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Les Épingles tout frais forgées sont en haut de la pile
En épingle en 2012
L'insecte ou l'événement entomologique du jour, celui qui défraye la chronique et qui alimente les conversations en ville et dans les insectariums, sera épinglé sur cette page abricot, qui s'enrichira au fur et à mesure des événements entomologiques.

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Rédaction (sauf mention contraire) : Alain Fraval 

Il faut les tuer, Après vous, Madame !, Papillons en prison Épingles parues dans Insectes n° 163 (4e tr. 2011)
Se décider sur un coup de tête, Art en insectes, Pilulier tourneur Épingles parues dans Insectes n° 164 (1er tr. 2012)
Bonne en calculs, Face à la coprodiversité mondialiséeFamilles décomposées et recomposées Épingles parues dans Insectes n° 165 (2e tr. 2012)

Le supplice de la goutte d’eau, Fiat lux, Réseau social piraté Épingles parues dans Insectes n° 166 (3e tr. 2012)

La mouche magnétique, Jus de blatte, Soldates kamikazes, Courses de haies, Écoutons la vieille sauterelle, Le Sphinx bête de mort, Recruter localement ou à l’étranger ?, Entomo des tréfonds, Mémoire ouvrière collective, Cher insecte, Insectes sans danger, Appétissant plein d’appétit, Retrouver son chez-soi, Et le moucheron va se piquer la ruche, L’après-pétrole, Le parfum de la désillusion, Post mortem, L'Arpenteuse de l'insecticide, Bêtes de cirque !, E120, Hém. Dactylopiidé, Nécrophagie assistée, Auxiliaires de la résistance, Épreuves olympiques, Fracture du tibia ?, Espèce en voie d’apparition, L’oiseau et la libellule, Parapluie acrobatique,Travailler du chapeau, À l'attention des suivants,
Entomophagie radicale, La résistance, c’est dans les campagnes, Trouillologie, Puer des pieds pour attirer les araignées ?, Boutefeux, Microbe à bascule,La mouche matheuse, L’évolution de la consommation de toxiques, Les papillons marchent au susucre, Chasse à vue,Des portables pour les ouvrières en danger, Les 400 nez des fourmis, Le cafard ça se maîtrise,Les fourmis conservent une relique, Pour en finir avec le bourdon, Le retour des migrants : la solution, Le cerveau des ancêtres, Bête de concours, Cache-tête, Du vieux pommier à l'OGM, Moins grave que d’habitude, Après-rasage, Bête de concours (suite et fin), Bittaque-feuille, Les dangers de la surchauffe, Un portable d’un nouveau genre, Filtrage, Insectes mineurs, Punaises sourdes,

L'odeur du mâle, À l’insecte moderne, Twitoptère 

Les Épingles de collection - à consulter, page par page : Les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002,  Les Épingles de 2003, Les Épingles de 2004, Les Épingles de 2005,  Les Épingles de 2006, Les Épingles de 2007, Les Épingles de 2008,  Les Épingles de 2009, Les Épingles de 2010, Les Épingles de 2011, Les Épingles de 2013,
ou globalement (jusqu'à fin 2009)  ici.
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La suite, en 2013

28 décembre 2012

À lire sur Internet :

Le catalogue des formations professionnelles de l'OPIE. Doc  pdf.

Twitoptère
Le
cafard maîtrisé, entre les mains de Brittany Ransom, artiste, devient un objet entomotechnique propre à étudier comment débarrasser l’humanité souffrante des conséquences désastreuses du trop plein de messages électroniques, qui lui encombrent les cerveaux et les fait parfois dysfonctionner.
Ledit cafard, nommé @TweetRoach, est en effet équipé - au niveau de son sac à dos - pour recevoir des tweets – un tous les 30 secondes, pas plus, son cerveau est petit – et réagir aux mots left et right. L’insecte branché oriente le sens de sa marche hexapode en conséquence, soit à gauche et à droite respectivement – B. Ranson ne s’est pas trompée dans les soudures au niveau des nerfs antennaires.
Reste, c'est le projet, à observer et à noter au bout de combien de temps la blatte s’adapte à la surinformation. Si c’est trop long, on peut la livrer au chat, que ça amusera.
D’après « Twitter Roach Lets You Control Insects With Tweets  », par Allison Stadd. Lu le 27 décembre 2012 à www.mediabistro.com/
NB 1 : ni les Épingles, ni les alertes « nouveau sur /opie-insectes/ », ni les tweets en provenance de @af_insectes ne sont concernés par la fin de la première phrase, ils enrichissent l'humanité.
NB 2 : le chat Felis catus (Carn. Félidé) passe un bon moment avec un cancrelat tout nu mais qui gigote bien.
Pendant ce temps-là, les insectes artificiels progressent (voir ci-dessous)

À l’insecte moderne
Ni faire voler un imago d’Anisoptère par temps froid, ni le dresser pour effectuer un parcours défini ne sont possibles, selon les meilleurs odonatologues. Alors laissons ces gracieux insectes vaquer, c'est-à-dire attraper et dévorer en vol de non moins jolis insectes-proies, et cliquons à www.techject.com/
Il nous propose (en prévente) plusieurs libellules artificielles, plus ou moins performantes, très dociles, nées dans un labo universitaire. Un corps allongé et 2 paires d’ailes membraneuses (à plat et étendues au repos, ce n’est pas une demoiselle) ; moteurs, transmissions, batterie, capteurs, caméra, GPS et carte électronique embarqués. 25 grammes en tout – avec une carrosserie de couleur.
Chaque vol peut durer 30 minutes, on pilote la bête depuis son smartphone. Pour quel usage ? Pour surveiller et espionner évidemment, mais aussi pour filmer ses exploits à moto, à skis, à pied à la chasse, un filet à papillons à la main. L’entomologiste bricoleur adaptera 6 pattes préhensiles munies d’épines et s’exercera à la capture en vol ; il sera tenté d’ajouter des mandibules.
D’après entre autres « Robot Dragonfly, Micro Flying Insect That Gathers & Relays Information », lu le 26 décembre 2012 à //laughingsquid.com/
Pendant ce temps-là, les Zombiptères progressent (voir ci-dessus)

L’odeur du mâle
Quand une mouche mâle d’Eurosta solidaginis (Dip. Téphritidé) en état d’appel sexuel, donc émettant la phéromone ad hoc, s’approche d’une verge d’or (Solidago altissima), celle-ci s’oppose aux intentions ovipositrices de la mouche femelle. Moins d’œufs pondus, moins de galles induites, plus de fleurs (jaunes) et plus de graines, donc un succès reproductif accru.
Il en est de même vis-à-vis de l’imago de la Chrysomèle rayée de la verge d'or, Trirhabda virgata (Col. Chrysomélidé), phyllophage spécialiste : les feuilles enrichies en protéines de défense activées par la sécrétion d’acide jasmonique lui garantiront une descendance réduite, pour le plus grand bien de sa plante nourricière.
On savait les plantes capables de percevoir l’odeur de plantes voisines attaquées par des herbivores, on connaissait des épiphytes repérant ainsi leur plante-hôte. C’est la première fois que l’odorat des plantes est impliqué dans une relation avec un animal (consommateur) ; son mécanisme reste à découvrir.
Article source : Helms A.M. et al., 2012. Exposure of Solidago altissima plants to volatile emissions of an insect antagonist (Eurosta solidaginis) deters subsequent herbivory. PNAS.

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14 décembre 2012

À lire sur Internet :

Le chien renifleur: sus aux insectes venus d’Orient. Le Temps, 13 décembre 2012.
[Anoplophora chinensis, A. glabripennis, Col. Cérambycidés]

Record : des insectes se camouflent depuis 110 millions d’années ! Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, 14 décembre 2012.
[Hallucinochrysa diogenesi, Neur. Chrisopidae]
Vue d’artiste

Punaises sourdes ?
Le commerce des répulsifs à ultrasons va bon train. Pourtant, leur efficacité est douteuse et les pestes domiciliaires visées semblent rarement affectées. Des engins destinés à repousser très loin du dormeur et de sa literie la Punaise des lits (Cimex lectularius, Hém. Cimicidé) sont récemment apparus.
K. M. Yturralde and R. W. Hofstetter, entomologistes, se sont procuré 4 de ces appareils sur Internet et les ont essayés au laboratoire,  en respectant scrupuleusement les consignes des fabricants. Ils  ont ménagé deux zones, l’une exposée aux ondes, l’autre non. Les roupies s’y sont retrouvées en nombres égaux. Donc efficacité zéro.
Dans l’environnement « naturel » du loubac, les ultrasons ne jouent sans doute aucun rôle ; les bruits de respiration de son hôte l’intéressent peut-être plus. Une piste à suivre.
D’après « Commercial ultrasonic frequency devices are not effective in repelling insects », lu le 10 décembre 2012  à www.news-medical.net/news/2

Insectes mineurs
Le prix  de l’or et d’autres métaux grimpe ? Penchez-vous sur les fourmilières et/ou les termitières et passez déjà les habitants aux détecteurs : PIXE (émission de rayons X induits par protons), EDX (spectroscopie de rayons X à dispersion énergétique) et microscope électronique à balayage. Ensuite, pour aller plus vite, vous mettrez ces constructions sociales dans un spectromètre de masse.
Observez les tubes de Malpighi de Tumulitermes tumuli (Blat. Termitidé australien) – à l’instar d’Aaron Stewart et de son équipe du CSIRO. S’ils brillent… Vous êtes riche – en tout cas d’une information. Le sol contient au moins des traces d’or,  mais peut-être aussi de zinc et de magnésium. Vos termites, les ayant avalées, ont mis de côté dans leur système excrétoire ces métaux inintéressants pour eux, plutôt gênants.
En revanche, si vous cherchez du manganèse, regardez l’extrémité des mandibules et notez que celles-ci sont ainsi plus dures.
Peut-on envisager de développer une technologie d’extraction basée sur l’exploitation des fourmis et des termites ? Leur travail de remontée de terre des horizons profonds du sol leur vaudra plutôt un rôle de détecteurs – moins chers que des forages.
D’après, entre autres, « Gold “Mining” Termites Found, May Lead Humans to Riches », par Christine Dell'Amore. Lu le 12 décembre 2012 à /news.nationalgeographic.com/news/

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2 décembre 2012

À lire sur Internet :

Des chercheurs ont rajeuni le cerveau… d’abeilles, par Pierre Barthélémy. Le Monde, 2 décembre 2012.

Filtrage
Expérimentalement, le meilleur pollinisateur – celui dont le travail aboutit à la plus grande  production de graines – du rhododendron de Malabar (Mélastomacée) est l’Abeille charpentière (Xylocopa spp., Hym. Apidés). Mais ses fleurs violettes sont convoitées par des abeilles solitaires du genre Nomia, piètres mais encombrantes pollinisatrices.
L’arbuste attire sur ses fleurs violettes par le moyen d’un parfum spécial des fourmis tisserandes Oecophylla smaragdina (Hym. Formicidé). Qui dissuadent les insectes volants de se poser ou sinon les capturent. Les gros xylocopes s’en moquent, les petites Nomia sont en revanche les victimes de leur agressivité. Le succès reproductif du rhodo est maximisé.
Un nouveau genre de rapport insectes-plantes mis au jour par l’équipe de Francisco Gonzálvez de l’EEZA (Station expérimentale des zones arides à Almeria – Espagne).
D’après notamment « Weaver ants help flowers get the best pollinator », lu le 1er décembre 2012 à /www.newscientist.com/

Un portable d’un nouveau genre
Brun roux, brillant, petite tête, tout petits yeux, moins de 3 cm. Son nom : Eocorythoderus incredibilis (avec eo pour Éos, déesse de l’aube), nouveau genre, nouvelle espèce. On trouve ce Coléoptère Scarabéidé au Cambodge, dans les champignonnières des Macrotermes (Blat. Termitidés). Une première originalité, la tribu des Corythoderini fréquente – en inquilins - les termites du genre Odontotermes. En plus, il a une allure tout à fait spéciale avec son corps panduriforme et surtout ses grosses et longues pattes moyennes. Quant à la poignée qu’il a au milieu du dos...
Le pronotum (bouclier) se prolonge par un processus triangulaire aplati, mousse. Juste en dessous, les élytres (soudés) se prolongent par un bec. C’est par là, par cette sorte de poignée, que le coléo est saisi par un termite – entre ses maxilles – et transporté dans la termitière, à la façon d’un œuf. D’ailleurs, dès qu’on l’effleure, notre profiteur rétracte ses pattes et fait le mort. La « poignée » dégage sans doute une odeur mimétique de celle des termites.
Article source, signé Munetoshi Maruyama, paru dans Zootaxa 3555 (en ligne, gratuit, en anglais).

Les dangers de la surchauffe
Iridomyrmex purpureus (« meat ant ») est une fourmi australienne, diurne, territoriale, charognarde et détritivore (avec du miellat en complément), buffocide*, équarisseuse* et cruciale. Elle constitue en effet souvent la plus grosse biomasse locale et est donc essentielle pour le fonctionnement de la biocénose.
Quel effet aurait (aura) sur elle le réchauffement de l’atmosphère ? Un sujet peu étudié sur les fourmis. I. purpureus va bien jusqu’à 42° C. Au-dessus, les ouvrières descendent vite dans leur nid souterrain. Le fourragement s’arrête quand le sol, bien plus chaud que l’air, est à 63°C. Que sa température corporelle augmente de 2°C et notre fourmi est désorientée, encore 2° et elle ne bouge plus.
On pense que cette fourmi, sous un climat réchauffé, réduira le temps consacré de jour à chercher de la nourriture, sans s’activer le matin ou le soir pour autant. Même en établissant le nid plus profondément, les colonies insuffisamment approvisionnées pourraient péricliter.
Il est à prévoir que si cette fourmi périclite, la biodiversité s’effondrera.
Travaux dirigés par Nigel Andrew, université of New England à Armidale.
D’après « Study tests whether ants can take the heat ». Lu le 27 novembre 2012 à www.abc.net.au/science/
* C’est le seul ennemi du crapaud-bœuf - voir «
Un crapaud dans la lutte biologique »  dans Insectes n° 135 (2005-2) ; les fermiers l’utilisent pour se débarrasser des carcasses.

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29 novembre 2012

À lire sur Internet :

Frelon à pattes jaunes : le piégeage des fondatrices est-il réellement efficace ? INRA, 23 novembre 2012.
La technique, d’après les études menées sur le terrain, n'est pas réellement efficace.
[Vespa velutina, Hym. Vespidé]

Effet de la chaleur sur les moustiques : la génétique détermine aussi la capacité d'adaptation
. BE Allemagne 591. 23 novembre 2012
[Chironomus riparius, Dip. Chironomidé]

Le Maghreb sous la menace d'une invasion de criquets
, par Rémi Barroux. Le Monde. 23 novembre 2011.
[Criquet pèlerin, Schistocerce gregaria (Orth. Acrididé)]

La Feuille & l'Insecte n° 3, novembre 2012. ONF/DSF, rédigée en partenariat avec les naturalistes du Comité Insectes des forêts (donc avec l’OPIE). En téléchargement gratuit.
[Taupin violacé, Limoniscus violaceus (Col. Élatéridé)]

Les trous dans les livres aussi peuvent être riches en informations. 1001actus, 21 novembre 2012
[Petite Vrillette, Anobium punctatum ; Vrillette brune, Oligomerus ptilinoides (Col. Anobiidés)]

Bittaque-feuille
Au Jurassique, il y a 165 millions d’années, Juracimbrophlebia ginkgofolia (Méc. Cimbrophlebiidé) était accroché à un Yimaia capituliformis (Yimaiacée), dans l’attente d’une proie. Ceci dans un paysage de lacs bordés d’arbres et de buissons.
Tout a disparu, on a actuellement leurs modernes cousins : des Bittacidés et des ginkgos. Chez qui ce mimétisme n’a pas été observé.
Il reste, miraculeusement conservé, des fossiles, trouvés en Mongolie intérieure (Chine), qui apportent un second exemple de mimétisme chez les Neuroptères anciens – après celui faisant se ressembler un protochrysope à des feuilles de cycadale. L’insecte étend les ailes : il ressemble étonnamment à la feuille quadrilobée de l’arbre.
Échappait-il ainsi à ses prédateurs ? Se camouflait-il pour leurrer ses proies ? Dans ce cas, on peut penser qu’il s’était instauré une association à bénéfice mutuel avec le végétal : abri contre désinsectisation.
Actuellement, les insectes n’imitent que les angiospermes (plantes à fleurs).
Dessin de J. ginkgofolia 
Article  source (en ligne, an anglais, gratuit) : Yongjie Wanga et al., 2012. Jurassic mimicry between a hangingfly and a ginkgo from China. PNAS.

Bête  de  concours (suite et fin)
Le héros (si je puis dire) du fait divers entomophagique et tragique relaté ci-dessous est, selon les légistes, mort étouffé ;  les insectes qu’il avait trop goulument avalés ont obstrué ses voies respiratoires.
D’après « Bug eating contestant choked to death », par Rachel Leigh. Lu le 27 novembre 2012 à www.wflx.com/

Après-rasage
Les trichomes sont les poils des plantes. Parmi leurs rôles, celui de s’opposer à l’appétit des insectes a fait l’objet d’études. On eut l’espoir ainsi de contrer les ravages du Doryphore, Leptinotarsa decemlineata (Col. Chrysomélidé) en plantant des pommes de terre aux feuilles velues.
À Guam, île états-unienne des Mariannes, poussent des cycadales, dont le Sagou du Japon Cycas revoluta, victimes d’une cochenille, Aulacaspis yasumatsui (Hém. Diaspididé). On eut l’espoir de maîtriser cette peste invasive par un agent de lutte biologique importé. Mais la coccinelle Rhyzobius lophanthae (Col. Coccinellidé) ne fait pas son boulot. Pourquoi ?
Thomas Marler, de l’université de Guam, rasa (délicatement) des cataphylles (sortes de pousses à la base des feuilles, velues) pour y compter les cochenilles. Moins d’une heure après, les coccinelles étaient accourues et commençaient à les dévorer. Au bout de 4 jours, elles avaient éliminé la moitié de la population, parvenant au même résultat que sur les feuilles voisines (glabres).
Les trichomes des cataphylles du Cycas offrent à son ravageur une protection efficace contre l’auxiliaire. Plante, phytophage et cocciphage n’ont nulle part évolué ensemble et il ne faudrait pas chercher de signification évolutive à cette relation originale.
D’après, entre autres, « UOG: Pest Uses Plant Hairs for Protection », lu le 26 novembre 2012 à www.pacificnewscenter.com/
PS : la diaspine, inféodée aux cycadales, récemment introduite en Floride, sévit en Martinique et en Guadeloupe (nom local : petit rameau). On redoute son arrivée en Europe où ces végétaux ont été introduits comme ornementaux.

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19 novembre 2012

À lire sur Internet :

Un insecte sud-américain entend avec ses tibias, par Hervé Morin. Le Monde, 15 novembre 2012.
[Copiphora gorgonensis, Orth. Tettigoniidé]

i5K : séquencer 5 000 génomes d’insectes
. INRA, 8 novembre 2012.

La coccinelle asiatique, une alliée devenue envahissante, par Vahé Ter Minassian. Le Monde, 27 octobre 2012
[Harmonia axyridis, Col. Coccinellidé]
" Chaque automne, on enregistre des pullulations de cet insecte importé pour lutter contre le puceron. Histoire d'une expérience de lutte biologique qui a trop bien tourné. "

Thérèse, la mouche qui meurt quand on la " bzz ", par Pierre Barthélémy. Le Monde, 27 octobre 2012.

Un peptide extrait du pois prometteur comme bio-insecticide, par Brigitte Cauvin. INRA Magazine, octobre 2012.

Du vieux pommier à l’OGM
   
Octobre 2010 à Evansville (Indiana, États-Unis). Thomas Fritz, ingénieur à la retraite, abat un vieux pommier. Une branchette lui troue la main entre le pouce et l’index. Un infirmier nettoie la plaie. Qui ne guérit pas. Un kyste se forme, un docteur met le bûcheron amateur sous antibiotiques et envoie à un labo un prélèvement liquide. Plus tard, un chirurgien extraira des éclats d’écorce et T. Fritz guérira.
Le labo, incapable d’identifier la bactérie, transmet le prélèvement à un service de référence à l’université de l’Utah. Le robot identifie Escherichia coli mais les techniciens doutent de sa perspicacité. Il s’agit plutôt d’un Sodalis, bactérie découverte, caractérisée et cultivée en 1999.
Sodalis a été trouvé chez 17 espèces d’insectes, de la Tsé-tsé à des charançons en passant par des poux d’oiseau (Mallophages) et des punaises. À l’instar des symbiontes hébergés par les insectes (chez quelque 10% d’entre eux), il produit notamment de la vitamine B1 et des acides aminés indispensables, notamment, et possède un génome très réduit.
En comparant le génome du Sodalis « libre » d’écorce de pommier et de T. Fritz avec ceux de Sodalis glossinidius (de Glossina morsitans, Dip. Glossinidé, la Tsé-tsé) et d’une souche inféodée à Sitophilus oryzae, Charançon du riz (Col. Curculionidé), on a la surprise de constater que la premier a 2 fois plus de gènes que les seconds. Et que la perte (ou la désactivation) des gènes, liée à la domestication de la bactérie par les insectes, s’est faite il y a quelques dizaines de milliers d’années seulement.
Grâce à ce vieux pommier, on apprend que les relations symbiotiques entre les insectes et leurs bactéries se sont installées isolément, par absorption d’une souche répandue dans la nature – et pas seulement sur les pommiers. La perpétuation de l’association à bénéfices mutuels est assurée par l’avantage procuré et par la transmission du symbionte de la mère à sa descendance.
Grâce à ce vieux pommier, on entrevoit aussi la possibilité de vaincre entre autres la maladie du sommeil (transmise par la Tsé-tsé) et les viroses transmises par pucerons (dépendants de symbiontes). Il suffirait de fabriquer une souche de Sodalis modifiée génétiquement pour s’attaquer au pathogène dans le vecteur. Et de la répandre dans la nature…
D’après « How Bacteria Came To Live Inside Insects », lu le 16 novembre 2012 à www.redorbit.com/news/science/

Moins grave que d’habitude
La circulation des voitures, camions, tracteurs et autres engins produit un bruit très gênant. On s’y habitue, on adapte son comportement, on parle plus fort… Le Criquet mélodieux, alias Oedipode bimoucheté (Chorthippus biguttulus, Orth. Acrididé), lui, hausse le ton.
C’est ce qui ressort de l’analyse d’un millier de chants nuptiaux de deux petites centaines criquets mâles, la moitié capturés dans un endroit calme, l’autre près d’une route bruyante. Leur chant, créé par le frottement du tibia postérieur avec l’aile, comporte une composante basse, dans le domaine des fréquences générées par le trafic. Chez les individus vivant – et cherchant à séduire une partenaire – dans le bruit, cette composante est émise à une fréquence supérieure. Sans doute plus facile à percevoir et à reconnaître par la femelle dans cette ambiance perturbante.
C’est la première fois qu’on met en évidence une adaptation aux bruits générés par l’homme chez les insectes. Il reste à établir si cette réaction est spontanée ou est, même partiellement, héréditaire.
Travaux de l’équipe d’Ulrike Lampe, université de Bielefeld (Allemagne).
D’après « Verkehrslärm verändert Zirpen von Grashüpfern », lu le 14 novembre à www.spiegel.de/wissenschaft/natur/

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30 octobre 2012

Cache-tête
Un truc très petit, marron, sans points, sans tête tombe dans un pot de Barber, piège posé sur une plage du Montana (États-Unis) par l’étudiant Ross Winton. Un bout de fourmi, pense-t-il d’abord. Sous la bino, le truc se révèle être un Coléoptère Coccinellidé. Avec une tête, enfoncée dans un tube dans le thorax, un peu comme les tortues.
Le professeur Michael Ivie diagnostique un mâle, d’une espèce inconnue dont il se souvient d’avoir vu passer la femelle. Il transmet la trouvaille à des collègues australiens, spécialistes du groupe. Le truc a désormais un nom vernaculaire, la Coccinelle de Winton, un nom scientifique, Allenius iviei, et une sous-famille, les Microweiséinés.
On ne connaît que 2 spécimens de cette espèce, la plus rare d’Amérique. On ne sait rien de ses mœurs et quoi correspond la possession d’un tube où rentrer la tête.
D’après « Tiny 'headless' insect turns out to be rarest ladybug in the United States », par Evelyn Boswell. Lu le 23 octobre 2012 à www.montana.edu/cpa/news/


Épingles parues dans Insectes n° 166 (3e tr. 2012)

Le supplice de la goutte d’eau
On est à Bornéo, ça dure bien moins longtemps qu’en Chine. Le truc est appétissant : du nectar en abondance. L’accueil est agréable aux tarses, un tapis de cristaux en forme de colonnes accrocheur – c’est très bien car on doit se maintenir le ventre en haut, à la face inférieure d’une sorte de feuille. On entend la pluie arriver, on est bien à l’abri et… On tombe et rejoint dans un bain enrichi en enzymes d’autres piégés qu’une Nepenthes gracilis digère vivants lentement, très lentement.
On a aussi fait – devant des chercheurs de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni – la démonstration du fonctionnement d’un mécanisme jusque-là inconnu chez ce genre de plantes carnivores : la capture assistée par goutte d’eau, laquelle est nécessaire et suffisante pour, en s’écrasant sur le dessus du couvercle, déloger l’insecte suspendu dessous et le précipiter vers l’« estomac » que constitue l’urne remplie de sucs digestifs.    
Article source : Bauer U. et al. 2012. With a Flick of the Lid: A Novel Trapping Mechanism in Nepenthes gracilis Pitcher Plants. PlosOne 7(6): e38951. doi:10.1371/journal.pone.0038951 (en ligne).

Fiat lux
Par rapport aux organismes marins, il y a très peu d’espèces terrestres douées de bioluminescence. Un escargot, quelques vers de terre et myriapodes et… une poignée de Coléoptères ainsi qu’un Diptère, vus dans ces pages il n’y a pas bien longtemps (
Les insectes noctiluques, par Alain Fraval. Insectes n°154 – 2009(3),
Pourquoi donc ? Peter Vršanský, paléobiologiste à l’Académie des sciences slovaque et son équipe ont examiné l’évolution, au long des âges géologiques, des organismes bioluminescents, marins et terrestres. Il en ressort que les premiers luisent depuis le Dévonien – il y a 400 millions d’années – et que les seconds ne luisent tout au plus que depuis 65 millions d’années.
Pourquoi donc (re) ? Il semblerait que le phénomène est apparu (et s’est maintenu) avec la diversification de la vie nocturne, à cette époque, ou bien qu’il ait fallu attendre que ces animaux eussent résolu le problème de la détoxification des produits résultants de la bioluminescence dans un environnement bien plus chaud et variable que l’océan.
Il y a peu, la même équipe a redécouvert en Amérique du Sud tropicale une blatte, Lucihormetica luckae, qui ressemble à s’y méprendre (dans le noir) au « cucujo » Pyrophorus noctilucus (Col. Élatéridé) ; grâce à des paquets de bactéries luminescentes bien placés et s’allumant au bon rythme, elle se fait passer pour le taupin, immangeable. À ajouter à l’article susnommé.
D’après « Glowing insects evolved surprisingly recently » par Karl Gruber, lu le 21 août 2012 à www.newscientist.com et « ScienceShot: Glowing Roaches Mimic Toxic Beetles » par Sid Perkins, lu le 22 août 2012 à //news.sciencemag.org/sciencenow/

Réseau social piraté
Le caféier est ponctionné par la Cochenille verte, Coccus viridis (Hém. Coccidé), qui se fait boulotter par la coccinelle grise à 2 gros points noirs Azya orbigera (Col. Coccinellidé) pour peu que sa gardienne et éleveuse la fourmi brune Azteca instabilis (Hym. Formicidé) relâche sa vigilance ou ait perdu la tête, parasitée par la mouche décapiteuse, Pseudacteon laciniosus (Dip. Phoridé).
La protection que la fourmi assure à la cochenille ressortit (en écologie) aux « effets indirects liés à des changements de traits spécifiques », alias TMII (pour trait-mediated indirect interactions). C’est classique.
La façon dont la coccinelle se débrouille pour pondre malgré la chasse que lui fait la fourmi (qui la dévore à tous les stades) est une « cascade » de 2 TMII, le second avec 3 protagonistes, comme on en n’avait jamais mis en évidence.
Par des expériences en élevage (au Chiapas, Mexique), Hsun-Yi Hsieh et ses collaborateurs ont en effet découvert ceci : les coccinelles (adultes femelles, les mâles sont en dehors du coup) parviennent à cacher leurs œufs (sous les cochenilles !) en profitant de la torpeur des fourmis qui font ensemble les mortes car rôdent des mouches décapiteuses. C’est assez efficace car les phorides femelles prêtes à pondre chassent à vue et ne repèrent que les fourmis actives.
Le signal spécifique avertissant les ouvrières est chimique, une phéromone. C’est lui que les coccinelles interceptent et elles se rassemblent pour pondre tranquillement là où volent les phorides. Les mouches décapiteuses favorisent les coccinelles.
Ce système étonnant n’est très certainement pas unique. Il est peu probable qu’il soit né dans les caféières, agroécosystème récent. On en découvrira d’autres, il suffit de chercher.
Sa découverte renforce les arguments contre la lutte contre les fourmis – que les planteurs voient bien favoriser la cochenille, leur ennemi.
Article source en ligne (en anglais, gratuit) à : //onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ece3.322/full
À (re)lire, l’Épingle «
Fourmis, avalanches, etc. » de 2008.

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22 octobre 2012

À lire sur Internet :

En Alsace, une colonie d'abeilles produit un mystérieux miel bleu, par Sophie Landrin. Le Monde, 3 octobre 2012.

Le retour des migrants : la solution
Chaque printemps, en provenance d’Afrique, elles atterrissent en Angleterre, par vols entiers. Attirées sans doute par les ressources et la belle vie, elles s’installent, profitent, copulent, prolifèrent et… on ne les voit plus. Selon l’hypothèse dite du joueur de flûte de Hamelin (un dératiseur légendaire qui charma et entraîna à leur perte les rongeurs de la ville), elles crèvent sur place. 
L’hypothèse ne tient plus. Grâce aux 60 000 observations d’entomologistes amateurs à l’œil aiguisé – enrôlés dans une opération de science participative à l’échelle de l’Europe – et surtout à un radar, on a pu observer la migration de retour de la génération de fin d’automne de la Belle Dame, Vanessa cardui (Lép. Nymphalidé). Les papillons retournent en Afrique pour hiverner, en volant trop haut pour qu’on les voie : souvent à plus de 1 000 m et à plus de 48 km/h.
Le radar, installé à la station de recherches agronomiques de Rothamsted, a détecté 11 millions de papillons arrivant au printemps 2009 et 26 millions sur le chemin vers le Sud. On estime que le voyage aller, qui peut s’achever au niveau du cercle polaire, est l’œuvre d’individus de 6 générations successives. Avec ses 9 000 km d’amplitude, cette migration est bien plus importante que celle des célèbres Monarques d’Amérique.
D’après « Radar helps solve painted lady migration mystery », par Matt Bardo. Lu le 19 octobre 2012 à www.bbc.co.uk/.
À (re)lire : Les migrations de papillons en France, par Antoine Lévêque. Insectes n° 128 (2003-1).

Le cerveau des ancêtres

La place des Hexapodes (insectes, collemboles…) parmi les arthropodes fait l’objet de discussions. On a défini les Pancurstacea, regroupant avec les Hexapodes et les Crustacés qui seraient apparus plusieurs fois en leur sein. Selon une autre hypothèse, les insectes dérivent des anciens Brachyopodes. La découverte récente d’un fossile de Fuxianhuia protensa, datant du Cambrien, vieux de 520 millions d’années apporte des éléments nouveaux.
L’animal, de constitution simple et long de quelques centimètres, possède un cerveau bien conservé. On y distingue (au microscope) 3 parties – les classiques proto-, deuto- et tritocerbron, apanage des crustacés supérieurs et des insectes. Les lobes oculaires sont bien une expansion du premier, les antennes sont « branchées » sur le second, etc.
Ce cerveau « évolué » était présent bien avant d’autres organes et dispositions anatomiques. Il aurait été conservé chez les crustacés supérieurs (Malacostracés) et nos insectes ; il aurait régressé en un cerveau en 2 parties seulement chez les Brachyopodes (artémies, etc.).
D’après, notamment « Ancient, fossilized, insect-like brain surprisingly complex » par Stephanie Pappas. Lu le 11 octobre 2012 à www.csmonitor.com/
Photo du fossile  

Bête de concours

Un type est mort à 32 ans des suites d’une dictyoptérophagie fulgurante, dont c’est le premier cas connu. Cela s’est passé à Deerfield Beach (Floride, États-Unis), dans une animalerie. Ce soir là, un python (à 850 $) était le lot gagnant du concours ; il s’agissait d’avaler (en croquant ou pas) le plus possible de vers dégueulasses (appâts pour la pêche) et d’insectes répugnants (de gros cafards, provende des animaux en cage). C’est le type qui a gagné ; il est sorti tout content et s’est écroulé. Le python ira à ses héritiers (2 jeunes enfants). Normalement, les blattes sont saines, a indiqué un prof d’entomo ; alors qu'est-ce qui l'a tué ? Les 30 participants avaient signé une décharge, a précisé le patron de la boutique.
D’après, entre autres, « Death of cockroach-eating contest winner in Florida puzzles experts », lu le 10 octobre 2012 à //usnews.nbcnews.com [R]

À voir et à lire sur Internet :

Les fourmis prennent de meilleures décisions en groupe. Maxisciences, 29 septembre 2012.
Temnothorax rugatulus (Hym. Formicidé)]

Un insecte vieux de 300 millions d'années en 3D, par Damien Hypolite. Sciences et Avenir, 26 septembre 2012.
[Anebos phrixos gen. et sp. nov. et Blattodea.]
Article source (gratis, en anglais)

Du jus de fourmi contre les mauvaises herbes. À Troyes. Youtube.

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21 septembre 2012
À lire sur Internet :
Biodiversité : où sont les pollinisateurs ? Le programme de sciences participatives SPIPOLL apporte une première réponse. CNRS, 20 septembre 2012
Article source : Deguines N, Julliard R, De Flores M, Fontaine C (2012) The Whereabouts of Flower Visitors: Contrasting Land-Use Preferences Revealed by a Country-Wide Survey Based on Citizen Science. PLOS ONE, 20 septembre 2012

Le bourdon suivi au radar dans des fleurs artificielles, par Hervé Morin. Le Monde, 21 septembre 2012.
[Bourdon terrestre Bombus terrestris, Hym. Apidé]

Du bienfait des bains de soleil… pour les insectes, par Ariel Fenster. Agence SciencePresse, 15 septembre 2012
[Boisea rubrolineata, Hém. Rhopalidé]

Les fourmis conservent une relique
Depuis le Tertaire, une petite plante, qui fleurit en mai-juin, s’accroche à deux falaises pyrénéennes verticales : Borderea chouardii (Dioscoréacée). Pendant quelques années, une équipe hispano-danoise de myrméco-botanistes grimpeurs a observé sa pollinisation et sa dispersion.
Le pollen est transporté essentiellement par Lasius grandis et par L. cinereus (Hym. Formicidés) tandis que l’élaïosome des graines intéresse Pheidole pallidula, cette troisième fourmi, assurant le tiers de leur transport.
La survie de la plante dépend donc de ce double mutualisme mais elle a d’autres atouts : elle vit jusqu’à 3 siècles et pousse là où aucun herbivore ne peut venir la brouter.
Article source (en anglais).

Pour en finir avec le bourdon
Bombus dahlbomii vit en Amérique du Sud tempérée. C’est le seul Bombus (Hym. Apidés) autochtone ; il assure un rôle-clé dans la pollinisation des plantes locales. Il est par ailleurs le plus gros bourdon du monde. Il périclite.
Présumé coupable, le Bourdon terrestre Bombus terrestris, importé en 1997 au Chili depuis l’Europe pour polliniser les cultures. Échappé des serres, on l’a signalé en pleine nature en 2006 en Patagonie. En même temps qu’on a noté le début du déclin du Bourdon géant. La compétition n’est pas en cause ; la mortalité de l’espèce indigène est due à un parasite monocellulaire Apicystis bombi, une Néogrégarine décrite d’Europe (et d’Amérique du Nord) en 1996, où elle est rare. Il est très probable que ce pathogène a été apporté par B. terrestris.
Sa présence antérieure n’est pas exclue mais il est impossible de le vérifier : il n’y a pas assez de Bourdons géants pour constituer un échantillon valable.
Le Bourdon des champs B. pascuorum introduit au Chili dans les années 1980 n’a pas apporté cette maladie, des tests ADN sur des individus conservés depuis cette époque l’ont montré.
Le Bourdon géant va sans doute disparaître rapidement et avec lui les plantes andines que lui seul peut polliniser avec sa longue langue.
D’après « Plight of the Bumblebee », par Anthony King. Lu le 14 septembre à //news.sciencemag.org/sciencenow/

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12 septembre 2012

À lire sur Internet :

Comment on peut mourir de trop se défendre contre une bactérie, par Pierre Barthélémy. Le Monde, 9 septembre 2012,
 [Wolbchia / Porcelio spp. (cloporte)]

Record : les plus vieux arthropodes que l'ambre a emprisonnés, par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, 30 août 2012.
Le record du plus vieil insecte trouvé dans l’ambre (environ 130 millions d’années) vient d’être battu de 100 millions d’années grâce à la découverte d’un moucheron et de deux acariens dans les Dolomites en Italie.

À noter :

VIIe Colloque national d'Arachnologie. Vendredi 5 octobre 2012 à Fouras (17). Gratuit, sur inscription. Programme.

Les 400 nez des fourmis
Le monde des fourmis est fait de senteurs ; ce sont les insectes les mieux dotés en récepteurs olfactifs (RO) – des protéines qui détectent une odeur particulière. Elles en possèdent environ 400 contre 52 chez le Ver à soie et 174 chez l’Abeille domestique, de quoi mener une vie sociale hautement organisée.
Laurence Zwiebel (université Vanderbilt) et son équipe ont séquencé puis analysé le génome de deux espèces, très différentes : la Fourmi charpentière de Floride Camponotus floridanus et une fourmi sauteuse indienne Harpegnathos saltator. La première vit en colonies avec une unique reine, la seconde par petits groupes où des ouvrières peuvent se reproduire. Au-delà des différences de RO entre ces deux fourmis, il a été mis en évidence que les mâles n’ont que le tiers de l’équipement des femelles.
D’autres résultats intéressants et/ou curieux ont été trouvés. En particulier, les mâles et les ouvrières de la fourmi sauteuse sont porteuses d’un RO sensible à un composé de l’essence d’anis, un répulsif pour beaucoup d’insectes, tandis que l’ouvrière charpentière possède de quoi détecter le steak de bœuf cuit mais aussi la grillade de porc – une capacité qui laisse perplexe.
Pour identifier la compétence olfactive de chaque gène, on a mobilisé des grenouilles – en fait leurs œufs, greffés avec ledit gène et branché sur un détecteur de courant électrique.
D’après « Ants have an exceptionally 'hi-def' sense of smell », lu le 10 septembre 2012 à //phys.org/news/

Le cafard ça se maîtrise
L’équipe d’Alper Bozkurt (Université de Caroline du Nord, États-Unis) est parvenue à piloter à distance une blatte. Pour ce faire, on équipe la bête – une Blatte souffleuse de Madagascar, Gromphadorhina portentosa (Blatt. Oxyhaloïdé) - d’un sac à dos encombrant et pesant (0,7 g). Dedans, un émetteur-récepteur radio et un circuit électronique délivrant les signaux adéquats aux électrodes piquées dans les cerques et les antennes.
Une impulsion dans les cerques fait croire à notre cancrelat qu’une menace arrive par derrière : elle avance. Un coup dans une antenne et il pense qu’il vient de heurter quelque chose : il tourne.
Comme pour toutes ces créatures, les fonds viennent de l’Armée états-unienne mais le but est de mettre en œuvre une nuée de petits sauveteurs à haute faufilabilité pour explorer des ruines après un tremblement de terre.
D’après « Researchers Develop Technique to Remotely Control Cockroaches », par Matt Shipman. Lu le 9 septembre 2012 à //web.ncsu.edu/
Photo de la blatte équipée.
http://web.ncsu.edu/abstract/wp-content/uploads/2012/09/Bozkurt-Roach-1-615.jpg
NDLR 1 : rappelons que ces insectes-esclaves-espions ressortissent à l’ordre des Zombiptères, déjà riche de plusieurs prototypes épinglés.
NDLR 2 : l'OPIE propose, pour 9 € le lot de 6, des Blattes souffleuses de Madagascar. Ici.

Des portables pour les ouvrières en danger
Formica lugubris (Hym. Formicidé) est une espèce polycalique et polygyne, parfois esclavagiste. Elle habite les peuplements de résineux ou mixtes en altitude où elle construit des dômes à l’instar des fourmis rousses (dont elle est très proche). Son régime entomophage - elle s’attaque volontiers aux chenilles défoliatrices mais fait son ordinaire de miellat de pucerons – l’a fait importer en Amérique du Nord. En Angleterre, où elle fut commune et connue (c’est la plus grosse fourmi), ses populations sont gravement menacées par l’anthropisation et elle est protégée.
Près de Sheffield, résident dans un bon millier de nids 50 millions d’ouvrières. Qui vont et viennent d’un dôme à l’autre. Pour mieux connaître ce trafic, un millier d’individus se sont vus coller sur le dos par des entomologistes de l’université de York une balise radio (1 x 1,6 mm) qui permet de les identifier au passage et de repérer leurs chemins.
On attend de cette manip des indications sur les précautions à prendre et les aménagements à prévoir lors des travaux forestiers sur leur domaine.
D’après, entre autres, « York scientists track insects by antennae », lu le 24 août à //www.yorkpress.co.uk/
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18 août 2012

À lire sur Internet :

Les lois de l'attraction d'un Coléoptère nécrophage, par Sandrine Cabut. Le Monde, 18 août 2012.
[Dermestes maculatus, Col.  Dermestidé]

De la photosynthèse chez les pucerons. Le Monde, 18 août 2012.
[Acyrtosiphon pisum, Hém. Aphididé.
Article source en ligne, gratuit, en anglais]

Des papillons modifiés génétiquement par les radiations de Fukushima. Le Monde.fr avec AFP, 14 août 2012.
[Lép. Lycénidés]

Pourquoi le figuier mâle se parfume en femelle, par Pierre Barthélémy. Le Monde, 8 août 2012.
[Blastophaga psenes, Hym. Agaonidé]

L’invasion des manteaux pâles, par Patrice Costa. Vosges Matin, 8 août 2012.
La petite chenille aux poils urticants d’un papillon nocturne prolifère actuellement en Lorraine. Problème : elle s’invite dans les maisons, jusque dans les lits de leurs hôtes. Psychose de la grattouille ?
[Eilema caniola, Lép. Érébidé] Le « graal » de l'entomologie enfin découvert : le plus ancien insecte fossile complet du monde. CNRS, 2 août 2012.
[Strudiella]

Des artefacts exceptionnels de 44 000 ans en Afrique du Sud, par F. Belnet. Hominidés, 2 août 2012.
[Le plus ancien cas connu d’utilisation de cire d’abeille]

Un termite-kamikaze se fait exploser au combat, par Pierre Barthélémy. Le Monde, 29 juillet 2012.
[Neocapritermes taracua, Blatt. Termitidé]

La drosophile : un insecte au service de la santé animale. INRA, 25 juillet 2012.
[Fièvre catarrhale ovine / Drosophila (Sophophora) melanogaster, Dip. Drosophilidé]

Chasse à vue
Semachrysa jade est un Chrysopidé (Neuroptère) nouveau pour la science. Il vit en Malaisie et a été découvert, par un entomologiste professionnel, en Californie (États-Unis). C’est sur son écran d’ordinateur que celui-ci l’a repéré, parmi les photos d’insectes qu’il regardait sur Flikr, site de partage d’images sur Internet.
Le photographe a fourni une femelle qui a servi à décrire l’espèce. Une autre a été trouvée… au Muséum d’histoire naturelle de Londres (Royaume-Uni).
D’après « New Bug Species Found in Photos Online », par Megan Gannon. Lu le 8 août 2012 à www.livescience.com/
Fiche (en anglais) avec photos.

Les papillons marchent au susucre
C’est la première fois qu’on compare un apprentissage avec une récompense à la clé et un apprentissage pour rien. Ikuo Kandori et Takafumi Yamaki de l’université Kinki (Japon) ont observé des papillons de Byasa alcinous (Lép. Papillionidé) butinant des fleurs artificielles de différentes couleurs et offrant ou non du nectar (la récompense).
Les papillons ont une préférence innée pour certaines couleurs. Ils apprennent facilement à éviter, parmi celles-ci, celles qu’ils associent avec l’absence de nectar. Mais l’association couleur-récompense est bien plus rapide.
Ils parviennent ainsi à exploiter au mieux un champ où des fleurs nectarifères sont disséminées parmi d’autres, d’une couleur a priori attractive mais qui n’offrent rien.
D’après « Insects learn faster when they are rewarded with nectar », lu le 1er août 2012 à //phys.org/news/
 
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27 juillet 2012

À lire sur Internet :

Quand s'accoupler rime avec danger. Radio Canada, 24 juillet 2012
" Les sons qu'émettent les mouches lorsqu'elles copulent augmentent grandement leur risque de servir de repas aux chauves-souris, ont découvert des chercheurs allemands de l'Institut Max Planck d'ornithologie."

Des poissons utilisent un appât en forme de fourmi pour pêcher leur femelle. Guru Médittion, 14 juillet 2012.

Changements climatiques : un papillon apparaît au Québec. Radio Canada, 16 juillet 2012.
[Papilio cresphontes, Lép. Papilionidé]

Redouté, le moustique "tigre" est arrivé aux portes de Paris, par Rémi Barroux. Le Monde, 17 juillet 2012.
[Aedes albopictus, Dip. Culicidé]
À (re)lire, Le Moustique tigré, ses œufs dans des pneus, par Alain Fraval. Insectes n° 159 (2010-4).

Des chercheurs de l'ULB viennent de mettre à jour un mode de reproduction hybridogène chez une fourmi du désert. BE Belgique 63, 10 juillet 2012.
[Cataglyphis hispanica (Hym. Formicidé)]

Chiens renifleurs contre xylophages. La lettre du DSF, juin 2012.
[Longicorne asiatique Anaplophora (Col. Cérambycidé)]

Encyclop’aphid, encyclopédie des pucerons par Evelyne Turpeau, Maurice Hullé, Bernard Chaubet (INRA Rennes). Textes introductifs et fiches (espèces de pucerons, prédateurs, parasitoïdes, etc.).
À (re)lire « Les pucerons », par Alain Fraval, Insectes nos 141 et 142 (2006).

La mouche matheuse
Un Diptère amélioré, qui possède les bases du calcul numérique, vient d’être fabriqué, au labo. L’équipe canado-états-unienne (des universités Wilfried Laurier et de Californie) a soumis des mouches du vinaigre adultes à un programme scolaire  intensif. Un seul cours, de 20 minutes, répété. Les apprenantes, installées dans une boîte, reçoivent des salves de 2, 3 ou 4 flashes, celles de 2 et de 4 éclairs coïncidant avec le secouage de leur conteneur. Les écolières finissent par piger et par se préparer à bon escient à l’ébranlement de leur substrat, c’est-à-dire qu’elles savent désormais compter.
Ceci survient à la 40e génération.
Il reste à comparer l’organisation du cerveau de ces surdouées avec celle des mouches du vinaigre naturelles.
D’après « Geneticists Evolve Fruit Flies With the Ability to Count », lu le 12 juillet 2012 à www.escapistmagazine.com/
NDLR : le lâcher dans la nature de ces drosos à bosse des maths ne paraît pas risquer de mettre la Planète en péril. Les poussins et les salamandres sont au même niveau en calcul, ce qui a été montré chez ces dernières en disposant au bout d'un tunnel en Y 2 ou 3... drosophiles.

L’évolution de la consommation de toxiques Des mutations confèrent à des individus des capacités nouvelles – et favorables ; ceci se fait le plus souvent de façon imprévisible et si l’on pouvait « rembobiner le film de la vie » (comme l’a dit Stephen J. Gould), on aboutirait dans la plupart des cas à un résultat tout autre. Un cas d’évolution prévisible (et en principe reproductible) vient d’être publié.
Les cardénolides (digitaline et molécules voisines) sont produits par les plantes pour se défendre des insectes phytophages. Ils agissent en empêchant le fonctionnement de la pompe à sodium, au niveau de la membrane des cellules que le sodium et le potassium traversent grâce à une enzyme, la Na,K-ATPase. C’est cet indispensable enzyme qui est rendu inopérant par le toxique.
Les cardénolides sont mortels, sauf pour quelques espèces, éloignées dans la classification, qui se repaissent impunément ces plantes. Ainsi la chenille du Monarque d’Amérique, Danaus plexippus (Lép. Nymphalidé) se nourrit-elle d’asclépiade.
Dans ce cas, on avait repéré la mutation N122H du gène de la Na,K-ATPase, qui empêche la molécule insecticide de s’y lier. L’examen de 18 espèces – Coléoptères, Lépidoptères, Diptères, Hémiptères – insensibles aux cardénolides a révélé que dans tous les cas la même mutation leur permet de consommer les plantes sécrétant des cardénolides. Chez 11 des espèces étudiées, une seconde mutation est présente, qui renforce l’effet protecteur. Elle le double, comme l’a montré l’incorporation de ces deux gènes mutés à des cellules en culture.
La pompe à sodium est un mécanisme moléculaire très ancien, présent chez les Vertébrés sous une forme très voisine. Pour la protéger, il n’y avait qu’une seule voie possible, montre ce cas d’évolution prédictible.
Travaux conduits par Susanne Dobler, spécialiste de l’évolution moléculaire à l’univeristé de Hamburg (Allemagne).
D’après « Evolution predictable for insects eating toxic plants », par Krishna Ramanujan. Lu le 24 juillet 2012 à ://phys.org/news/
PS : absent de l’étude ci-dessus, le criquet sahélien Poekilocerus bufonius hieroglyphicus (Orth. Pyrgomorphidé), bleu et jaune, s’arrange lui aussi avec les cardenolides qu’il absorbe à partir des très vénéneux Calotropis. Il en fait même une arme défensive, projetant sur l’ennemi un liquide laiteux, jusqu’à 50 cm grâce à des pores spéciaux placés sur la ligne médiane du thorax et à la base des pattes.

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9 juillet 2012

À lire sur Internet :

Abeilles : la faillite de l'évaluation des pesticides, par Stéphane Foucart. Le Monde, 9 juillet 2012.

La plus petite mouche du monde est-elle une coupeuse de têtes ? Par Pierre Barthélémy. Le Monde, 7 juillet 2012.

Un virus transmis par un acarien décimerait les abeilles. RTflash, 17 juin 2012.
[Varroa]

Recherche innovante : un blé génétiquement modifié répulsif pour les pucerons et attractif pour les auxiliaires. Club Adalia, 4 juin 2012.

Boutefeux
Les scolytes (Col. Curculionidés), petits insectes sous-corticaux, tuent les arbres en mauvaise condition, ce sont des xylophages secondaires. Ils ont durant ces dernières 15 années transformé 1 million d’hectares de forêts états-uniennes en un « laid et lugubre patchwork de gris et de brun ». Le Colorado vient de subir les pires incendies de la décennie tandis que le Nouveau Mexique se remet lentement de 2 saisons catastrophiques.
La sécheresse et les vents violents sont bien sûr impliqués mais les scolytes (indigènes) aussi. Ceux-ci sont clairement accusés de rendre les feux plus intenses mais les spécialistes se disputent. L’analyse des incendies récents montre que ceci peut être le cas – mais que c’est loin d’être la règle.
De nombreux facteurs jouent, outre la météorologie et la topographie : l’espèce de scolyte (il y en a une quinzaine dans l’Ouest), l’essence attaquée, l’état et le taux de mortalité des sujets. Les aiguilles rougies, très sèches, sont certes un très bon combustible alimentant les feux de couronne mais les études montrent qu’un peuplement dépérissant ne brûle pas mieux qu’un peuplement vert et que les squelettes d’arbres, quelques années après l’attaque des scolytes, ne sont pas un problème tant qu’ils sont debout ; tombés, il alimentent la propagation de l’incendie et entravent la progression des pompiers – mais ils se décomposent alors rapidement.
La lutte directe contre les scolytes et leurs nuisances (chutes d’arbres) est active dans les zones peuplées. Sinon, on s’efforce de remplacer les forêts pures de pin tordu et d’épicéa (alias épinette), dans les Rocheuses, par des peuplements mélangés moins sensibles.
Actuellement, les scolytes et le feu profitent tous deux de l’affaiblissement général des arbres, dû à l’intense concurrence entre les sujets, qui naît de l’absence – due aux forestiers - de feux de forêt…
D’après « Scientists sorting out beetle-fire relationship ». Dépêche AP, lue le 1er juillet 2012 à www.foxnews.com/
Microbe à bascule
Photorhabdus luminescens (Bactérie Entérobactériale) vit dans le tube digestif d’Heterorhabditis bacteriophora (Nématode Hétérorhabditidé) qui vit dans l’hémocèle de larves terricoles de Coléoptères qui meurent en moins de 2 jours. Ce qui est utilisé couramment en lutte biologique contre les ravageurs du gazon, entre autres.
La mort du ver blanc (par exemple) est provoquée par des toxines et des enzymes libérés par la bactérie, en plus d’antibiotiques destinés aux concurrentes. Le nématode s’alimente du résultat, en même temps que la bactérie ; l’un et l’autre se multiplient ; les juvéniles du premier, munis de la bactérie dans leur tube digestif, partent à la chasse au ver blanc.
Ce couple symbiotique est bien connu, le génome du nématode est décodé depuis 2003. Vishal Somvanshi (université de l’État du Michigan, Etats-Unis) et ses collaborateurs viennent de découvrir le mécanisme de la double existence de la bactérie. Celle-ci est soit quasi-dormante – c’est la forme M, chez le nématode – soit très active et proliférante – forme P, chez l’insecte. Pour passer de l’un des états à l’autre, une bascule du promoteur d’un gène. Cette bascule n’a pas de commande explicite, elle joue au hasard et ce sont les conditions de l’environnement de la bactérie – nématode ou insecte – qui font proliférer l’une ou l’autre des formes.
D’après « Worm kills insects by vomiting Hulk-like bacteria », lu le 5 juillet 2012 à //blogs.discovermagazine.com/
PS : Photorhabdus luminescens luit effectivement ; on ignore à quoi cela sert. Il peut infecter des blessures et les antibiotiques produits sont salvateurs ; il produit le « angel’s glow », lueur des anges, remarqué et apprécié par les soldats de le guerre de Sécession.

Puer des pieds pour attirer les araignées ?
Que les moustiques répondent à l’odeur humaine, ça on le savait. Mais que leurs prédateurs aussi, ça on l’ignorait. Et c’est pourtant ce qu’ont découvert deux chercheurs Néo-Zélandais et Kenyan, Fiona R. Cross et Robert R. Jackson. L’araignée sauteuse Evarcha culicivora - prédateur spécialisé dans la chasse et la capture d’Anophèles - se nourrit indirectement de sang de vertébrés. En effet d’autres études ont montré qu’elle choisit préférentiellement les moustiques gorgés de sang dont elle est très friande : elle peut en ingurgiter plus de 20 par nuit.  Seulement pour trouver sa proie, elle ne la cherche pas directement : elle préfère trainer  aux endroits privilégiés par sa victime  - les habitations humaines -  et l’attend patiemment, tapie dans l’ombre.
Les moustiques sont attirés par le CO2 et les odeurs corporelles humaines. La petite araignée sauteuse - elle -  répond positivement aux odeurs de chaussettes ayant été portées une journée entière par un homme : quand elle se trouve dans une zone où l’odeur humaine est présente, elle va s’attarder plus longtemps que si l’odeur est absente. Les deux chercheurs ont de plus montré que l’attirance pour l’odeur humaine est aussi importante chez les jeunes que chez les adultes, ce qui signifie que c’est une attirance innée. Cet exemple est une parfaite illustration de coévolution entre un prédateur et sa proie.
par Romain Calleau et Pierre-Olivier Maquart
Signalé par l'Épingle
Podophilie de 2011.

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Bonne en calculs Grâce à ses bonnes dispositions, on peut sous le microscope, en examinant ses tubes de Malpighi, la voire faire ses calculs. Ce sont des cristaux de calcaire ou d’oxalate qui, semble-t-il, ne la font pas souffrir.
La droso, encore elle, devient en plus de ses multiples compétences un modèle de choix pour l’étude et la recherche de la prévention des néphrolithiases chez l’Homme. Les derniers travaux de Julian Dow (université de Glasgow, Royaume-Uni) et de l’États-Unien Michael Romero montrent comment ces calculs se développent en fonction de l’alimentation de l’insecte. Ils ont également identifié un gène qui commande l’accumulation d’oxalate ; s’il est désactivé, la mouche produit moins de calculs.
Pourtant, notre ancêtre commun a disparu il y a 400 millions d’années. Mais Drosophila (Sophophora) melanogaster possède 70% de gènes homologues de ceux de l’entomologiste et ses 2 paires de tubes de Malpighi ont grosso modo les mêmes fonctions que les 2 reins du susdit. Elle est de plus très bon marché et facile à disséquer.  
D’après « Fruit flies get kidney stones too », communiqué de l’université de Glasgow lu le 23 mars 2012 à //medicalxpress.com/
À lire : Dow J.A., Romero M.F., 2010. Drosophila provides rapid modeling of renal development, function, and disease. Am. J. Physiol. Renal Physiol. 299(6):F1237-44.

Face à la coprodiversité mondialisée Les bousiers (Coléoptères Scarabéidés essentiellement) sont des animaux délicats. S’ils aiment les excréments en général et aussi les cadavres, quelle est leur appétence pour des crottins, fumées, bouses, fientes, merdes, laissées, moquettes, cacas, selles, brans, épreintes, fèces, sentinelles et aussi des charognes issus d’animaux allochtones ?
On a en mémoire la catastrophe provoquée par les bousiers australiens refusant de traiter les déjections des vaches importées en 1778 d’Europe.
D’où une grosse manip, dans un vaste ranch d’élevage bovin au Nébraska (États-Unis), durant deux étés (2010 et 2011), menée par Sean Whipple, chercheur à l’université.
Au ras du sol, des pots de Barber, soit des pots-pièges aux parois ingrimpables appâtés avec différentes matières d’intérêt : du rat mort et des matières produites par des mammifères de différents régimes alimentaires, des espèces locales – dont le bison et le couguar – ou exotiques – parmi elles le cob, le lion et le chimpanzé.
9 000 bousiers ont ainsi été capturés, de 15 espèces différentes. Les appâts préférés ? Les étrons d’entomologiste et de chimpanzé (omnivores) arrivent en tête, suivis du cadavre de rat (prisé par des espèces particulières). Viennent ensuite la merde de cochon (omnivore) puis les crottes de lion et de tigre (carnivores). Les bouses d’herbivores ne font pas recette, même celles du bison familier. Bref, en gros, plus ça pue, plus c’est intéressant.                                                   
D’après « Dung Beetles’ Favorite Feces Comes From Omnivores, Research Shows » par Jennifer Welsh, lu le 13 avril 2012 à www.huffingtonpost.com

Familles décomposées et recomposées
La taxinomie s’appuie désormais sur la biologie moléculaire, les caractères morphologiques et anatomiques à la base de la classification classique se révèlent dans bien des cas non fiables car ils ne caractérisent pas des groupes monophylétiques. Du réexamen des taxons admis jusque-là, il ressort que certains changent de niveau, des familles éclatent, d’autres se fondent dans une nouvelle identité.
Les usages anciens perdureront mais la rigueur entomologique impose d’utiliser la nouvelle nomenclature – qui n’est pas admise par tout le monde dans tous ses détails - et il y aura une certaine confusion…
Ainsi, les 157 424 Lépidoptères connus dans le Monde (un peu plus de 8 000 espèces en Europe) ont fait l’objet d’un travail de révision générale, coordonné part Erik von Nieukerken* et qui a mobilisé une cinquantaine de lépidoptérologistes.
Quatre sous-ordres sont établis : Zeugloptera, Aglossata, Heterobathmioidea et Glossata. Ce dernier est divisé en Dacnonympha, Acanthoctesia, Lophoconorina, Neopseustina, Hexoporia et Heteroneura.
Parmi les nouvelles familles, certaines sont des sous-familles promues ; citons, parmi celles dont on peut voir des représentants en France, les Argyresthiidés (ex-Yponomeutidés), Plutellidés (id.), Ypsolophidés (id.) et les Bedelliidés (ex-Lyonetidés). On oubliera les Crinoptérygidés fondus dans les Incurvariidés. Les Carcinidés, qu’on aurait pu confondre avec une famille de crabes homonyme, deviennent les Péléopodidés ; les Axiidés, les Cimeliidés (pour la  même raison) et les Lémoniidés, les Brahmaéidés. Les Autostichidés absorbent les ex-Holcopogonidés.
Surtout, il faudra désormais ranger dans la famille des Érébidés les ex-Lymantriidés (les « voraces » vus récemment dans Insectes) et les ex-Arctiidés (les écailles). Quant à la nouvelle famille (pour l’Europe) des Castniidés, ce n’est pas une création des taxinomistes. Elle est arrivée depuis peu en provenance d’Amérique du Sud, représentée par le « tueur de palmiers » Paysandisia archon.
* Nieukerken E. van et al., 2011. – In Z.-Q. Zhang (dir.), 2011. Animal biodiversity: An outline of higher-level classification and survey of taxonomic richness. Zootaxa, 3148.
La liste complète des familles de Lépidoptères : www.mapress.com/zootaxa/2011/f/zt03148p221.pdf
Les classifications des Lépidoptères : //fr.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera

NDLR : on peut regretter le temps des Papillons de nuit et des Papillons de jour, des Macro- et des Microlépidoptères, des Hétérocères et des Rhopalocères, voire des Monotrysiens et des Ditrysiens… comme des bien oubliés Achalinoptères et Chalinoptères (Jugates et Frénates).

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21 juin 2012

À lire sur Internet :

La culture de coton Bt favorise un service écosystémique, la régulation biologique. INRA, 14 juin 2012

Des feuilles de lumière pour filmer les débuts de la vie, par Marc Gozlan. Le Monde, 15 juin
Une nouvelle technique de microscopie permet de suivre le destin individuel des cellules au sein d'un embryon [de Mouche du vinaigre] entier,  2012.

Entomophagie radicale
Les champignons du genre Metarhizium sont bien connus comme entomopathogènes. Les insectes infectés (par contact avec des spores) apparaissent moisis et sont dits victimes de la muscardine verte. Plusieurs souches de M. anisopliae sont des agents de lutte microbiologique, employés contre les criquets, les mouches des fruits, les thrips, voire les moustiques. Ces champignons du sol vivent par ailleurs en symbiose avec des plantes auxquelles ils fournissent de l’azote. Y aurait-il un lien ?
S. W. Behie et ses collaborateurs, de la Brock University (St. Catharines, Ontario, Canada) ont infecté des chenilles de Fausse Teigne des ruches Galleria mellonella (Lép. Pyralidé) marquées à l’azote 15. Puis ils les ont enterrées sous des pieds de haricot ou de panic érigé. Avec entre chenilles et racines un grillage imperméable aux secondes mais perméable aux hyphes du champignon.
Au bout de 15 jours, les teignes étaient mortes. Dans les plantes, autour de 30% d’azote marqué. Par contre, aucune trace dans les tissus des haricots et panics ayant poussé sur des teignes pareillement marquées mais non infectées.
Ceci laisse supposer l’existence d’un cycle : l’insecte mange la plante, la plante se nourrit de l’insecte grâce au champignon entomophage : elle est insectivore… Reste à établir l’importance de ce phénomène dans la nature.
D’après « Murderous fungi feed their insect victims to plants », par Sara Reardon. Lu le 21 juin 2012 à www.newscientist.com/
La résistance, c’est dans les campagnes
Depuis au moins 6 ans, les plantes génétiquement modifiées pour tuer les insectes ravageurs sont d’un usage courant dans certaines régions. Ainsi en Chine, premier producteur mondial de coton, 90% des cotonniers sont GM dans le Nord. Ils produisent la toxine de Bacillus thuringiensis (Bt) fatale à la Noctuelle de la tomate Helicoverpa armigera (Lép. Noctuidé).
On peut s’attendre à l’apparition de populations résistantes. Mais on ménage des zones refuges où les individus résistants se croisent avec les sensibles qui n’on pas été en contact avec le Bt.
Pour la première fois, on a recherché les mutations responsables de cette résistance au Bt à la fois au laboratoire et au champ. Et la surprise vint de la présence chez les noctuelles du champ de gènes supplémentaires et qui plus est dominants. Et qui rendent inopérante la stratégie des zones refuges basée sur le caractère récessif des gènes de résistance – des populations élevées en laboratoire.
Le phénomène est moins marqué dans l’Ouest de la Chine, où l’on a moins planté de cotonniers transgéniques, qu’au Nord. Il n’est pas perçu par les cultivateurs car seulement 2% des individus sont résistants. Il doit évidemment être étudié partout où l’usage de cultivars transgéniques est commun.
Travaux de Bruce Tabashnik (université de l’Arizona, États-Unis) et d’une équipe chinoise.
D’après « Trouble on the horizon for GM crops? ». Lu le 19 juin 2012 à www.eurekalert.org/

Trouillologie
Les Mélanoples à pattes rouges Melanoplus femurrubrum (Orth. Acrididés), criquets nord-américains, sont des phytophages éclectiques. Élevés en présence d’araignées Pisaurina mira (Aran. Pisauridé), ils vivent dans l’angoisse. Même si les chélicères de ces dernières sont bloquées par de la colle. Rien que leur contact agressif les stresse. Du coup, ils consomment plus de sucres et moins de protéines. Leurs tissus comportent plus de sucres et moins d’azote que leurs congénères ayant vécu pénards. Les microbes du sol, qui vivent en dessous de leurs cadavres, sont ainsi carencés en azote et leur population chute de plus de 60% (au labo). La végétation subséquente sera affectée…
Travaux d’une équipe de Yale (États-Unis).
Insectes tranquilles, jardin fertile ?
D’après « A Terrified Insect Can Haunt Their Homeland After Death », lu le 15 juin 2012 à //staugnews.com/
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13 juin 2012

À écouter sur Internet :

Que nous apprennent les insectes sur notre système immunitaire ? France Culture, 8 mai 2012.

À lire sur Internet :

Gavé – Dans les régions polluées, les plantes carnivores perdent l’appétit. Le Monde, 13 juin 2012.

Travailler du chapeau
D’après une étude récente (The Cooper Union for the Advancement of Science and Art, New York, États-Unis), la Blatte américaine Periplaneta americana (Dict. Blattidé) est insensible aux musiques des groupes rocks Weezer et Avenged Sevenfold. En revanche, elle danse sur Marry the night et autres titres de la chanteuse Lady Gaga.
Cette dernière - Stefani Germanotta pour les entomologistes - est tombée dessus (sur l’étude) et a demandé à son équipe technique des blattes, une cage en grillage souple et une épingle à chignon. De quoi constituer une indécoiffable coiffure décoiffante à base de P. americana gigotant en cadence.
D’après une foule de sites Internet lus  le 12  juin 2012.
Une brève vidéo
NDLR : ce serait un infâme trucage ; on n’imagine donc pas que des résistances chauffantes, alimentées en rythme avec la musique, donnent du cœur à l’ouvrage et le sens du spectacle collectif aux cafards.

À l’attention des suivants
On sait – depuis quelques années seulement – que l’attaque d’un insecte souterrain d’une plante influe sur les ravageurs de ses parties aériennes. Sa rhizosphère (notamment les champignons et bactéries) est modifiée et elle sécrète des substances particulières en réaction à l’agression. Cette sorte de message est valide combien de temps ?
Olga Kostenko et son équipe de  l’institut néérlandais d’Écologie (à Wageningen) ont monté la manip suivante, sous serre, avec bien sûr des témoins.
1ère étape : des plants de séneçon de Jacob (Astéracée) ont été offerts à des vers fil de fer (larves du Taupin Agriotes lineatus, Col. Élatéridé) ou à des chenilles de Noctuelle du chou Mamestra brassicae  (Lép.  Noctuidé) Puis la microflore du sol a été analysée. 2e étape : dans les mêmes pots, on a replanté des séneçons, qu’on a proposés à des chenilles de M. brassicae, elles-mêmes disposées à nourrir en leur sein des Microplitis mediator (Hym. Braconidé).
L’effet « mémoire du sol » est net : sont affectés la teneur en alcaloïdes pyrrolizidiniques et la masse du végétal ainsi que ses hôtes. Le « souvenir du taupin » réduit les performances de croissance des chenilles – d’où émergent des parasitoïdes plus petits - tandis que le « souvenir de noctuelle » les améliore et augmente le taux de parasitisme.
Tout porte à croire que le message laissé par les phytophages et qui sera lu par la génération suivante est conservé et transmis par les champignons de la rhizosphère.
Les interactions entre consommateurs directs et indirects, épigés et hypogés, d’une plante – déjà bien complexes - sont donc à considérer bien au-delà de leur présence concomitante.
Article source : Kostenko O., et al. (2012). Legacy effects of aboveground–belowground interactions.
En ligne.
 
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6 juin 2012

À lire sur Internet :

Bataille sous serre. Le Monde, 4 juin 2012.
[Lutte bio municipale]

Panique en Inde pour des araignées géantes... de 3,5 centimètres, par Julien Bouissou . Le Monde, 6 juin 2012.

De l’embryon de 2h ½ à l’asticot, 20 heures plus tard, chez la Mouche du vinaigre. Vidéo.

Une espèce d'abeille qu'on pensait disparue ressurgit à Tihange. RTLinfo.be, 5 juin 2012.
[Abeille noire, Melecta luctuosa, Hym. Apidé. Coucou, parasite d’Anthophora aestivalis (Hym. Anthophoridé)]

Mort des abeilles : la moitié des colonies d'abeilles ont péri cet hiver. Romandie.com, 23 mai 2012.
[Varroa destructor, acarien]

L’éclairage public menacerait la biodiversité. Ouest-France, 22 mai 2012.

Parapluie acrobatique
Vous êtes un moucheron sous l’averse. La goutte d’eau qui s’abat pèse le poids d’un autobus pour un entomologiste humain. Pourtant, vous n’en avez cure.
David Hu et son équipe ont étudié la chose à l’institut de Technologie de Géorgie (Etats-Unis), munis d’une caméra ultra-rapide (prenant 4 000 vues par seconde), d’un arrosoir et d’Anophèles (Dip. Culicidés).
Lorsque le moustique reçoit, même entre les 2 ailes, une masse d’eau de 25 fois la sienne, il est poussé par la goutte (qui n’éclate pas), écarte les pattes, se remet d’aplomb un peu plus loin et reprend son vol. Même pas mouillé, grâce aux soies hydrofuges qui recouvrent son corps.
Toutefois, attention. En cas de pluie, le vol en rase-mottes est dangereux : vous risquez d’être précipité au sol.
L’intérêt de cette recherche ? Il s’agit d’entomologie appliquée à la guerre et au renseignement ; on veut savoir comment résisteront les microdrones, machines volantes miniatures  copiées sur des insectes.
D’après « Mosquito Rain VIDEO: How Bloodsuckers Stay Aloft After Water Drop Collision », par Eric R. Olson. Lu le 6 juin 2012 à www.huffingtonpost.com/

Espèce en voie d’apparition
Ripipteryx mopana (Orth. Ripiptérigydé) est un Criquet pygmée (Tridactylidea). La famille (2 genres) vit en Amérique du Sud. Lui, a été découvert au Belize, sur le territoire des Indiens Mopan. D’où son nom d’espèce.
S. W. Heads et S. J. Taylor (Illinois Natural History Survey, États-Unis) ont créé cette nouvelle espèce à partir d’un unique spécimen. Ce qui ne se fait pas en général. Ils espèrent que la publicité faite à leur trouvaille entraînera l’observation d’autres individus. R. mopana  est petit (5 mm) mais coloré, avec du noir, du blanc et de l’orange.
D’après « A tiny relative of the grasshopper has been identified from a single specimen in remote Belize », par Quentin Wheeler. Lu le 3 juin 2012 à www.guardian.co.uk/
Photo de l'unique R. mopana

L’oiseau et la libellule
Les insectes très gros volent lentement et sont peu manœuvrants. Dans cette dernière catégorie, les libellules de 70 cm d’envergure. Et elles ont disparu – cela fait 150 millions d’années – capturées et dévorées par des oiseaux plus agiles.
Examinant une base de données rassemblant les envergures de 10 500 fossiles, représentants de la faune entomologique durant 320 millions d’années, Matthew Clapham et Jerred Kar (université de Californie à Santa Cruz) ont observé que les insectes ont été grands (bénéficiant d’un meilleur rendement énergétique) dans les périodes très oxygénées, petits sinon. Ces variations conjointes se sont arrêtées il y a 150 000 millions d’années, au Jurassique ; les insectes sont restés petits – comme on les connaît - quelque soit la teneur en oxygène de l’air, qui a continué à osciller.
En cause, les oiseaux, qui sont apparus à cette époque. Ils ont mangé les libellules géantes ou on été plus efficaces pour attraper les petits insectes, les privant de leur provende. À noter que les Ptérosaures, reptiles volants, n’ont pas eu cet effet sur la gent insecte et que, plus tard, les chauves-souris la rapetisseront (un peu).
Actuellement, d’après ces auteurs, la teneur de l’air en oxygène est tout à fait compatible avec des libellules 3 fois plus grandes que celles que l’on observe.
D’après « Giant Bugs Eaten Out of Existence by First Birds?», par Ker Than. Lu le 4 juin 2012 à //news.nationalgeographic.com/
NDLR : Qui s’acharne à posséder l’insecte homologué record d’envergure n’a qu’à s’en prendre aux oiseaux. Ou poursuivre la manip décrite sous
Le cafard et l’air du temps, Épingle de 2010. Ceci dit, on gagne de la place dans les collections.

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21 mai 2012

À lire sur Internet :

Orgyie de pudibonderie, par Homeric. Libération, 18 mai 2012.
[Elkneria pudibunda, Lép. Lymantriidé]
à (re)lire Les Lymantriidés, par Alain Fraval. Insectes n° 162 (bientôt en ligne).

Le séquençage du génome du papillon Heliconius bouleverse les théories sur le mimétisme.  CNRS, 15 mai 2012.
" [...]  la ressemblance mimétique est rendue possible grâce à l'échange des gènes de la couleur entre espèces différentes. Jusqu'à présent, les hybridations entre espèces voisines étaient vues comme néfastes, car produisant des descendants généralement moins compétitifs et peu performants. En réalité, elles permettent aussi le transfert de gènes offrant un avantage sélectif, ici la marque colorée de la toxicité de ces papillons pour leurs prédateurs. "
Travail d'une équipe CNRS-INRA.
[Heliconius melpomene, Lép. Nymphalidé]
À (re)lire : Les Heliconius, un modèle d’excellence pour l’étude de la spéciation écologique, par Benoît Gilles. Insectes n° 156 (2010-1).

Quand des fourmis nourrissent une plante carnivore, par Pierre Barthélémy. Le Monde, 16 mai 2012.
[Camponotus schmitzi  (Hym. Formicidé) / Nepenthes bicalcarata]

Le plus ancien pollinisateur découvert. Le Monde, 16 mai 2012.
[Gymnospollisthrips major et G. minor, Thysanoptères]

Chez l'araignée d'eau, la guerre des sexes passe par les antennes, par Stéphane Foucart. Le Monde, 5 mai 2012.
[Rheumatodes rileyi, Hém.  Gerridé]
Image des antennes
Comportement précopulatoire en vidéo

Fracture du tibia ?
C’est quasi impossible. Il faut le faire exprès, empoigner des outils bien plus gros que la patte, appuyer avec un vérin… C’est ce qu’on fait, dans leur labo du Trinity College à Dublin (Irlande), Jan-Henning Dirks et David Taylor, spécialistes de résistance des matériaux. Le tibia n’éclate en morceaux que si on lui applique la force de 5,56 kJ/m2. L’entailler un peu ne diminue guère l’effort nécessaire. C’est aussi résistant que de la corne (kératine) ou du bois de cerf (os), plus que de la fonte.
Et ce n’est que du tibia de Criquet pèlerin (Schistocerca gregaria, Orth. Acrididé), fait de simple chitine (hydrate de carbone sans minéral associé). Qui sert à l’insecte à sauter et à ruer – sans pratiquement jamais se fracturer.
Qui va servir aux chercheurs à inventer de nouveaux matériaux, quand on connaîtra mieux la chitine de tibia de criquet.
D’après notamment « Researchers establish how super strong insect legs are », lu le 18 mai 2012 à //phys.org/news/
Article source 

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4 mai 2012

À lire sur Internet :

Le combat de la Californie contre la bactérie qui détruit ses agrumes, par Claudine Mulard.  Le Monde, 30 avril 2012.
À (re)lire : Le Psylle asiatique des agrumes et la maladie du Dragon jaune, par Alain Fraval. Insectes n° 150 (2008-3).

La tendance actuelle des insectes dans la mode, par D.M. Fashions Addict. 30 avril 2012.

Les promesses non tenues du coton OGM en Inde, par Julien Bouissou. Le Monde, 26 avril 2012.

Des puces géantes à l’assaut des dinosaures. MaxiSciences, 1er mars 2012.

À noter :

Biohistoire des papillons, sous la direction de  Christian Perrein. Presses universitaires de rennes. En souscription jusqu’au 31 mai 2012.

Épreuves olympiques
Elles vont s’abattre sur Londres et sa région cet été. Les millions de spectateurs seront pris de démangeaisons atroces, de vomissements et de crises d’asthme. Un vénérable journal du matin lance l'alerte.
Responsable de cette catastrophe annoncée, une horde d’envahisseurs arrivés en 2006 de Hollande, combattus avec toutes les forces disponibles mais renaissant chaque année et gagnant du terrain, désormais acclimatés et comme chez-eux dans le Grand Londres.
« Oak processionnary » en langue locale, on connaît internationalement cette terreur comme Thaumetopoea processionnea, alias la Processionnaire du chêne. Ce Lépidoptère Notodontidé (jusqu’à peu Thaumetopoéidé) passe l’hiver à l’état d’œuf, le printemps sous forme de chenilles grégaires rassemblées dans un nid soyeux le jour et partant en procession dévorer les feuilles des chênes la nuit. L’été approchant, la chrysalidation se fait dans un nid plus gros et plus solide, elle dure 2 semaines. Les papillons (nocturnes) volent brièvement…
Les chenilles sont effectivement urticantes, leurs dépouilles (dans les nids) aussi.
D’après « Poisonous caterpillars could bring misery to millions of Olympic spectators ». Lu le 1er mai 2012 à www.telegraph.co.uk/earth/environment/
À (re)lire :
La Processionnaire du chêne, par Alain Fraval, Insectes n° 148 (2008-1).

NDLR 1 : la chrysalidation est prévue fin juin, début juillet au plus tard ; la cérémonie d’ouverture le 27 juillet 2012...
NDLR 2 : une batterie de missiles sol-air est installée sur un château d’eau en vue du site olympique.

Auxiliaires de la résistance
Des bactéries du genre Burkholderia (autrefois Pseudomonas) sont connues et étudiées pour leur capacité à dégrader certaines matières actives insecticides ainsi que les PCB (B. xenovorans) ce qui en fait des nettoyeuses potentielles de sols pollués.
Dans les champs, en Extrême Orient, elles « digèrent » ainsi le fenitrothion, un insecticide organo-phosphoré très employé. On a vérifié expérimentalement que dans une population exposée régulièrement, la plupart des bactéries deviennent très rapidement capables d’utiliser l’insecticide comme nourriture.
Mais, au champ, certaines souches ont évolué et acquis la propriété d’établir une symbiose avec Riptortus pedestris  (Hém. Alydidé), ravageur du soja. La larve de la punaise s’infecte au contact du sol et la bactérie se retrouve dans son tube digestif. Deux avantages : une longévité et une taille accrues et une résistance au fenitrothion – acquise avec une rapidité hors norme. Celle-ci est transmise à la larve nouveau-née et la bactérie peut se développer hors du milieu externe à l’insecte.
Dans une île où la canne à sucre est traitée intensivement au fenitrothion, effectivement, les bactéries s’en nourrissent et les punaises y sont résistantes. Heureusement, là où ces traitements sont occasionnels, rien ne se passe.
D’après «Bugs pick up pesticide resistance from pesticide-eating bacteria », par John Timmer. Lu le 26 avril 2012 à //arstechnica.com/science/news/
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25 avril 2012

À noter :

Prise de bec chez les insectes. Journées portes ouvertes de l'OPIE. Dimanche 13 mai, de 10 h à 17 h. L'affiche
L'OPIE recrute un(e) entomologiste. La fiche.

À lire sur Internet :

La mouche tsé-tsé, redoutable mère allaitante,  par Hervé Morin. Le Monde, 21 avril 2012-04-21
[Glossina spp., Dip. Glossinidés]
À (re)lire : La Tsé-tsé… une mouche singulière et dangereuse, par Stéphane de La Rocque et Dominique Cuisance. Insectes n° 136 (2005-1) .

Les insectes sont capables d'élaborer des concepts abstraits. CNRS, 21 avril 2012.
" Le cerveau des insectes est capable de fabriquer et de manipuler des concepts(1) abstraits. Il peut même utiliser simultanément deux concepts différents afin de prendre une décision face à une situation nouvelle. "

Royaume-Uni : des populations de papillons rares en augmentation. MaxiSciences, 23 avril 2012

France : 16 espèces de papillons menacées. MaxiSciences, 24 avril 2012

E120, Hém. Dactylopiidé
Dactylopius coccus est la Cochenille du Mexique. On l’élève en grand sur le cactus nopal pour en extraire le carmin, alias E120, qui colore en rouge pâtisseries et boissons et remplace dans cet usage des dérivés de l’aniline.
Les consommateurs que la présence de ce colorant naturel et sain mais entomologique indisposeraient sont prévenus par l’étiquette du produit (voir l’Épingle «
Étiquetage des cochenille » de 2011).
Cela ne suffit pas et une pétition de végétariens et de végétaliens indignés, partie de Caroline du Sud, vient d’obliger Starbucks – grande multinationale de cafés - à le retirer des ses « Frappucino fraise à la crème » et autres spécialités servies aux États-Unis.
Les végétaliens s’interdisent d’avaler la moindre parcelle de chair animale ni la moindre trace de produit issu d’un animal – du lait à la gélatine.
Or l’insecte, pour ne citer que cet éminent représentant du règne animal, est partout. Sous forme notamment de fragments incorporés à la farine, au chocolat et en général à tous les végétaux comestibles broyés. De cette façon, tout un chacun, quelque soit son observance alimentaire, en consomme plus d’un demi-kilo par an.
D’après « Starbucks renonce à son colorant à base d'insectes », lu le 25 avril 2012 à http://www.ladepeche.fr/
À (re)lire la Brève du Courrier de l’environnement « Entomophagie ordinaire » de 2004.

Nécrophagie assistée
Il était répandu et actif – grand nettoyeur de la nature - en Amérique du Nord. Les parents (les deux !) nourrissaient les jeunes… Il a disparu presque partout à la suite de la mise en valeur agricole de ses habitats, qui a provoqué la raréfaction des oiseaux de petite et moyenne taille qui faisaient, sous forme de leurs cadavres, son ordinaire (selon une hypothèse sérieuse).
Le Nécrophore américain, Nicrophorus americanus (Col. Silphidé), s’est ainsi retrouvé le premier insecte sur la liste des espèces en danger d’extinction. Il en reste 5 populations, loin les unes des autres et petites. Dans le Missouri, on n’en a plus vu depuis les années 1970. Un élevage est maintenu au zoo de Saint-Louis depuis 2005.
3 ou 4 centaines de ces pensionnaires vont être lâchés ce printemps dans un espace protégé de quelque 1 000 ha, avec l’espoir qu’ils fassent souche et engendrent un millier de pionniers. Avec la crainte que cette réintroduction n’ait que des effets insignifiants, car le paysage agricole reste ce qu’il est…
D’après « St. Louis Zoo to reintroduce the endangered American burying beetle », par Diane Toraoian Keaggy, lu le 24 avril 2012 à www.stltoday.com/
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19 avril 2012

À lire sur Internet :
  
Les préférences sexuelles des mouches à l'étude. La Tribune de Genève, 13 avril 2012.
[Les femelles européennes de Sepsis punctum (Dip. Sepsidé) préfèrent les grands mâles. Elle sont ainsi à la base d'une sélection qui provoque un phénomène rare chez les insectes, à savoir des femelles de petite taille et des mâles de grande taille.]

Certaines plantes imitent le parfum d’insectes pollinisateurs. MaxiSciences 7 avril 2012
"Publiant leurs travaux dans l’International Journal of Organic Evolution, des chercheurs suisses ont découvert qu’au fil de l’évolution, les plantes Araceae ont adopté un parfum identique à celui utilisé par certains coléoptères pour communiquer chimiquement entre eux, afin d’attirer ces insectes pollinisateurs."

La « vaccination sociale » chez les fourmis. MaxiSciences, 7 avril 2012
[…] au sein d’une fourmilière, tous les individus s’empressent de « partager » les faibles quantités d’agent pathogène venant d’infecter l’un des membres de la colonie, s’immunisant ainsi collectivement via un « effet vaccin ». 
[Lasius neglectus (Hym. Formicidé) / Metarhizium anisopliae]

L’Arpenteuse de l’insecticide
C’était, en Inde comme ailleurs, une chenille, discrète, autant sur le terrain que dans la biblio et pareil sur Internet. En 2009-2010, elle s’est mise à pulluler et a attiré l’attention des habitants et des entomologistes. Les premiers craignent qu’elle n’engloutisse la « pharmacie du village », les seconds s’étonnent de son grand et durable appétit pour un feuillage que même les criquets affamés ne touchent pas.
Cleora coronaria (Lép. Géométridé) s’attaque en effet en masse à l’acacia d’Égypte (ou arbre à chapelets) Melia azadirachta (Méliacée, neem en anglais d’Inde), un grand arbre pourvoyeur d’une foule de choses utiles (pharmacie,  parapharmacie et phytopharmacie, en plus d’un légume) et source de 200 composés d’intérêt. Les chenilles grignotent « frénétiquement » les feuilles par le bord et y découpent des échancrures semi-circulaires. Au bout de 5 jours, elles descendent se nymphoser dans le sol ; les papillons – ailés chez les 2 sexes - éclosent très vite, la femelle pond 500 œufs vert vif. Le cycle dure un peu plus d’une semaine.
Les défoliations se sont répétées dans plusieurs endroits de l’Uttar-Pradesh (Inde) et l’on craint que ce ravageur émergeant ne mette en péril cet « arbre miraculeux », effectivement une ressource végétale très importante. Ce nouveau statut acquis par cette espèce est à rapprocher des dégâts signalés par d’autres Cleora dans des mangroves, sur le théier et le teck.
Article source : Geentanjali Mishra, Omkar, 2012. Neem, the wonder tree, under attack: a new major pest. Current Science, 102(7).
PS : le lilas des Indes, effectivement insecticide anti-appétant, peut nourrir quelques insectes. S’y attaquent notamment les cochenilles Pulvinaria maxima (Hém. Coccidé)
et Aspidiotus orientalis (Hém. Diaspididé), la Punaise du thé Helopeltis theivora (Hém. Miridé) et la chenille d’Ascostis (Boarmia) selenaria (Lép. Géométridé).

Post mortem
Dans l’International Buisness Times, Roxanne Palmer fait le point sur une des questions fondamentales que la science, en dépit des moyens énormes qu’on met à disposition des savants, demeure incapable de trancher et c’est angoissant.
La science est en l’occurrence l’entomologie et donc les moyens sont relativement dérisoires, certes. Mais pourquoi – telle est la question – les insectes meurent ils en croisant les pattes ?
En première hypothèse, Brian Farrell (université d’Harvard) invoque la la rigor mortis. Une transformation chimique bande les muscles.
Cole Gilbert (de Cornell) approfondit le sujet : les muscles fléchisseurs des pattes sont toujours (à l’exception de ceux de la patte postérieure de la sauterelle) plus forts que les extenseurs et la rigor mortis fait plier la patte. Un cadavre d’insecte, ça sèche vite et on le retrouve pattes croisées, fixé ainsi pour une brève éternité.
Cette hypothèse est insuffisante, assure Jeffrey Shultz (université du Maryland), qui fait intervenir le comportement de la membrane arthrodiale. À l’endroit d’une articulation, la cuticule est fine et exceptionnellement souple, qualité qu’elle tient d’une forte teneur en eau. Cette dernière s’évapore à la mort et l’articulation se rétracte.
J. Schultz – qui n’a probablement pas les moyens d’aller plus loin - propose une expérience qu’il imagine décisive pour évaluer le rôle de cette eau cuticulaire. Il suggère ainsi d’observer des insectes noyés.
D’après « Why Do Insects Cross Their Legs When They Die? », lu le 5 avril 2012 à www.ibtimes.com/

Bêtes de cirque !
Ainsi apostrophe-t-on les habitants perpétuels des labos quand on se rend compte que du fait de leur vie, génération après génération, dans des conditions artificielles modifie quelque peu leurs réactions.
La Mouche du vinaigre, observée génération d’entomologiste après génération de généticien, vit (in vitro) sa vie de drosophile selon un rythme circadien immuable : elle s’active le matin et le soir – juste avant qu’on allume ou éteigne la lumière du labo. Entre temps, elle fait une longue sieste. Des gènes, mis en évidence chez elle, gouvernent cet emploi du temps ; ils ont été retrouvés ensuite chez les vertébrés. L’horloge interne permet de synchroniser la physiologie, le métabolisme et le comportement des êtres vivants (eucaryotes) à l’alternance du jour et de la nuit.
Mais en observant des mouches en plein air, où elles reçoivent d’autres informations liées au nycthémère, on a eu la surprise de mettre en évidence que l’activité matinale n’est pas déclenchée par l’horloge biologique mais par la légère augmentation de température qui précède le lever du soleil. En fait, horloge et stimuli externes concourent ensemble à régler la vie de la droso. Ceci d’une façon qu’on peut préciser en comparant les faits et gestes de deux souches de mutants, avec respectivement la version « cycle court » perS et la version « cycle long » perL d’un gène horloge.
Les auteurs de l’étude travaillent maintenant à reproduire les résultats en conditions artificielles. En tous cas, on se méfiera des conclusions de manips faites sur le comportement des mouches de paillasse.
D’après « Surprise! Fruit Fly Circadian Rhythms Are Different in Nature Than in the Lab ». Lu le 9 avril 2012 à //blogs.discovermagazine.com/
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Se décider sur un coup de tête
Ce qui se passe chez les ouvrières jetant leur dévolu sur un nouveau site ressemble à ce qui est en œuvre dans notre crâne quand nous prenons une décision : les abeilles agissent et interagissent à l’image des neurones de notre cerveau. C’est ce que vient de montrer une équipe anglo-états-unienne d’entomologistes apidologues, de neurologues et de mathématiciens.
Dans l’essaim, au moment d’emménager toutes ensemble dans un abri convenable, la décision est prise, selon ce qu’on a admis jusque-là, sur la base du plus grand nombre de rapports « pour » – explicités par leurs danses – par les éclaireuses qui ont visité plusieurs lieux. Cela suffit-il à éviter une indécision fatale ? Les éclaireuses de retour ne font pas que frétiller, elles donnent des coups de tête sur le thorax et la tête de leurs consœurs, qui suspendent alors leur propre démonstration.
Une expérience toute récente a permis de mieux comprendre les choses. Dans une île (celle d’Appledore, Maine, États-Unis) dépourvue de tout abri, un essaim d’Abeilles domestiques (Apis mellifica) est débarqué, auquel il est offert le choix entre deux boîtes identiques. Les éclaireuses partent et reviennent rendre compte (danser et cogner) au milieu de leurs congénères. Elles sont marquées de rose ou de jaune, selon la boîte visitée. Au niveau de l’essaim en bivouac, durant les roses se prennent des coups de tête de la part des jaunes et réciproquement. Les partisanes de chaque site donnent un coup d’arrêt aux partisanes de l’autre. Puis ces manœuvres cessent, la recherche s’arrête et la décision est mise en œuvre, quant toutes sont rentrées.
C’est par la modélisation mathématique qu’on peut affirmer que ces pratiques d’inhibition croisée entre éclaireuses – des comportements simples - permettent d’arriver rapidement et sûrement à une décision consensuelle cruciale : l’essaim tout entier va s’installer dans le meilleur site. De même que d’une population de neurones stimulée diversement émerge une réaction unique, rapidement, par le jeu de blocages mutuels.
Les abeilles ont très probablement transféré cette façon de décider du lieu d’installation de la colonie de leur pratique d’optimisation du butinage et de prévention des dangers. Leurs réponses à des comportements excitateurs (frétillements) et inhibiteurs (coups de tête) sont sans doute modulées par des signaux odorants et leur environnement est dans tous les cas plus complexe que ces deux boîtes. Un joli sujet de recherche à poursuivre, entre éthologie et neurosciences.
D’après, notamment, « How Honeybees Break a Decision-Making Deadlock », par Jeremy E. Niven. Lu le 7 décembre 2011 à /www.sciencemag.org

Art en insectes
L’insecte, non content de servir de sujet ou d’inspirer les peintres, les décorateurs, les créateurs de créatures maléfiques… paye de sa personne et fait de son corps la matière de bijoux, d’installations, de sculptures, de tableaux.
Merci (et pardon) aux richards (buprestes), aux longicornes, aux charançons géants et brillants et surtout aux papillons.
Les ailes colorées, dessinées, ocellées, mordorées mais pas trop écaillées de ces derniers constituent un matériau inépuisable pour le plasticien adepte. Elles servent très rarement aux créations en relief, leur spécialité est le tableau plat. 
Faisant fi des travaux de Dubuffet et Bettencourt (dans les années 1950), notamment, écartant les productions des zones intertropicales et prisées des touristes, ignorant les pas si rares « travaux de dames », Vadim Zaritski se présente comme tenant d’un genre artistique totalement inédit. Et qui n’a pas encore de suiveur dans l’art contemporain.
En ailes de papillons donc, il a commis des portraits (de Ziouganov, Mironov, Jirinovski, Hugo Chavez…) des paysages et des natures mortes de différents formats ; il aussi fait des copies de tableaux de maître célèbres. Où trouve-t-il à se fournir ? Interrogé par La Russie d'Aujourd'hui, l’artiste-entomologiste livre que : « Ceux qui collectionnent les papillons savent qu’il reste souvent du résidu inutile, les ailes, que les collectionneurs considèrent comme des déchets ».
Aux « dames trop sensibles » qui lui reprochent sa cruauté envers les papillons, il cite son compatriote le « célèbre entomologiste »Vladimir Mourzine : « Les insectes sont un trait d’union nutritif entre les plantes et les animaux. Ils sont prévus par la nature pour être consommés par d’autres espèces. »
Désormais en retraite, l’ancien lieutenant colonel (marine et police) crée ad libitum.
D’après « Portraits-papillons », par Valentin Baïoukanski. lu le 31 janvier 2012 à //larussiedaujourdhui.fr/

Pilulier tourneur
La ligne droite est le trajet le plus efficace pour s’éloigner vite d’une bouse. C’est le théorème qu’applique le pilulier (scarabée corprophage) avec sa boulette, soucieux de ne pas se la faire ravir par ses congénères et d’aller l’enterrer. Il se guide principalement sur le plan de polarisation de la lumière du soleil, voire dans le cas de Scarabaeus zambesianus (Col. Scarabéidé) d’Afrique australe sur celle de la lune.
Mais on le voit s’arrêter, grimper sur sa boulette et tournicoter avant de redescendre et de poursuivre son chemin, dans la même direction exactement. À quoi sert cette danse ?
Faisant l’analogie avec le comportement de fourmis qui s’arrêtent, oscillent à droite et à gauche et reprennent leur cap, des chercheurs suédois et sud-africains ont voulu vérifier l’hypothèse d’une danse de réorientation.
Ils ont examiné sur le terrain – en Afrique du Sud – des individus de Scarabaeus (Kheper) nigroaeneus. Celui-ci entreprend de tourner sur lui-même au départ, juché sur sa boulette toute neuve ; il recommence en chemin, chaque fois qu’il a été dérangé ou a rencontré un obstacle. Nos entomologistes ont ensuite perturbé le trajet du pilulier de différentes façons, en interposant une marche ou un tunnel (droit, courbe, obstrué…), en cachant le soleil ou en le « déplaçant » avec un miroir.
Leur conclusion est que la danse initiale sert à déterminer une direction, calée sur des repères célestes qu’il met alors en mémoire, et que les suivantes ont pour fonction de reprendre ses repères pour que le trajet se poursuive tout droit, sans dévier du plan initial. Tournicoter au sommet de la boulette a pour avantages de dégager la vue en terrain herbu et de garder un œil sur les pillards.
Ce comportement est tout à fait original. S’il se rapproche de celui d’autres insectes naviguant au compas et effectuant des mouvements de « danse » pour se recaler comme les fourmis (cap magnétique en l’occurrence), contrairement à eux, il ne garantit pas l’atteinte d’un but (le nid des fourmis) mais la dispersion optimale à partir d’une ressource localisée.
D’après « The Dung Beetle Dance: An Orientation Behaviour?  », par Emily Baird et al., PlosOne 7(1): e30211. doi:10.1371/journal.pone.0030211
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29 mars 2012

À lire sur Internet :

Les abeilles désorientées par une faible dose d’insecticide. Communiqué INRA - ACTA - ITSAP-Institut de l'abeille - CNRS
Pour la première fois, on a mis en évidence le rôle d’un insecticide dans le déclin des abeilles, non pas par toxicité directe mais en perturbant leur orientation et leur capacité à retrouver la ruche. Grâce à des micropuces RFID collées sur plus de 650 abeilles, on a pu constater l’importance du non-retour à leur ruche des butineuses préalablement nourries en laboratoire avec une solution sucrée contenant de très faibles doses d’un insecticide de la famille des « néonicotinoïdes », le thiaméthoxam, utilisé pour la protection des cultures contre certains ravageurs, notamment par enrobage des semences. Une simulation basée sur ces résultats laisse penser que l’impact de l’insecticide sur les colonies pourrait être significatif.

Des insectes au menu... Sciences au Sud, mars 2012
« Les insectes valent-ils le beefsteak ? La question se pose sérieusement, tandis que la consommation mondiale de viande explose, au gré de la croissance démographique et de l’évolution des habitudes alimentaires. Des instances internationales, comme la FAO et l’UE, encouragent d’ailleurs les recherches en vue de valoriser cette source de protéines à haut rendement, directement comme aliment ou indirectement comme élément de fourrage pour l’élevage conventionnel ou l’aquaculture. Mais pour de nombreux peuples sur terre, en Afrique notamment, la consommation d’insectes ne fait pas débat, elle est courante. »

Alerte au moustique vecteur du chikungunya en métropole, par Marielle Court. Le Figaro, 26 mars 2012.
[Moustique tigré, Aedes albopictus, Dip. Culicidé]
À (re)lire : Le Moustique tigré - ses œufs dans des pneus, par Alain Fraval. Insectes n° 159 (2010-4).

À consulter :

Encyclop'Aphid, par l'équipe Écologie et Génétique des insectes de l'UMR IGEPP du centre INRA de Rennes.
Accueil, Qu'est-ce qu'un puceron ?, Pucerons et milieu, Pucerons et agriculture, Pucerons et recherche, Espèces, Glossaire.
À (re)lire) : Les Pucerons, par Alain Fraval.  Insectes141 et n° 142.

L’après-pétrole
En avril 2010, l’accident de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon provoque une marée noire sur les côtes de la Louisiane. Deux ans après, quel est l’impact sur l’entomofaune des marais salés ?
D’un côté, Steven Pennings et Britany McCall, de l’université de Houston, dès que le puits est colmaté (août 2010), dressent des inventaires des insectes et araignées au moyen d’un aspirateur, dans des zones préservées et dans des zones mazoutées. L’inventaire est refait un an plus tard ; les captures sont dénombrées par groupes (foreurs, opophages, saprophages…).
D’un autre, Linda Hopper-Dui (université de Louisiane) poursuit ses échantillonnages mensuels sur des sites étudiés depuis 2009 ; elle utilise à la fois l’aspirateur et le filet ; de plus, elle dissèque les tiges de la spartine alterniforme, une sorte de chiendent halophile qui peuple ces zones.
La première équipe constate que l’entomofaune est grosso modo restaurée. La seconde entomologiste pointe que les populations de certaines espèces ont subi des dommages durables. Parmi les victimes, outre les grosses araignées, les fourmis qui nidifient dans les tiges creuses : leurs colonies sont toujours rares et très dispersées.
À suivre, donc.
D’après « Studies look at oil spill's effect on insects », par Janet McConnaughey. Lu le 22 mars 2012 à www.houmatoday.com/

Le parfum de la désillusion
Les choses sont bien faites, au grand dam des agrumiculteurs, pour Candidatus Liberibacter asiaticus – dit « Las ». Les pieds de citrus que cette bactérie infeste, en provoquant la maladie du Dragon jaune, alias le greening, émettent une odeur qui attire son insecte vecteur.
Le vecteur est le Psylle asiatique des Agrumes, Diaphorina citri (Hém. Psyllidé), connu des lecteurs d’
Insectes (n° 150, 2008-3). Qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit, qu’il soit porteur ou non de l’agent pathogène, ce psylle se pose de préférence sur les sujets malades. Il est y est attiré par le salicylate de méthyle.
Mais un pied d’oranger malade est gravement carencé et le psylle, après un bref repas – suffisant pour acquérir la bactérie -, s’envole vite vers des arbres sains, dont il ponctionnera plus longuement les feuilles et auquel il inoculera le Las.
Par ailleurs, en l’absence de la bactérie, la piqûre des psylles (sains) déclenche l’émission de salicylate de méthyle. L’odeur avertit les psylles du voisinage de la présence d’une source de nourriture et les invite au repas.
L’agrume est donc manipulé par la bactérie pour qu’il en favorise la vection et l’installation – fatales pour lui…
Peut-on envisager de se servir de ce mécanisme d’attraction « déceptive » ? Deux voies : l’emploi du salicylate de méthyle pour appâter des pièges servant au suivi des vols du vecteur et la diffusion de ce produit (c’est l’essence de Wintergreen des industriels) dans les vergers pour désorienter les insectes – une nouvelle forme de lutte par confusion.
D’après « Citrus greening bacterium may 'ring the dinner bell' to attract insect », par Tom Nordlie. Lu le 23 mars 2012 à www.physorg.com/news/
Article source : Mann R.S. et al., 2012. Induced Release of a Plant-Defense Volatile ‘Deceptively’ Attracts Insect Vectors to Plants Infected with a Bacterial Pathogen. PLoS Pathog 8(3): e1002610. doi:10.1371/journal.ppat.1002610

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21 mars 2012

À lire sur Internet :

Le maïs transgénique MON810 toxique pour une coccinelle, Par Marc Mennessier. Le Figaro, 19 mars 2012.
« Une étude menée en laboratoire montre les effets délétères du maïs transgénique MON 810 sur les larves d'une espèce de coccinelle. Mais il est peu probable que l'insecte soit exposé à la toxine dans les conditions naturelles. »

Les redoutables neurones des abeilles tueuses de frelons, par Quentin Mauguit. Futura-Sciences, 17 mars 2012
" Les abeilles japonaises ont une arme redoutable contre les frelons géants japonais. Elles les font littéralement cuire en s’agglutinant dessus. Une cartographie des zones du cerveau impliquées dans ce comportement révèlent que les abeilles savent chauffer l’intrus à point sans pour autant se brûler grâce à des neurones du corps pédonculé. "
[ Vespa mandarinia japonica, Hym. Vespidé]

Phéromone, l'arme de séduction du vieux beau " Bicyclus anynana ", par Vahé Ter Minassian. Le Monde, 16 mars 2012.
L'odeur des papillons mâles de l'espèce " Bicyclus anynana " varie en fonction de l'âge.
[Lép. Satyridé]

Immobilier : le diagnostic sur les termites évolue, par J. N. Le Moniteur, 16 mars 2012.
" Désormais lors de la vente d’un bien immobilier, le diagnostic sur les termites ne s’attachera qu’à cet insecte xylophage. Les autres agents de dégradation du bois seront mentionnés dans les constatations diverses."
[Blattodea Termitidés]

Et le moucheron va se piquer la ruche
Notre moucheron est - comme presque toujours dans les labos - la Mouche du vinaigre, Drosophila (Sophophora) melanogaster, famille des Drosphilidés, c’est-à-dire qui aiment la rosée. Notre drosophile mâle, privée de coït, va plutôt boire de l’alcool.
Galit Shohat-Ophir et ses collaborateurs (université de Californie à San Francisco, États-Unis) ont découvert un mécanisme neurochimique qui dans le cerveau de l’insecte lie le rejet des avances et le comportement de recherche de récompense, ceci sous l’action d’un neuropeptide spécifique. Ce dernier, appelé F, a pour homologue chez les mammifères le neuropeptide Y ; son inactivation, chez la souris, rend cette dernière alcoolique. Sans aucun lien avec le comportement sexuel. La privation d’accouplement diminue la teneur en NPF dans le cerveau du mâle de droso, qui se met à se tourner vers l’alcool. Cette substance, comme le sexe, sont des récompenses.
Rappelons que dans la boîte de Petri, pas troublé par la lumière ni par les caméras, Monsieur court après Madame, lui adresse un vibrant (d’une aile) chant d’amour, lui tapote l’abdomen et touche ses genitalia de son proboscis (ces mots latins sont indispensables à cet endroit) ; si tout va bien, ses tentatives d’accouplement sont acceptées. La cour dure 10 minutes, la copulation 20 ; ensuite de quoi Madame va pondre et Monsieur charmer une autre femelle.
L’expérience a consisté (en gros) à comparer le comportement alimentaire de mâles satisfaits (mis par 4 avec 20 femelles vierges renouvelées chaque jour durant 4 jours) avec celui de mâles frustrés (p. ex. les femelles présentes sont déjà fécondées et s’opposent à toute tentative d’accouplement). Ces derniers choisissent le sirop (dispensé par des pailles) alcoolisé (du 15 degrés) alors que les premiers ne montrent aucune préférence.
Les drosos mâles vierges et ceux qui ont eu une expérience avec des drosos femelles décapitées (qui sont ardemment courtisées mais avec qui le coït réussit rarement) vont également vers l’alcool.
Mais n’y sombrent pas. Le mâle qui, plus tard dans sa vie, a une relation sexuelle perd le goût pour l’alcool.
Article source : G. Shohat-Ophir, K. R. Kaun, R. Azanchi, U. Heberlein, 2012. Sexual Deprivation Increases Ethanol Intake in Drosophila. Science 335, 1351.
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mars 2012

À noter :

Bilan des recherches sur l'invasion du frelon à pattes jaunes Vespa velutina. Conférence, suite à sa découverte à Somain (59) et en Belgique, organisée par la Fédération l'Abeille du Nord. Par Claire Villemant (MNHN). Samedi 24 mars à 10 h 00 à l'Hôtel de ville de Lille, salle ERRO place Roger Salengro.

À renseigner :

L'observatoire des vers luisants.
À (re)lire : Les insectes noctiluques, par Alain Fraval. Insectes n° 154 (2009-3).

À lire sur Internet :

Comment une mouche peut-elle être baptisée Beyoncé ? par Sergio Dalla Bernardina. Le Nou vel Observateur, 12 mars 2012
" En janvier, le doux nom de "Scaptia Plinthina Beyonceae" a été donné à la mouche à cheval, au motif que l'insecte avait un "postérieur proéminent". Ces facéties des chercheurs et hommages aux célébrités sont-elles monnaie courante ? Réponse émaillée de noms incongrus de Sergio Dalla Bernardina, professeur d'ethnologie. "
À (re)lire : Quelques  noms à coucher dehors, par Alain Fraval, Insectes n° 157 (2010-2)

Charançon rouge : la justice s’en mêle. Metro, 13 mars 2012.
" La lutte contre l’insecte "tueur de palmiers" s’intensifie. Mais en attendant l’arrivée sur le marché d’un antidote, l’urgence est de repérer les arbres attaqués et de les traiter en coupant les palmes. "
Rhynchophorus ferrugineus (Col. Curculionidé)
À (re)lire : Le délectable tueur de palmiers, par Alain Fraval. Insectes n° 146 (2007-3)

Les abeilles auraient leur propre personnalité ! Par Quentin Mauguit.Futura-Sciences. 9 mars 2012.
" Les abeilles sont des insectes sociaux travaillant pour le bien de la colonie. N’ont-elles pas de personnalité pour autant ? Il semble que certaines d’entre elles puissent prendre goût à la liberté durant leurs vols d'exploration. Plus surprenant, ce besoin de nouveauté serait régi par les mêmes molécules (catécholamine, GABA ou glutamate) que chez les vertébrés. "

Pour digérer le café, un insecte a volé le gène d'une bactérie,  par Bruno Scala. Futura-Sciences,
" Il a fallu l'aide d'une bactérie pour que le scolyte du café, un insecte ravageur, soit adapté à son hôte. Grâce à un transfert horizontal, sorte de raccourci évolutif, un gène de la bactérie a été transmis au génome de l'insecte. Un phénomène rare chez les eucaryotes."
[ Hypothenemus hampei (Col. Curculionidé) ]

Retrouver son chez-soi 
La fourmi Cataglyphis noda (Hym. Formicidé) vit dans le désert ; son nid souterrain s’ouvre par un petit trou, au milieu de nulle part. Pour le retrouver, les ouvrières fourrageuses déploient toute une gamme de moyens. Aux repères odorants et visuels s’ajoutent la perception du plan de polarisation de la lumière et le comptage des pas. Revenir dans son nid est vital pour la fourmi qui risquerait sinon d’être agressée par les ressortissantes d’une autre fourmilière ou tuée par des prédateurs.
Expérimentant en Turquie et en Tunisie, des myrmécologues de l’institut Max-Plank de Iéna (Allemagne), on découvert que cette fourmi est en plus sensible aux vibrations et au champ magnétique, dont elle mémorise les caractéristiques locales. De plus, elle se sert de la teneur de l’air en gaz carbonique (produit par ses congénères de la fourmilière) pour peu que cette information ne contredise pas les autres données dont elle dispose pour renter dans son nid.
D’après « Orientation of Desert Ants: Every Cue Count ». Communiqué de presse de l’institut Max-Planck, 9 mars 2012.

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29 février 2012

À lire sur Internet :

Puces géantes d'un autre temps. Radio-Canada et AFP. 29 février 2012.
" Des parasites géants du Jurassique, de trois à quatre fois plus gros que nos puces modernes, ont été décrits pour la première fois par des paléontologues français du Muséum d'histoire naturelle à Paris."
 
Piégeage du Frelon asiatique : remède plus nocif que le mal ! La mise au point OPIE/FNE du 28 février 2012.
Les pratiques de piégeage sont sans réelle efficacité et néfastes pour les autres insectes volants, en particulier de nombreux pollinisateurs.
[Vespa velutina, Hym. Vespidé]

Une nouvelle espèce de papillon qui s'attaque aux vignes, par Bruno Scala. Futura-Sciences. 29 févrer 2012.
[Antispila oinophylla, Lép. Héliozélidé  / chenille mineuse des feuilles]

À noter :

Le rôle des insectes au jardin, par Vincent Albouy (OPIE). Le 10 mars 2012 à Niort.

À consulter :

Un agenda : Variétés entomologiques (annonces, publications, curiosités…), par Bernadette Cassel.

Cher insecte
Les Rôtisseries St-Hubert sont poursuivies en justice par Alexandre Roy-Langlois, lequel leur avait commandé une salade le 5 novembre 2011, à livrer chez lui à Lévis (Québec, Canada). Dans ladite salade, un Dermaptère.
Pris de hauts le cœur à la découverte du perce-oreille, l’homme est depuis dans l’incapacité de commander une salade dans un restaurant. Il réclame en conséquence la somme de 6 000 $ pour dommages moraux.
D’après « Il réclame 6000 $ pour un perce-oreille dans une salade », par Kathryne Lamontagne. Lu le 29 février 2012 à //fr.canoe.ca/infos/

Appétissant plein d’appétit
Ils mirent dans une arène une larve d’Epomis (Col. Carabidé) de n’importe quel stade et un amphibien adulte, crapaud, grenouille, rainette, triton ou salamandre. L’Amphibien est insectivore et le carabe se nourrit d’amphibien.
Ce dernier se livre à un curieux manège. Face au gros prédateur qui lui fait face, il se met à bouger les antennes et les mandibules en rythme – et ça peut durer une heure. L’amphibien remarque ces gestes appétissants, comprend « viens me manger », se rapproche et lance sa langue gluante. La petite larve esquive l’instrument de capture, saute sur le museau de l’insectivore, s’installe sur son dos, lui perce la peau et se régale. Il est arrivé – sous les yeux de Gil Wizen et d’Avital Gasith (université de Tel-Aviv, Israël) - que le carabe ratât son coup et se retrouvât gobé – mais il fut aussitôt recraché ; dans un cas, le crapaud l’avala ; au bout de 2 heures dans l’estomac, la larve ressortit vivante et pleine d’appétit.
Dans tous les cas, l’amphibien finit rapidement en tas d’os.
Il s’agit là d’un cas de renversement des rôles entre proie et prédateur, tout à fait intrigant. On n’en connaît qu’un autre dans le règne animal : un certain homard amateur ordinairement de bulots se fait boulotter par eux s’il est mis là où ils sont très nombreux.
Article source : An Unprecedented Role Reversal: Ground Beetle Larvae (Coleoptera: Carabidae) Lure Amphibians and Prey upon Them. PlosOne, septembre 2011. doi:10.1371/journal.pone.0025161
À (re)lire, l’Épingle «
Carabes bufonivores » de 2011 relatant les travaux des mêmes auteurs, où l’on a écrit (fautivement ?) Epomys.

Insectes sans danger
Les insectes pourraient fournir des protéines intéressantes pour l’alimentation humaine, en complément, voire en remplacement, du poisson, des œufs et de la viande. Leur consommation contribuerait à lutter contre la sous-nutrition et contre la surexploitation des ressources qu’entraîne la généralisation des repas carnés.
Les insectes sont riches en nutriments, en eau et possèdent une riche et variée flore intestinale : dans certaines conditions, il peut s’y développer des micro-organismes dangereux.
Harmke Klunder, à l’université de Wageningen (Pays-Bas) et ses collègues ont étudié les risques sanitaires liés aux insectes comestibles. Si l’entomophagie est répandue dans beaucoup d’endroits de la Planète, on ne dispose que de très peu de données sur les problèmes liés à la conservation des insectes tels quels ou transformés.
La cuisson suffit à éliminer les entérobactéries mais des bactéries sporulantes résistent. Hormis la conservation au froid, ce sont la dessiccation et l’acidification qui sont les techniques les plus sûres. Le milieu acide préservateur peut être facilement fourni par des légumes ayant subi une fermentation lactique, mélangés aux insectes.
D’après « Better controls on insect proteins needed before commercialisation, warn researchers », par Nathan Gray. Lu le 29 février 2012 à www.foodnavigator.com/.
NDLR : idée de plat : piéride choucroute.

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23 février 2012

À lire sur Internet :

La pédagogie Freinet et les élevages d'insectes. Le vivarium. Brochure d'éducation nouvelle populaire (1947).

Un champignon génétiquement modifié contre des fourmis rouges. Forum Phyto. 15 février 2012.
[Fourmi de feu, Solenopsis invicta (Hym. Formicidé)]

L'insecte qui vous espionnera, par Michel Alberganti. Tech-Com. 19 février 2012.
[article source : Sreetharan P.S., 2012. Monolithic Fabrication of Millimeter-scale Machines. J. Micromech. Microeng.]

Quand les bourdons espionnent les abeilles, par Bruno Scala. Futura-Sciences, 19 février 2012. " Les bourdons savent tirer des informations des abeilles domestiques, avec lesquelles ils sont en compétition pour la nourriture. Ces renseignements hétérospécifiques (entre espèces différentes) ont autant de valeur que ceux obtenus chez d'autres bourdons. " [Le Bourdon terrestre, Bombus terrestris, Hym. Apidé]

"Drosophila melanogaster", une mouche alcoolique qui se soigne, par Hervé Morin. Le Monde, 17 février 2012. [Leptopilina boulardi,  L.heterotoma, Hym. Figitidés]

Des chenilles mimétiques, par Sean Bailly. Pour la Science, 2 février 2012.
" Le mimétisme est fréquent chez les papillons, mais rare chez les chenilles, leur stade larvaire. Un cas vient d'être découvert en Équateur, où cinq chenilles non apparentées présentent les mêmes motifs, dont les coloris vifs peuvent signaler une toxicité réelle ou feinte. "
[Lép. Nymphalidés Ithomini]

Adieu Docteur Vago. Le Midi Libre, 14 février 2012.

Entomo des tréfonds
Une équipe russo-lusitano-espagnole de biospéléologues (une trentaine de membres) a exploré durant un mois le gouffre Krubera-Voronya, non loin de la côte orientale de la Mer noire. L’expédition CaveX a remonté, notamment, 4 espèces nouvelles de collemboles : Schaefferia profundissima, Anurida stereoodorata, Deuteraphorura kruberaensis et Plutomurus ortobalaganensis.
Ce dernier, de la famille des Tomocéridés, est gris avec des points sombres, contrairement à la plupart des troglobiontes qui sont dépigmentés. Comme eux, il n’a pas d’yeux (inutiles) et froid (0,5°C) ne le gêne pas. Que mange-t-il ? Pas grand chose. En tous cas on l’a attrapé dans un piège appâté au fromage.
Sa gourmandise aura rendu P. ortobalaganensis immédiatement et mondialement célèbre : en effet, capturé à 1 980 m sous terre, il est l’animal le plus profond jamais découvert. Le record de 920 m détenu par un scorpion et un lépisme est largement battu.
A-t-il un grand mérite ? Son tégument mélanisé indique que ce collembole est tombé là récemment ; la profondeur extraordinaire où il est parvenu est presque celle de son gouffre, le plus profond connu sur Terre. 
D’après « World's Deepest Land Animal Discovered », par Charles Choi. Lu le 22 février 2012 à //news.discovery.com/
Une carte du lieu

Mémoire ouvrière collective
Chez la Fourmi tisserande Oecophylla smaragdina (Hym. Formicidé), d’Asie du Sud-Est et d’Océanie), on se bat entre colonies qui chacune défend son territoire. Les ressortissantes d’un nid d’à côté ont une signature chimique (odorante surtout) particulière. Et il suffit que quelques individus perçoivent cette signature lors d’un premier affrontement pour que toutes les consœurs en prennent connaissance et la retiennent en mémoire – et agissent en conséquence, c’est-à-dire avec violence.
C’est ce qu’ont établi des myrmécologues de l’université de Melbourne (Australie). 15 ouvrières d’un nid « familiarisées » progressivement – par de brefs voisinages en tête à tête dans une boîte de Pétri avec des congénères d’un autre nid– sont remises chez elles. Ensuite une attaque est simulée (avec une vingtaine d’individus). Les fourmis du nid des « familiarisées » se défendent avec une vigueur particulière contre leurs voisines. L’information est passée à l’ensemble des ouvrières. 
D’après « Ants remember their enemy's scent », par Victoria Gill. Lu le 20 février 2012. à www.bbc.co.uk/
 
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10 février 2012

Recruter localement ou à l’étranger ?
Les fruiticulteurs et viticulteurs californiens font face depuis 2006 à un ravageur envahissant très polyphage et très dommageable. La Pyrale brun pâle de la pomme, Epiphyas postvittana (Lép. Tortricidé), vient d’Australie. Elle est bien installée dans les vergers comme dans les parcs et jardins. Il y a 3 ou 4 générations par an, la chenille enroule les feuilles et agglomère les grains.
Une première campagne d’éradication, à l’aide d’un analogue de synthèse de la phéromone émise par la femelle pour attirer les mâles a tourné court : les habitants ont réussi à faire interdire les épandages aériens. La lutte par confusion continue mais au moyen de diffuseurs terrestres, des liens twist imprégnés. On espère que les ennemis locaux de la pyrale pourront contribuer suffisamment à la maîtrise de ses populations.
Dans son aire d’origine, la pyrale a des ennemis efficaces, des Diptères et des Hyménoptères parasitoïdes. Aucun n’a été introduit. La lutte biologique « classique », par acclimatation ou  lâchers massifs d’antagonistes allochtones voit son application retardée.
En effet, l’oophage Trichogramma fasciatum (Hym. Trichogrammatidé), les campophages Meteorus ictericus (Hym. Braconidé) et Enytus eureka (Hym.  Ichneumonidé), le chrysalidicide Pediobius ni (Hym. Eulophidé) et quelques autres ont trouvé le nouveau-venu à leur goût. Les taux de parasitisme ne dépassent pas 85 % et cela ne suffit pas.
Les entomologistes californiens poursuivent leurs observations. Ils espèrent qu’en gagnant de nouveaux territoires, la pyrale y « rencontrera » d’autres espèces de parasitoïdes intéressants. Ils espèrent aussi parvenir à une connaissance suffisante du cortège d’ennemis naturels du ravageur pour effectuer à bon escient une introduction d’auxiliaires australiens.
D’après « Can indigenous insects be used against the light brown apple moth? », lu le 9 février 2010 à www.sciencecodex.com/
À (re)lire :
Accueillante Californie, Épingle de 2010.
NDLR : l’insecte a été introduit en Grande Bretagne dans les années 1930. Il est présent depuis peu en France.

Le Sphinx bête de mort
Comment piloter proprement et de loin des papillons ? Le ministère états-unien de la défense, au travers du DARPA, pousse les recherches de façon à disposer d’insectes volants asservis pour des missions d’espionnage (ou d’interventions ponctuelles vulnérantes et venimeuses). Il s’agit de faire voler un aéronef miniature mi-insecte, mi-machine, le premier n’en faisant qu’à sa tête, la seconde étant trop lourde. Appelés cyborgs par leurs concepteurs, ces chimères sont ici rangés dans l’ordre des Zombiptères.
Ça coince au niveau de l’interface, la jonction entre la puce électronique et les nerfs. Il faut de la précision, l’implantation au stade nymphal assure une soudure mais pas une bonne transmission. Un pas vient d’être franchi avec la mise au point d’une sonde de très haute technologie : en polyimide avec de l’or fin et des microtubules de carbone, en forme d’anneau ouvert, elle se passe autour de la double chaîne nerveuse ventrale du Sphinx du tabac (Manduca sexta, Lép. Sphingidé) et lui communique les ordres du pilote par des impulsions électriques.
Le courant très faible est délivré sous une impédance égale à celle du récepteur (ce qu’on n’arrivait pas à obtenir jusque-là). Avec dans l’abdomen, en plus, un accu, un générateur et une radio, son maître aux manettes, notre valeureux (et costaud) papillon a pris son vol (en cage) et viré à droite, à gauche, à droite… 
L’Armée prévoit de faire bénéficier de sa sonde les victimes d’attaques cérébrales qui pourrait leur faire retrouver une certaine motricité.
D’après « Nerve probe controls cyborg moth in flight », par Anil Ananthaswamy. Lu le 8 février 2012 à http://www.newscientist.com/
NDLR : pour ce qui est de l’alimentation en courant de l’électronique embarquée, voir ci-dessous «
Jus de blatte » 

Écoutons la vieille sauterelle
Archaboilus musicus (Orth. Haglidés), d’une petite dizaine de centimètres de long, de couleur inconnue, stridulait. Son appel rythmé et monotone, pas très aigu (6 400 Hz), émis de nuit, se percevait bien dans la forêt d’araucarias et de fougères géantes mais la sauterelle ne redoutait d’être croquée ni par les oiseaux ni par les chauves-souris, qui n’existaient pas encore. On était en plein Jurassique et il faudra attendre 165 millions d’années pour que l’espèce (disparue avec sa famille depuis) soit signalée et son chant mis en ligne sur Internet (
entre autres ici).
En bonne sauterelle (sous-ordre des Ensifères) mâle, c’est en fermant ses ailes antérieures l’une contre l’autre qu’il stridule ; les espèces actuelles, pour la plupart, sont dissymétriques : la râpe (des denticules sous le dessous de l’élytre gauche) frotte sur le grattoir (à droite) et le son est amplifié par la disposition des nervures en harpe. A. musicus n’avait pas ce caractère évolué. L’exceptionnelle qualité d’un fossile retrouvé en Chine a permis à une équipe anglo-chinoise d’étudier les denticulations. En les comparant à celles d’espèces actuelles – notamment de Prophalangopsidés (proches des Tettigoniidés) - ils ont pu reconstituer son chant et établir qu’il était adapté à un milieu de sous-bois plutôt bruyant.
Article source : Jun-Jie Gua et al., 2012. Wing stridulation in a Jurassic katydid (Insecta, Orthoptera) produced low-pitched musical calls to attract females. PNAS.
À lire et écouter : la page Stridulations
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4 février 2012

À télécharger :

Identification des Orthoptères de Vendée, par Michel CLémot. Les Naturalistes Vendéens, pdf 90 p. Télécharger.

À écouter sur Internet :

L'homme et l'abeille. Jean-Noël Jeanneney et Michel Pastoureau. Concordance des temps, France Culture, 28 janvier 2012.

À lire sur Internet :

Quand les hommes favorisent la pullulation de criquets, par Yves Miserey. Le Figaro, 27 janvier 2012. « Le criquet asiatique prolifère dans les zones de surpâturage où la végétation est pauvre en azote. »

Un mystérieux insecte s’attaque à la récolte de riz des Philippines, par Pascal Coesnon. L'Usine nouvelle, 27 janvier 2012 « D’une espèce encore inconnue, l’insecte pourrait ravager la moitié de la récolte de riz de l’archipel. »
[Très probablement Paromius longulus (Hém. Lygéidé), connu des Caraïbes]
Photo

De la libellule au microdrone : comment les insectes nous apprennent à voler, par Soren Seelow. LeMonde.fr, 18 janvier  2012.

Courses de haies
C’est bien connu, les haies forment des corridors qu’empruntent les oiseaux et les petits mammifères. Et les insectes pollinisateurs ? Un bourdon peut parcourir 3 km dans la journée et n’est pas facile à suivre.
Eux aussi suivent les haies, comme l’a montré l’expérience montée par Jeff Ollerton et ses collaborateurs à l’université de Northampton (Royaume-Uni). Depuis des postes d’observation tous les 10 m face à une haie rectiligne, les trajets des bourdons (et autres abeilles) ont été notés. Il en ressort que leur vol suit d’autant une ligne droite qu’ils sont proches du rideau végétal. Puis les expérimentateurs ont tendu du tissu noir, soutenu par des poteaux, entre deux sites riches en fleurs recherchées. Deux autres sites de butinage ont été aménagés, séparés par un vide. Les insectes étaient bien plus nombreux à circuler le long de la haie artificielle.
Autre observation : la meilleure reproduction de plantes pollinisées par des bourdons à l’endroit où des haies convergent.
Ces résultats confirment l’intérêt des connexions – à conserver ou à rétablir – entre les zones encore riches en faunes dans un paysage fragmenté par les aménagements.
D’après « Hedgerows direct the flight of the bumblebee », par Louise Tickle. Lu le 30 janvier 2012 à www.guardian.co.uk/
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9  janvier  2012

À réviser : les Épingles de 2011.

À suivre : Les cours du soir de l'OPIE (pour les adhérents) : programme.

À lire sur Internet :

Oiseaux et papillons paient la facture climatique,  par Catnerine Vincent. Le Monde, 9 janvier 2012. Identification d’un tueur d’abeilles, par Joël Ignasse. Science et Avenir, 4 janvier 2012. " Un parasite qui désoriente les abeilles et les fait quitter leurs ruches a été repéré pour la première fois aux Etats-Unis. "
[Apocephalus borealis, Dip. Phoridé]

À noter :

XXVIIe Salon international de l'insecte et de l'arachnide Papillyon.
Les 17 et 18 mars 2012 à Villeurbanne.

La mouche magnétique
Prenons une drosophile, mettons-la en orbite – donc en apesanteur - et observons ses mouvements : elle marche plus souvent et plus vite que sur Terre.
C’est une expérience lourde. Il y a bien plus simple et moins cher : plaçons une droso au-dessus d’un aimant assez puissant, de 16 T au moins (sur la paillasse, le champ magnétique est d’environ 58 microteslas). Elle lévite (car elle est diamagnétique – comme tout entomologiste d’ailleurs). Si elle ne flotte pas en l’air, elle court, exactement comme sa consœur invitée dans la station orbitale et contrairement à celle restée sur la paillasse, qui marche calmement.
D’autres créatures ailées (petites) en lévitation ont plutôt l’air de faire semblant de voleter.
Les chercheurs de l’université de Nottingham (Royaume-Uni), auteurs de cette manip, avancent son intérêt pour la conquête spatiale, soulignent son côté bon marché et l’absence de l’accélération au décollage de la fusée, et scrutent les possibles effets d’un tel champ magnétique sur l’organisme. Ils ne savent pas pourquoi la Mouche du vinaigre passe à la vitesse supérieure : peut-être se sent-elle tellement légère ; peut-être ne perçoit-elle plus où est le haut et où est le bas. Vidéo à télécharger
D’après, entre autres, « Fruit flies levitated to aid astronaut research », par Kate Taylor.  Lu le 5 janvier 2011 à www.tgdaily.com
NDLR : pour ce qui est de la lévitation magnétique, voir " Voler sans les ailes ", Épingle de 2006.

Jus de blatte
Les insectes instrumentés, munis de récepteurs, de capteurs, d’ordinateurs, d’effecteurs ou de caméras (à leur taille) collés sur leur cuticule ou greffés (les Zombiptères, chimères télécommandées) ne seront opérationnels que munis d’un système autonome de production de l’électricité nécessaire.
Un hanneton vert a récemment produit un petit courant grâce au mouvement de ses élytres : voir l’Épingle « Cétoinolienne » de 2011.
C’est au tour d’une femelle de Blaberus discoidalis (Blatt. Blabéridé) de participer à ces recherches. Elle s’est vue, par Daniel Scherson, chimiste et universitaire à Cleveland (Ohio, États-Unis), planter deux électrodes dans l’abdomen. Celles-ci, baignant dans l’hémolymphe, sont reliées à une petite pile à combustible. C’est le tréhalose (sucre des insectes) qui fournit l’énergie.
Correctement nourrie, la blatte produit 55 µW/cm2 sous 0,2 V ; au bout de 2 heures et demi, la puissance disponible ne baisse que de 5%.
D’après, entre autres, « Biofuel cells may turn cockroaches into cyborgs », par Julie Larsen Maher. Lu le 6 janvier 2012 à //futureoftech.msnbc.msn.com/
NDLR : en plus, cette blatte sud-américaine tient la route ! Voir l’Épingle « Renversant » de 2002. 

Soldates kamikazes
Chez les abeilles, certaines ouvrières ont pour fonction de défendre l’entrée du nid – à coups d’aiguillon. Elles sont à ce poste un jour au plus. La caste des soldats, bien connue chez les fourmis eusociales, existe chez au moins une espèce d’Apidé : le Jatai Tetragonisca angustula, une mélipone (abeille mellifère sans dard) qui vit en Amérique du Sud.
Observant et marquant les individus à l’entrée de la ruche, les entomologistes d’une équipe anglo-brésilienne conduite par Francis Ratnieks, ont eu la surprise de constater que les gardiennes occupent ce poste durant une bonne semaine- après avoir occupé les fonctions de nettoyeuses, de nourrices du couvain puis de butineuses. En les examinant sous la bino, seconde surprise : ces gardiennes n’ont pas seulement un comportement particulier : elles sont plus grandes et ont les pattes plus longues que les autres.
Leur mission est d’empêcher l’abeille cleptobionte Lestrimelitta limao (Apidé) de réussir le pillage de leurs réserves de miel, de pollen, de cire et de propolis. Le raid, mené par un nombre variable d’individus dure de moins d’1 heure à 5 jours ; durant ce temps, les victimes se rassemblent autour du couvain, qui n’est pas attaqué. Cette espèce s’en prend à diverses mélipones et à l’Abeille domestique (importée et africanisée).
Nos soldates, postées à l’entrée de leur nid (en forme de tube), s’agrippent par leurs mandibules aux ailes des patrouilleuses de L. limao – bien plus grosses qu’elles -  en train d’évaluer les nids-proies potentiels. Elles parviennent ainsi à les immobiliser mais, à la fin, elles meurent : elles se sacrifient pour leur reine et leurs sœurs.
D’après « Scientists discover soldier bees », par Victoria Gill. Lu le 10 janvier 2012 à www.bbc.co.uk/nature/ Photo : la soldate est à droite

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Épingles parues dans Insectes n° 163 (4e tr. 2011)

Il faut les tuer
La liste des « organismes nuisibles aux végétaux, produits végétaux et autres objets contre lesquels la lutte est obligatoire, soit de façon permanente sur tout le territoire [de la France], soit sous certaines conditions » vient d’être mise à jour : arrêté du 25 août 2011 (JO du 27 août, p. 14554, texte n° 26)1.
Apparaissent le Cynips du châtaignier Dryocosmus kuriphilus (Hym. Cynipidé) et le Charançon rouge du palmier Rhynchophorus ferrugineus (Col. Curculionidé), deux envahisseurs récents, connus des lecteurs d’Insectes2.
On rappellera la liste des « anciens ». Le Ver du cotonnier alias le Prodénia Spodoptera littoralis (Lép. Noctuidé) est une noctuelle méditerranéenne aux chenilles polyphages3 (responsable de gros dégâts en Corse en 2009). La Bruche chinoise Callosobruchus chinensis (Col. Bruchidé), la Calandre des céréales Caulophilus oryzae (Col. Curculionidé), le Grand Capucin du maïs Prostephanus truncatus (Col. Bostrychidé) et le Dermeste du grain Trogoderma granarium (Col. Dermestidé)4, 4 rongeurs des grains et, et déprédateurs des denrées. Ce dernier, présent autour de la France, ne saurait rester bien longtemps sans y prendre patte.
Il en est de même du Hanneton japonais Popillia japonica (Col. Mélolonthidé), jusque-là parvenu seulement, via un aéroport, dans une île des Açores (Portugal). Ravageur souterrain, peste des gazons et des cultures, il appréciera le climat autour des Alpes.
Pour clore la liste, la Teigne du bananier, Opogona sacchari (Lep. Tinéidé) qui se maintient sous serre, sur des plantes d’ornement ; les populations repérées en dehors ont été éradiquées.
1. Les insectes visés par la réglementation européenne sont listés à www.srpv-aquitaine.com/_publique/pd_phytos/orga4i
2. À (re)lire : Un Cynips menace la châtaigneraie à fruits, par Valérie Belrose, Insectes n° 134 (2004-3)  et Le délectable tueur de palmiers, par Alain Fraval, Insectes n° 146 (2007-3).
3. Fiche HYPPZ.
4. Épinglé sous le titre « Mort ou vif » en juillet 2011.
Après vous, Madame !
Au bout de trois saisons d’observation en nature, au moyen d’un réseau de caméras infra-rouge, il appert que Monsieur Grillon est chevaleresque. Assailli par un prédateur, un Grillon champêtre Gryllus campestris (Orth. Gryllidé) se précipite dans son terrier. En couple, avec des intentions génésiques, le mâle laisse alors passer la femelle devant lui et ne se met à l’abri qu’une fois sa partenaire en sûreté, mettant ce faisant sa vie en danger.
Ce comportement ne peut pas s’interpréter comme une protection « classique » exercée par un mâle qui empêche la femelle de se débarrasser de sa semence ou de copuler avec ses rivaux, ce qui a été maintes fois observé sur des insectes d’élevage.
Dans ce cas, le mâle et la femelle sont avantagés : le mâle copule plus avec sa femelle et a la paternité d’une plus grande part de la progéniture tandis que la femelle donne naissance à plus de descendants de son mâle préféré et gagne en sécurité. Le conflit entre les sexes pourrait avoir évolué en une sorte de coopération.
Rolando Rodríguez-Muñoz et ses collaborateurs de l’université d’Exter (Royaume-Uni) poursuivront leur étude sur les générations suivantes.
D’après « Among insects, ‘chivalry’ isn’t dead », lu le 7 octobre 2011 à www.eurekalert.org

Papillons en prison
L’armée états-unienne, très attentive aux insectes, finance des travaux visant leur amélioration (voir les Zombiptères, radiocommandés) et l’augmentation de leur diversité (par la création de prototypes d’hexapodes artifi ciels). Elle déploie également ses moyens, quand le jeu en vaut la chandelle, pour la protection de la nature naturelle.
Le Damier de Taylor (Euphydryas editha taylori, Lép. Nymphalidé) fut une espèce abondante des prairies, répandue de la Basse Colombie britannique jusqu’au centre de l’Oregon. Son habitat a été si bien grignoté que l’espèce est proche de l’extinction : il n’en reste que 4 populations isolées et fragiles.
La plus populeuse d’entre elles, d’un millier de papillons (les autres ne comptent pas plus de 50 individus), vit sur un terrain d’exercice de l’artillerie, la base Lewis McChord (Washington), où la prairie originelle a déjà été largement entamée par les incendies déclenchés par les tirs. La situation est grave, car si jamais le Damier était inscrit sur la liste fédérale des espèces en danger, le terrain passerait sous la coupe du ministère de la Pêche et de la Faune sauvage qui, évidemment, ferait cesser ces activités explosives.
Pour éviter ça, le ministère de la Défense a financé (pour plus de 20 000 €) un insectarium, construit (par des prisonniers) dans l’enceinte de la prison de Mission Creek. Des détenus choisis et formés, sous la houlette de l’Evergreen State College à Olympia, y élèvent les chenilles et devraient obtenir des imagos. L’élevage – sur plantain – vient d’être mis au point par le zoo de Portland (Oregon). En cas de succès, les papillons, eux, sortiront de prison et seront lâchés dans la zone de South Sound.
D’après, entres autres « WA prison inmates raise imperiled butterfl ies », AP, lu le 7 octobre 2011 à //community.seattletimes.nwsource.com/
NDLR 1 : Les Zombiptères sont régulièrement épinglés : la dernière nouvelle de l’ordre « Cétoinolienne », date de septembre 2011.
NDLR 2 : Les terrains militaires sont en général des refuges sûrs pour les espèces végétales et animales en danger.

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[R]  À réviser : les Épingles de 2011.
Les Épingles de collection - à consulter, page par page : Les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002,  Les Épingles de 2003, Les Épingles de 2004, Les Épingles de 2005,  Les Épingles de 2006, Les Épingles de 2007,, Les Épingles de 2008,  Les Épingles de 2009, Les Épingles de 2010, Les Épingles de 2011. - ou globalement (jusqu'à fin 2009)  ici.
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