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Les insectes agricoles d'époque
d'après le Larousse agricole 1921

Entre crochets (en bleu), un lien ou une indication pour actualiser le nom de l'insecte ou une piste vers une ressource internautique proche (sites opie-insectes ou HYPPZ). Les préconisations de lutte sont scrupuleusement recopiées, sans plus.

À la  page des T :  

Tachinaires, Taon, Taupin, Teigne, Ténébrion, Tenthrède,  Termite, Thim'ni, Thrips, Tigre, Tipule, Tordeuse, Trogosite, Tsé-tsé.

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Tachinaires
Groupe d'insectes diptères, comprenant des mouches parasites et auquel appartient la tachine.

Taon
Genre d'insectes diptères, de la famille des Tabanidés. Les taons sont des mouches assez plates, robustes, à trompe courte et forte. Ils vivent aux dépens des gros animaux domestiques, dont ils sucent le sang; ils les inquiètent et les font beaucoup souffrir pendant les grandes chaleurs, Citons notamment le Taon du boeuf (Tabanus bovinus) [ fig. 2018], très commun aux alentours des bois; le Taon noir (Tabanus morio), le Taon pluvial (Tabanus [Haematopota] pluvialis), le Taon aveuglant [Petit taon aveuglant, Chrysops caecutiens]  , le Taon d'automne (Tabanus autumnalis). Le premier, de beaucoup le plus commun, mesure 25 à 27 millimètres de longueur, a le corps large, le thorax roux brunâtre et le ventre jaunâtre. Sa trompe est constituée par six lamelles accolées,
Pour préserver les animaux des taons, on peut les recouvrir de filets légers en ficelle ou de toiles minces; mais c'est là un procédé qui n'est pas toujours utilisable. On peut aussi les badigeonner avec une mixture huileuse (huile de colza et de cade mélangées par moitié), ou une décoction de feuilles de noyer, une solution d'aloès (10 grammes d'aloès pour 1 litre d'eau), une solution d'acide picrique (à 1 pour 100), d'acide borique ou de saponine (à 10 pour 100), etc.


Taupin

Groupe de petits coléoptères très communs, de la famille des Élatéridés. Leur corps est allongé et aplati, long d'environ 1 centimètre. Ils sautent, se détendant comme des ressorts quand ,on les place sur le dos; cette curieuse propriété est due à la présence à l'extrémité de leur corselet d'un prolongement pointu qui pénètre dans une échancrure correspondante de l'abdomen, devient saillante quand l'insecte se cambre et se détend brusquement avec un bruit sec, en frappant la cavité de l'abdomen où il est logé. Les adultes sont, pour la plupart, inoffensifs, mais l'es larves sont extrêmement nuisibles. Elles sont dites vers fil de fer ou vers jaunes à cause de leur corps jaune, cylindrique, allongé, difficile à écraser entre les doigts; elles atteignent environ 2 centimètres de longueur.

Le Taupin des moissons (Elater segetis [Agriotes lineatus] - fig. 2030), l'un des plus communs, est de couleur gris jaunâtre. La femelle pond de petits oeufs au pied des plantes : il en sort de petites larves qui vivent jusqu'à cinq ans dans le sol, rongent les jeune racines des plantes cultivées et, principalement, les céréales. Avant] l'hiver, elles s'enfoncent assez profondément dans le sol et y demeurent engourdies.
Les larves se détruisent comme les vers blancs (V. Hanneton) La moutarde blanche étant une des rares plantes épargnées par les vers fil de fer, il est bon de l'utiliser comme culture alternante sur les sols envahis. Il faut sulfater les semences de printemps et enfin il est utile de détruire les adultes partout où on les aperçoit.
Le Taupin velu (Elater niger [?]) a des moeurs analogues ; il s'attaque surtout aux betteraves, aux tubercules de pommes de terre. Le Taupin nébuleux ou Taupin gris de souris (Lacon [Agryphus] murinus) [fig. 2031], brun noirâtre, revêtu d'un duvet gris, est long de 9 à 12 millimètres, Sa larve ronge d'abord les racines des laitues, des oeillets, des giroflées, etc., puis, plus âgée et plus forte, elle s'attaque aux racines des arbustes d'ornement et des arbres fruitiers. Une autre espèce, le Taupin rayé (Elater lineatus [Agriotes lineatus ?]), dévaste les plantations de laitues.

La fiche HYPPZ du Taupin, A. lineatus


Teigne

On désigne sous le nom de teignes tout un groupe de très petits papillons, variés d'aspect et de moeurs, très nuisibles par leurs chenilles qui s'attaquent aux plantes cultivées, aux graines conservées dans les greniers, aux fourrures, aux vêtements de laine, aux tapisseries (mites), etc.
Le nom de teigne est donné vulgairement à tous les microlépidoptéres, notamment aux Pyralidés, comme le Lita [Scrobipalpa (Phthorimaea), Gelechiidé] ocellatella ou Teigne de la betterave, l'Asopie ou Teigne de la farine [Pyralis farinalis],1'Aglossa pinguinalis ou Teigne de la graisse, du lard ou du beurre, etc., aux Tortricidés ou tordeuses, comme la Cochylis ou Teigne de la grappe [Eupoecilia (Clysia Clysiella) ambiguella], la Grapholita pisana [Cydia (Laspeyresia) nigricana] ou Teigne des pois verts [Tordeuse du pois], etc., enfin aux Tinéidés proprement dits. Ce sont les papillons de cette seule famille des tinéidés que nous étudierons sous le nom de teignes. V., d'autre part, Cochylis, Pyrale.
Les Tinéidés comprennent les plus petits Lépidoptères, caractérisés par leurs longues antennes filiformes, leurs ailes étroites et pointues, garnies de longues franges sur tout leur pourtour. Les chenilles, presque glabres, vivent souvent dans des fourreaux formés des matières qui les alimentent ou encore s'abritent en société nombreuse sous une toile commune.

Teigne des plantes basses. 

La Teigne du poireau (Acrolepia [Acrolepiopsis] assectella) est d'un gris noirâtre, avec taches blanches triangulaires sur chaque aile supérieure; elle a 4 millimètres de long et 12 d'envergure. Les femelles pondent sous les feuilles au printemps et à la fin de l'été. La chenille, blanchâtre, longue de 7 à 8 millimètres, attaque l'intérieur des feuilles en mai-juin, puis en septembre-octobre; la feuille du milieu se fane et jaunit. La chenille se transforme en chrysalide qui passe l'hiver sous les feuilles dans de petits cocons de soie grise. La même espèce attaque les liliacées ornementales ; asphodèle, hémerocalle, etc.
Dès qu'on aperçoit le papillon, semer de la suie sur les poireaux pour l'écarter. Pour détruire la chenille, arroser abondamment avec une solution de savon noir à 50 grammes par litre ou bien couper les plantes atteintes à quelques centimètres du sol et brûler les parties coupées.

La Teigne de la pomme de terre (Phthorimaea operculella) (fig.2041), longue de 1 centimètre environ, est de teinte générale grisâtre, avec des taches noires sur les ailes antérieures. La femelle pond sur les feuilles et les tiges; la chenille, longue de 12 millimètres, blanche ,avec une teinte rougeâtre sur le dos, creuse des galeries sinueuses dans les tubercules et aussi dans les feuilles.


Cette Teigne de la pomme de terre a plusieurs générations annuelles, et l'on trouve à toute époque, à la fois des chenilles, des chrysalides et des papillons; il suffit, dans ces conditions, d'un ou deux tubercules infestés dans un cellier pour contaminer tout le tas. Dans les plants de pommes de terre visités parles chenilles d'été, c'est plus spécialement le feuillage qui est attaqué ; mais, en automne et en hiver, ce sont les tubercules eux mêmes qui pâtissent. Les papillons pondent au niveau des yeux dans les fossettes d'où émergent les bourgeons, et de leurs oeufs sortent, au bout d'une douzaine de jours, de petites larves qui s'enfoncent rapidement dans le tubercule, où elles creusent leurs galeries en tous sens; leurs déjections, ainsi d'ailleurs que les moisissures auxquelles de nombreuses portes se trouvent ouvertes, communiquent aux tubercules une odeur et un goût qui les rendent impropres à l'alimentation de l'homme et répugnent même au bétail.
La nymphose s'effectue dans un cocon soyeux que tissent les larves et qu'elles fixent soit sur l'enveloppe extérieure des pommes de terre, soit dans les interstices des murs et pavés. Les papillons vivent de trois à quatre semaines.
Cette espèce, qui n'a été signalée en France que. dans le département du Var, y a causé de grands dégâts en 1911 et 1912.
Il est indispensable de détruire par la chaux vive les tubercules atteints et, aussitôt après l'arrachage, de désinfecter la récolte par les vapeurs de sulfure de carbone. Il faut aussi désinfecter à plusieurs reprises les caves, silos et magasins oit l'on conserve les pommes de terre.

La Teigne de la julienne (Plutella porrectella [Yponomeutidé]) a 16 à 18 millimètres d'envergure; ses ailes supérieures sont d'un blanc jaunâtre avec des stries brunes; ses ailes inférieures, d'un gris plombé luisant. La chenille, d'un vert pâle, est longue de 15 millimètres. Le papillon apparaît deux fois par an, au début de mai et en août. En avril, la chenille réunit par des fils de soie les feuilles du coeur de la julienne et les boutons floraux; elle dévore ces derniers. Une deuxième génération apparaît à la fin de. juin.
Presser les feuilles réunies en paquets pour écraser les chenilles. Ramasser les feuilles tombées en fin de saison et les brûler pour détruire les cocons.

La Teigne de l'artichaut (Depressaria [Agonopteryx] subpropinquella [Oecophoridé]) a été observée en 1875 dans le département des Pyrénées-Orientales ; elle apparaît chaque année depuis cette époque dans les cultures du Roussillon et cause des ravages plus ou moins importants. Elle vit non seulement sur les artichauts, mais encore sur les chardons, la bardane, et c'est là sans doute ce qui assure sa propagation.
On la combat en répandant de 1a suie au pied des plantes et en pulvérisant sur celles qui sont atteintes des solutions savonneuses.

Teigne des arbres et arbustes. 

La Teigne du prunier et celle du pommier sont des hyponomeutes (V. ce mot). 

La Teigne du poirier (Tinea [Coleophora] hemerobiella) est un papillon de 12 millimètres d'envergure, à ailes d'un gris de plomb, qui pond sous les feuilles vers la fin d'avril. La chenille, épaisse, blanchâtre, longue de 6 à 8 millimètres, vit dans le parenchyme des feuilles sans toucher aux épidermes, sauf au point d'entrée: sa présence se manifeste par une tache brune, circulaire, cloquée, qui s'élargit jusqu'à atteindre 1 centimètre de diamètre et se dessèche dès que la chenille sort de la feuille pour se métamorphoser. Une deuxième génération opère de même en août, dont les chrysalides passent l'hiver. Quand les teignes sont très nombreuses, parfois jusqu'à huit et dix par feuille, la végétation s'arrête.
Écraser les chenilles contenues dans les feuilles avec une pince ou par pression entre deux doigts; ou, mieux, éloigner les femelles pondeuses par des pulvérisations au jus de tabac sur les feuilles, de fin avril à fin mai et de fin juillet à fin août, Ramasser et brûler les feuilles tombées.

La Teigne de l'olivier (Elochista olealla [Prays oleae, Plutellidé]), d'une teinte générale gris cendré, présente deux ou trois générations par an. Les femelles, suivant l'époque de leur apparition, pondent soit sur les feuilles, soit sur les boutons floraux dans le premier cas, la chenille attaque la feuille; dans le second, elle ronge le noyau de l'olive, amenant la chute prématurée du fruit. Le seul moyen de défense consiste à pulvériser sur les arbres, au moment de l'éclosion des oeufs., une solution arsenicale ; c'est là une pratique difficile.

La Teigne du lilas (fig. 2042) ou Gracillaria [Caloptilia] syringella [Gracillariidé] a 9 millimètres d'envergure ; les ailes supérieures sont brunes, les ailes inférieures d'un gris brunâtre ; la chenille, longue de 8 à 10 millimètres, est d'un vert clair. Le papillon vole le soir en avril; les chenilles attaquent la feuille entre ses deux épidermes, Même défense que contre la Teigne de l'olivier. La gracilaire du lilas s'attaque aussi au fusain, au chèvrefeuille, au troène, à l'aubépine, etc tandis que d'autres espèces ravagent le noyer, le peuplier, etc.


Teigne des céréales,

La Teigne des blés, qui cause de grands ravages, est la Sitotroga cerealella ou Alucite des céréales (V, Alucite), qui présente dans une année deux générations : la première s'attaque au blé sur pied, l'autre au blé conservé en grenier.

La Teigne des grains (Tinea granella), plus petite que l'alucite, a 6 millimètres de long et 15 à 16 millimètres d'envergure; le corps et les ailes postérieures sont grisâtres, les ailes antérieures jaunâtres. L'unique génération, qui apparaît au début de juillet, ne s'attaque qu'au blé en grenier ; la femelle pond ses oeufs sur les grains ; en août, éclosent de petites chenilles blanchâtres qui rongent et traversent plusieurs grains réunis par elles à l'aide de fils de soie. Elles se transforment en chrysalides à la fin de l'automne et passent l'hiver dans les fissures des murs et des planchers.
Comme procédés de lutte : tenir les greniers propres et boucher les fissures des parois; traiter par le sulfure de carbone ;employer des tarares spéciaux, dits tue-teignes, qui brisent les graines attaquées; battre et faire moudre le plus tôt possible après la moisson ; désinfecter le grenier.

Teigne du liège

Plusieurs espèces, comme l'Oenophila flavium [Oinophila v-flava], l'Oecophora [Hofmanophila, Oecophoridé] pseudopratella, etc., perforent les bouchons de liège, même lorsqu'ils sont recouverts de cire, et peuvent amener l'altération du vin.
Préserver les bouchons par une capsule métallique ou bien les plonger pendant quinze minutes dans le mélange suivant, chauffé à 40 degrés
Paraffine           800 grammes
Vaseline           200-

Teigne des vêtements, fourrures, tapisseries.

Les teignes sont nuisibles, non seulement dans les champs, les jardins, les vergers, les forêts, les greniers et les caves, mais encore dans les habitations, Les espèces qui pénètrent et volent dans les appartements, le soir, en été, sont connues sous le nom vulgaire de mites. Lles femelles pondent sur les étoffes de laine, les fourrures, le crin, la plume, la soie, conservés dans des endroits obscurs, et les chenilles qui éclosent rongent ces substances, causant parfois des dégâts énormes ; elles vivent dans un fourreau formé de débris de vêtements maintenus par des fils de soie qu'elles sécrètent.
Les espères répandues en France sont : la Teigne des vêtements et des pelleteries (Tinea pellionella), qui a de 12 â 18 millimètres d'envergure, vole du printemps au milieu de l'été ; la Teigne fripière (Tinea sarcitella), qui est un peu plus précoce que l'espèce précédente; la Teigne des fourrures ou Teigne tapissière (Tinea [Trichophaga] tapezella), aux ailes supérieures d'un jaune clair et aux ailes inférieures grises; elle vole d'avril en juillet; ces trois espèces ont d'ailleurs des moeurs analogues.
La Teigne du crin (Tinea crinella [Tineola bisselliella] ) [ fig. 2043], jaune pâle, ravage les fauteuils et matelas, les oreillers et coussins bourrés de plumes, ainsi que les fourrures.

La lutte contre ces ravageurs se pratique ainsi ; Détruire les mites qui voltigent le soir à la lumière, Ne ranger que des vêtements propres, non tachés de graisse, car cette substance attire les papillons, Battre et secouer souvent au grand air les vêtements à préserver. A la fin de l'hiver, après un battage vigoureux, placer les lainages et fourrures dans un coffre ou dans une boîte. A l'intérieur de celle-ci, en opérant loin d'une flamme, placer des tampons d'ouate imprégnés de liquides à vapeurs toxiques, tuant les oeufs ou les larves, comme le sulfure de carbone, l'essence minérale, la benzine. Le formol et le tétrachlorure dé carbone offrent l'avantage de ne pas émettre de vapeurs inflammables, Collez des bandes de papier gommé sur tous les joints de la boîte ; n'ouvrez qu'au début de l'hiver. Si les fourrures sont de prix, confiez-les, chaque été, aux maisons spéciales pourvues de chambres réfrigérées.
La naphtaline, le camphre, le poivre, la poudre de pyrèthre, le tabac, la lavande, les pulvérisations de teinture de coloquinte ou de la solution de sublimé à 2 pour 100, de même que la plupart des sachets miticides du commerce, ont une action insuffisante.

Fiches HYPPZ
Teigne de la betterave
Cochylis de la vigne
Tordeuse du pois
Teigne du poireau
Teigne de l'olivier

Les Teignes du liège dans Insectes.
Ténébrion   

Genre d'insectes coléoptères de la famille des Ténébrionidés, de taille moyenne, bruns ou noirs. Les ténébrions (Tenebrio) vivent dans le terreau des vieux arbres, où se développent leurs larves, mais ils pénètrent aussi dans les maisons tel le Ténébrion meunier (Tenebrio molitor) (fig. 2047) dont la larve ou Ver de farine se nourrit de farine.



Tenthrède

Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des Tenthrédinidés (fig. 2050), appelés vulgairement mouches à scie.
Ce sont des insectes assez trapus, de faible taille, de couleur noire avec des bandes vertes ou jaunes. À signaler la Tenthrède limace [Caliroa limacina] (fig, 2051), dont les larves noires et visqueuses rongent le parenchyme des feuilles du poirier et respectent les nervures; la Tenthrède du pin [Lophyre du pin, Diprion pini], etc. Destruction: saupoudrage de chaux ive ou aspersions de bouillie insecticide.


Termite

Genre d'insectes névroptères [Isoptères] abondants dans les pays chauds et dont le pouvoir destructif est très grand
Les termites ou fourmis blanches (fig. 2055) vivent en sociétés nombreuses dont chacune comprend au moins un mâle aile ou roi et une femelle ou reine, chargés de la reproduction, puis un grand nombre d'individus neutres ouvriers et soldats, privés d'ailes. Les soldats ont des mandibules puissantes; ils gardent la colonie et sont toujours prêts à la défendre. Certaines espèces africaines construisent des nids (termitières) qui peuvent atteindre une hauteur de 4 à 5 mètres (fig, 2056)


Deux espèces sont indigènes en France
le Termite à cou jaune (Calotermes flavicollis), qui habite la région méditerranéenne et vit dans les vieux arbres à tronc creux, amandiers, oliviers, où il ne semble pas faire de grands dégâts, et le termite lucifuge (Termes [Reticulitermes] lucifugus), répandu trop abondamment dans tout le Sud-Ouest. La Rochelle, Rochefort, Tonnay-Charente, Bordeaux. Nérac, etc., souffrent de ses dégâts. Ces insectes n'apparaissent jamais volontairement au grand jour; ils creusent des galeries dans le bois, les registres, les piles de vêtements, sans que la moindre trace des ravages qu'ils commettent soit visible extérieurement ; ils déterminent ainsi l'effondrement de planchers, la destruction d'archives, de marchandises.
Quittant les habitations, ils pénètrent souvent dans le sol des jardins, affectionnent en hiver les plates-bandes exposées au midi, le long d'un mur ou la terre abritée par des châssis. II empêchent le développement des plantes de semis ; ils creusent leurs galeries dans les vignes disposées en treilles, dans les arbres fruitiers ; ils en causent le dépérissement, puis la mort. Ils s'attaquent aux tubercules de dahlia, vivent dans les tiges de glaÏeul, de pélargonium, héliotrope, etc.; rongent la base des tuteurs en chêne ou en châtaignier, ne respectant que les tuteurs en bambou.

Dans beaucoup de jardins de La Rochelle, la présence .des termites force à supprimer le bois dans la construction des coffres et des châssis. On remplace les coffres mobiles par des coffres fixes en ciment, et on emploie des châssis en fer.

Éloignement et destruction. On préserve les plantes à tissus tendres ou semi-ligneux (dahlias, pélargoniums, etc.), en enfonçant du bois sec dans le sol à proximité de 1a plante à protéger ; les termites, s'il s'en trouve au voisinage de ces plantes, s'installent dans le bois de préférence.
Les fourmis sont de grands ennemis des termites; mais on ne peut guère favoriser leur développement dans les jardins : leur présence y étant aussi nuisible. On peu répandre une émulsion de pétrole à la surface des sols envahis et l'y enfouir par un labour, ou injecter au pal du sulfure de carbone. .
Dans les habitations, il faut injecter du gaz sulfureux sous pression dans les poutres et boiseries envahies, On empêchera la destruction complète des poutres atteintes en y; appliquant des enduits chauds (60 degrés) de carbonyle; enfin, dans les régions où l'on peut redouter l'envahissement des termites, il faut toujours employer pour la construction des charpentes en fer ou, tout au moins, des bois créosotés. Mais la lutte contre les termites reste le plus souvent sans efficacité, étant donné la forme insidieuse de leurs dégâts.


Thim'ni 

Nom arabe de l'Œstre du mouton (Oestrus ovis [Diptère Oestridé]) [ fig. 208]. Qui fréquente les pâturages élevés d'Algérie (vers 1  000 mètres environ), et vole au-dessus des troupeaux lorsque la température atteint au moins 30 degrés. Cette mouche pond au vol et dépose ses oeufs très souvent sur la face, les narines et les lèvres des bergers. La myase ainsi provoquée est fort gênante; on observe de vives douleurs oculaires, nasales et frontales, fréquemment une inflammation de la gorge, qui rend la déglutition presque impossible. Voir Œstre.



Thrips

Genre d'insectes orthoptères [Thysanoptères] (fig, 2087) comprenant plusieurs espèces, dont quelques-unes causent d'énormes dégâts dans les jardins potagers, C'est ainsi, notamment, que le Thrips du poireau et le Tthrips du pois ont pu parfois réduire de 50pour 100 des récoltes qui s'annonçaient merveilleuses.
Ces insectes sont restés longtemps assez mal connus, car leur taille minuscule leur permettait de rester inaperçus, et leurs dégâts étaient attribués souvent à la larve de l'Hylémie ou Mouche grise, que les cultivateurs appellent le ver.
On en distingue deux espèces principales : le thrips du poireau et le thrips du pois.
Le Thrips du poireau (Thrips tabaca [T. tabaci]) [2] est répandu sur tout le globe, En France, on a signalé sa présence dans de nombreux départements (Aipes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Loir-et-Cher, Maine-et-Loire, Seine, Seine-et-Oise; Oise, Aisne, Tarn-et-Garonne, Gers, etc.).
Il mesure environ un quart de millimètre de longueur, et sa couleur est jaunâtre clair, varié de jaune foncé. La tête est plus large que longue; le prothorax est aussi long que la tête, et sa partie supérieure présente des stries transversales et des épines, plus longues et plus fortes sur les bords. On rencontre l'insecte aux différents stades de son développement (insecte parfait, larve, nymphe), sur les plantes les plus diverses, mais, notamment, sur les liliacées et les solanacées. Sur le poireau, il se loge dans les replis des tiges et des feuilles, où ses larves pullulent, déterminant un épuisement (thripsose) de la plante, dont les feuilles se décolorent, se dessèchent et qui reste souffreteuse et malingre. Les cultures de poireaux sont, en général, envahies par des insectes qui ont hiverné sur d'autres végétaux, principalement les herbes qui croissent spontanément en bordure des champs et qu'il importe de détruire chaque année si l'on veut éviter les foyers d'invasion. Les insecticides habituels sont efficaces contre le thrips ; malheureusement, en raison de son exiguïté et de la profondeur de ses cachettes, l'insecte est difficile à atteindre.
La présence du Thrips du pois (Frankliniella robusta) [1] a été constatée pour la première fois dans le Loiret en 1913. Trois semis successifs de pois échouèrent, et c'est sur les plants du second que l'on trouva, vers la fin d'avril, des colonies innombrables de thrips, qui provoquèrent la décoloration et la déformation des feuilles, des pousses et des rares fruits, puis le dépérissement de la plante, Ce thrips mesure à peu près 1 millimètre et demi de longueur; il est de couleur brun foncé; sa larve est jaune, avec les deux derniers segments de l'abdomen brun foncé.
Son mode d'évolution est analogue à celui de son congénère, décrit plus haut, et les mêmes traitements insecticides peuvent lui être appliqués (poudre de pyrèthre en suspension dans de l'eau savonneuse). Là encore, il faut soigneusement détruire les palntes spontanées qui sont susceptibles d' offrir un asile aux différentes générations de thrips et, surtout, à la forme hibernante ; ne pas utiliser une nouvelle fois les rames qui ont servi à des pois attaqués, brûler les fanes provenant d'une planche infestée ; éviter de semer deux fois de suite dans le même terrain, qu'il faut chauler après un labour profond. Cependant, le service de phytopathologie qui, depuis sa fondation, a rendu déjà des services signalés, étudie le parasite du thrips par un chalcidien entomophage, qui serait susceptible de devenir un auxilliaire de l'agriculture. 

Il existe aussi un Thrips des céréales (Thrips [Limothrips] cerealium) qui ronge les grains de blé et de seigle à leur formation.

Dans Insectes n°141 (2006) : Les Thrips (par A. Fraval).


Tigre 

Genre d'insectes hémiptères [Thysanoptères] (fig, 2099) dont l'espèce type, le Tigre du poirier (Tyngis [Stephanitis] pyri), a de 2 à 3 millimètres de longueur. Aplatis, bruns, avec des ailes membraneuses, les tigres vivent à la face inférieure des feuilles, où ils occasionnent de petites galles par leurs piqûres.
Destruction : pulvérisation, avec des eaux savonneuses ou du jus de tabac dilué.

Dans Insectes n° 140 (2006)   : De quelques tigres (par A. Fraval)

La fiche HYPPZ du Tigre du poirier


Tipule 

Genre d'insectes diptères (fig. 2107) caractérisés par la grande longueur de leurs pattes. À signaler deux espèces principales : la Tipule potagère [Tipula paludosa (oleracea)] et la Tipule des prés, dont les larves causent de grands dégâts sur les racines des plantes potagères, fourragères ou d'ornement.

La Fiche HYPPZ de la Tipule des prairies


Tordeuse

Nom donné communément à tous les microlépidoptères, comme la Pyrale de la vigne, dont les chenilles roulent en cornet, au moyen de fils soyeux, les feuilles des arbres qu'elles attaquent. Nombreux sont ces parasites ; Tordeuse de Bergmann [Archips, Acleris, Hedya ?] (fig. 2129), qui attaque les rosiers; tordeuse du pois, tordeuses des arbres fruitiers, du pin, du chêne, etc., qui, au point de vue scientifique, sont groupées sous 1'appellation de tortricidés. V. Eudémis, Pyrale, Teigne.



Trogosite

Genre d'insectes coléoptères clavicornes, dont l'espèce la plus connue est le Trogosite caraboïde [Tenebroides mauritanicus, Ostomatidé ou Trogositidé] ; sa larve, communément appelée Cadelle est accusée à tort d'être nuisible aux grains et aux farines. V. Cadelle.


Tsé-tsé

Mouche africaine du genre Glossine (fig.2227), qui inocule les trypanosomes à l'homme et au bétail,


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