observateurs pour la forêt, c'est fini à Vigie-Nature !

MNHN, 2 décembre 2013
["Grâce aux photographies des observateurs, des espèces difficiles à reconnaître comme les papillons forestiers appelés mars changeants ont pu être validées"]
Novembre


Ténébrion artistique…
…et écologique, selon Aagje Hoekstra, artiste hollandaise qui s’est lancée dans la fabrication d’un entomoplastique. Un matériau innovant qui lui sert – dans un premier temps – à fabriquer des lampes (petites) et des bijoux et qu’elle espère voir un jour remplacer les plastiques classiques tirés du pétrole, qui encombrent et polluent.
La matière première est elle-même un déchet de l’industrie des farines animales. Ayant pondu les œufs qui donneront les vers de farine qui seront broyés pour faire des aliments pour animaux de compagnie, les imagos du Ténébrion meunier Tenebrio molitor (Col. Ténébrionidé) meurent bêtement et sont jetés. Aux Pays-Bas, le tonnage de cette ressource perdue atteint 30 kg par semaine.
Aagje Hoekstra les récupère et les désélytre. Après désacétylation, la chitine devient du chitosane, plus liant et translucide. Les élytres, pressés à chaud par lots de 5 000, se collent en un carré de 10 cm de côté.
Ce plastique imperméable et biodégradable s’appelle coleoptera.
D’après, notamment, « The plastic made from BEETLES: Scientist invents material from insect shells that could cut waste thrown into landfill sites », par Sarah Griffiths. Lu le 28 novembre 2013 à www.dailymail.co.uk/
Un échantillon de coleoptera

Mouches de Mars
200 Mouches du vinaigre seront envoyées en 2014 en stage de longue durée dans l’ISS (Station spatiale internationale) ; elles atterriront 10 000. Leur mission : préparer les vols d’Homo sapiens vers Mars.
Leurs ancêtres pionnières, en 1947, avaient parfaitement résisté à 3 minutes de vol dans un V2 récupéré. Les drosos de la mission de 2006 sur Discovery sont revenues en forme mais avec le système immunitaire affecté. Reste principalement à vérifier ceci et à étudier les effets de l’espace sur le système circulatoire.
Les Drosophila (Sophophora) melanogaster sont toutes désignées pour des missions spatiales. Car les humains sont dépourvus des qualités suivantes : très bon marché, fort légères (1/2 mg), on peut les entasser par milliers dans des cages exigües ; elles mangent peu, vivent vite (1 mois et demi), se reproduisent dès l’âge de 15 jours et personne – à part les entomologistes qui s’occupent du Fruit Fly Lab embarqué - ne déplorerait leur mort.
En 1975, une équipe de 702 drosos a eu un rôle moins valorisant, celui de servir de proies à Anita et Arabella, araignées spationautes.
D’après « How fruit flies will get us to Mars », par Elizabeth Barber. Lu le 25 novembre 2013 à www.csmonitor.com/
À (re)lire les Épingles Entomologie spatiale (suite) de 2010 et La Mouche de la navette de 2011.

Essence de scolyte
Ce n’est encore qu’un projet. 10 millions de dollars ont été alloués à l’université du Colorado (États-Unis) pour étudier la faisabilité de la production de carburant à partir des épicéas et des pins victimes des scolytes.
Dendroctonus rufipennis et D. ponderosae (Col. Curculionidés), xylophages sous-corticaux, ont détruit quelque 10 millions d’hectares de forêts depuis 1996. Sur de petites surfaces, il est possible de juguler les attaques en exploitant très vite les sujets atteints. Il n’y a pas de remède contre les pullulations massives qui conduisent très souvent à des incendies monstres.
Ne pourrait-on pas tirer parti des bois morts en les exploitant comme de la biomasse ? La source a l’inconvénient majeur de se trouver loin des sites industriels. Mais la firme de « technologies vertes » Cool Planet Energy Systems (un des nombreux partenaires du projet) a construit un prototype d’unité de pyrolyse qui pourrait être installé partout en forêt et transformer proprement la cellulose en essence.
D’après « Using Insect-Killed Trees for Biofuel Focus of $10 Million Study », par Rich Christianson. Lu le 23 novembre 2013 à www.woodworkingnetwork.com/
À (re)lire l’Épingle Boutefeux de 2012. 
NDLR : une expertise semble s’être perdue. Du temps de la Prohibition, les bootleggers savaient convertir la biomasse dans n’importe quel endroit reculé.

Pour désasticoter les olives
Pour venir à bout de certains ravageurs et vecteurs, une nouvelle technique émerge. Elle consiste à fournir aux femelles de la population sauvage des mâles truqués : bons partenaires sexuels, très compétitifs avec leurs congénères naturels, ceux-ci transmettent un gène qui tuera les asticots produits. C’est une forme de lutte autocide, pratiquée à l’origine (et avec succès dans beaucoup de cas) au moyen de lâchers de mâles stérilisés (par irradiation).
La firme anglaise Oxytec a déjà procédé à des essais avec des moustiques – cf l’Épingle Moustique, les antibiotiques, c’est pas automatique !  et mon article OX3604C moustique suicide, paru dans Insectes n° 168 (1er tr. 2013). Elle annonce l’éradication de 96% des moustiques vecteurs de la dengue Aedes aegypti (Dip. Culicidé) au Brésil.
À la suite d’essais concluants en serre, elle a soumis aux autorités catalanes une demande de permis pour essayer au champ le procédé contre la Mouche de l’olive. Ce serait une première dans l’Union européenne.
Bactrocera oleae (Dip. Tephritidé) – connu des anciens sous le nom de Dacus - est le principal ravageur en oléiculture. Les asticots se développent dans les fruits, qu’ils rendent impropres à toute utilisation. La lutte chimique est au point mais connaît des restrictions, est peu spécifique et des populations résistantes sont apparues. Lutte biologique, le piégeage de masse et la confusion sexuelle produisent des résultats insuffisants.
Les lâchers d'OX3097D devraient concerner 48 oliviers près de Tarragone. Les groupes Testbiotech (allemand) et GeneWatch s’y opposent.
D’après, notamment, « Genetically-modified insects proposed to control olive pest », lu le 20 novembre 2013 à www.upi.com/Science_News/
La fiche HYPPZ de la Mouche de l'olive 

Mirage sur l’aile
Une petite mouche des fruits (Dip. Téphritidé) se répand à vitesse grand V sur la Planète. Ceci grâce au trafic des mini-messages sur Internet et sous le mot-repère « insecte 3 en 1 ».
Goniurellia tridens est originaire des Proches et Moyen Orient ainsi que de l’Asie du Sud. La science le connaît depuis 1910 et Brigitte Howarth (universié Zayed, Arabie Séoudite) l’a repéré sur un olivier, dans le Nord du sultanat d’Oman. Croyant à première vue à une mouche avec 2 fourmis s’agitant autour.
Non, la mouche (marron aux yeux verts) est seule ; elle porte un dessin -  pas mal grossier - de fourmi (marron) sur chacune de ses ailes. B. Howarth - a cherché des explications.
On peut y voir un cas de mimétisme : en agitant ses ailes, la mouche posée fait peur à son prédateur (araignée Salticidé), le temps de s’envoler. Mais elle ferait mieux de sauter et de décoller tout de suite. Et les saltiques ne sont pas impressionnées par de vraies fourmis.
On peut aussi penser à un accessoire sexuel déployé lors de la cour précédant le coït. Mais pourquoi des fourmis ? Pour les Goniurellia myrmécophiles ?
On doit se dire que faute de savoir comment ces dessins augmentent le succès reproductif de cette espèce, si jamais ils jouent un rôle, on a là un cas de paréidolie. Qui est notre tendance naturelle à voir des têtes dessinées par les nuages. 
D’après, entre autres, « Fly With Bizarre Wing Markings, 'Three-In-One Insect,' Has Scientists Scratching Their Heads », par Macrina Cooper-White. Lu le 12 novembre 2013 à www.huffingtonpost.com/
Un spécimen épinglé 
L’alphabet écrit sur les ailes des papillons, par Kjell Sandved.

Coitus ininterruptus
À Daohugou (Mongolie intérieure, Chine), un couple de cicadelles est resté uni depuis le Jurassique, abdomen contre abdomen, l’édéage du mâle clairement inséré dans la bourse copulatrice de la femelle. C’est le record : 165 millions d’années. Leur nom : Anthoscytina perpetua sp. nov. (Hét. Procercopidé).
Article source : Li S. et al., 2013. Forever Love: The Hitherto Earliest Record of Copulating Insects from the Middle Jurassic of China. PLoS ONE, 8(11): e78188. doi:10.1371/journal.pone.0078188
Images, dont une vue d’artiste du couple in coitu.

Chirurgie industrielle
Amener une bouteille de drosos (Drosophila melanogaster) et la brancher sur la machine. Appuyer sur le bouton A. Jeter un œil dans la bino pour vérifier que les 100 individus (préalablement refroidis) sont en place, collés chacun au bout d’une baguette de verre. Appuyer sur le bouton B. La machine, grâce à un laser ultraviolet, perce un trou dans la capsule crânienne de chacune des mouches (20 à 350 µ de diamètre) et y dépose une goutte de Ringer (liquide physiologique). Pour terminer la manip, presser C : le stimulus à l’étude est appliqué et le système d’imagerie enregistre la réaction du cerveau.
C’est à peine de la science fiction. Supriyo Sinha, ingénieur à l’université Stanford (Californie, États-Unis), a déjà mis au point le système pour les drosos une par une. En moins d’une minute, la patiente est prête. À la main, il faut 100 fois plus de temps (et une habileté certaine). En plus, son cerveau reste opérationnel durant 18 heures, contre moins d’une heure pour celui d’une droso disséquée classiquement.
Appuyer sur D, la machine envoie le matériel biologique à l’incinérateur et rédige la publication.
D’après « Zap! Lasers blast tiny holes in heads of flies to expose brains », par Charles Q. Choi. Lu le 1er novembre 2013 à www.nbcnews.com/science/
Image : le trou (dans l’œil), de 20 µ de diamètre et de 250 µ de profondeur, a été réalisé au moyen de 3 000 impulsions laser.
À (re)lire : Regarder penser les mouches, Épingle de 2010.


OPIE TiVi
l'antenne des insectes

Avec 2 premiers films : Élevages pédagogiques - Bombyx éri et Insectobus.

Les étranges propriétés des radeaux des fourmis de feu
, par Joël Ignasse. Sciences et Avenir, 27 novembre 2013.
[Solenopsis invicta (Hym. Formicidé)]

Papillons mimétiques : qui se ressemble s’assemble.
CNRS, 28 novembre 2013.

A Madagascar, les criquets migrateurs ravagent les récoltes de riz et de maïs,
par Sébastien Hervieu. Le Monde, 26 novembre 2013.

Les reines des abeilles ne cachent rien de leurs amours,
par Soline Roy. Le Figaro, 19 novembre 2013.

Comment un arbre mène des fourmis à l'esclavage,
par Pierre Barthélémy. Le Monde, 20 novembre 2013.
[Pseudomyrmex ferrugineus, Hym. Formicidé]

Pollinisation par les thrips : les abeilles n’ont qu’à bien se tenir !
Tela Botanica, 14 novembre 2013
À (re)lire : Les Thrips, par Alain Fraval. Insectes n° 143 (2006-3)

Pesticides : les mathématiques au secours des abeilles
, par Stéphane Foucart. Le Monde, 7 novembre 2013.
[Bourdon terrestre Bombus terrestris (Hym. Apidé)]

L'OPIE recrute un(e) chargé(e) d'études SGBD-SIG.
Fiche du poste

L'amour sacrifé chez l'araignée admirable
, par Allan Lau. Le Monde,
6 novembre 2013.
[Pisaura mirabilis, Ar. Pisauridé]

Ces majestés les mouches
INRA, novembre 2013
Desirable, projet de recherche de quatre ans d'une enveloppe de 990 000 €, pour imaginer l'ento-raffinerie de demain. Cet outil éco-industriel combine l’élevage de larves d’insectes sélectionnées et leurs transformations en ingrédients à haute valeur ajoutée pour alimenter les animaux d’élevage.

Dupont (Pascal), Demerges (David), Drouet (Eric) & Luquet (GérardChr.), 2013.- Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013-19, 201p.
Octobre

Blattaculture
C’est facile, pas cher et ça rapporte. L’éleveur peut espérer 20 € d’une livre de la poudre, qui sera utilisée en pharmacie et en cosmétique. Les bêtes mangent n’importe quoi, vivent dans le noir, trouvent leur bien-être animal entre des cartons à œufs bloqués par des tôles ondulées rouillées. Une fois engraissées, après s’être laissé ébouillanter sans crier ni provoquer les cris des amis des bêtes, elles sèchent au soleil.
C’est la Blatte américaine Periplaneta americana (Blat. Blattidé) qui marche le mieux.
Zou Hui, le plus gros blattaculteur chinois (et du monde) possède un cheptel de 10 millions de têtes réparties entre 6 élevages, nourries des épluchures des restaurants voisins. Après avoir essuyé les moqueries, il prospère (modérément) et se félicite de n’avoir pas choisi le porc comme animal de rapport.
La Blattaculture se développe en Chine où il y aurait plus de 100 établissements en activité. On l’a découverte dans les média quand, dans le Jiangsu, un million de cafards se sont échappés d’un coup : le bâtiment, mal placé, fut démoli pendant le repas (des ouvriers).
D’après « Cockroach farms multiplying in China », par Barbara Demick. Lu le 15 octobre 2013 à www.latimes.com/


L’insecte ravageur est une espèce renouvelable
On produit des agrocarburants, au titre du développement des sources d’énergie renouvelables, à partir de plantes d’intérêt alimentaire et de plantes dédiées. Les premières possèdent un riche cortège d’insectes consommateurs, en principe archiconnu par les agriculteurs et les entomologistes agricoles. Les secondes, a-t-on mis en avant,  poussent vite sans engrais et n’ont pas de ravageurs. Ainsi ont été mises en culture des espèces de la Prairie nord-américaine pour fabriquer de l’éthanol.
Une première alerte a été donnée en 2004 : une chenille inconnue ravageait les champs de panic érigé (Miscanthus, Poacée) au Dakota du Sud (États-Unis). La « Mineuse du biocarburant » Blastobasis repartella vivait depuis toujours très discrètement sur les herbes (voir l’Épingle de 2009). Depuis, Chilophaga virgati (Dip. Cécidomyidé) lui a ravi le titre de ravageur numéro un du panic érigé, sa seule plante-hôte connue. L’insecte, décrit en 2011, est nouveau pour la science ; on lui connaît déjà 3 insectes parasitoïdes. Les deux pestes affectent gravement la production de semences et provoquent la réduction du talle, seule partie intéressante actuellement.
De même la spartine pectinée (Spartina pectinata, Poacée) s’est trouvée 2 entomo-agresseurs très dommageables, Aethes spartinana (Lép. Tortricidé)  et Ischnodemus falicus (Hét. Lygéidé), tandis que le silphion (Silphium perforatum, Astéracée) voit son rendement réduit par les œuvres d’Eucosma giganteana (Lép. Tortricidé).
Du coup, on se penche sur l’entomofaune de la Prairie (ce qu’il en reste), qu’on a mise en culture (maïs et autres) sans jamais l’étudier. Et les agroléiculteurs, écoutant les promoteurs d’un respect des exigences écologiques des espèces botaniques, pourraient cesser de les cultiver n’importe où.
D’après « Ethanol research may move insects to pest status », par Lance Nixon. Lu le 21 octobre 2013 à www.wral.com/
À (re)lire : « Biocarburer plus pour travailler moins », Épingle de 2007. 

Au galop

Remarquant un bousier en train de galoper sur le sable, les entomologistes (sud-africains et suédois) engagés dans une étude de la navigation des scarabées, ont d’abord cru à un individu estropié. En effet, tout entomologiste sait que l’insecte marcheur normal utilise ses 6 pattes comme 2 trépieds alternés posés sur le sol successivement.
Puis ils ont trouvé que tous les individus de 3 espèces de Pachysoma (Col. Scarabéidés) se déplacent de cette originale façon sur le sable de leur habitat. Les vidéos, en nature et sur papier de verre au labo, montrent bien que ces bousiers utilisent leurs pattes avant et médianes par paires pour se propulser, les pattes arrière traînant au sol. Ils ne galopent pas vraiment comme les chevaux : à aucun moment ils ne décollent.
Ces Pachysoma sont aptères (élytres soudés), contrairement à la plupart des bousiers, ce qui pourrait être une adaptation à la sécheresse du milieu mais complique sans doute leur recherche de bouses exploitables. Ils ne font pas de pilule ni de grosse boule de bouse mais rapportent au nid, en plusieurs voyages, des fragments secs qu’ils poussent devant eux. 
Pourquoi galoper ? Nos entomologistes avancent qu’il pourrait s’agir d’un moyen de garder en tête leur trajet, pour ne pas se perdre lors de leurs allers et retours. Ces scarabées possèdent deux paires d’yeux composés, pour regarder en l’air et vers le sol. Et ils compteraient leurs pas.
D’après, notamment, « Galloping Dung Beetles Discovered In South Africa, Pachysoma Species Moves ‘In A Peculiar Manner’ », par Zoe Mintz. Lu le 21 octobre 2013 à www.ibtimes.com/
Vidéo
À (re)lire de 2012 « Pilulier tourneur » et de 2013 « Le pilulier et la Galaxie ».

Schiste bitumineux hémoglobineux
Donné au Muséum national d’histoire naturelle de Washington (états-Unis), un fossile de moustique trouvé dans le schiste bitumineux de la formation Kishenehn au Montana attire l’attention. Son abdomen est gonflé comme celui du moustique qui vient d’achever son repas de sang.
Dale Greenwalt et ses collègues entreprennent d’analyser le contenu stomacal, apparamment très bien conserve depuis le milieu de l’Éocène (soit 46 millions d’années). Passé au spectromètre de masse d'ions secondaires (SIMS), il révèle, outre un fort contenu en fer, des molécules de porphyrine. Soit la trace fossile de l’hème, transporteur d’oxygène dans l’hémoglobine.
Ce moustique était donc hématophage.
Impossible d’identifier l’animal piqué. Difficile de comprendre comment il a été si bien fossilisé, peut-être grâce à un linceul de micro-algues.
Il livre un des très rares – et de plus celui-ci est direct - témoignages de ce type de régime alimentaire. Et indique que l’ambre n’est pas le seul matériau capable de bien conserver les insectes.
D’après « Rare Mosquito Fossil Contains 46-Million-Year-Old Animal Blood », par Philip Ross. Lu le 14 octobre 2013 à www.ibtimes.com/
Photo

Le bon côté de l’Abeille
Apis mellifera carnica (Hym. Apidé), insecte de très peu de neurones (900 000), est droitier – des antennes. Comme l’apidologue et ses dizaines de milliards de neurones, il est latéralisé. Ceci très certainement en relation avec la riche vie sociale que mènent l’un et l’autre. L’équipe-auteur (australo-italo-autrichienne) a publié ce travail dans Scientifc Reports le 27 juin 2013.
Leur manip a essentiellement consisté à observer les interactions sociales de 2 ouvrières fraîchement capturées à leur envol de la même ruche ou pas, enfermées chacune dans une boîte de Petri retournée percée d’un trou sur le côté. Dès que les 2 orifices sont mis en coïncidence, la rencontre a lieu, qui est soit « amicale », on tire la langue, soit « hostile », on fait le gros dos, mandibules et aiguillon en avant. Les abeilles ont été préparées : antenne droite coupée ras à la base du scape ou antenne gauche idem.
La prise de contact de 2 ouvrières avec une antenne droite se fait plus rapidement et est plus souvent du type amical que dans le cas de 2 amputées de celle-ci. La réaction négative est alors plus souvent observée, même si ce sont des consœurs.
L’antenne droite apparaît spécialisée dans la reconnaissance des odeurs, celles de la nourriture mais aussi celle de la colonie et l’agressivité montrée par les individus disposant uniquement de la gauche serait due à l’incapacité d’identifier olfactivement une consœur.
Peut-être cette asymétrie joue-t-elle un rôle également dans la communication dansée : un sujet à creuser.
Article source : « A right antenna for social behaviour in honeybees ». Lesley J Rogers, Elisa Rigosi, Elisa Frasnelli, Giorgio Vallortigara, Scientific Reports 3, en ligne gratuitement à doi:10.1038/srep02045

Attirants insectes
On sait que les insectes, en volant, se chargent électrostatiquement. Les bourdons s’en servent pour détecter les fleurs déjà visitées et les abeilles pourraient ainsi communiquer entre elles – voir l’Épingle toute récente « Les charges s’accumulent » à www7.inra.fr/opie-insectes/epingle13.htm#acc. Le phénomène pourrait être fatal dans d’autres circonstances : les charges positives de l’insecte attirent la toile d’araignée.
Victor Ortega-Jimenez, biologiste à l’université de Caroline du Nord (États-Unis), dans le but de montrer à sa fille ce qu’est l’électricité statique, se procure une « baguette magique », jouet qui permet de faire « léviter » des objets légers (moins de 15 €, sans les piles). Parmi les objets essayés, des insectes et une toile d’araignée : la baguette attire la toile.
La suite se passe dans son labo, avec son collègue Robert Dudley. Avec la même baguette magique, ils chargent positivement des insectes morts (mais frais) – abeilles, mouches vertes, pucerons, drosophiles – ainsi que des gouttes d’eau et les font tomber (de 25 à 35 cm) devant une toile d’Épeire diadème tendue sur un cadre. Ceci devant l’œil d’une caméra.
Effectivement, les fils radiaux et spiraux se déforment et la toile se rapproche de l’insecte qui tombe et le capture.
Dans le cas des gouttes d’eau, la toile subit des accrocs que l’araignée doit réparer… Nos électro-entomologistes cherchent désormais à préciser si le phénomène joue un rôle dans la nature.
D’après « Spider webs are literally attracted to some insects », par Joseph Bennington-Castro. Lu le 4 juillet 2013 à //io9.com/

Faut pas exagérer !
Le mutualisme est une association à bénéfices réciproques entre deux espèces. Il se serait établi, au long de l’évolution, à partir de relations moins sympathiques : il y a eu un prédateur et une proie ou un parasite et un hôte. Il peut se faire que l’un des deux partenaires dans une relation de mutualisme se comporte de façon à tirer un bénéfice supérieur. Dans ce cas, il peut y avoir une réaction de la part de l’autre, qui punit le premier de sa « prétention » à devenir parasite.
C’est ce qui se passe dans la forêt guyanaise, entre la fourmi Allomerus decemarticulatus (Hym. Formicidé) et la plante myrmécophyte de sous-bois Hirtella physophora (Chrysobalanacée). La fourmi défend la plante contre ses insectes ravageurs ; la plante offre à la fourmi des abris foliaires (domaties), entre lesquels elle tend ses pièges.
Plus il y a de feuilles, plus il y a d’abris, plus l’arbrisseau peut héberger de fourmis piégeuses. Mais celui-ci produit des fleurs, au détriment de l’expansion du feuillage. Les fourmis se mettent donc, dans certains cas, à éliminer les boutons floraux.
Mais il ne faut pas exagérer, si trop de boutons sont coupés, Hirtella se met à fabriquer des poches foliaires plus petites, tellement exigües qu’elles sont inutilisables par les fourmis.
Travaux d’une équipe associant des chercheurs du CNRS, de l’université Toulouse III-Paul-Sabatier et de l’IRD, publiés dans Evolutionary Biology - doi:10.1007/s11692-013-9242-7
À (re)lire : Les pièges des fourmis Allomerus, par Bruno Corbara. Insectes n°138, 2005(3).

Lutte bio perso
Pua et Aurora sont deux auxiliaires de lutte biologique classique contre les fourmis domiciliaires. Angela les a importés d’Amérique du Sud à Oakridge (Oregon, États-Unis) et acclimatés. Elle les nourrit, s’en occupe, dort avec quand ils ne passent pas la nuit dans le tambour du lave-linge, les voit prendre goût au fromage bleu, leur apprend des tours,  et, ce n’est pas écrit mais…, nettoye leurs cochonneries.
En tous cas, elle s’en déclare très satisfaite et l’on mettra son engagement pour la lutte biologique au tableau d’honneur. Notons l’espèce de ces deux entomophages : Tamandua tetradactyla (Eutheria, Xenarthra).
D’après « Woman keeps pet anteaters To keep insects at bay », lu le 5 octobre 2013 à www.nation.com.pk/
À (re)lire :
Les fourmiliers, par Alain Fraval.  Insectes n° 146 (2007-3).

Pas de beau temps, pas de bon temps
Zooscopie : l’âne brait, le corbeau croasse, l’écrevisse recule, la carpe saute, la grenouille est en haut de son échelle. Le temps est à la pluie.
Entomoscopie : le taon pique, l’abeille rentre, la coccinelle reste sur le doigt, la Chrysomèle du concombre mâle ne fait pas la cour à la femelle, la papillonne de la Leucanie orbicole n’appelle pas de mâle et idem pour madame Puceron vert et rose de la pomme de terre (ovipare). C’est la dépression, pas besoin de baromètre.
Ces trois derniers cas ne doivent rien à la sagesse populaire. La baisse de la pression atmosphérique modifie le comportement sexuel de Diabrotica speciosa (Col. Chrysomélidé), de Mythimna (Pseudoalecia) unipunctata  (Lép. Noctuidé) et de Macrosiphum euphorbiae (Hém. Aphididé). Les mouvements (dans des olfactomètres, au labo) et les émissions de phéromones précopulatoires sont affaiblis de sorte que copulation il n’y a pas.
Une sage (et donc répandue) précaution, d’après Jeremy N. McNeil et Christopher G. Guglielmo et leurs collègues de l'université de Western Ontario. Entreprendre de produire des descendants sous les intempéries, c’est risquer la mort des parents.

Article source : Pellegrino A.C. et al., 2013. Weather Forecasting by Insects: Modified Sexual Behaviour in Response to Atmospheric Pressure Changes. PLoS ONE 8(10). doi:10.1371/journal.pone.0075004.
À (re)lire : Conte d’hiver, par A. Fraval. Insectes  n° 142 (2006-3).

Pinces entomologiques
C’est  nouveau, ça vient de sortir : des pinces à chenille en polydiméthylsiloxane, minuscules, et délicates, capables de pincer, même à l’air et la tête en bas.
Ce qui est très nouveau, c’est que cet outil est actionné par la contraction d’un muscle d’insecte (le vaisseau dorsal d’une chenille) irrigué par du liquide nutritif. Il a été difficile d’empêcher l’évaporation de celui-ci mais on a pu couler un film de paraffine pour étanchéifier le dispositif.
En toute autonomie, ce bio-actionneur fonctionne durant 5 heures. Et même dans des conditions sévères. Et mieux et plus sûrement que les pinces mécaniques de même taille.
Travaux de Keisuke Morishima et ses collègues à l’université d’Osaka (Japon).
D’après « Insect-powered microtweezers », par Michael Parkin. Lu le 2 octobre 2013 à www.rsc.org/chemistryworld/
Illustrations
Vidéo (brève !)

Faut-il manger des insectes ?
Par Camille Labro. Le Monde, 27 octobre 2013.

Le chromosome X des pucerons est spécialisé dans la fonction mâle
.
IPSIM : un premier outil pour une gestion intégrée des ennemis des cultures. INRA, octobre 2013.

Un drone pour chasser le frelon asiatique,
par Pierre Tillinac. Sud-Ouest, le 22 octobre 2013.  

L'impact d'un mauvais mimétisme. Sur la Toile. Octobre 2013.

Il y a 320 millions d'années, à l'ombre des libellules géantes, guêpes ou scarabées étaient minuscules
, par J.-L. Nothias. Le Figaro, 17 octobre 2013.

Google Street View pour localiser des insectes invasifs
. INRA, 11 octobre 2013

Processionnaire du pin, Thaumetopoea pytiocampa, Lép. Notodontidé
À (re)lire : , par Alain Fraval. Insectes n° 147 (2007-4).

Clé d'identification des insectes des grains en ligne. CCG.

En Chine, des frelons géants ont déjà tué 42 personnes, par
Harold Thibault. Le Monde, 9 octobre 2013.
[Vespa mandarinia]


La fumigation sauvera-t-elle les pinsons de Darwin ? Par Hervé Morin. Le Monde, 7 octobre 2013.
[Philornis downsi, Dip. Muscidé]
À (re)lire : Les insectes introduits aux îlesGalapagos (Équateur), par Stewart B. Peck et al. Insectes n° 115 (2009-4).


Landes : le poulet, l'arme fatale contre frelon asiatique ? Par Christine Lescoutte-Gardent. Sud-Ouest, le 1er octobre 2013.
Pour en finir avec les frelons asiatiques, un apiculteur de Biscarrosse a introduit des poulets dans son rucher
[Vespa velutina, Hym. Vespidé]
Septembre

Redégringolant
Les insectes marcheurs envahissent les locaux et les conduits de climatisation ; ni les surplombs ni les surfaces lisses ne les arrêtent. Sans barrière insecticide, il est possible de les en empêcher grâce à l’invention (exemple de sérendipité) d’une peinture, relatée dans l’Épingle de 2009 « Dégringolant ».
Dans le but de réinventer un traitement de surface anti-intrusions, Thomas Speck et ses collègues de l’université de Fribourg (Allemagne) ont recherché les propriétés physiques (microstructure) et chimiques de différents organes végétaux plus ou moins glissants sous les tarses des insectes.
Pour ce faire, ils ont attelé, par une tige collée sur leur dos, des Doryphores (Leptinotarsa decemlineata, Col. Chrysomélidé) à une sorte de dynamomètre et les ont fait patiner (plus ou moins) sur des surfaces naturelles et leur moulage dans des matières plastiques plus ou moins mouillables.
Les cristaux de cire et surtout les microvillosités d’un demi- micron de haut et de maille entre 0,5 et 1,5 microns font des antiadhésifs très efficaces, meilleurs que le verre, et quelle que soit la nature chimique de la surface.
La suite de ce travail de bionique : adapter les matériaux « biodérapants » aux différents insectes intrusifs (blattes, fourmis, punaises…) par étirement et contraction.
D’après « Research Team Develops Artificial Surfaces Insects Cannot Stick To », lu le 24 septembre 2013 à www.redorbit.com/news/
Image

Des dents entre les cuisses
En regardant de près entre les coxas postérieures de larves d’une banale cicadelle, Malcolm Burrows et Gregory Sutton (université de Cambridge, Royaume-Uni) on découvert un mécanisme d’engrenage, pas banal du tout.
La Cigale bossue, Issus coleoptratus (Hét. Issidé) bondit jusqu’à 1 m devant elle. Pour sauter droit, il faut que les pattes arrière se détendent également et dans le même temps. Sans doute en plus du dispositif nerveux banal, cette cicadelle a les coxas bordées de sortes de secteurs de roues dentées (dont les dents font 20 microns) qui s’engrènent parfaitement l’une dans l’autre.
Au cas où la mécanique serait endommagée, elle serait réparée à la prochaine mue. Les imagos en sont dépourvus.
D’après « Insect leg cogs a first in animal kingdom », par Philip Ball, lu le 12 septembre 2013 à www.nature.com/
À propos d’un autre système mécanique qu’on ne croyait pas pouvoir exister dans la nature : «
Charançon à 6 boulons », Épingle de 2011
Image au microscope électronique.
À (re)lire : Ils sautent !, par Alain Fraval. Insectes n° 167 (2012-4). En ligne bientôt.

L’indifférence dans la peau
Nous intéressons beaucoup les moustiques, Diptères Culicidés aux femelles hématophages, mais avec de fortes disparités entre nous, dues à des différences de concentration entre les centaines de substances chimiques qui font notre odeur personnelle. On peut éloigner ces seringues volantes et agaçantes et dangereuses avec un répulsif, classiquement le DEET.
Les recherches pour lui trouver un substitut explorent plusieurs pistes.
Ulrich Bernier (ministère états-unien de l’agriculture, USDA) a étudié les réactions des moustiques aux diverses sécrétions de la peau. Un groupe de produits, incluant la 1-methylpiperzine, s’est révélé capable de rendre le moustique anosmique : l’insecte ignore la peau du bras de l’entomologiste qui lui est offerte, ointe de ce produit, et reste sur la paroi de la cage, l’air complètement indifférent.
Plusieurs années de travaux sont nécessaires pour disposer d’un produit commercial.
D’après « Mosquito 'invisibility cloak' discovered », par Melissa Hogenboom. Lu le 9 septembre 2013 à www.bbc.co.uk/
À (re)lire «
Imblairable », Épingle de 2011.  
 
Stridulophile !
Daniel Emlyn-Jones a deux métiers, professeur privé (maths et de sciences) et bedeau, et un amour : pour les grésillements des grillons. Cette passion l’a poussé à acheter, pour le prix de 40 £, sur Internet un millier de Grillons provençaux Gryllus bimaculatus (Orth. Gryllidés) et à les lâcher dans son jardin, à Oxford (Royaume-Uni), avec du muesli comme provende.
Elle l’a amené subséquemment à recevoir un avertissement de la police, pour mise en danger de la faune locale par l’introduction d’une espèce allochtone et contravention au Wildlife and Countryside act.
Elle l’aura finalement conduit dans une jardinerie où il a fait l’emplette de pièges ad hoc pour récupérer les bêtes.
D’après « Maths teacher is ticked off by police after he bought 1,000 CRICKETS online and released them in his garden - because he 'liked the noise' », lu le 7 septembre 2013 à www.dailymail.co.uk/

NDLR : il ne suffit pas de se délecter les oreilles des stridulations, il faut savoir comment ça marche et (re)lire et (ré)écouter la page
Stridulations

Les forages ont repris
Le maïs MON 810, modifié par génie génétique, produit une toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) qui tue les chenilles qui s’en nourrissent, en détruisant la paroi de leur intestin moyen. Utilisé depuis 6 ans en Afrique du Sud, il vient, dans plusieurs endroits, de perdre son efficacité vis-à-vis d’un ravageur très dommageable, le Foreur africain des tiges de céréales Busseola fusca (Lép. Noctuidé).
La raison de l’apparition de cette résistance a été trouvée par des chercheurs de l’IRD et leurs collègues sud-africains. Croisés avec des invidus du Kénya, où ce maïs OGM n’est pas cultivé, les papillons résistants engendrent des chenilles insensibles au Bt. La transmission, dans ce cas se fait donc selon le mode dominant. Ce qui rend inopérante la stratégie des zones refuges (où les insectes ne sont pas soumis au Bt) qui vise à maintenir une bonne sensibilité dans la population du ravageur – et fonctionne bien notamment aux États-Unis.
Pour maîtriser ce foreur, on peut envisager l’emploi de maïs produisant 2 toxines (ce qui rend  l’adaptation des insectes bien plus difficile) ou d’agents de lutte biologique : micro-hyménoptères et champignon.
D’après « Des chenilles africaines résistent au maïs OGM », lu le 4 septembre 2013 à www.ird.fr/

Ça baigne dans l’iule
Le mille-pattes Ommatoiulus moreletii (Jul. Julidé) a encore fait des siennes. Cet immigré – il est arrivé du Portugal en Australie en 1954 – est non seulement un envahisseur gênant – il est végétarien détritivore et pas du tout méchant – mais un ennemi du trafic ferroviaire.
En mars 2009, une foule de ces Diplopodes avaient traversé les voies en masse, sur quand même un mile de long, et arrêté les trains en mettant hors service la signalisation.
Là, ils ont provoqué la collision d’un train qui était censé s’arrêter avec un convoi à l’arrêt, provoquant de légères blessures chez 6 passagers. Se massant sur les rails, ils ont formé - avec l’aide des roues – une matière lubrifiante digne des meilleures huiles.
D’après « Train crash was 'caused by millipedes' - Australian investigators claim insects made the track slippy », lu le 3 septembre 2013 à www.mirror.co.uk/
Salon des insectes. Juvisy-sur-Orge, les 28 et 29 septembre 2013. Voir ici.

Les abeilles, petits génies du BTP, par Nicolas Lepeltier. Le Monde, 19 septembre2013.

Les araignées, nouvelle arme anti-pucerons des pommiers ? INRA.

Découverte d'un nouveau moustique vecteur de la dengue et du chikungunya. Le Monde.fr avec AFP, 12 septembre 2013.
[Stegomyia pia, Dip. Culicidé / Mayotte]

La stratégie diabolique des futures plantes OGM, par Pierre Barthélémy. Le Monde, 18 août 2013.



Août

SSS, pourquoi ?
Autrefois on disait ces choses en latin, désormais c’est l’anglais qui sert à ça. Donc, c’est sur les comportements que nous appellerons comme tout le monde et tout le monde comprend SSS (same-sex sexual), d’un intérêt très peu évident pour le succès reproductif de l’espèce, que nous nous penchons, en suivant le travail tout juste publié dans Behavioral Ecology and Sociobiology de Inon Scharf et Oliver Y. Martin de l’université de Tel Aviv (Israël), une compilation de 110 cas observés chez des insectes et des arachnides.
Ce sont surtout les mâles qui s’y adonnent, et surtout en captivité, donc dans des conditions particulières de promiscuité et donc de stress. L’acte est dans ces cas plus bref qu’avec une femelle et les mâles passifs ne se laissent pas faire en général. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une erreur d’identification. Ce qui arrive facilement quand Monsieur sort tout juste d’une étreinte avec Madame, imprégné jusqu’au bout des soies par la phéromone de rapprochement des sexes qui l’a attiré vers elle et l’a fait la connaître. Dans quelques cas, l’union SSS favoriserait le transfert indirect de sperme ou servirait d’exercice aux jeunes émergés ou encore sèmerait la confusion chez les concurrents.
Les femelles manifestent rarement une attitude SSS ; dans un cas, on a montré que deux femelles l’une sur l’autre pouvaient passer pour une grosse femelle, plus attirante. 
On a, dans ce domaine particulier de la vie des insectes, pas mal d’anecdotes – et ce depuis longtemps - et fort peu de comportements bien établis et expliqués en terme d’avantage pour l’espèce. On est sûr d’une chose, c’est que le moteur n’est pas le plaisir.
D’après notamment « Why Insects Have Gay Sex », par Laura Poppick. Lu le 15 août 2013 à www.livescience.com/
À (re)lire, à propos de Coléoptères dans l’erreur absolue
La petite mort sur bouteille, Épingle de 2011, et de hannetons pratiquant « la pédérastie par goût et la pédérastie par nécessité » : Gadeau de Kerville, par Jacques d'Aguilar - encadré AF - Insectes n° 166, 2012-3, p. 18.

La purée, c’est bon
Soit à évaluer la biodiversité – en fait la richesse spécifique – de peuplements (associations d’espèces) d’insectes sur un terrain homogène ou le long d’un gradient.
La méthode classique consiste à échantillonner – prélever une très petite partie du peuplement, représentative – au moyen d’instruments de capture comme des pièges. Et à déterminer à l’espèce autant que possible ce que les pièges ont pris. C’est très laborieux, donc très coûteux. Puis, à partir des listes d’espèces et des tableaux des effectifs capturés d’individus de chacune, on calcule des indices qui permettent des comparaisons.
La méthode ultramoderne tire parti des progrès – en termes d’efficacité et de baisse des coûts – du barcoding (distinction des espèces selon un gène du génome mitochondrial). Appelée métabarcoding, car appliquée à des peuplements, la technique consiste (en très gros) à réduire l’échantillon (mélange d’individus d’espèces différentes) en purée puis à le donner à analyser à une machine.
Ça va bien plus vite, c’est bon marché et on surmonte l’« obstacle taxinomique », autrement dit la pénurie d’entomologistes. Mais est-ce équivalent à la façon de faire classique ?
Une équipe de l’université d’East Anglia (Royaume-Uni) a comparé les deux méthodes sur trois sites, en Angleterre, en Chine et en Malaisie. Ceci respectivement dans le cadre de travaux de restauration écologique (sur des Lépidoptères), d’étude des effets du changement climatique (sur la faune du sol) et de conservation (fourmis et bousiers).
L’analyse des purées a fourni des indications de même qualité sur les peuplements que l’examen des quelque 56 000 spécimens par les spécialistes.
D’après entre autres « 'Insect soup' holds DNA key for monitoring biodiversity », lu le 5 août 2013 à //phys.org/news/
Article source : doi: 10.1111/ele.12162

Nouveau suspect
Aux États-Unis, le syndrome d’effondrement des colonies d’Abeille domestique (CCD) a provoqué ces 6 dernières années la perte de 10 millions de ruches. Plusieurs causes ont été invoquées parmi lesquelles des insecticides, des maladies transmises par des parasites, la raréfaction des sources de nourriture. Le travail publié tout récemment par une équipe du Maryland apporte un élément nouveau, et inquiétant, sans toutefois percer le mystère de la spécificité du CCD : les abeilles de la ruche meurent toutes en même temps.
Alimentées avec du pollen récolté par des abeilles pollinisant des cultures (canneberge, pastèque…), des abeilles saines se sont révélées beaucoup plus sensibles à la microsporidie (champignon) d’origine asiatique Nosema ceranae, impliqué dans le CCD. Ce pollen était gravement épicé : 9 pesticides en moyenne, jusqu’à 21 dans un échantillon. 8 matières actives ont été reconnues favorables à la nosémose et parmi elles, les fongicides. Ceux-ci n’avaient jusque-là pas attiré l’attention et les cultivateurs traitent sans se soucier des ruchers présents.
Les abeilles seraient victimes non d’un type particulier d’insecticides (les néonicotinoïdes) mais d’une association de produits phytosanitaires, qui reste à étudier.
L’étude a soulevé un autre problème : Apis mellifera, d’origine européenne, ne collecte pas de pollen des plantes cultivées américaines (comme la canneberge) ; elle se sert sur les plantes spontanées des bordures – qui semblent largement arrosées de pesticides…
D’après « Scientists discover what’s killing the bees and it’s worse than you thought », par Todd Woody, lu le 24 juillet 2013 à //qz.com/
Au sujet du CCD, (re)lire ces Épingles :
On a trouvé leurs cadavres (2008) et Ce n’est plus une vie ! (2009), ainsi que : Apocephalus borealis fait perdre la tête aux abeilles, par Alain Fraval. Insectes n° 164 (2012-1) 
La piquante tête chercheuse du moustique en quête de sang. Vidéos. Guru Meditation. 8 août 2013.
Travaux de Véronique Choumet et coll. - institut Pasteur.

Dans la Drôme, une fabrique géante d'insectes utiles. Le Point, 26 juillet 2013.


Juillet

Les cent pas du prisonnier
La machine à dessiner d’Harvey Moon, jeune graphiste de Chicago (États-Unis) qui dit ne pas savoir dessiner, se compose ainsi. Un stylo-feutre est appliqué sur un papier vertical par un équipage mobile suspendu à 2 câbles ; lesquels câbles sont mus par des moteurs pas à pas commandés par un ordinateur faisant tourner un logiciel spécial ; lequel logiciel traduit toute image en parcours du stylo, en introduisant des perturbations aléatoires et en prenant son temps – l’achèvement de l’œuvre – non reproductible - peut prendre des jours ou des semaines.
La machine a été financée sur projet par des dons, via la page Internet de l’artiste.
La machine est polyvalente. Elle va même jusqu’à dessiner (sans s’éterniser sur le motif) le trajet, relevé par une caméra, d’un grillon (espèce non précisée) enclos dans une boîte en carton rectangulaire vide.
D’après, entre autres « Robots That Create Art: Harvey Moon's Drawing Machines », Par Kevin Holmes. Lu le 24 juin 2013 à //thecreatorsproject.vice.com/
Un exemple de grullographie :
Bugs draw for me
NDLR 1 : oui c’est de l’art et pas de l’actographie.
NDLR 2 : à (re)lire : Arsticot ou Astico’art ?, Épingle de 2007.

Filet mignon
Comment intéresser les enfants aux insectes, tout en leur faisant faire de l’exercice ? Peut-on recourir au procédé barbare des siècles précédents qui consistait, de nombreux textes et même pas mal de films l’attestent, à leur donner un filet à papillons (à leur taille) en leur disant « Allez ! Tous à la chasse ! Vous mes les rapportez pas trop esquintés et c’est moi qui les mets dans le bocal à cyanure. Ce soir, on les étalera ensemble et on leur donnera leur nom ».
On mesure maintenant les dégâts de cette pratique qui, heureusement, n’a plus lieu d’être (si jamais elle a perduré). Trois designers, Cheng Zhang, Jin Tuo et Wang Lingen, proposent « E-Catch Net », filet sans poche de tulle, indéchirable et surtout grâce auquel l’entomofaune pourrait renaître et les jeunes se développer au bon air des prairies fleuries sans traumatisme psychique irréversible.
Comment ça marche(rait) ? Par un geste habile, l’enfant fait passer le papillon volant au travers du cadre de l’engin, sans le heurter. L’engin numérise l’insecte au passage. La partie terminée, le « filet » est connecté à un ordinateur. Celui-ci affiche le résultat de la chasse, avec les noms latins et tout, et imprime les papillons, en couleurs, qu’il n’y a plus qu’à découper et à épingler si l’on veut.
D’après entre autres « E-catch Net brings 3D technology to kids' butterfly nets », lu le 12 juillet 2013 à www.treehugger.com
Schéma de l’opération
À (re)lire, dans la série Les insectes de la Belle Époque, La chasse aux papillons, par Jules Rengade  - Insectes n° 164 (2012-1) et, dans la série Captures et collections, Les filets, par Alain Fraval. Insectes n° 128 (2003-1). 

Le trajet optique de la Fourmi électrique
D’après le principe de Fermat qui fonde l’optique géométrique, la lumière se propage d'un point à un autre sur des trajectoires telles que la durée du parcours soit localement minimale.
Les fourmis aussi… qui ont à parcourir successivement des zones où elles marchent plus ou moins vite : au bout d’un certain temps, leurs pistes – marquées par une phéromone – suivent le trajet, fait d’une ligne brisée, qu’on pourrait calculer pour un rayon lumineux traversant des milieux plus ou moins réfringents. C’est le plus rapide, mais pas le plus court possible.
On doit ce résultat à une équipe dirigée par Jan Öttler, travaillant en Israël, selon le protocole suivant. Quelques milliers d’individus (avec leurs reines) de la Fourmi électrique Wasmannia auropunctata (Hym. Formicidé) sont lâchées dans un coin d’un enclos. Au bout d’1 jour – durant lequel les fourmis explorent l’arène - des blattes sont disposées dans le coin opposé, ad libitum. Chaque moitié de l’enclos est tapissée de feutre rêche, de feutre soyeux ou de plastique lisse (sur les quelles les ouvrières avancent plus vite). Chaque essai, avec 3 colonies simultanément, dure une semaine. Les fourmis sont filmées, certaines sont suivies individuellement.
Un cas nouveau d’optimisation décentralisée.
Article source : Fermat’s Principle of Least Time Predicts Refraction of Ant Trails at Substrate Borders. PlosOne 8(3) - doi:10.1371/journal.pone.0059739

Bien défendu
Depuis 33 ans, les entomologistes agricoles états-uniens estiment les pertes de récolte infligées par les insectes ravageurs au cotonnier et les dépenses de lutte des planteurs au terme de chaque campagne. En 2012, on est arrivé aux chiffres les plus bas jamais établis.
En moyenne, sur tout le cottonbelt en 2012, les ravages se sont élevés (ou plutôt abaissés) à 2% et la lutte a coûté moins de 200 €/ha.
Les pires déprédateurs ont été les punaises du cotonnier (Lygus spp., Hém. Miridés), responsables de pertes de l’ordre de 0,7% du rendement. Suivent les Pentatomidés (notamment Acrosternum hilare), les thrips, les noctuelles, le Miridé Pseudatomoscelis seriatus, l’Aleurode du tabac Bemisia tabaci (Hém. Aleyrodidé), les pucerons, acariens... Le célèbre Ver de la capsule du cotonnier Anthonomus grandis (boll weevil, Col. Curculionidé) a disparu.
En 1995, les noctuelles avaient détruit plus de 10% de la récolte (en moyenne toujours). L’année suivante, on a introduit les premiers cotonniers Bt (transgéniques, exprimant une toxine insecticide de Bacillus thuringiensis) puis généralisé le programme d’éradication du boll weevil et du Ver rose Pectinophora gossypiella (Lép. Gelechiidé). Les dégâts de tous les ravageurs n’ont cessé depuis de décroître.
Le cotonnier est un cas en défense des cultures : il a été réputé pour l’abondance, la diversité et la voracité de ses ravageurs et les tonnages énormes d’insecticides de synthèse nécessaires à un rendement suffisant. Il n’est pas à l’abri d’un relâchement de la surveillance et de la lutte, ni de l’arrivée d’un nouvel insecte.
D’après « Cotton insect losses fall to lowest level in 33 years », par Elton Robinson. Lu le 6 mai 2013 à //deltafarmpress.com/cotton/

La Fourmi court-jus
Elle sévit au sud des États-Unis, personne ne parvient à en venir à bout. Son nom commun en langue locale, crazy Rasberry ant, indique d’abord qu’elle fait partie des fourmis folles, agitées des 6 pattes. Ensuite, il fait honneur à M. Rasberry, exterminateur de vermine de son métier, qui l’a découverte en 2002. Elle dédaigne les appâts à fourmis, se moque des insecticides et adore, on ignore pourquoi, les installations électriques où elle provoque des courts-circuits. Lesquels font exploser les fourmis, ce qui dégage une odeur particulière, laquelle attire les congénères… Là où il n’y a pas de courant, elle nidifie n’importe où.
Ce n’est qu’en 2012 qu’on l’a identifiée à Nylanderia fulva. C’est une envahisseuse opportuniste et polyphage, originaire d’Amérique du Sud. Envahisseuse lente mais efficace, elle étend son aire de répartition de
800 m par an, bouleversant les écosystèmes. Notamment, elle déloge des territoire qu’elle avait précédemment conquis une autre envahisseuse, la Fourmi de feu importée Solenopsis invicta, bien plus facile à maîtriser… Elle la fait disparaître essentiellement par compétition, en la privant de ressources.
Que faire ? D’abord, éviter de transporter cette fourmi vers les zones indemnes. Et tâcher de tracer la carte de sa répartition potentielle.
D’après, entre autres, « 'Crazy' Ants Driving Out Fire Ants in Southeast », par Douglas Main. Lu le 17 mai 2013 à www.livescience.com/
À (re)lire les Épingles «
Inexterminable » de 2008 et « Pour éteindre la Fourmi de feu » de 2007.

Dernier asservissement
Une nouvelle façon de piloter un cafard est publiée par une équipe de l’université de Caroline du Nord (États-Unis). C’est un logiciel qui prend l’opération en mains et un Kinect (système de caméras, accessoire de la console de jeu Xbox de Microsoft) qui surveille et contrôle la bête. Laquelle est classiquement instrumentée (des électrodes sur les cerques, les antennes et les récepteurs abdominaux, et l’électronique sur le dos).
Qu’il prenne à la blatte la fantaisie de s’écarter du chemin prescrit, le système la corrige, gentiment ou sévèrement selon la gravité du faux pas.
On obtient ainsi près d’un tiers de réussite, contre 10% auparavant.
Les capacités du Kinect font que ça marche dans le noir et que chaque individu en piste fait l’objet d’un traitement personnalisé, automatiquement affiné. Ce qui permet de gommer les différences dues à l’implantation toujours imprécise des électrodes autant que celles dues à la morphologie de chacun.
D’après « Controlling the Minds of Cockroaches Using Microsoft’s Xbox Kinect », par Jason Bittel. Lu le 26 juin 2013 à www.slate.com/blogs/
À (re)lire la précédente Épingle de zombiptérologie :
Le cafard amusant, ci-dessous.

Vie intérieure
À l’instar des Hémiptères opophages, la Cochenille farineuse des citrus Planococcus citri (Pseudococcidé) se nourrit de sève élaborée, un aliment déséquilibré et gravement carencé en acides aminés essentiels. Pour les produire, elle a recours à des endosymbiontes. Ceux-ci, des bactéries spécialisées, sont inclus dans le cytoplasme des cellules d’un organe appelé bactériome, logé dans l’abdomen.
Chez P. citri, la bactérie est Tremblaya princeps, qui ne vit que là et a évolué en même temps que la cochenille à partir d’un unique ancêtre. Celle-ci inclut une autre bactérie, endosymbionte secondaire, Moranella endobia, polyphylétique et « adoptée » plusieurs fois.
T. princeps se distingue en outre par la taille de son génome : 139 000 paires de bases, 121 gènes, soit le plus petit connu chez une bactérie. Cela lui suffit d’une part en tant qu’endosymbionte (à la vie très étriquée) et d’autre part du fait qu’il a sous-traité une partie de son rôle nutritif (la production d’assez de thréonine et de triptophane pour la cochenille) à M. endobia, qui a 4 fois plus de gènes que son hôte.
Ce système n’est pas suffisant : la cochenille et ses symbiontes collaborent à l’élaboration d’autres acides aminés indispensables.
Pour « muscler » son équipement digestif, la Cochenille farineuse a par ailleurs emprunté – et incorporé dans son génome – 22 gènes issus de diverses espèces de bactéries et non de T. princeps.
Cette symbiose s’est installée selon un mécanisme différent de celui qui a conduit à la formation des organelles.
Travaux de John McCutcheon et ses collaborateurs (université du Montana, États-Unis) parus dans Cell (153-7), juin 2013, doi 10.1016/j.cell.2013.05.040
D’après, entre autres, « Bacteria found living within other bacteria living within insects», lu le 21 juin 2013 à www.latimes.com/news/science/

Faible impression
Chacun peut désormais fabriquer chez soi l’objet désiré, si complexe soit-il, avec une imprimante 3 D. Quoi de plus désirable et compliqué qu’un insecte ?
Il suffit de sortir un spécimen de son carton, de le dépiquer, de numériser ses formes, de lui adjoindre des compagnons tout aussi virtuels qui profiteront de la manip, de se munir de la quantité de poudre de titane nécessaire, de lancer la bécane et d’attendre une petite demi-journée. Sortis de leur gangue, les gros insectes (x 50), monocolores, inarticulés et assez grossiers peuvent servir.
Eleanor Gates-Stuart (CSIRO, Australie), qui a réalisé ainsi une première série de modèles pour une exposition artistique , voit là un moyen d’avenir pour observer, voire d’étudier, les insectes sous toutes leurs coutures, sans loupe binoculaire.
D’après « 3D-printing giant bugs out of titanium... for science! », par Amanda Koser. Lu le19  juin 2013 à //news.cnet.com/
Photo de 2 spécimens
À (re)lire L’Atelier de Marc Poty, par Bruno Didier. Insectes n° 129 (2003-2)
et François Chapelain-Midy, par B.D. Insectes n°141 (2006-2).   
Une araignée inconnue découverte chez nous ! La Nouvelle République des Pyrénées, 2 juillet 2013.
[
Zelotes egregioides, Gnaphosidé]

Les grillons jouent les fier-à-bras dès qu’ils se sentent observés. Guru Meditation,  12 juillet 2013
[Gryllus velletis, Orth. Gryllidé]

ephytia, portail INRA des "bioagresseurs" des plantes. Juin 2013.
En langage ancien : ravageurs, maladies et mauvaises herbes. Inclut  HYPP et donc HYPPZ (ravageurs des cultures).

Sciences participatives : 1ère rencontre SPIPOLL. Courte vidéo.
contact OPIE : Mathieu de Flores

Les papillons amoureux imitent les chauves-souris, par Viviane Thivent. Le Monde, 2 juillet 2013.
[Ostrinia furnacalis (Lép. Pyralidé), Eilema japonica (Lép. Arctiidé).

Le commerce international de fourmis augmente les risques et les dangers biologiques en Europe, par A. Buschinger et B. Guénard. Formicidae, Benoît Guénard, 2013.

Pourquoi les espèces voisines ne mangent pas la même chose. CNRS, 20 juin 2013.
[Pucerons / Hyménoptères]

Mécanismes de production des hautes fréquences chez les grillons et rôle des fréquences fantômes. MNHN, 18 juin 2013. Doc. pdf.
[Orth. Gryllidae Enéoptérinés]

Infestation majeure de criquets à Madagascar. CIRAD, 18 juin 2013.

Juin

Le gène de l’homme attirant
Il s’appelle orco, et peut être désactivé par génie génétique. C’est ce qu’ont fait Matthew DeGennaro et son équipe, au laboratoire de Neurogénétique et Éthologie de l’université Rockfeller (New-York, États-Unis). Ils ont par ailleurs capturé l’odeur de l’homme (de labo) sur des bas nylon portés 24 heures (autour des bras – déodorant interdit). Les imagos d’Aedes aegypti (Dip. Culicidé) ainsi modifiés ne préfèrent s’y poser qu’en présence de  gaz carbonique. Ils ne marquent pas leur préférence atavique pour le bras de l’entomologiste et vont aussi bien sur la peau du cochon d’Inde voisin.
Ointe de DEET – le répulsif de référence – la peau de l’homme n’attire pas les moustiques sauvages. Leurs congénères privés au gène orco désactivé se posent puis s’envolent, sans piquer. Le DEET a donc une double action, olfactive et tactile. Une hypothèse courante était qu’il  masquait l’odeur de l’homme ; selon M. DeGennaro, il agirait en fait en piratant l’appareil olfactif du moustique.
Le cadre de ces travaux : l’amélioration des performances des répulsifs, arme indispensable contre les maladies transmises par les insectes hématophages.
D’après « GM Mosquitoes Lose Appetite for Humans », lu le 10 juin 2013 à /www.biosciencetechnology.com/news/

Maintenir l’intolérance
En 2011, ce sont plus de  420 millions d’hectares de terres dans le Monde qui auront supporté une culture Bt, maïs ou cotonnier transgénique, exprimant une toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis.
Face au risque du développement de populations d’insectes ravageurs tolérantes, des pratiques ont été imaginées théoriquement puis mises en application pour le retarder indéfiniment. L’efficacité des cultivars Bt s’est maintenue dans de nombreux endroits mais s’est effondrée dans quelques autres.
L’analyse de 77 travaux de suivi de l’évolution de la sensibilité de populations de ravageurs au champ, sur les 5 continents, vient d’être livrée. Sur 24 cas pris en compte, impliquant 13 espèces d’insectes déprédateurs et 6 variétés de Bt dans 8 pays, les auteurs en relèvent 5 où la moitié des individus de la population sont devenus tolérants à la toxine en 3 à 8 ans.
Citons ces « résistants » : sur maïs, la Noctuelle foreuse du maïs Busseola fusca (Lép. Noctuidé), la Légionnaire d’automne Spodoptera frugiperda (id.) et la  Chrysomèle des racines du maïs Diabrotica virgifera virgifera (Col ; Chrysomélidé) ; sur cotonnier le Ver de l’épi de maïs Helicoverpa zea (Lép. Noctuidé) et le Ver rose Pectinophora gossypiella (Gelechiidé). Le premier en Afrique du Sud, le dernier en Inde, les autres aux États-Unis.
Parmi les toujours intolérants, mentionnons les 2  espagnols : la Pyrale du maïs Ostrinia nubilalis (Lép. Pyralidé) et la Sésamie Sesamia nonagriodes (Noctuidé).
L’étude confirme les vues des théoriciens et l’efficacité des stratégies anti-tolérance préconisées : l’emploi de cultivars très toxiques (« high dose ») pour atteindre même les individus peu sensibles, l’aménagement de parcelles de maïs ou de coton non OGM, dites « refuges » (où aura lieu un brassage génétique entre les survivants tolérants et les « normaux », la prise en compte du caractère récessif ou dominant des gènes de résistance, l’emploi dans certains cas de variétés à double Bt.
Dans le cas du Ver rose, on constate une bonne maîtrise par les zones refuges aux États-Unis – où la lutte est très encadrée - et un échec en Inde où les cotoniculteurs négligent en général cet aménagement.

D’après entre autres « Five Insects Evolve Resistance to Enginered Seeds, Study Says » par Jack Kaskey. Lu le 10 juin 2013 à www.businessweek.com/news/
Article source : Insect resistance to Bt crops: lessons from the first billion acres.
Nature Biotechnology 31 - doi:10.1038/nbt.2597

Formule i
Certaines courses d’automobiles, pas la Formule 1, voient la participation de la marque allemande « Voiture du peuple », dite « faouvé » dans son aire d’origine. Pour les besoins de la publicité pour son modèle « Scarabée nouveau », la dite marque organise d’autres courses, moins bruyantes.
En piste, sous les lumières du gymnase, 8 athlètes adultes à 6 pattes, de l’espèce Ptérostique noir, chacun dans son couloir à parois transparentes. Qu’est-ce qui les fait courir ? Gagner un abri sombre au plus vite (l’insecte est nocturne). Qu’est-ce qu’ils gagnent d’autre ? De retourner dans leur boîte d’élevage individuelle jusqu’à l’épreuve suivante.
Les internautes peuvent parier (uniquement en Suède et au Danemark,). Ils doivent savoir que ces carabes sont très capricieux.
Vidéos ici
NDLR : Pterostichus niger (Col. Carabidé) est un insecte commun, rustique, des bois et des champs et des prés, peu sensible aux perturbations des milieux, consommateur de ravageurs des cultures. Sa tare : il accumule les métaux répandus par la pollution. La nymphose se passe dans le sol ; l’émergence a lieu en automne. Larves comme imagos patrouillent à la recherche de proies, notamment des pucerons. Ils croquent volontiers aussi les coccinelles...

Pratique sexuelle originale
Il est un petit ordre d’insectes, traité en 1 page dans les plus épais manuels, les Zoraptères. Un seul genre, Zorotypus (Zorotypidé). En très bref : hétérométaboles tropicaux du bois pourri, mycophages, petits, pâles, avec des formes ailées et aptères, qu’on rapproche des Embioptères ou des Dictyoptères. Moins de 40 espèces de morphologie très homogène mais de comportements disparates. Insignifiants les Zoraptères ?
On doit à Romano Dallai (université de Sienne, Italie) et à son équipe la mise au jour de particularités uniques chez Z. impolitus, tout juste découvert en Malaisie. Le mâle produit des spermatozoïdes de
3 mm de long, qu’il offrira à la femelle, tassés chacun dans un spermatophore minuscule (0,1 mm de long). C’est Madame qui engage les opérations, en avançant vers Monsieur puis en frottant ses antennes sur lui. S’il est excité, il passe derrière elle et entreprend une sorte de danse, avant de se mettre sous elle et de coller des spermatophores sous son abdomen. À Madame de les incorporer.
Ce cas de transfert externe de sperme est unique chez les insectes. Les autres Zoraptères examinés jusque-là copulent. Il s’agirait là d’une forme primitive de comportement sexuel, qu’on connaît bien des Collemboles (Hexapodes non insectes) – mais avec un spermatophore posé sur le sol.
Pourquoi ce spermatozoïde long comme un Zorotypus, coûteux sans doute à fabriquer ? Il serait une forme de bouchon anti-polyandrie, dont la femelle inséminée ou le mâle suivant auraient bien du mal à se débarrasser.
D’après, entre autres, « Giant sperms come in small packages », par Enozia Vakil, lu le 27 mai 2013 à www.itechpost.com/
À propos de spermatozoïdes géants, (re)lire
Le canon à spermatozoïdes de Drosophila bifurca, par Dominique Joly et al., Insectes n° 97 (1995-2).

Le coup de la pompe

La femelle de Ganaspis sp. 1 (Hym. Frigitidé), endoparasitoïde, pond dans Drosophila melanogaster (Dip. Drosophilidé), Mouche du vinaigre et des labos, et lui injecte en même temps du venin. En réaction, des plasmatocytes - cellules de l’immunité innée - affluent via l’hémolymphe et encapsulent les œufs qui meurent : la droso survit. Sinon, les larves de G1 dévorent la droso de l’intérieur ; quand elles se nymphosent la mouche meurt.
Or, une étonnante manipulation de l’immunité cellulaire de l’hôte par le parasitoïde empêche cette issue fatale. Son mécanisme vient d’être mis au jour par Todd Schlenke et ses collègues de l’université Emory (Géorgie, États-Unis). Par des techniques de biologie moléculaire, ils ont dressé l’inventaire des composants du venin du parasitoïde : pas moins de 170 substances et parmi elles, en quantité, une protéine protégée (elle se retrouve tout au long de l’évolution) appelée SERCA. C’est une « pompe à calcium » qui, dans la cellule, contrôle les flux de calcium entre cytoplasme et réticulum endoplasmique. Le calcium, en très petite quantité, joue le rôle de signal intracellulaire et son excès empoisonne la cellule.
En utilisant des drosos transgéniques, il a été établi qu’un pic de calcium déclenche l’attaque des plasmatocytes. Et que l’injection de SERCA avec le venin inhibe cette salutaire réaction. Ceci sans aucun effet sur les autres cellules de l’hôte.
Il reste à comprendre comment la protéine SERCA, hydrophobe et entourée d’une membrane huileuse, parvient sans altération de la glande à venin à sa cible la cellule immunitaire ; l’hypothèse d’un virus véhicule est avancée.
D’après notamment « Parasitic wasps use calcium pump to block fruit fly immunity ». Lu le 20 mai 2013 à //phys.org/news/
Sur l’immunité des insectes et des hommes, (re)lire : Jules Hoffmann, un prix Nobel de médecine, par Roland Lupoli.  Insectes n° 164 (2012-1).

Comment reconnaître les insectes ravageurs des plantes cultivées. Formation en 3 jours. SupAgro Montpellier.

Une fourmi "pirate" découverte aux Philippines, par Frédéric Belnet. Maxisciences, le 25 mai 2013.
[Cardiocondyla pirataor, Hym. Formicidé]

Science participative : un atlas national des populations de moustiques est en ligne. BE Allemagne 613, 16 mai 2013.
Mai

Néozoon septique
Pour lutter contre les pucerons ravageurs des plantes, on a introduit, par plusieurs voies, en Europe et en Amérique du Nord un auxiliaire très rustique, très prolifique, très vorace : la Coccinelle asiatique, Harmonia axyridis (Col. Coccinellidé). L’agent de lutte biologique allochtone, parfaitement acclimaté, fait son boulot mais il y en a trop et elle pue : elle élimine les coccinelles autochtones, ses concurrentes, prend nos maisons comme site d’hibernation et s’attaque aux fruits mûrs comme les raisins, gâtant irrémédiablement le vin.
C’est devenu une peste, un néozoon, c’est-à-dire une espèce invasive, qu’on s’emploie à mieux connaître. Une équipe allemande (de Giessen et d’Iéna) a fait l’inventaire des molécules de son hémolymphe, agents de ses défenses immunitaires. On y trouve une grande quantité – des douzaines - de peptides antimicrobiens et une substance spécifique, l’harmonine, un puissant antibactérien. La résistance aux maladies pourrait déjà expliquer en partie son succès.
L’hémolymphe contient en outre des microsporidies (champignons unicellulaires parasites) pathogènes pour les coccinelles – sauf H. axyridis, immunisé (on ne sait pas encore comment). Une arme microbiologique donc, délivrée à la concurrence ennemie par morsures. Les coccinelles pratiquent la prédation intraguilde, attaquant systématiquement les œufs et les larves des autres coccinelles qu’elles rencontrent. C’est de la bonne nourriture, sauf si la proie est de la Coccinelle asiatique, alors c’est mortel.
D’après « Asian lady beetles use biological weapons against their European relatives ». Communiqué de presse de l’institut Max-Planck du 13 mai 2013.
À (re)lire
La Coccinelle asiatique Harmonia axyridis, par Gilles San Martin et al. Insectes n° 136 (2005-1).  

Pas piqué, givré
David G., prof d’anglais, habite Providence (Rhode Island, États-Unis), chasse régulièrement les insectes dans la végétation basse au filet-fauchoir, n’épingle pas ses captures mais leur assure une mort agréable par le froid. Il prétend qu’en onze ans, 5 000 espèces sont passées par le grand congélateur qu’il a dans son sous-sol, lequel présentement n’en renferme qu’une vingtaine (NB : l’évaluation de la biodiversité en termes de richesse spécifique pose toujours problème). Les 12 000 spécimens sont classés dans des sacs congélation.
Son taxon préféré ? Les Blattodea. La branche de l’entomologie qu’il approfondit – et qui le nourrit ? L’entomophagie. Au grand dam de son épouse Kim qui ne partage pas ses goûts ni ses repas de pupes de diptères et de scorpions (et de blattes, plus croustillantes et goûteuses) et qui le trouve de plus en plus obsédé par ses prélèvements de l’entomofaune.
David G. promeut l’insectivorie sur les plateaux de télévision et dans les amphis depuis 2001.
D’après « Man addicted to eating insects reveals he has consumed 5,000 species in the past 11 years - with cockroaches among his favorites », par Sadie Whitelocks. Lu le 3 mai 2013 à www.dailymail.co.uk/
En cas de fringale, (re)lire
Les filets, par Alain Fraval. Insectes n° 128 (2003-1) 

Mouche artificielle
Elle possède des ornements, s’agite au bout d’un fil. Elle ne sert pas à la pêche en rivière, mais à la recherche sur les très petits robots volants. La performance est notable : l’engin, diptère de 80 mg et de
3 cm d’envergure, vole et manœuvre. Les ailes (à nervation simplifiée) battent à la fréquence de 120 Hz, mues chacune par un cristal piézoélectrique dont l’effet est augmenté par résonnance ; leur articulation basale est faite de telle façon que l’angle d’attaque varie, ce qui assure sustentation et propulsion.
L’antenne et les 3 cerques sont terminés par de petites sphères brillantes. Leur rôle est de permettre le suivi de la mouche via une caméra. Un logiciel ad hoc lui envoie des signaux qui agissent sur le cristal piézo en sorte qu’elle conserve une attitude efficace (sans quoi elle virevolte et s’écrase). Ces signaux, de même que le courant électrique nécessaire, sont transmis par le fil.
L’équipe (Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering, à Harvard, États-Unis) a d’abord essayé des engins à rotors puis s’est tournée vers l’imitation des insectes. Ces ingénieurs espèrent parvenir à faire voler des mouches de cette taille sans laisse, avec un cerveau et de l’énergie embarqués.
D’après « Researchers build miniature flying robots, modeled on Drosophila » par John Timmer. Lu le 3 mai 2013 à http://arstechnica.com/science/
Vidéo
NDLR : à quoi pratiquement pourraient servir ces diptères de quincaillerie ? À distraire, publier, espionner, polliniser, leurrer, chercher, inoculer, jouer… se faire épingler (avec une épingle en acier au tungstène). Bref servir et nuire. Mais pas à nourrir les poissons ? Si, porteurs d’une pâte nourrissante à goût d’insecte.

Cannibales en bouteille
Les asticots de Drosophila melanogaster, la Mouche du vinaigre, sont connus pour vivre pacifiquement de levures dans des fruits fermentés ou dans des bouteilles (au labo) – et respectés comme outils de recherche. Phénomène répandu chez les insectes et redouté des éleveurs, la prédation intraspécifique n’avait jamais été signalée chez la droso, animal pourtant très familier dans les labos d’entomo depuis plus d’un siècle. Leur cannibalisme s’est manifesté sous l’œil des caméras de l’équipe de Roshan Vijendravarma (université de Lausanne, Suisse) étudiant la malnutrition chez ces mouches.
Un individu (larve de 1er ou 2e stade) rattrape un autre (de 3e stade, bien plus gros mais vulnérable car il se prépare à s’empuper) sur la paroi de la bouteille, l’assaille et gratte sa cuticule avec ses crochets buccaux en guise de dents jusqu’à ce qu’elle se perce et qu’il puisse s’y introduire et en consommer le contenu.
La scène attire (chimiquement) les jeunes voisins qui se joignent au festin. Les penchants cannibales des asticots sont de plus en plus affirmés au fil des générations d’affamés (118 ont été suivies) et leurs crochets buccaux comportent 20% de petites dents en plus. Un asticot nourri exclusivement d’asticot se développe lentement mais évolue en un imago viable.
D’après, entre autres, « Cannibal fruit flies: Lab maggots hunt one another », par Victoria Gill. Lu le 1er mai 2013 à www.bbc.co.uk/news/
Vidéo

Sphinx : question résolue
Pourquoi, lorsqu’il est attaché dans un tunnel de vol, en train de montrer ses capacités aéronautiques aux entomologistes autour, fait-il tant de mouvements avec son abdomen, qu’il ne cesse de relever et d’abaisser ? La cire qui fixe le dessus de son thorax à une baguette l’insupporte-t-il ou a-t-il besoin de ces contorsions pour se stabiliser et réussir à tenir en vol stationnaire devant une fleur nourricière ?
Jonathan Dyhr et son équipe, à l’université de Washington (États-Unis), ont expérimenté sur le papillon du Sphinx du tabac, Manduca sexta (Lép. Sphingidé, ravageur et bête de labo). Le cobaye est invité (par un courant d’air) à voler au point fixe (cire et baguette sur le dos) devant un écran de diodes électroluminescentes (LED) programmé pour lui montrer un paysage changeant, très schématique, capable de lui faire croire qu’il s’élève en l’air ou qu’il plonge (lors de séquences compliquées, avec diverses fréquences). Une caméra à haute fréquence enregistre ses postures.
Notre papillon, par un réflexe oculo-abdominal, immanquablement relève l’abdomen s’il estime monter et l’abaisse s’il tombe. Modèle mathématique à l’appui, J. Dyhr avance que, ce faisant, le sphinx d’une part déplace son centre de gravité et d’autre part courbe son thorax ce qui modifie le plan d’attaque des ailes.
Ce travail a peu d’intérêt immédiat pour la défense des cultures ; en revanche, pour la défense tout court, il devrait permettre d’améliorer les petits robots volants.
D’après, notamment, « The abdomen: the secret to stabilising flight », par Nicola Stead. Lu à //jeb.biologists.org/ Avril 2013.
Le sphinx devant les LED

Le scaphandre et l’asticot
Le vide (des espaces infinis comme celui créé en labo) est mortel : l’eau du corps s’évapore et on se ratatine. Alors, avant de se poser la question des migrations interplanétaires ou du développement des premières formes de vie sur Terre, demandons-nous comment observer un asticot (de drosophile) vivant et gigotant sous le microscope électronique à balayage ?
Il suffit, viennent de montrer des entomologistes japonais, de l’irradier, avec des électrons ou du plasma : les protéines extracuticulaires qui recouvrent son tégument mou se polymérisent et lui font une combinaison étanche. L’asticot survit une heure dans un vide poussé puis, remis dans sa bouteille d’élevage, se développe normalement. Les larves de Protophormia terranovae (Dip. Calliphoridé auxiliaire de pêche) et Apis cerana japonica (Abeille domestique orientale, Hym. Apidé) réagissent de même.
Les autres insectes essayés crèvent. Mais, enduits préalablement d’un tensioactif non ionique (« tween 20 », ester de sorbitan), ils résistent à l’irradiation par plasma. C’est le cas notamment du Moustique tigré Aedes albopictus (Dip. Culicidé).
Article source en ligne (en anglais, gratuit).
Les punaises font leur lit à Montréal. Le Monde, 15 mai 2013.
[Cimex lectularius, Hém. Cimicidé]

Des moustiques immunisés pour enrayer le paludisme
, par Alice Flores. Le Figaro, 10 mai 2013.
[Anopheles stephensi (Dip. Culicidé) / Plasmodium / Wolbachia]

Alerte à l'invasion de cigales dans l'est des Etats-Unis. Le Monde,7 mai 2013.
[Magicicada septemdecim, Hém. Cicadidé]

Une nouvelle micro caméra inspirée de l’œil à facettes des insectes.
Par Maxime Lambert. Maxisciences, 2 mai 2013

À la maison, les fourmis sont de grandes paresseuses, par Tristan Vey. Le Figaro, 19 avril 2013.
[Camponotus fellah, Hym. Formicidé / individus marqués par code QR]

Avril

Frelon vigneron
Pour le bioéthanol de nos bagnoles mais aussi (mais surtout) pour le pain et le vin quotidiens, merci la levure de bière. Pour ce dernier, merci aussi le Frelon, merci les autres guêpes sociales, merci aussi la drosophile et les abeilles mais vraiment dans une moindre mesure.
Le vin est le produit, en gros, de la fermentation alcoolique du moût de raisin, due à Saccharomyces cerevisiae, levure présente naturellement sur la peau des raisins mûrs mais pas sur les jeunes baies. Ce n’est pas le vent qui l’apporte, il faut un vecteur qui circule dans la vigne et s’intéresse aux raisins. Il faut aussi un réservoir qui conserve la levure en dehors de l’automne, quand les fruits sucrés ont disparu. Les oiseaux (migrateurs) qui becquettent les grains, les drosos (parmi d’autres mouches) qui viennent s’alimenter et pondre dans les fruits abimés ? Les premiers ne la conservent que quelques heures, les secondes vivent 3 semaines seulement… Les guêpes sociales (Hym. Vespidés) sont de très bons candidats : elles attaquent les grains à l’automne, nourrissent leurs larves par trophallaxie et peuvent leur transmettre la levure, hivernent sous forme de reine.
Le travail d’une vaste équipe de l’université de Florence (Italie) et de l’INRA de Montpellier a montré leur rôle sans doute majeur. Des individus de Frelon d’Europe (Vespa crabro) ont été disséqués : leur tube digestif héberge S. cerevisiae tout au long de leur cycle. Le passage de levures de la reine fondatrice de la nouvelle colonie au printemps à sa progéniture a été démontré sur des Polistes par marquage fluorescent. L’analyse génétique des souches de S. cerevisiae des insectes et des aliments fermentés dans une région donnée confirme que les frelons et autres guêpes sont l’élément clé de leur maintien au travers des années. Les mouches et les abeilles les relaient au sein de la vigne, disséminant les levures sur les baies mûres.
D’après « Guêpes vigneronnes », par Pascale Mollier.
INRA, 14 avril 2013.
Article source : www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1208362109 (paru en 2012)


Fourmis ou éléphants ?
Certains croient les animaux capables, grâce à un 6e sens, de prévoir les tremblements de terre. Du temps de Mao, des centaines de milliers de Chinois ont reçu une formation pour interpréter, comme signes avant-coureurs des séismes, le comportement des animaux, notamment. En 1976, à Tangshan, ils n’ont rien vu venir et il y eut 600 000 morts. Restent Sadie, un perroquet états-unien de l’Indiana (2008) – accompagné dans sa perspicacité par de nombreux animaux domestiques - et les éléphants sri-lankais qui ont tous survécu au tsunami de 2004.
Et pourquoi pas les fourmis rousses des bois ? Une équipe allemande est partie du fait que ces insectes sont particulièrement sensibles à des modifications minimes de la température, de la concentration de l’air en gaz carbonique et du champ magnétique. Elle a mis en place un système d’observation continue de 2 dômes de Formica rufa (Hym. Formicidé) sur 2 sites distants de
30 km du massif de l’Eifel – une zone sismiquement active avec des failles -, avec enregistrements vidéo et des paramètres physiques de l’environnement (de la température à la teneur en gaz rares).
Il ressort de 3 ans de suivi – avec l’analyse de 45 000 heures d’observation - que le rythme quotidien d’activité des fourmis est perturbé quelques heures avant une secousse de magnitude supérieure à 2 – elles restent dehors même la nuit - et que leur train-train ne reprend qu’au bout d’un jour.
Pourtant, la corrélation entre événement sismique et modification des habitudes des fourmis n’est pas statistiquement solide. On est encore loin d’un système d’alerte automatisé basé sur la vidéosurveillance de dômes en forêts.
Article source (communication non publiée).

Les antennes toujours propres
Pourquoi exactement ? Trois exemples : la Mouche domestique se passe les pattes avant par dessus la tête et frotte ses antennes, tout écolier a pu l’observer ; la fourmi charpentière brosse l’antenne du même côté avec sa brosse spéciale, attachée au tarse avant, qu’elle se fourre ensuite dans la bouche pour la nettoyer ; la blatte attrape l’antenne opposée avec la patte avant, la plie et l’amène à la bouche où elle est récurée de bas en haut. Tous ces gestes sont répétés scrupuleusement, même dans un environnement propre.
Pour savoir exactement à quoi sert ce toilettage, une équipe de l’université de Caroline du Nord (États-Unis) a procédé à une série d’expériences, principalement sur la Blatte américaine Periplaneta americana (Blatt. Blattidé). Quelques individus adultes se sont vus munis d’une rondelle collée à la base d’une antenne, d’autres ont eu les pièces buccales collées – de quoi les empêcher de débarbouiller 1 ou 2 antennes. Les substances présentes sur l’antenne ont été analysées, les performances des sensilles chimioréceptrices mesurées.
Il en ressort que si les antennes ne sont pas nettoyées comme il faut, la cire épicuticulaire (à base d’hydrocarbures) qu’elle sécrète à l’instar de tout le tégument mais en abondance particulière s’accumule et perturbe l’olfaction.
Cette cire, indispensable à l’imperméabilisation de l’insecte, porte des signaux de reconnaissance intraspécifiques ; elle module aussi la rétention des composés chimiques indispensables – les phéromones, les odeurs de nourriture – et accumule les substances nocives.
Les expériences sur Blatella germanica (Blatt. Blatellidé), sur Camponotus pennsylvanicus (Hym. Formicidé) et sur Musca domestica (Dip. Muscidé) ont confirmé ce résultat.
Article source : Katalin Böröczkety et al., 2013. Insects groom their antennae to enhance olfactory acuity, PNAS, vol. 110 no 6

Il jaillit
Les Tridactylidés, dits « criquets pygmées », sont des Orthoptères détritiphages et algophages de petite taille (
1 cm, rarement plus) avec des fémurs des pattes III très musclés. Ce sont des champions de saut. Ils savent aussi creuser (dans le sable humide des berges), se servant pour cela des épines qu’ils portent à l’extrémité distale de leurs tibias postérieurs. Lesquels tibias sont aussi munis de palettes natatoires. Le tarse postérieur est vestigial.
Xya capensis vit en Afrique du Sud. Il marche sur les 4 pattes avant, relevant ses énormes pattes arrière – munies de 7 palettes et de 2 épines mobiles en forme de rame qui peuvent s’ouvrir à 180°. Il fait des bonds considérables, propulsé par deux ou une seule de ces pattes, de quoi déjouer l’attaque d’un prédateur, larve ou imago de cicindèle. Une équipe anglo-sud-africaine, conduite par Malcolm Burrows (université de Cambridge) a mesuré ses performances : vitesse de décollage de 5,4 m/s, hauteur et longueur du saut de 70 et 142 cm respectivement pour une accélération de 306 g. Applaudissons.
Mais il fait mieux encore : il jaillit hors de l’eau. Des enregistrements vidéo à très grande fréquence de prise de vue montrent le déroulement de cette émergence : enfoncé dans l’eau mais la tête en dehors, l’insecte rue brusquement et surtout vigoureusement, ses palettes et épines métatibiales déployées de façon à enfoncer une masse d’eau, sur laquelle il s’appuie pour s’élever, épines et palettes repliées, à la vitesse de 2 m/s. Un petit bond : 3 cm de longueur, 10 cm de hauteur. C’est sans doute suffisant pour échapper (le plus souvent) aux prédateurs aquatiques.
Les articulations des « rames » sont évidemment en résiline. X. capensis exploite la viscosité de l’eau, à l’instar des copépodes.
Article source, par M. Burrows et G.P. Sutton. Current Biology, 22(23), en ligne (en anglais, gratuitement) sur le site de la revue.
Ce cas est à ajouter à ceux décrits ou seulement mentionnés dans « Ils sautent », par Alain Fraval, Insectes n° 167 (2013-1).

Les termites ou les fées ?
Ou la radioactivité, ou les gaz du sol, voire les extraterrestres ? Qui est responsable des cercles nus qui parsèment la prairie depuis l’Angola jusqu’à l’Afrique du Sud ? Au centre, rien ; le long du bord, de l’herbe plus drue qu’ailleurs. Diamètre : de 2 à
12 m.
L’analyse de photos satellitaires sur une période de 4 ans – par Walter Tschinkel (université de Floride, états-Unis) – a révélé que des cercles disparaissent et apparaissent dans ce laps de temps : ils sont « vivants ». Leur diamètre croît avec l’âge, de 41 ans en moyenne, et qui peut atteindre 75 ans. Mais rien n’a été trouvé de particulier dans le sol de ces cercles.
Norbert Jurgens, de l’université de Hambourg (Allemagne), pense avoir résolu une fois pour toutes ce  mystère ancien : les cercles « de fées » sont l’œuvre de Psammotermes allocerus (Blatt. Termitidé). De son analyse de 1 200 échantillons, il ressort que c’est le seul animal présent dans (presque) tous les cercles, il l’a trouvé en tous cas dans chacun des cercles tout jeunes qu’il a explorés.
Pourquoi l’aurait-on manqué jusque-là ? Ce termite rhizophage est particulièrement discret, ne fait pas de nid visible et creuse des galeries très ténues dans le sable superficiel : les entomologistes précédents auront creusé trop fort et trop profond.
Pour Norbert Jurgens, ces termites désherbent (par les racines) pour profiter seuls de la maigre ressource en eau ; pendant la saison sèche, ils se réfugient sous les herbes périphériques – hautes car protégées de la concurrence - qu’ils finissent par grignoter aussi : le cercle s’élargit.
D’autres spécialistes sont sceptiques (la corrélation observée n’est pas une relation de cause à effet) ou avancent, études de terrain à l’appui, que les cercles sont le fait de la seule compétition entre plantes dans un milieu très sec.
D’après « 'Fairy Circle' Mystery Solved? » par Rachel Nuwer, lu le 28 mars 2013 à //news.sciencemag.org/sciencenow/

Les charges s’accumulent
Les insectes, très isolants grâce à la cire recouvrant leur cuticule, accumulent des charges électriques positives en volant. Ils se déchargent (lentement) de cette électricité statique en se posant. On suppose que, chez les pollinisateurs, ceci contribue à « coller » les grains de pollen sur le tégument. Les bourdons, selon un travail tout récent (
ici), pourraient reconnaître à leur charge électrique les fleurs déjà visitées.
Randolf Menzel et son équipe, à l’Université libre de Berlin (Allemagne), ont étudié l’influence des champs électriques sur les abeilles, celles-ci étant placées dans de petites cages de Faraday, isolées des champs extérieurs. À l’approche d’une baguette électrisée, l’antenne de l’abeille se courbe et les neurones de l’organe de Johnson (sur le 2e article) sont excités. Par ailleurs, les abeilles peuvent être dressées (à coup de récompenses) à réagir à des champs électriques particuliers.
Pour les chercheurs, leurs résultats indiquent que les abeilles doivent se servir de ces courants pour communiquer entre elles. Serait-ce là l’explication définitive du mode de transmission de l’information sur la source de nectar délivrée à ses consœurs par la butineuse qui danse en huit dans l’obscurité de la ruche ?
D’après « Bee Buzz Creates Electric Field That Helps Insects Communicate », par Sid Perkins, lu le 28 mars 2013 à www.huffingtonpost.com/

Objectif petit angle
À chaque bifurcation (dyssimétrique), dans un réseau de transport, le bon angle est celui qui optimise le trajet, c’est-à-dire le rend plus efficace (rapide, économe…). Les fourmis fourrageuses sont organisées en réseau de transport (de ressources alimentaires pour la colonie) efficace « matérialisé » par des pistes de phéromone de trace. Arrivées à une fourche du chemin, elles empruntent la branche qui fait l’angle le plus petit avec la direction qu’elles suivaient – et elles arrivent ainsi (statistiquement) plus vite au but. Elles ne disposent ni de rapporteur ni d’alidade, quelles ressource « intellectuelles » doivent-elles mobiliser ?
Aucune, selon les travaux entomorobotiques d’une équipe toulousaine de myrmécologues. Leur façon de faire est le simple résultat de l’interaction entre la géométrie du réseau et le comportement normal, simple, des individus. À preuve, des petits robots mobiles lancés sur une piste lumineuse avec des bifurcations dyssimétriques, munis d’instructions simples, font de même. Ces pseudofourmis sont programmées pour s’arrêter sur le trait lumineux, le suivre, éviter les obstacles et se mouvoir au hasard de façon coordonnée ; elles ne disposent d’aucun moyen de mesurer l’orientation de la piste. Elles font même mieux que les vraies fourmis pour trouver le chemin le plus court entre deux places.
De quoi donner à réfléchir à qui dessine les réseaux de transport humains et doit placer les nœuds (embranchements).
Article source : Garnier S.et al., 2013. Do Ants Need to Estimate the Geometrical Properties of Trail Bifurcations to Find an Efficient Route? A Swarm Robotics Test Bed. PLoS Comput Biol 9(3): e1002903. doi:10.1371/journal.pcbi.1002903 – en ligne gratuitement.
Les insectes passent à table. Du  17 avril  au 1er octobre 2013. Au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris. Présentation  et renseignements.

Un vampire de lit mis au pieu par une feuille de haricot, par Hervé Morin. Le Monde, 12 avril 2013.
[Cimex lectularius / Phaseolus vulgaris]

Les pattes de la séduction du papillon palmivore, Paysandisia archon. INRA, 26 mars 2013.
« Des chercheurs de l’INRA, du CIRAD et du CNRS ont fait une découverte inédite chez le papillon qui ravage les palmiers : la présence d’une phéromone sexuelle émise par le mâle au niveau de sa patte. »

Comment naissent les taches
, par Gregory Schwartz, Libération, 22 mars 2013.
" En observant comment les motifs évoluent sur les ailes de mouches du vinaigre, des chercheurs ont pu comprendre plus généralement comment un trait physique apparait et évolue sur le plan génétique. "

La Flavescence dorée de la vigne. Dossier INRA. Mars 2013.
[Cicadelle de la vigne, Scaphoideus titanus, Hém. Cicadellidé]

Mars

Le thécla berne la saltique
Parmi les Lépidoptères Lycénidés, les théclas (des Théclinés) sont des papillons en général mimétiques de feuilles mortes. À l’extrémité anale de leur aile postérieure, dressée au repos et dont on voit la face inférieure, un ocelle et une queue font penser à une tête (de thécla) ; un léger mouvement, particulier à ce groupe, renforce d’ailleurs l’impression.
Une tête, c’est ce que pense aussi Phidippus pulcherrimus (Ar. Salticidé), qui patrouille sur la litière, là où se repose Calycopis cecrops. Alerté par ses 4 paires d’yeux et se fiant à son programme neuronal de reconnaissance automatique d’une tête de papillon, l’araignée saute à la tête du thécla, 10 fois plus grand qu’elle, pour lui neutraliser avant tout le cerveau de son venin. Mais c’est le bout de l’aile, la fausse tête, qui prend.
L’observation vient d’être faite par Andrei Sourakov (lépidoptériste à l’université de Floride, États-Unis), qui a organisé des attaques de saltiques contre C. cecrops et contre d’autres papillons de même taille d’autres familles. Le premier s’en est toujours tiré, les seconds  sont tous morts, d’une attaque très précise à la tête.
Jusque là, on a interprété les dessins particuliers des ailes des papillons comme des leurres destinés aux gros prédateurs comme les oiseaux ; il est bien probable que les araignées sauteuses aient eu un rôle important dans l’évolution de certains Lépidoptères.
D’après « Spiders, Not Birds, May Drive Evolution of Some Butterflies », lu le 12 mars 2013 à www.sciencedaily.com/

La mémoire ouvrière
À la recherche d’un bon modèle animal d’évaluation des effets des substances psychoactives et surtout addictives (bref, les drogues illicites), Géraldine Wright (université de Newcastle, Royaume-Uni) et ses collaborateurs étudient les réactions de l’Abeille mellifère. Exposant des ouvrières butineuses à la caféine (= théine), ces entomologistes ont obtenu un résultat surprenant : leur mémoire est améliorée.
La caféine est présente, outre chez le caféier, dans les organes du théier et des Citrus (agrumes et autres) à des concentrations qui paralysent et tuent les insectes phytophages (sauf les ravageurs patentés…). Dans le nectar de ces plantes, la dose est beaucoup plus faible et les butineurs-pollinisateurs nectarivores le prélèvent sans inconvénients. Mais pas sans effets.
Lors d’expériences d’apprentissage (avec récompense à la clé) au laboratoire, il est apparu que les abeilles gardent plus longtemps (1 à 2 jours) le souvenir de l’eau sucrée additionnée d’une dose de caféine égale à celle présente naturellement dans le nectar des fleurs. La caféine, à cette concentration, n’est pas perçue par les abeilles.
L’étude s’est poursuivie au niveau histologique et il est apparu que la caféine, très probablement, augmente la sensibilité des cellules globulaires (de Kenyon) – neurones constituants des corps pédonculés du protocérébron, impliqués dans l’apprentissage et la mémoire. On a trouvé par ailleurs un effet de la caféine sur certains neurones de l’hippocampe chez le rat.
La caféine, en tous cas, tient les entomologistes éveillés.
D’après, notamment, « Nectar That Gives Bees a Buzz Lures Them Back for More », par James Gorman. Lu le 7 mars 2013 à www.nytimes.com/
À (re)lire l’Épingle La joie des abeilles, à propos de cocaïne, et L’entomotoxicologie légale, par Matthias Gosselin, Insectes n° 155 (2009-3).

La cigale, le microbe mou et l’autobus
L’aile membraneuse et transparente de Psaltoda claripennis (Hém. Cicadidé), cigale de la façade est de l’Australie, est pavée de micropicots. Ces reliefs de la cuticule, disposés régulièrement, sont espacés d’un intervalle de l’ordre de grandeur d’une bactérie.
Une fois déposée sur cette aile, une bactérie risque fort d’y mourir, non pas embrochée mais coincée puis laminée entre les picots. Sauf si elle est coriace.
Elena Ivanova et son équipe australo-espagnole (université Swinburne, Hawthorne) ont traité des bactéries aux micro-ondes, de façon à en ramollir plus ou moins la membrane. Une fois déposées sur l’aile, les plus coriaces, seules, ont effectivement survécu.
Anne-Marie Kietzig, ingénieure chimiste de l’université McGill (Montréal, Canada) a rejoint l’équipe pour développer un matériau antibiotique inerte, copié sur le tégument de la cigale. On pourrait en revêtir ces nids à microbes que sont les barres dans les autobus.
D’après notamment « Insect wings shred bacteria to pieces », par Trevor Quirk. Lu le 4 mars 2013 à www.nature.com/news/
Photo de l'imago de Psaltoda claripennis

Chenilles théières
Suivant une ancestrale tradition du Sud-Est asiatique, vous faites infuser un peu de poudre et vous disposez d’un thé limpide, coloré, délicieusement parfumé et surtout bon contre plusieurs maladies. Pas besoin de passoire, il n’y a aucune feuille de thé (Camellia sinensis, Théacée).
La même tradition vous indique comment faire la poudre : vous broyez les crottes sèches de chenilles.
Aglossa dimidiate (Lép. Pyralidé) s’élève sur les feuilles bouillies puis séchées puis pulvérisées avec de l’eau de riz de Malus sieblodi (notamment) ; les fèces sont récoltées au moyen d’un tamis. Il vous faudra
10 kg de feuilles récoltées au printemps (et une année) pour récolter 1 kg de thé « Sanye ».
Hydrillodes morose ou Nodaria niphona (Noctuidés) donnent le choncha, un thé noir, riche en acide ellagique, puisé par la chenille dans sa plante nourricière, Platycarya stobilacea, toxique en l’état. C’est excellent contre les hémorroïdes et la diarrhée.
Ces thés, selon l’insecte et la plante, ont des propriétés variables. Ceux qui ont été analysés se sont révélés sûrs.
Article source : Lijia X. et al., 2013. Insect tea, a wonderful work in the Chinese tea culture.  Food Research International - doi: 10.1016/j.foodres.2013.01.005
La neige envahie par des milliers “d’insectes” inconnus en France, par Valérie Merle, Le Daupiné, 16 mars 2013.
[Hexapodes Collemboles]

De la libellule au microdrone : comment les insectes nous apprennent à voler, par Soren Seelow. Le Monde, 6 mars 2013.

Le déclin des insectes pollinisateurs menace les rendements agricoles, par Stéphane Foucart. Le Monde, 1er mars 2013.

Mercredis de l'entomologie : cours pour débutants. À Montpellier. Contact.

Février

Chez la tordeuse
Le chez-soi de la chenille de la tordeuse sud-américaine Anaena (Lép. Nymphalidé) est une sorte de cigare, fait d’une feuille partiellement enroulée, attachée avec un fil de soie. Chaque chenille l’occupe une semaine. Après quoi l’abri, qui tient le coup jusqu’à 1 an, sert à d’autres…
Camila Vieira et Gustavo Romero, à l’université de Campinas à São Paulo (Brésil), ont examiné la faune des arthropodes présents dans ces cigares en saison sèche et en saison humide, sur Croton floribundus (Euphorbiacée). En effectif, richesse spécifique et biomasse, cette faune est jusqu’à 20 fois celle des feuilles intactes, en saison sèche. Les cigares naturels valent ceux roulés par les entomologistes et leur forme (cylindre, entonnoir…) n’importe pas. On y trouve en tout 433 espèces : des araignées, des Coléoptères, des grillons et de très nombreuses chenilles d’espèces très diverses, dont des Anaena qui se dispensent ainsi de rouler leur propre abri.
Ces tordeuses sont, dans la forêt tropicale humide, des ingénieurs de l’écosystème d’une importance insoupçonnée.
D’après notamment « Caterpillars Build Leaf 'Houses,' Other Insects Move In », par Rachel Kaufman, lu le 20 février 2013 à www.livescience.com/
NDLR 1 : sont dites ingénieurs de l’écosystème des espèces qui, directement ou non, modulent la disponibilité des ressources pour les autres espèces, en provoquant des changement physiques dans les matériaux biotiques ou abiotiques.
NDLR 2 : le papillon d’Anaena mime les feuilles (non roulées).

Un mérope tout nouveau
Et tout beau (le mâle), aux ailes finement réticulées, d’un joli vert pâle et avec un appareil copulatoire en forme de deux très longs forceps. On vient de le découvrir dans la forêt atlantique du Brésil, écosystème en péril.
L’imago d’Austromerope braziliensis est nocturne et vit au sol ; il stridule. On ne connaît pas la larve, probablement éruciforme sans fausses pattes.
C’est la troisième espèce de sa famille, les Mérop(é)idés, qui d’ailleurs porte un nom de malheur, celui d’un oiseau insectivore (on ne sait pas pourquoi). Une toute petite famille donc, de l’ordre pas très populeux des Mécoptères (« ailes longues ») qui compte dans ses rangs, en Europe, les panorpes (mouches-scorpions), les bittaques et le Borée.
Qui est le Borée ? Retenez et lisez le prochain Insectes.
D’après notamment « New Insect: Spectacular Forcepfly Species Discovered for the First Time in South America », lu le 15 février 2013 à http://www.sciencedaily.com/
Photo d’un spécimen 
Une autre  trouvaille du même ordre : Bittaque-feuille, une 'Épingle' de 2012.

Le cafard amusant
Tandis que d’aucuns, dans le cadre de programmes bien financés et d’universités bien équipées, munissent des lépidos ou des coléos costauds d’une télécommande sophistiquée et de capteurs, d’autres bricolent dans leur garage.
Ainsi Greg Gage and Tim Marzullo, après des études de neurobiologie, se sont lancés dans la production d’équipements bon marché. En 2009, ils sont créé leur boîte, Backyard Brain, avec un premier produit, la SpikerBox. Deux épingles à piquer dans la patte d’une blatte et on pouvait lire l’électromyogramme du sujet gigotant sur son ordi (99,99 $).
Pour le même prix, on peut se procurer maintenant le kit RoboRoach. Le cafard n’est pas fourni. Il y a un peu de microchirurgie à faire (expliquée par une vidéo) pour brancher les électrodes sur les antennes, puis on colle le boîtier électronique sur le dos. Et c’est parti : à droite, à gauche, à droite… C’est le kakerlak qui se fatigue (nerveusement) le premier au bout de peu de minutes ; 20 mn dans sa cage et il remarche. Au bout de 2 à 7 jours, ça ne fonctionne plus plus, le ravet épuisé (nerveusement) sera mis à la retraite dans l’élevage où on puisera son remplaçant.
Plusieurs projets concurrents d’insectes esclavagisés et manipulés – nos Zombiptères – vont bon train, sous l’impulsion du DARPA (Armée états-unienne) notamment. L’équipement embarqué n’est pas fait de pièces de jouets télécommandés bon marché, les performances s’améliorent… Pour ce qu’on en sait, aucun lâcher de ces micro-espions ou micro-vecteurs n’a encore été tenté sur le terrain des opérations.
D’après, notamment, « The race to create 'insect cyborgs' », par Emily Anthes. The Observer, 17 février 2013. Lu à www.guardian.co.uk/science/
Vidéos du RoboRoach 

Myrmicaphonies
Dans le monde sensible des fourmis, il n’y a pas que des signaux chimiques (phéromones de piste, de marquage…), des messages sonores concourent à la vie sociale. La reine stridule à ses ouvrières, pour marquer sa position sociale éminente et son besoin d’une protection particulière ; les ouvrières stridulent lors d’échanges trophallactiques (distribution de nourriture par régurgitation) ou en cas de détresse : attaquées ou coincées, elles appellent à l’aide leurs congénères.
Le son est produit par les mouvements relatif du gastre et du postpétiole, portant des structures du tégument servant de grattoir et de râpe. On l’écoutera
ici ou on approchera de son oreille un individu préalablement trempé dans l’eau.
Une très bonne imitation est produite par la chenille du Protée, alias Azuré des mouillères, Phengagris (Maculinea) alcon (Lép. Lycénidé), qui vit aux crochets (en cleptoparasite) de fourmis du genre Myrmica. Elle est chimiquement déguisée et dispense un délectable nectar – voir l’Épingle de 2005 Les insectes parlent aux insectes. On sait maintenant qu’elle se fait passer en plus pour la reine, le message qu’elle stridule est le message royal, ce qui lui assure sans doute le respect et le dévouement de ses nourrices et surtout d’être secourue en priorité en cas de panique… à l’instar des nymphes.
Lesdites nymphes passaient pour muettes, bien que possédant les organes cuticulaires ad hoc. Karsten Schönrogge et son équipe (Centre for Ecology & Hydrology, Wallingford, Royaume-Uni) a approché un microphone ultra-sensible de larves, de nymphes jeunes et de larves avancées dans ce stade de Myrmica scabrinodis. Ces dernières stridulent. Leur message, enregistré, fait accourir des ouvrières à leur rescousse. Des nymphes âgées rendues muettes ont été posées dans un nid artificiel où une panique a été déclenchée : elles ont été ignorées des secours.
D’après, entre autres, « Ant Sounds Let Even Developing Insects Communicate With Each Other, Study Shows », par Carrie Arnold. Lu le 11 février 2013 à /www.huffingtonpost.com/

Il aimait les insectes
Il, c’est notre ancêtre, un être sans nom, qui a vécu il y a 65 millions d’années – au détriment des insectes. Il est le premier des mammifères placentaires, taxon qui regroupe aujourd’hui en plus d’Homo sapiens, quelque 5 100 espèces. Contrairement à ce qui était jusque-là admis, ces animaux n’ont pas prospéré entre les pattes des dinosaures ni profité de la météorite qui les a supprimés pour dominer la terre, ils sont apparus 200 à 400 000 ans plus tard, bien après aussi la fragmentation du Gondwana. Celle-ci n’est donc pas à l’origine de la différentiation des mammifères.
De notre ancêtre on n’a trouvé aucun fossile mais on sait qu’il était insectivore, arboricole, gros comme un rat avec une fourrure et une longue queue. La femelle portait un jeune à la fois. Il avait un cerveau complexe avec, déjà, un corps calleux.
Ces traits de vie ressortent de l’analyse, par Maureen O'Leary et son équipe (Stony Brook University, New-York, États-Unis), d’une énorme base de données. Y furent rentrées 4 500 caractéristiques pour chacune des 86 espèces de placentaires choisis – dont 40 éteintes. En outre, 27 gènes ont été comparés (chez les survivantes). Cet ensemble, 10 fois plus important que dans les travaux antérieurs, a été  traité par des méthodes statistiques. Ainsi a émergé cet ancêtre original. En outre, ce travail indique que les Afrothériens (éléphants,  siréniens, etc.) portent  mal leur nom : ils sont originaires d’Amérique.
D’après « Ancestor of All Placental Mammals Revealed », par Sid Perkins. Lu le 7 février 2012 à //news.sciencemag.org/sciencenow/
NDLR : insectivores, édentés, fourmiliers… Ces catégories ne sont pas des taxons : elles rassemblent des espèces actuelles de mammifères qui appartiennent à des groupes systématiques variées.
À (re)lire, dans la série « Eux aussi, ils aiment les insectes »,
Les fourmiliers, par Alain Fraval. Insectes n° 146 (2007-3).

Roule !
Deux roues motrices à l’avant (un micromoteur chacune) et une roulette arrière, des piles, de l’électronique, pas de carrosserie. Un « robot » à 99 € dans mon catalogue, prévu pour recevoir divers ajouts comme des capteurs de la main habile de bricoleurs tendance geek. Dans cette histoire, le fer à souder est tenu par des entomologistes japonais.
À l’avant de l’engin, le poste de pilotage. Dans celui-ci un pilote du nom de Bombyx mori (alias Ver à soie) - imago de sexe mâle. Dans les 6 tarses de ce dernier, en guise de volant-pédalier, une boule « trackball ». B. mori est bien attaché (un point de colle dans le dos). Devant lui, à gauche ou à droite, une odeur de femelle (il ne s’intéresse qu’à ça).
Roule ! Le papillon remonte le courant de phéromone vers sa source, prenant le virage comme il faut, sans coup férir. Il loupe sa cible dans 15% des parcours si on l’aveugle (avec un papier blanc en guise de pare-brise). Si l’engin est bidouillé de telle façon qu’il tire à droite ou à gauche, le chauffeur compense et arrive à la source dans 80% des essais mais une fois sur deux seulement s’il ne voit pas la route.
Avec un retard entre l’action de ses pattes sur le trackball et la réaction des moteurs, il fait moins bien mais arrive quand même au but la plupart du temps.
Cette petite voiture expérimentale doit servir à mettre au point des robots sensibles aux odeurs les plus ténues.
D’après « Insect Drives Tiny Robot Toward Seductive Smells », par Tanya Lewis. Lu le 6 février 2013 à //news.yahoo.com/
Photo de l’engin en pleine course

Noctuole
Le pétrole (« huile de pierre ») se fera rare et cher, le noctuole viendra à la rescousse. Cette « huile de noctuelle » ne sera pas issue d’un pressoir à chenilles de Noctuelle baignée mais coulera d’une bioraffinerie alimentée avec des déchets végétaux. La transformation en carburant sera le fait d’un enzyme tiré de la flore intestinale d’Agrotis ipsilon (Lép. Noctuidé).
Depuis plusieurs années, on étudie, avec les outils de la métagénomique, la faune de la panse rectale des termites dans l’espoir de mettre au point un procédé de fabrication de méthane et d’hydrogène - voir l’ Épingle de 2007
Entomogaz de combats.
Avec ces mêmes outils, perfectionnés depuis, une équipe chinoise a comparé les microbiomes (les peuplements de micro-organismes symbiotiques avec leurs génomes) d’un termite Nasutitermes (Blatt. Termitidé) xylophage, d’un criquet mangeur de graminées Acrida cinerea (Orth. Acrididé) et de la noctuelle polyphage A. ispsilon. De grandes différences sont apparues, liées à leurs spécialisations alimentaires : de quoi digérer la lignocellulose chez le termite, des enzymes pour exploiter les sucres chez les deux autres.
L’évaluation des performances de 4 enzymes issus de ces derniers a montré que ceux des symbiontes digestifs de la noctuelle étaient plus efficaces pour dégrader la matière végétale. D’où l’espoir de tenir là la clef d’un procédé de transformation de la biomasse en biocarburant.
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Le Damas cendré et l’Acidalie rustique
Le premier était autrefois très commun dans les jardins anglais ; on n’en voit plus. En 40 ans, ses effectifs ont diminué de 99%, selon un recensement des papillons de nuit, publié par Butterfly Conservation et la station de Rothamsted. Macaria (Itame) wauaria (Lép. Géométridé) se développe sur les groseilliers et les cassissiers. Les gens en cultiveraient moins dans leur jardin ou bien les arroseraient copieusement d’insecticide…
Quatre autres espèces ont subi un déclin équivalent. L’Ennomos du frêne Ennomos fuscantaria (même famille) et 3 noctuelles polyphages : Euxoa nigricans, la Noctuelle noirâtre ; Graphiphora augur, la N. augure ; et Tholera cespitis, la N. du gazon.
Deux Géométridés polyphages ont bien profité pendant ce temps. Idaea rusticata, l’Acidalie rustique et I. trigeminata, l’A. retournée, ont vu leurs effectifs multipliés respectivement par 75 000 et 4 300. Multiplication spectaculaire également pour la Xyline du cyprès Lithophane leautieri (Noctuidé) et deux Lithosies (Eilema, Érébidés) algophages et lichenophages.
Les 2/3 des 337 espèces britanniques réputées communes des macrolépidoptères de nuit ont régressé. Victimes probablement de la disparition des arbres d’alignement, des haies et des bordures du paysage agricole.
D’après « UK moth numbers suffer crash, 40-year study shows », par Mark Kinver. Lu le 1er février 2013 à www.bbc.co.uk/news/

Le pilulier et la Galaxie
Nuit claire, sans lune. Une bouse. Des piluliers. Qui s’éloignent en poussant leur boule en ligne droite en général. Comment s’orientent-ils ?
On les savait capables de se repérer par rapport au soleil, à la lune et au plan de polarisation de la lumière. Après un stage au planétarium, organisé une équipe d’entomologistes sud-africains travaillant autour de Marcus Byrne, Scarabaeus satyrus (Col. Scarabéidé) se révèle capable d’utiliser un repère aussi grand que durable : la Voie Lactée. En n’en ayant certes qu’une vison globale.
Il s’agit là du premier cas prouvé dans le règne animal.
D’après, entre autres « Dung Beetles Follow the Milky Way: Insects Found to Use Stars for Orientation », lu le 24 janvier 2013.
À (re)lire l’Épingle
Pilulier tourneur de 2012.
La conservation des papillons en France. Conférence organisée par UK Butterfly Conservation et Proserpine, les 29 et 30 juin à Digne-les-Bains. Détails ici.

À lire sur Internet :
 
Cette mouche qui protège ses larves… avec de l’alcool,  par Pierre Barthélémy. Le Monde, 22 février 2013.
[Drosophila melanogaster, Dip.Drosophilidé]

Le courant (électrique) passe entre les fleurs et les abeilles
, par Yves Miserey; Le Figaro, 22 février 2013.

La découverte d’insectes fossiles en Chine lève le voile sur une énigme paléontologique. CNRS, 21 février 2013.
[Strashilidés, Diptères du Jurassique]

Comment empêcher le frelon de faire son miel des abeilles. INRA (nouveau site), 18 février 2013
En 6 points : Introduction, Invasif et nuisible, La ruche : garde-manger du frelon à pattes jaunes, Cycle de vie de Vespa velutina, Le piégeage des fondatrices remis en question, L’Inra au cœur de la bataille.

Palmiers en danger. INRA, 18 février 2013
Introduction, Les protagonistes, Palm Protect, la recherche se mobilise, Détecter les tueurs, A la recherche de moyens de lutte durable, Mon palmier est-il infesté ? Si oui, que faire ?
[Papillon palmivore, Paysandisia archon, Lép. Castniidé / Charançon rouge du palmier, Rhynchophorus ferrugineus, Col. Curculionidé]
à (re)lire : Le délectable tueur de palmiers, par Alain Fraval. Insectes n° 146 (2007-3).

L’épilation aurait-elle raison des morpions ? par Janlou Chaput, Futura-Sciences, 20 janvier 2013.
[Phtirus pubis, Anop. Phtiridé]

Janvier

Onction formique
Les fourmilières sont menacées par des maladies fongiques et les ouvrières luttent. Elles se toilettent mutuellement pour se débarrasser des spores collées et lèchent leur couvain dans ce but, ou pulvérisent un fongicide.
Une modalité particulière de traitement chimique vient d’être mise en lumière par Sylvia Cremer (IST, Autriche). La Fourmi noire des jardins Lasius niger (Hym. Formicidé) a déjà la particularité de garder en bouche les spores qu’elle picore sur ses larves et de les recracher ensuite amalgamées en boulettes.
En fait sa collecte n’est pas exhaustive, car elle a une arme complémentaire : elle oint en effet le tégument desdites larves d’un fongicide qu’elle bave. Elle a préalablement rempli son applicateur au bout de son abdomen au niveau de son cloaque où débouchent le proctodéum, la glande de Dufour (phéromone de piste) et la glande à venin. C’est ce dernier, riche en acide formique, qui sert d’antifongique.
La méthode est sans doute avantageuse en termes de précision d’application et de désinfection de la bouche ; pourtant certaines ouvrières pulvérisent directement le produit.
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NDLR : l’usage de pesticides en application externe est connu chez plusieurs Hyménoptères eusociaux ou solitaires. Un cas particulièrement curieux – et de découverte toute récente - est celui du Chlorion Ampulex compressa (Hym. Sphécidé) : la larve, qui se développe dans une blatte vivante « zombifiée », enduit l’intérieur de son hôte d’une sécrétion orale antibiotique. Les blattes, c’est plein de microbes !

La digestion du Gendarme
Le recours à des symbiontes pour digérer des choses difficiles (carencées, notamment) est bien connu chez les Hémiptères opophages comme les cicadelles ou les pucerons et restait hypothétique dans le cas des punaises cléthrophages. On ignorait par contre comment les punaises des graines de Malvacées, en particulier, arrivent à se nourrir exclusivement de ces organes pauvres en nutriments et riches en métabolites secondaires toxiques.
Une équipe de l’institut Max-Planck d’Iéna (Allemagne) a entrepris d’étudier le ravageur africain Dysdercus fasciatus, Punaise rouge du cotonnier (Hém. Pyrrhocoridé), en même temps que le très familier et inoffensif Gendarme, Pyrrhocoris apterus (même famille), qui se nourrit des fruits du tilleul ainsi que de graines de Malvacées.
Au moyen du séquençage à haute fréquence de broyats de ces punaises, une communauté de 3 à 6 bactéries a été révélée, au niveau de l’intestin moyen, quasi-identique entre les deux espèces. Cette flore est donc très anciennement installée. Les œufs désinfectés donnent naissance à des individus bien diminués : ce sont des symbiontes qui détoxifient et/ou fournissent les nutriments manquants – sujet de la phase suivante de l’étude.
Classiquement, la transmission d’une génération à la suivante se fait par le dépôt dans les voies génitales de la mère des bactéries sur l’œuf et l’acquisition par les larves nouveau-nées qui tâtent de leur rostre les restes du chorion.
D’après « Bugs need symbiotic bacteria to exploit plant seeds », lu le 9 janvier 2012 à www.ice.mpg.de/

Harem
Ooencyrtus kuvanae (Hym. Encyrtidé) est un parasitoïde des œufs du Bombyx disparate Lymantria dispar (Lép. Érébidé) d’origine japonaise ; il a été introduit aux États-Unis depuis le Maroc dans les années 1920. Les particularités de sa vie amoureuse attirent désormais l’attention au-delà du cercle des lymantriologues, sous-cercle des lutteurs biologiques.
En effet, face à plein de femelles tout frais émergées toutes ensemble et disponibles, les mâles, selon leurs capacités procèdent de deux façons. Les uns sautent sur une femelle et copulent (et recommencent avec une autre) – c’est banal. Les autres, doués d’une agilité supérieure, font pareil (une fois). Puis ils en rencontrent successivement plusieurs, brièvement, leur donnant rendez-vous pour dans 2 minutes ; les femelles contactées (antenne contre antenne) et marquées (d’une phéromone de chasteté) attendent sagement (repoussant les autres prétendants) leur galant qui ne manquera pas de les visiter, sans en oublier aucune. O. kuvanae se constitue un harem, une pratique excessivement rare chez les invertébrés.
Résultat obtenu au moyen, entre autres, d’enregistrements en cinéma ultrarapide, par une équipe nord-américaine menée par Kelly Ablard (université Simon-Fraser, Colombie britannique, Canada).
D’après notamment « Insect Casanovas target wasp lovers with a love tap, say researchers », par Dene Moore. Lu le 8 janvier 2013 à www.globalnews.ca/
PS : vocabulaire qui peut servir : Alternative reproductive tactics (ARTs), mate-at-once (MAO) tactic, harem-gathering and -guarding (HGG) tactic.

Tourisme profitable
Des trichomes crochus et/ou des sécrétions glandulaires rendent certaines plantes collantes pour les petits insectes qui leur rendent visite. Hypothèse : les malheureux « touristes » scotchés sont une provende pour des prédateurs généralistes plus ou moins nécrophages (et insensibles au piège) qui, ainsi favorisés, croquent des insectes phytophages ravageurs de ladite plante, dont le succès reproductif est augmenté.
Deux entomologistes états-uniens, Billy Krimmel et Ian Pearse, ont monté la manip suivante. Les touristes sont des drosophiles dont les cadavres sont déposés par 5 sur 41 plants d’une sorte de petite marguerite jaune californienne, Madia elegans (Astéracée), observés chaque semaine en même temps que 41 témoins durant toute la saison (été).
Le ravageur principal des madias est la chenille d’Heliothodes diminutive (Lép. Noctuidé), qui dévore les boutons floraux (sans adhérer). Ses prédateurs sont des punaises Pselliopus spinicollis (Hém. Réduviidé), Hoplinus echinatus et Jalysus wickhami (Bérytidés), et deux araignées.
Résultat : le dépôt des 5 drosos augmente nettement les effectifs de prédateurs (de 75 à 450%), diminue de 60% les dégâts de la chenille et augmente de 10% la production de fruits.
Au-delà de la mise en évidence d’un piège à touristes – selon l’expression des 2 chercheurs – ce travail pointe le rôle très rarement pris en compte des cadavres dans les chaînes alimentaires autour des végétaux.
D’après « Why insect 'tourists' are good for some plants », lu le 8 janvier 2013 à //phys.org/news/

Combien d’espèces d’arthropodes vivent dans les forêts tropicales ? CIRAD, janvier 2013
Premier inventaire complet de la richesse de la forêt de San Lorenzo, au Panamá. Plus de 6 000 espèces d’arthropodes recensées sur un demi-hectare.

Flavescence dorée : protéger la vigne contre l’insecte et la bactérie. INRA, 7 janvier 2013.
[Cicadelle de la vigne, Scaphoideus titanus ( Hém. Cicadellidé) / Mycoplasma]

Papillon : un métabolisme actif augmenterait l'espérance de vie, par Delphine Bossy, Futura-Sciences, 15 janvier 2013
[Mélitée du plantain, alias Déesse à ceinturons, Melitaea cinxia (Lép. Nymphalidé)]

Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles, par Stéphane Foucart. Le Monde, 16 janvier 2013.
[clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame]

Des mouches pour mesurer… la biodiversité, par Pierre Barthélémy. Le Monde, 7 janvier 2013

Des sexes transformés en papillon, par Agnès Girard. Libération, 7 janvier 2013

Des vers de farine dans l'assiette de demain ?
par Yves Miserey. Le Figaro, 1er janvier  2013.
[Tenebrio molitor, Zophobas morio, Col. Ténébrionidés]
À relire : On en mangeait, parfois, par Alain Fraval. Insectes n° 154 (2009-3) et Exemple d'un élevage facile : vers de farine ou ténébrions, OPIE.
[R]

Les Épingles de collection - à consulter, page par page : Les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002,  Les Épingles de 2003, Les Épingles de 2004, Les Épingles de 2005,  Les Épingles de 2006, Les Épingles de 2007,, Les Épingles de 2008,  Les Épingles de 2009, Les Épingles de 2010, Les Épingles de 2011, Les Épingles de 2012. - ou globalement (jusqu'à fin 2009)  ici.
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