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Vache folle en ligne : documents


Sommaire (dans l'ordre chronologique)
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En direct de la Liste ESB, un message de Karin Irgens (Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no) sur la question de l'innocuité du muscle. Ce message exprime un point de vue personnel et n'engage que son auteur.

« La viande et le muscle, c'est la même chose, c'est synonyme. On parle de "viande" pour le muscle que l'on mange. Il n'y a pas de tissu musculaire qui ne contienne pas aussi (en plus des fibres musculaires) des vaisseaux sanguins, des filets nerveux, etc. pas de 'viande' ou 'muscle' qui ne contienne ni nerfs, ni sang, sans compter les tissus adipeux, le tissu conjonctif qui remplit les espaces entre les paquets de fibres musculaires, les aponévroses qui recouvrent le muscle .. Un muscle sans nerfs moteurs ne pourrait pas fonctionner! ... Un muscle sans irrigation sanguine dégénérerait par nécrose, suite au manque d'oxygène et d'éléments nutritifs normalement fournis par le sang (voir infarctus du myocarde, qui est un muscle pas tout à fait comme les autres, mais particulièrement indispensable. L'infarctus, c'est la nécrose consécutive à un blocage de la circulation sanguine. Sans trop de conséquences si les cellules nécrosées (= mortes) ne sont pas indispensables aux fonctions vitales. Beaucoup plus embêtant si le site de la nécrose est important).

Quelques réflexions sur la viande - et sur la crise :
- on peut dire que la 'viande pure' (la tranche de viande) est plus 'sûre' que le steak haché, parce que vous pouvez au moins contrôler visuellement qu'il s'agit bien de viande 100%, alors que vous n'êtes jamais visuellement 100% sûr qu'il n'y a pas eu un petit reste de moelle épinière incorporé dans un hachis, sauf si vous le préparez vous-même. Cependant, les risques de mauvais contrôles SRM dans les abattoirs ou ateliers de découpe devraient être nettement moindres depuis 1996 au RU et en France que dans les pays où les éliminations des SRM sont très récentes (octobre 2000). La France a déjà 4 ans d'expérience dans ce domaine, pour certains autres pays les mesures de précaution sont encore trop récentes pour qu'on puisse assurer un respect total 'du jour au lendemain'. Noter cependant qu'en Belgique ou aux Pays Bas, ces mesures doivent être en place depuis fin 1997-début 1998 au plus tard, et au Danemark depuis mars 2000. En Suisse, je suppose que ces mesures ont été prises bien avant 1996 ;
- sans pouvoir en juger concrètement, (n'ayant jamais mis les pieds dans un abattoir!) je me permets de supposer que ces mesures MRS post-1996 devraient avoir été bien mieux contrôlées en France (ou autres pays) dès 1996-97 qu'en Grande Bretagne avant 1995-96. Au RU avant 1996, il y a eu beaucoup de négligences dans les abattoirs, tout simplement parce que les employés n'étaient pas réellement conscients d'un risque pour l'espèce humaine. Ce n'est qu'en mars 1996 que la réalité du risque fut révélée au monde entier. A tort ou à raison, je me permets donc de supposer qu'il n'y a pas eu en France depuis 1996 les mêmes négligences que celles qui ont été révélées tardivement (en 1995) au RU, après une période d'environ 7 ans d'interdiction d'abats à risque sans que la population britannique (et les employés d'abattoirs) croient réellement qu'il y avait un risque. Il paraît donc relativement improbable qu'il y ait eu en France un long temps de latence avant le respect de la réglementation SRM de 1996. Il est toujours plus facile de faire respecter une mesure de précaution lorsqu'elle apparaît parfaitement fondée et justifiée ;
- si cela peut rassurer partiellement certains Français, j'ajouterais que si les contrôles dans les abattoirs britanniques furent souvent défectueux, les abattoirs 'pour exportation' étaient tout de même parmi les moins mauvais, notamment pour le contrôle ante-mortem des animaux, contrôle exigé par l'UE pour autoriser ces abattoirs à exporter. Il faudrait donc modérer un peu les perceptions de risques historiques.... Si la France a importé pas mal de carcasses de vieilles vaches anglaises, ces vielles vaches furent probablement mieux contrôlées que les bovins servis à la population britannique, dans les années avant qu'on exige enfin aussi un contrôle sérieux des abattoirs non exportateurs ;
- on doit pouvoir dire aussi que s'il y a un risque par la viande pure, ce risque sera statistiquement nettement moindre pour les viandes de bovins de race à viande que pour les laitières. Je tendrais à croire qu'il y a pas mal de vaches laitières indemnes d'ESB, on peut même croire et espérer que c'est le cas pour la grande majorité de la population laitière française ...et l'immense majorité des bovins de races à viande (dont le faible nombre de contaminés semble provenir surtout de troupeaux mixtes lait-viande). Ce qui compte réellement, ce n'est pas la race, mais le mode d'élevage et d'alimentation ;
- on peut dire aussi que les risques quantitativement majeurs ont été pris avant 1996. Le risque 'résiduel' éventuel aujourd'hui devrait être minime en comparaison (si risque il y a), en raison des précautions prises à partir de 1996, et renforcées ces derniers temps, surtout en France, grâce aux avis de l'AFSSA, bien suivis par le gouvernement français. De ce point de vue, on peut dire que les français ont la chance d'avoir une AFSSA et un gouvernement acceptant de suivre les avis donnés par l'AFSSA. Aux dernières nouvelles, le principe de précaution est étendu en France aux thymus (ris de veau) et aussi à la graisse mésentérique, ce qui me paraît une sage décision, puisque les nerfs autonomes de l'intestin se trouvent englobés dans cette graisse et que les intestins sont classés tissus à risque. Donc, c'est logique, même si on n'a pas révélé la présence d'agent ESB dans ces graisses. En comparaison avec les avis de l'AFSSA, ceux du comité SEAC britannique ne me paraissent pas toujours logiques :
- il faut bien reconnaître que c'est la France qui a le mieux appliqué le principe de précaution, en comparaison avec les autres pays UE à risque de "catégorie 3" (pays déclarés infectés ou probablement infectés) ;
- la Suisse n'est pas un pays UE, mais a été 'le pays modèle à suivre' pour ce qui est des tests de dépistage. Pour l'instant, seule la France a mis déjà en place un dépistage systématique, suivant le modèle suisse. Les autres pays UE suivront peut-être plus tard, et n'auront pas forcément tous des programmes 'volontaires et supplémentaires' aussi sérieux que ceux de la Suisse ou de la France. La Commission UE n'exige qu'un nombre relativement faible de tests (8 000 exigés pour la France à partir de janvier 2001, alors que la France s'est déjà engagée à tester 48 000 animaux cette année 2000). Il faut donc saluer les efforts volontaires de la France et, bien sûr, ceux de la Suisse ;
- il est donc paradoxal de constater qu'un pays qui fait des efforts réels de dépistage subit maintenant des 'sanctions' économiques "pour avoir trop bien dépisté", notamment les sanctions de pays qui refusent d'importer de France, mais dont nous ignorons les situations réelles de risque ou d'absence de risque ESB ;
- les assurances données aux consommateurs en France ou ailleurs quant à la diminution du risque depuis 1996 n'aident pas vraiment le consommateur de novembre 2000, qui veut vraiment savoir s'il y a ou non un risque résiduel dans la 'pure viande', ou si le risque est vraiment 'zéro'. Il me parait tout à fait normal et légitime d'exiger un niveau de risque le plus proche possible de zéro, surtout pour les enfants supposés indemnes des risques éventuels de la période avant 1996 ;
- on peut se poser des questions sur l'état d'éveil critique du consommateur français ou européen avant octobre 2000. En fait, il n'y a pas d'augmentation vertigineuse des cas d'ESB en France, il y a simplement un programme de tests s'ajoutant aux dépistages cliniques ordinaires. Il y a eu ces dernières années même pas un doublement du nombre des cas cliniques en France. C'est une augmentation, certes, mais elle n'est pas énorme. L'augmentation des cas cliniques a été peu modifiée en France cette année. L'augmentation du nombre total de cas (cliniques + tests) est plus importante, mais résulte en partie du programme de tests. Cette augmentation était parfaitement prévisible et attendue. On ne trouve que ce que l'on cherche. La Suisse et la France cherchent et trouvent. Les autres pays ne cherchent pas et ne trouvent donc pas ;
- on ne pourra vraiment comparer les pays que fin 2001, et encore faudrait-il que les autres pays acceptent de tester bien plus d'animaux que le programme minimal et insuffisant imposé par la Commission UE. Si la France avait attendu l'an 2001 pour tester seulement 8 000 bovins, au lieu d'en tester 48 000 'en avance et en supplément' du programme imposé, il n'y aurait pas de 'crise'. On peut se poser des questions sur le retrait des viandes dans les cantines scolaires belges ou suisses. Pourquoi maintenant ? ;
- les Français avertis devaient bien se douter que des viandes d'exploitations non encore reconnues infectées pourraient être commercialisées, sans qu'il y ait fraude ou tentative de fraude ou une quelconque mauvaise intention. Pourquoi cet effet de surprise pour un événement parfaitement prévisible ? ;
- on comprendrait mieux l'inquiétude générale en cas de révélation subite de non respect des règles d'élimination des SRM ;
- pour l'instant je n'ai rien lu de ce genre à propos de la France, alors qu'au RU on a 'subitement découvert' en 1995 que les abattoirs ne respectaient pas la réglementation SRM imposée en 1989 ;
- l'histoire de la vache à ESB détectée récemment à l'abattoir n'a rien de scandaleux, bien au contraire. Cette histoire montre que l'abattoir a bien fonctionné, que ses inspecteurs font de bons contrôles ante-mortem... et que la traçabilité des viandes a fonctionné plutôt très bien ;
- cette même histoire pourrait bien être un scandale judiciaire, plutôt qu'un scandale de santé publique. Personnellement, j'ai du mal à supporter l'idée de l'emprisonnement d'une famille de 'négociants' non experts en ESB, sans qu'on nous assure de la justification réelle d'une telle privation de liberté. J'attends (avec impatience) de telles justifications... ou une remise en liberté de ces accusés jusqu'à preuve de leur hypothétique culpabilité ;
- on ne peut reprocher au consommateur une méfiance tout à fait logique et compréhensible vis à vis des incertitudes qui demeurent. Personnellement, je n'admets pas que l'on qualifie une inquiétude légitime d'hystérie collective ou autre qualificatif méprisant, même si je reconnais que la logique ne règne pas toujour ;
- on assiste à des manifestations de confiance dans la viande française seulement (pour les Français encore confiants), à une confiance dans la viande britannique uniquement (pour les britanniques encore confiants) ... à des méfiances de pays importateurs contre la viande française seulement, ou 'au mieux' contre les viandes française et irlandaises ... à un refus espagnol d'importer des viandes françaises, alors que le secret officiel sur les risques ESB pris par l'Espagne fut total jusqu'en juillet 2000... et que ce pays fut classé dans la même catégorie (3) de risque que la France ... et que l'Espagne a même fait des tentatives pour interdire la publication sur Internet des résultats du rapport d'analyse de risque sur l'Espagne du CSD-UE... ;
- à la question de savoir si la tranche de steack bovin représente ou non un danger, je ne puis donner qu'une réponse dubitative et ignorante: "Je ne sais pas". A la question sur les doses possibles (théoriques) dans la 'viande pure', on ne peut que supposer que s'il y a de l'agent ESB dans les viandes 'pures' une telle dose, si elle était présente, devrait être de l'ordre de 10 000 à 1 000 000 de fois moindre que dans le système nerveux central d'un bovin à ESB clinique ou pré-clinique. Nous avons la certitude du 'beaucoup moins qu'avant' et même considérablement moins, mais il nous manque toujours la certitude du zéro risque ;
- on nous affirme que le zéro risque n'existe pas, ce qui ne rassure pas vraiment... et ne décourage pas forcément les tentatives individuelles de se rapprocher le plus possible du niveau zéro risque, surtout pour les enfants dont le risque est aujourd'hui le plus faible, et qu'on voudrait évidemment continuer de maintenir au plus bas ;
- à la même question sur les viandes ovines, je ferai la même réponse d'ignorance, à une différence près. S'il y a des moutons contaminés ESB, il parait probable que leurs viandes seraient plus contaminées que les viandes bovines. J'ignore si la viande (le muscle) bovin est 100% indemne de prion - j'ignore si des moutons britanniques ou français sont contaminés ESB, je suppose que s'il y a des moutons contaminés ESB ce seraient surtout les britanniques ... et je me permets de remarquer une fois de plus que la Commission UE n'a jamais décidé aucune mesure restrictive vis-à-vis des exportations de moutons vivants ou viandes ou abats (notamment boyaux à saucisses) de moutons britanniques ;
- l'incertitude vient surtout du fait que l'on n'a jamais vraiment prouvé l'absence de prion dans la viande bovine, et donc la certitude de sa totale innocuité. On ne peut affirmer qu'une seule chose, c'est qu'on n'a  pas pu mettre en évidence du prion ESB dans la viande bovine, du moins jusqu'à présent... Il est difficile de prouver l'absence d'un agent infectieux. Il est bien plus difficile de prouver l'absence d'un agent EST sans diposer de méthodes de détection très sensibles. Malheureusement, on n'en dispose pas. Combien d'essais ont été faits ? Combien d'essais sur souris (très peu sensible pour des tissus peu contaminés) ? Combien d'essais sur bovins ? Pas tellement, je crois. Combien d'années d'observation sur bovins ayant reçu des doses expérimentales de tissu musculaire ? Pas tellement d'années ... On ne peut mesurer chez les animaux inoculés qu'un seul effet, l'effet létal (= mortel) . On ne peut donc pas mesurer les doses infectieuses sub-létales. Si on arrête une expérience sur bovins au bout de 7 ans d'observation sans signes cliniques d'ESB, quelle conclusion peut-on réellement en tirer ? Un bovin pourrait vivre 3 fois plus longtemps. Très peu de bovins atteignent ces âges dans nos élevages. Donc, on peut conclure de ces expérimentations 'négatives' qu'aucun effet pathogène mortel n'a été observé chez quelques rares bovins pendant un tiers de leur durée de vie théorique. Le bovin à ESB (non expérimentale) le plus âgé jamais constaté au RU avait 18 ans, mais on ignore la date de contamination de cette vache. Fut-elle contaminée dans sa première année de vie ? Ou plus tard ? ;
- faut-il massacrer les bovins nés avant 1996 en France ? Ceci me parait excessif, surtout en ce qui concerne les bovins à viande d'élevages dont l'alimentation a été traditionnellement 'pur végétal'. Même au RU, pays au plus haut risque ESB, on peut penser que beaucoup d'élevages de races pure viande, notamment en Ecosse, sont probablement indemnes, et les consommateurs britanniques ont encore le droit de consommer des viandes de bovins de plus de 30 mois en provenance de tels élevages 'à garantie spéciale'.  Des abattages systématiques de vieilles laitières pourraient constituer une mesure efficace, mais coûteuse, dans les départements à dominante laitière les plus atteints (question intéressante: dans un tel cas, l'UE devrait contribuer aux dépenses, puisque l'UE a déjà contribué aux dépenses énormes des mesures prises au RU) ;
- mais savons nous réellement si le risque en France est supérieur au risque dans les pays voisins ? En fait, nous ne savons rien du tout, puisque seule la Suisse peut être à peu près valablement comparée à la France. Il est normal que le nombre de cas d'ESB détectés, surtout après de réels efforts de dépistage, seront supérieurs (à risque égal) dans un pays à plus forte population bovine... ce qui est le cas en France... et encore supérieurs dans les départements les plus à risque. Contrairement à la Suisse très 'homogène', la France présente des différences régionales importantes ;
- on pourrait même imaginer qu'il existe des pays contaminés à relativement faibles doses, avec beaucoup d'animaux contaminés à dose trop faible pour être décelables par Prionics ou autres tests rapides. On pourrait avoir des résultats négatifs 'sérieux' mais donnant une fausse idée de sécurité totale ;
- en plus, pour les pays non membres UE, nous ne savons pratiquement rien des risques qu'ils ont pris (ou pas pris), à l'exception des rares pays analysés en détail par le CSD- UE. Ces pays non-UE n'auront aucune obligation de commencer en janvier prochain un programme de tests ;
- faut-il interdire les farines animales pour porcs, volailles, poissons ? Ce serait certainement un objectif à atteindre, tant du point de vue risques EST que des points de vue de l'éthique et se la protection animale. Nos animaux devraient avoir le droit de manger des aliments acceptables pour le goût et l'odeur. Les consommateurs devraient avoir le droit de ne pas être dégoûtés à l'idée de ces recyclages plus ou moins cannibalistiques d'infâmes déchets peu ragoûtants... Mais, compte tenu des problèmes de montagnes de SRM, cadavres et autres substances à risque, compte tenu des risques pour l'environnement de nuisances pénibles pour les voisinages de ces sites et de dangers EST réels ou potentiels, il me semble, au moins à court terme, préférable de miser le maximum sur la séparation totale des filières d'alimentation de ruminants et de monogastriques en attendant de cogiter sur des solutions réalistes, afin d'éviter de remplacer un problème sérieux par un autre problème sérieux ;
- on nous signale que des accords OMC ??? interdiraient à l'Europe de produire plus d'aliments végétaux pour bovins, porc ou volailles. ??? J'aimerais en savoir plus, j'appelle à l'aide et aux infos. Jusqu'à présent, je croyais naivement que l'OMC se limitait aux interdictions d'interdire d'importer ... ce qui est déjà plus que suffisamment problématique. Je ne savais pas que l'OMC pourrait interdire de produire des denrées afin d'éviter de les importer ! ;
(L'abonnement à ESB-liste est déjà gratuit... un co-listier a suggéré récemment d'abonner Chirac. Je suggère de proposer une invitation à José Bové, pour bénéficier de ses réflexions et connaissances sur le système OMC) ;
- enfin, je me demande s'il est vraiment nécessaire de pousser nos animaux à produire sans cesse plus de lait ou croître de plus en plus vite... On a réussi en Europe, pas totalement, mais bien mieux qu'aux USA, à produire des viandes sans hormones, du moins sans hormones légales. On a survécu ! Ne pourrait-on pas survivre aussi bien à une production laitière relativement réduite, un prix plus élevé du lait et des fromages et beurres, avec les bénéfices potentiels d'un nombre réduit de vaches à mammites et de distributions d'antibiotiques et donc d'apparition de souches bactériennes antibiorésistantes ? ;
- de tout ceci, je dois malheureusement conclure que je n'ai qu'un seul espoir pour vraiment résoudre la crise, un seul espoir d'arrêter l'angoisse normale et compréhensible dûe à l'incertitude. C'est l'espoir d'un test valable sur des organes autres que le sytème nerveux central et impliqués dans les stades précoces de l'incubation. L'intestin grêle, surtout dans sa portion terminale "iléon", porte d'entrée la plus probable du prion ESB, serait l'organe de choix. L'idéal serait qu'on aboutisse à un test permettant de déduire de la négativité des intestins de x% des animaux d'un élevage que cet élevage est vraiment non contaminé. Si l'intestin est négatif, le muscle doit être encore plus négatif, et sa négativité deviendrait vraiment crédible pour les élevages ainsi contrôlés.  Dans ce but, il faut absolument que la France et tous les pays à risque ESB ou à risque 'négligeable' pour l'ESB collaborent pour offrir aux chercheurs concernés des prélèvements d'intestins présumés négatifs, intestins d'animaux à ESB clinique, intestins d'animaux de troupeaux abattus pour ESB. Les aider au maximum pour avancer dans leurs leurs recherches de mises au point et de validations de tests. Leur accorder les moyens financiers nécessaires, car ces recherches demandent beaucoup de temps et du personnel compétent. Bien sûr, si survenait entre temps une découverte de technique valable et validée sur le sang bovin, ce serait superbe, tout deviendrait 'facile', on pourrait alors certifier des animaux vivants et oublier les cerveaux ou intestins. »


De la liste ESB : message de Jean-Christophe Béjannin (BEJANNIN@rocketmail.com) du 8 novembre 2000
Après les évènements de ces deux derniers jours, une vue de la situation autour de la restauration scolaire

1) Quelles réactions des responsables ?

- Ceux qui suppriment " le bœuf " des menus scolaires : La région Alsace, Angoulême, Biarritz, Bordeaux, Bourges, Caen, Carcassonne, Castelnau-le-lez, Cherbourg, Clichy (Hauts-de-Seine), Dunkerque, Etampes, Grenoble, Mont de Marsan, Niort, Nogent sur Marne, Orléans, Poitiers, Pont-Audemer, Rouen, Toulon, Toulouse, Tours et Yerres (source TF1) Cahors, Dax, Decazeville, Castelsarrasin, Lavelanet, Mazamet, Montauban, Moissac, Morlaix, Nantes, Reims, Rodez, Saint-Affrique, Strasbourg, Tarbes (source AFP)

Les caisses des écoles de 11 arrondissements parisiens, organismes présidés par les maires d'arrondissement, avaient dès la semaine dernière décidé de supprimer le boeuf des menus des cantines scolaires. Il s'agit des III, IV, V, VI, VII, XI, XII, XIII, XIV, XVI et XVIIèmes arrondissements. S'y sont rajoutés mardi le XVIIIème, (dont le maire est Daniel Vaillant), les IIème, IXème, Xème et XVème, soit au total 16 arrondissements. La Ville de Paris a recommandé mardi la suspension de la viande de boeuf dans les écoles maternelles et l'offre de menus optionnels dans les écoles élémentaires.

D'autres communes non citées dans les médias ont pris des mesures de ce type, par exemple en région parisienne Antony, les Lilas, Vincennes, le Plessis-Robinson (infos provenant de co-listiers)…

- Ceux qui " refusent la psychose " :

A Lyon, " Je crois que nous avons imposé l'un des systèmes les plus rigoureux en France. Ceux qui achetaient de la vache de race laitière ont raison d'arrêter le boeuf.". la ville a mis en pace depuis 1993 un cahier des charges draconien, encore renégocié l'été dernier avec la SODEXHO, qui interdit l'utilisation de viande de race laitière, y compris pour les steaks hachés et les spaghettis bolognaise. Les bâtonnets de poulet pané et les saucisses de Francfort ont également été retirés des menus : "Nous n'arrivions pas à obtenir des produits suffisamment sûrs", explique l'adjointe chargée des affaires scolaires. Le cahier des charges impose également une traçabilité complète des produits achetés. "Pour chaque aliment, indique le docteur Philippe Ritter, directeur du service d'écologie urbaine de Lyon, nous exigeons les fiches techniques de tout ce qui rentre dans la composition. Cela va jusqu'au sel." BRAVO Lyon !!!

Ou plus " cowboys " les élus Brestois qui sont allés manger du steack haché dans les cantines (OK pour le steack haché, mais ils n'ont pas demandé à goûter aux raviolis, non ???)

A Antony, par exemple, après avoir résisté la journée de Lundi (" Avenance nous garantit l'origine de la viande, si on commence à supprimer la viande, après ce sera les OGM, il faut bien que les enfants mangent, etc… ") la municipalité a cédé " vue la psychose des parents… et seulement pour cette raison ! ".

Certaines villes ont choisi une solution intermédiaire en offrant " à la demande " (des parents par écrit…) un plat de substitution : c'est le cas de Blagnac par exemple…

- Ceux qui " réfléchissent " :

Les municipalités d'Agen (Lot-et-Garonne) et de Périgueux (Dordogne) réfléchissaient mardi à la question. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la municipalité de Bayonne devait tenir une réunion avec des "spécialistes" (médecins notamment) et arrêter une décision mercredi. Même chose pour Pau vendredi.

2) De quelle " viande de boeuf " parle-t-on ?

Selon les cas, on interdit les " plats contenant de la viande de bœuf " (Nantes), les " produits industriels contenant de la viande bovine, tels les raviolis ou cappeletis " (Blagnac), le " steack haché " (pour le maintenir à Brest, ou le supprimer à Morlaix), les " préparations à base de viande de bœuf reconstituée, notamment les steaks hachés, les boulettes de viande et préparations similaires " à Strasbourg, mais souvent plus globalement on évoque la " viande de bœuf "… Dans le secondaire, ou les décisions de ce type semblent beaucoup moins fréquentes (les Régionales, c'est quand ???), seul le rectorat d'Alsace a demandé que soient retirés de la restauration scolaire les " saucisses et hamburgers ".

3) Quelles raisons sont invoquées ?

"Souci d'apaisement des inquiétudes manifestées par de nombreux parents d'élèves et usagers" à Nantes, afin de " rassurer les familles " à Blagnac, en raison " d'interrogations en amont sur la traçabilité " à Paris, " refus de céder à la psychose " à Brest, " principe de précaution "…
Bref nous autres élus on est tous des adultes bien informés, on sait qu'il n'y a aucun risque, mais comme les parents sont un peu simplets, on leur donne raison quelques jours juste le temps qu'ils oublient tout ça…

4) Jusqu'à quand ?

Pour JM. Ayrault, à Nantes, "dans l'attente des réponses qui doivent être apportées" et en attendant une prise de positon du préfet… "pour cette semaine", "pour 15 jours", en général il s'agit de mesures " provisoires ",mais on ne reste pas inactif (on s'agite ou plus généralement on attend que l'autorité la plus immédiatement supérieure reprenne le mistigri…)

5) Que dit le Gouvernement ?

J. Glavany continue de choisir avec soin les mots et l'ordre dans lequel il les emploie : " Aux maires "qui nous sollicitent" sur cette question, "nous répondons que nous ne conseillons pas de prendre ces mesures qui ne reposent sur aucune réalité scientifique, aucune évaluation du risque, aucun nouvel élément qui soit intervenu dans la connaissance de la maladie ces derniers jours", a déclaré le ministre.
C'est sûr que ça n'est pas pareil que s'il avait dit " nous conseillons de ne pas prendre… " !!!

Vos beaux yeux Isabelle, d'amour mourir me font (le Ministre Gentilhomme ???)

Je trouve quand même cette déclaration de D. Gillot particulièrement mal-t-à-propos :
" Augmentation des cas de MCJ pas forcément liés à la vache folle " (AFP le 07/11)

La secrétaire d'Etat à la Santé Dominique Gillot a déclaré mardi à l'AFP qu'"il faut s'attendre à une augmentation des cas de maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) dans les années à venir", mais que tous ces cas "ne seront pas forcément liés au nouveau variant de la maladie", soupçonnée d'être transmise par des produits bovins.

Résultat des courses, hier soir au CA du collège de mon fils, lorsqu'on a évoqué le sujet " vache folle ", voilà-t-y pas qu'un participant me dit " vous savez, on vient d'apprendre que la MCJ ça n'a peut-être rien à voir avec la vache folle… " (mais c'était encore avant l'émission de M6…)

6) Que fait le gouvernement ?

Une réunion interministérielle aura lieu mercredi sur le problème des cantines scolaires et des interdictions de consommation de boeuf. Elle réunira les ministres Jack Lang (Education) et Jean Glavany (Agriculture), et les secrétaires d'Etat Dominique Gillot (Santé) et François Patriat (Commerce et consommation).

7) Que disent les parents ?

Beaucoup sont inquiets, c'est sûr, mais peu l'assument vraiment… résultat quand on évoque le sujet en assemblée on a encore des réactions un peu moqueuses, mais à titre individuel de nombreux coups de fil ont été donnés aux mairies depuis lundi de parents demandant des " dérogations " pour leurs enfants…

La FCPE, par exemple, a du mal à définir une position qui ne la fasse pas accuser de succomber à l'" hystérie " des parents…

Pour ma part, je suis assez confiant quand j'apprends que l'AFSSA va (enfin) être investie d'une demande d'avis sur ce qui arrive dans l'assiette de nos enfants… Avec cette démarche scientifique, on va peut-être pouvoir évoquer sereinement les risques réels posés par ces circuits qui sont pour la plupart totalement opaques (J'ai à la disposition de ceux qui le souhaiteraient les extraits du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur la Sécurité Alimentaire qui évoquent la restauration hors domicile, soit une vingtaine de pages au total). Enfin, tout ça concerne les cantines scolaires du premier degré, mon fils a encore eu des boulettes de viande au lycée aujourd'hui… j'espère qu'il ne s'agit pas une nouvelle fois d'écouler des stocks !!!


Communiqué de presse (20 octobre 2000)
Farine de viande dans l'alimentation des bovins : les contrôles et les analyses de la DGCCRF

Certaines informations parues dans un quotidien le 20 octobre 2000, mettent en cause la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes : les services de contrôle toléreraient la présence de traces de farine de viande dans l'alimentation des bovins.
La présentation faite de l'action de contrôle de l'alimentation animale menée par l'administration est très loin de refléter la rigueur et l'exigence des dispositions mises en oeuvre.
La DGCCRF rappelle que, depuis 1990, l'incorporation de farine de viande est interdite dans les aliments destinés aux bovins.
Les farines animales autorisées pour les non-ruminants subissent un traitement thermique à 133°C, 3 bars et 20 minutes, et doivent être issues de produits ne contenant pas les matériaux à risque prohibés par la réglementation.
Aucune tolérance n'existe s'agissant de l'absence de farine de viande dans les aliments pour ruminants. En 1997, la DGCCRF a été la première à mettre au point, grâce aux travaux de son laboratoire de Rennes, une méthode d'analyse permettant de détecter et de quantifier la présence éventuelle de farines dans l'alimentation animale.
Cette méthode permet, par densimétrie puis par coloration, la mise en évidence des fragments d'os dans les farines.
Comme toute méthode de prélèvement et d'analyse, celle-ci comporte des marges d'erreur qui ont amené à considérer que seuls les résultats révélant une présence supérieure à 0,1 % de fragment d'os (soit 0,3 % de farine de viande) sont systématiquement transmis à l'autorité judiciaire. En deçà de ce seuil, il est procédé à d'autres contrôles approfondis dans l'entreprise, des mesures correctives sont exigées et leur suivi se traduit, en cas de défaillance, par une procédure contentieuse.
Ainsi, la DGCCRF a réalisé depuis le début de l'année 482 contrôles qui, compte tenu des résultats, n'ont donné lieu à aucune transmission au parquet.
Il faut aussi souligner que les dispositions en cours au plan national ont déterminé un seuil analytique plus exigeant que l'évaluation scientifique menée à bien au plan communautaire par le comité scientifique directeur.


Réunion du comité de sécurité sanitaire autour de la politique de lutte contre l'ESB - Paris, le 25 octobre 2000

Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, ministère de l' Aménagement du territoire et de l'Environnement, secrétariat d'Etat à la Santé et aux Handicapés, secrétariat d'Etat aux Petites et Moyennes Entreprises, au Commerce, à l'Artisanat et à la Consommation.
Le Comité national de sécurité sanitaire institué par la loi du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la sécurité sanitaire s'est réuni ce jour sous la présidence de Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé et aux Handicapés, en présence de Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement.
Ce comité à été l'occasion de retracer la politique de sécurité sanitaire menée par ce Gouvernement et de discuter de son adaptation à l'évolution des connaissances.
Des publications scientifiques récentes sur la transmission de l'agent de l'encéphalopathie spongiforme bovine amènent en effet à reprendre l'analyse du risque de transmission de l'agent du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) par le sang, ses dérivés, par les procédures de soins, mais aussi par l'alimentation.
Afin de compléter les mesures déjà en vigueur depuis plusieurs années en France, tant en ce qui concerne la lutte contre l'ESB maladie animale que les mesures de protection des consommateurs, les ministres chargés de l'agriculture, de la santé et de la consommation ont saisi l'AFSSA le 2 novembre 1999, afin qu'elle procède à une réévaluation globale du dispositif français de prévention de la transmission des ESST.
Cette analyse du dispositif a d'ores et déjà conduit à l'adoption de plusieurs mesures qui renforcent encore la sécurité des aliments (interdiction du jonchage, réévaluation de la liste des matériels à risques spécifiés) et de faire progresser les connaissances sur la maladie (programme de recherche national mettant en oeuvre les tests immunologiques rapides, évaluation du statut pathologique des troupeaux atteints).
Des mesures complémentaires de retrait ont été décidées et vont être prochainement publiées. Elles concernent l'interdiction des intestins de bovins, pour prendre en compte les avis récents de l'AFSSA et des dispositions relatives à l'interdiction d'incorporation des graisses provenant d'os de ruminants ou résultant de processus de transformation de produits de ruminants non destinés à la consommation humaine. D'autre part, les conditions de mise en oeuvre du retrait des colonnes vertébrales de bovins sont actuellement à l'étude.
En ce qui concerne les farines de viande et d'os, déjà interdite pour l'alimentation des ruminants, les ministres chargés de l'agriculture, de la santé et de la consommation ont demandé la saisine de l'AFSSA pour qu'elle procède à l'étude des risques sanitaires liés à l'incorporation de ces farines dans les aliments destinés notamment aux porcs et aux volailles.
Parallèlement, le gouvernement va étudier toutes les solutions alternatives à leur utilisation en alimentation animale.
Enfin, conformément aux engagements pris, un protocole en cours de finalisation à l'AFSSA conduira à la réalisation de prélèvements de manière aléatoire sur des bovins présentés à l'abattoir pour la consommation humaine.
Sur les produits sanguins et les activités de soins, les agences de sécurité sanitaire et le comité interministériel sur les ESST présidé par Dominique Dormont ont été chargés de cette réévaluation. En particulier, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) organisera à la mi-novembre une conférence pluridisciplinaire d'experts afin de réévaluer les mesures prises pour parer à l'hypothèse d'une transmission du nvMCJ par les produits sanguins. Ce groupe analysera les données scientifiques disponibles et entendra les associations de patients, de donneurs de sang ainsi que les prescripteurs de produits sanguins. Un avis sera rendu avant la fin de mois de novembre aux autorités sanitaires et sera rendu public.
En ce qui concerne le risque de transmission des ESST par les dispositifs médicaux, notamment lors d'interventions chirurgicales, la direction générale de la santé et la direction de l'hospitalisation et de l'offre de soins ont élaboré un projet de circulaire actualisant les mesures de prévention de la transmission des ESST en milieu de soins. Cette circulaire sera diffusée aux professionnels concernés dès que ses principes en auront été validés par les experts scientifiques. L'AFSSAPS engage un programme d'action concernant les dispositifs médicaux visant à l'extension de l'usage unique, au contrôle des dispositifs médicaux réutilisables, des lave-endoscopes et des produits désinfectants et au bilan des procédés de stérilisation en pratique ambulatoire. Enfin, un système d'assurance de la qualité sera prochainement mis en place dans les établissements de santé pour la stérilisation des dispositifs médicaux : un effort financier important sera consenti dans le cadre de l'objectif national de dépenses d'assurance-maladie pour 2001.

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La fraude a la viande : le communiqué de la FNSEA

ESB : les fraudeurs doivent être durement sanctionnés

Concernant la vente par le négociant en bestiaux de Beuzeville, d'un animal atteint d'ESB, la FNSEA demande à la justice de prononcer des sanctions exemplaires, si la fraude était avérée. Les fraudeurs, quels qu'ils soient, doivent être punis avec la plus grande sévérité, car on ne joue pas impunément, ni avec la santé des consommateurs, ni avec l'image de l'élevage français.
Les éleveurs sont en effet exaspérés devant des dérives qui portent atteinte à toute la filière, alors même que jamais autant d'efforts n'ont été consentis pour assurer la sécurité alimentaire des consommateurs. Ils ont aussi un sentiment de ras le bol devant les informations contradictoires qu'ils reçoivent de la part des pouvoirs publics et de l'administration, s'agissant des farines animales. Sur ce sujet, la FNSEA demande donc aux pouvoirs publics et à son administration, d'assurer l'application de règles claires, transparentes et connues de l'ensemble des producteurs et des consommateurs.
Pour la FNSEA, la santé des consommateurs doit passer avant toute autre considération. C'est pourquoi la FNSEA demande d'accélérer l'effort de recherche pour parvenir à des tests sur les animaux vivants, mesure qui assurera une sécurité maximale au consommateur. En attendant, s'il le faut, des tests sur tous les animaux présents dans les abattoirs devraient être appliqués. A l'heure actuelle, l'abattage systématique reste indispensable compte tenu des connaissances actuelles, car c'est la première mesure de précaution pour les consommateurs. Par ailleurs, il est clair que la traçabilité, que nous avons toujours défendue, a montré toute son utilité en permettant de circonscrire les risques dans la chaîne alimentaire.
La FNSEA n'accepterait pas que l'inconscience de certains porte atteinte à l'ensemble des éleveurs, qui exercent leur métier de manière responsable, dans le souci de la santé des consommateurs. Devant ce nouveau coup porté à la profession, la FNSEA demande au ministre de l'agriculture, et au Gouvernement d'être au côté des éleveurs qui méritent la confiance des consommateurs et doivent pouvoir exercer leur métier dans la sérénité.
Luc Guyau a déclaré : "Face à cette crise, je demande de ne pas diaboliser l'information et j'en appelle à la responsabilité de chacun : pouvoirs publics, producteurs, distributeurs, consommateurs, médias, afin de retrouver toute la sérénité dans une situation difficile pour tous."
Sur Internet : www.fnsea.fr


Le SNIA rappelle les mesures de précaution (18 octobre 2000)

Depuis la crise anglaise de l'ESB, les fabricants d'aliments pour animaux ont en permanence adapté leurs actions, afin d'appliquer au maximum le principe de précaution.
C'est ainsi que le SNIA n'a pas attendu l'arrêté d'interdiction d'utilisation des farines de viande dans l'aliment pour bovins (24 juillet 1990). En effet, dès octobre 1989, le Syndicat demandait, par circulaire adressée à ses adhérents, d 'appliquer immédiatement la mesure de suppression des farines de viande dans les aliments pour bovins.
Le prion n'était pourtant pas un nouveau venu. En effet, l'un des premiers cas a été décrit vers 1848, mais nous ne connaissons ni les causes de son apparition, ni celles de cet état sporadique durant plus d'un siècle.
Le caractère désormais endémique de cette maladie a conduit les experts, depuis une dizaine d'années, à formuler différentes hypothèses (cause alimentaire, transmission maternelle, cas sporadiques et autres voies non explorées).
Pour leur part, depuis 1989, les fabricants d'aliments ont constamment adapté leurs mesures de précaution en fonction des nouvelles données des experts.
Il y a plusieurs façons de répondre à l'obligation réglementaire vis-à-vis de l'absence des farines de viande dans les aliments pour ruminants :
- application du Guide de bonnes pratiques de maîtrise des contaminations
croisées par toutes les entreprises : tant dans la fabrication que pour le transport ;
- certaines entreprises ont spécialisé des chaînes de fabrication : d'un côté les aliments pour ruminants, de l'autre les aliments destinés aux autres animaux ;
- d'autres ont spécialisé des usines complètes de fabrication ;
- d'autres ont totalement supprimé les farines de viande dans les usines.
Malgré tous les efforts déployés, un mélange, aussi infime soit-il, est toujours possible : en cours de fabrication, pendant le transport ou lors de l'utilisation chez les éleveurs.
C'est ainsi qu'une analyse fine pourrait révéler des traces de fragments d'os à des niveaux d'une partie pour mille, ou moins encore. C'est ce qui a amené la DGCCRF à appliquer une grille d'interprétation des résultats de contrôles (des traces inférieures à un pour mille, en ce qui concerne les fragments d'os, sont admises par cette administration).
Il faut également noter que ces traces éventuelles proviennent d'éléments triés et prélevés sur des viandes reconnues consommables par l'homme. Ils ont de plus subi le traitement de sécurité : chauffage à 133° C, sous une pression à 3 bars, pendant au moins 20 minutes.
Si d'une manière ou d'une autre aucune trace n'était plus admise, les fabricants d'aliments, qui ont constamment adapté leurs mesures de précaution et qui continueront à le faire, n'auront alors plus de solution industrielle à proposer pour la valorisation des co-produits animaux en alimentation animale.
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Un message de Karin Irgens (Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no) : une analyse personnelle de la réglementation des gélatines
qui n'engage qu'elle-même et non son institution

Voici le lien direct pour la dernière réglementation UE sur la gélatine :
"99/724/CE: Décision de la Commission, du 28 octobre 1999, modifiant l'annexe II de la directive 92/118/CEE du Conseil définissant les conditions de police sanitaire ainsi que les conditions sanitaires régissant les échanges et les importations dans la Communauté de produits non soumis, en ce qui concerne lesdites conditions, aux réglementations communautaires spécifiques visées à l'annexe A, chapitre 1er , de la directive 89/662/CEE et, en ce qui concerne les pathogènes, de la directive 90/425/CEE"

Rien que le titre est assez rébarbatif, et le texte ne vaut guère mieux. J'avais espéré y trouver une interdiction de l'usage des colonnes vertébrales ainsi que l'obligation de traiter par la soude (car les traitements acides ont peu d'effet sur les agents EST). J'ai été déçue... Voici quelques extraits :
"...considérant que ... la mise en oeuvre finale ne peut avoir lieu qu'une fois établie la classification des pays et des régions... et en attendant l'évaluation scientifique précitée ainsi que les décisions qui en découleront, l'entrée en vigueur des règles de fabrication de la gélatine issue d'os de ruminants doit être suspendue jusqu'à ce que la législation communautaire relative à la classification des pays ou régions en matière de statut ESB soit applicable; que la Commission engagera sans retard la procédure destinée à l'entrée en vigueur des règles de fabrication de la gélatine issue d'os de ruminants après l'adoption de la législation communautaire relative à la classification des pays ou régions en matière de statut ESB... "
(commentaire : mais il n'exite pas encore une telle 'législation')
"... considérant ...que, si la gélatine et le collagène sont préparés exclusivement à partir de peaux d'animaux sains, l'administration vétérinaire puisse en autoriser l'importation et le transit sans restriction sur son territoire, quel que soit le statut des pays exportateurs; ...que l'abattage des bovins dans un abattoir dans de bonnes conditions d'hygiène et sous surveillance évite la contamination des peaux par des matières présentant des risques au regard des encéphalopathies spongiformes transmissibles... "
(commentaire: l'opinion du CSD-UE sur la gélatine signale en particulier la contamination possible de la peau par le tissu cérébral qui s'écoule du trou formé par le pistolet d'abattage ... d'autre part, le terme 'animaux sains' ne signifie pas 'indemne d'ESB', mais seulement animaux sans signes cliniques à l'examen ante-mortem)
"...La présente décision est applicable à compter du 1er juin 2000. Elle ne s'applique pas à la gélatine destinée à la consommation humaine qui a été produite avant cette date."
"... Le présent chapitre fixe les conditions sanitaires applicables à la mise sur le marché et aux importations de gélatine destinée à la consommation humaine, mais à l'exclusion de la gélatine destinée à des usages pharmaceutiques, cosmétiques ou autres usages techniques ainsi qu'à des dispositifs médicaux."
"... 1. Les matières premières suivantes peuvent entrer dans la fabrication de gélatine destinée à la consommation humaine :
- os,
- peaux d'animaux ruminants d'élevage,
- peaux de porcs,
- peaux de volailles,
- tendons,
- peaux de gibier sauvage,
- peaux et arêtes de poisson.
2. L'utilisation d'os obtenus de ruminants nés, élevés ou abattus dans des pays ou régions de la catégorie 4 est interdite."
(commentaire: os : aucune interdiction des colonnes vertébrales. Cependant le CSD considère les colonnes vertébrales comme un matériel à risque à éviter dans la production de gélatine. Voir à ce sujet l'analyse de risque du CSD du 13-14 avril 2000)
Quantitative risk assessment on the use of the vertebral column for the production of gelatine and tallow
Autres opinions CSD sur la gélatine:
http://europa.eu.int/comm/food/fs/sc/ssc/out37_en.html et http://europa.eu.int/comm/food/fs/sc/ssc/out09_en.html

Suite des extraits de la décision 1999/724 :
"...La gélatine doit être fabriquée selon un procédé qui garantisse :
- que tous les os de ruminants qui proviennent d'animaux nés, élevés et abattus dans des pays ou régions de la catégorie 3 soient soumis soit à un procédé garantissant que tous les os soient finement broyés, dégraissés à l'eau chaude et traités à l'acide chlorhydrique dilué (à une concentration minimale de 4 % et un pH 12,5) pendant une période d'au moins vingt jours, avec stérilisation à 138-140 °C pendant quatre secondes, soit à un procédé équivalent agréé par la Commission, après consultation du comité scientifique compétent,
(commentaire: le CSD a indiqué la soude comme beaucoup plus efficace... noter que le traitement thermique est de 4 secondes seulement.)
Les fabricants de gélatine européens ont commenté la décision dans leur rapport annuel 1999 (en anglais).
On précise que les têtes ne sont pas utilisées, et on rappelle que les moelles épinières sont 'éliminées'.

Le rapport commente une étude en cours sur la capacité d'inactivation ESB des procédures de fabrication de la gélatine. Ces recherches sont effectuées aux USA, au RU et aux Pays-Bas et on attend les premiers résultats entre novembre 2000 et janvier 2001. Coût total 1,5 millions de dollars...

Un autre texte GME traite de la sécurité des gélatines. Ce texte rappelle que la gélatine est utilisée entre autres pour le traitement des blessures cutanées et, en solution, comme substitut du plasma sanguin. Je suppose que les matières premières pour ces gélatines médicales proviennent de pays de catégorie 1...
Ce texte nous apprend qu'on n'a jamais trouvé d'agent ESB dans la peau bovine ... et que les os utilisés sont 'généralement exempts de moelle epinière'.
Ici on précise que les crânes de ruminants sont exclus, alors que le texte précédent parlait d'exclusion de têtes. Donc la peau des têtes bovines pourrait bien être utlilisée ?
Je comprends difficilement que l'on ait interdit l'usage de colonnes vertébrales dans la production de viandes séparées mécaniquement (décision 2000/418) et que l'on n'ait pas interdit ces colonnes vertébrales pour la gélatine. Si on avait la certitude d'éliminer à l'abattoir la totalité des tissus nerveux en relation avec les colonnes vertébrales, il n'y aurait pas besoin d'interdire les viandes séparées mécaniquement.

Pour finir, je rappelle la déclaration de la GME déjà donnée dans mon courrier du 12 octobre 2000 : Gelatin Manufacturers of Europe (GME)...
Traduction : "Le GME a pour but ... de contrecarrer toute action négative contre la gélatine par les législateurs, les scientifiques et le public.... et de tenir la gélatine hors des discussions sur l'ESB dans les média."
Ils ont parfaitement réussi, pour ce qui est des actions 'négatives' (pour le GME) des législateurs UE...

[R]


Un message de Laurent Berthod à propos du cas d'ESB diagnostiqué dans le Rhône en septembre 2000.

Le numéro du 28 septembre 2000 de l'hebdomadaire L'information agricole du Rhône consacre trois « papiers » au dernier cas d'ESB dans le département (commune de Montrottier). J'en communique les extraits suivants :
Extrait du communiqué des organisations agricoles professionnelles du Rhône (Chambre, FDSEA, CDJA, GDS) :
« Il faut noter l'attitude de l'éleveur et de son épouse, Gérard et Yvette Prothière, ainsi que du vétérinaire, qui ont agit avec responsabilité, conscients de la légitime inquiétude des consommateurs qui est aussi la leur. Il s'agit d'un éleveur passionné aimant son métier et ses animaux, profondément choqué par cette situation et qui dans un moment particulièrement difficile a fait preuve d'une grande coopération. Il faut souligner également la mobilisation et l'appui apporté spontanément à cette famille d'agriculteurs par les éleveurs voisins et l'équipe d'entraide. »
Extrait du communiqué de la FDSEA :
« Rappelons que la FDSEA a porté plainte le 29 mars contre X auprès du procureur de la République. Une démarche identique a été engagée par le syndicat des exploitants agricoles d'Ouroux, Avenas, St-Mamert pour le premier cas d'encéphalite spongiforme bovine sur notre département. Coïncidence des faits : au moment où le troupeau de Montrottier quittait l'exploitation en vue d'être incinéré, le président de la FDSEA était auditionné par la gendarmerie pour la suite de la plainte déposée fin mars par la FDSEA. »
Extraits du communiqué de M. Hervé Lacroix, au nom du syndicat agricole de St-Julien :
« Sur la commune de Montrottier et de Saint Julien sur Bibost (l'exploitation est à cheval sur ces deux communes) c'est la stupeur et l'émotion. Aussitôt les rangs se sont serrés pour affronter l'épreuve. Les voisins, les responsables locaux, la famille, tous unis pour témoigner leur amitié et un soutien sans faille à cet éleveur [...] Beaucoup d'éleveurs, ici comme ailleurs s'interrogent sur l'obligation de l'abattage total. L'éleveur n'avait il pas acheté deux génisses à Lacroix Laval (NB: manifestation agricole départementale annuelle qui se déroule fin août ou début septembre) qui furent en contact avec le troupeau seulement pendant quelques heures ? "C'est difficile déjà de voir une de ses bêtes atteinte d'ESB, mais voir tout son troupeau éliminé, c'est insupportable. Nous comprenons qu'il faille rechercher la sécurité sanitaire et alimentaire avant toute chose mais pas à n'importe quel prix !" Les responsables agricoles de St Julien sur Bibost tiennent à exprimer leur entière solidarité avec cet éleveur. » Et plus loin : « Pour des questions de sécurité et de respect de la volonté de l'éleveur, une grande discrétion a été observée par l'entourage, jusqu'au départ du cheptel vendredi dernier. »


Un message de Vincent Beringue (v.beringue@ic.ac.uk), en direct de Grande-Bretagne (sans les accents dans le texte - NDLR : lesquels ont été généreusement fournis par le Courrier de l'environnement), à propos de l'article de l'équipe de John Collinge dans les PNAS (Proc. Natl. Acad. Sci. USA, vol. 97, issue 18, 10248-10253, 29 août 2000).

Quelques précisions à propos de l'article de l'équipe de John Collinge qui sort dans PNAS.
Ce sont des études qui concernent le franchissement de la barrière d'espèce dans les maladies a prion. Dans les modèles expérimentaux de tremblante, des souches sont adaptées a la souris et d'autres au hamster. En particulier, la souche 263K (ou Sc237 aux USA) n'induit pas la maladie, c'est-à-dire l'apparition de signes cliniques suivie de la mort de l'animal, lorsqu'elle est inoculée à la souris.
L'équipe de Collinge a étudié plus en détail la transmission. Elle a montre que certains animaux, aymptomatiques accumulaient en fait de la protéine du prion anormale (PrPsc). Lorsque le cerveau des ces souris asymptomatiques est ensuite homogénéisé puis inoculé a des souris et à des hamsters, les deux peuvent developper une tremblante et induire la mort de l'animal.
Cet article est un développement de ce que l'équipe de Bruce Chesebro avait publié il y a maintenant 2 ans dans Nature avec des souris n'exprimant pas le gène de la protéine du prion. Il va nettement plus loin car il montre que, lors de la transmission primaire de la souche de hamster à la souris, il n'y a pas seulement une persistance de la souche mais bien une propagation puisqu'il y a accumulation de PrPsc. De plus, il y a aussi très probablement une modification de cette souche, puisqu'au second passage elle est capable de tuer la souris, chose que la souche primaire de hamster ne pouvait pas faire.
Si on extrapole cette étude experimentale à l'épidémie d'ESB, il se pourrait donc que des animaux qui ont été nourris avec des farines contaminées accumulent de la protéine anormale et que l'ingestion de ces animaux par d'autres espèces, dont l'homme, puisse induire la maladie. Jusqu'à present, le poulet et le porc semblent résister à la maladie (pour le porc, après essai de contamination par voie orale uniquement). Ces animaux pourraient donc constituer des "porteurs sains" et représenter un serieux danger pour la consommation humaine si tant est que la souche d'ESB puisse se propager dans un "porteur sain" comme a pu le faire celle de hamster chez la souris.
Un papier du Guardian sur cet article


Un éleveur victime de l'ESB, message de Jean-Paul Vieille (jean-paul.vieille@wanadoo.fr)  du 29 août 2000 intitulé

Je fais volontiers suite à la suggestion d'Y. Lepape et je viens vous dire, en gros, comment ça se passe chez mon fils Paul, dont une vache, découverte atteinte de l'ESB, fin juin, a entraîné l'abattage de la totalité du troupeau.
La nouvelle que la bête était contaminée a été un coup de massue. Paul est assez soucieux, tout comme son épouse médecin, de fabriquer de la nourriture saine pour avoir entrepris depuis un an et demi son passage en "bio". Il est depuis huit ans membre, et cofondateur, du groupement vendéen "Agriculture durable" dont l'objectif est de nourrir les vaches le plus possible a partir des pâturages et de rechercher les espèces d'herbe les mieux adaptées au milieu. Il donnait à ses bêtes principalement de la nourriture produite sur son exploitation. Il achetait à l'extérieur des aliments concentrés du type luzerne déshydratée, pulpe de betterave, tourteau de soja. Il n'achetait jamais d'aliments composés granulés. Les vaches n'étaient pas suralimentées et donnaient en moyenne 6 500 l de lait par an.
Jusqu'en 1999 Paul confiait ses génisses de deux semaines à un beau-frère qui les nourrissait jusqu'à l'âge de deux ans. Il ne disposait pas en effet, a cette époque, de surfaces suffisantes (32 vaches pour 33 ha). La vache malade a mangé pendant cette période, c'est à dire de 1994 à 1996, des granulés et du lait en poudre contenant des graisses animales (suif et saindoux) achetés à une grosse coopérative du Maine-et -oire (rappelons que l'interdiction des farines animales date de 1990). Il n'y avait ni volaille ni porc chez Paul, ni chez son beau-frère. S'il y avait contamination croisée, elle n'était donc pas du fait de l'éleveur, mais de son fournisseur.
Lorsqu'il a été avéré que la vache "Jugeote" était atteinte de l'ESB, Paul a décidé de déclencher, malgré les pressions exercées sur lui par l'administration (la Préfecture) derrière la DSV, une opération transparence de son côté, et de l'autre une recherche des responsabilités, même au prix éventuel d'une action en justice contre X. Exploitant en Vendée, il a alerté la presse régionale (voir Ouest France du 29 06). Paul Payan a fait un très bon article dans France Soir du 30 juin. Je ne cite pas les autres journaux, je ne les connais d'ailleurs pas tous.
La Brigade d'enquêtes vétérinaires a passé une journée entière chez Paul, armée de deux photocopieuses, prenante copie de toutes les factures d'achats d'aliments, y compris le lait en poudre, des frais de vétérinaire, et notant tous les mouvements d'animaux. En fin de journée sa conclusion a été qu'on voyait mal ce qui s'était passé chez Paul.
Depuis cinq ans un producteur de l'agence "Point du Jour" cherchait à réaliser un reportage sur l'ESB et l'avait propose aux Chaînes. Récemment Antenne 2 a accepte la proposition et l'équipe de Point du Jour a l'origine du projet s'est mise en chasse d'un éleveur - ayant une vache atteinte de l'ESB, - disposé à en parler, - ayant quelque chose à dire.
Laure Siaud a trouvé cet éleveur. C'est pour cela qu'une sympathique équipe de quatre professionnels a débarqué à Mouchamps le 27 juin, a passe une semaine sur place, logeant chez l'habitant, assistant aux discussions entre exploitants chez Paul, et bien entendu au départ du troupeau vers l'abattoir le 3 juillet. Quelques dizaines d'agriculteurs étaient également présents, dans le calme comme promis par Paul à la DSV . L'opération n'était donc pas "confidentielle" comme l'écrivait Le Monde du 8 Août.
Le 23 août à 8 heures tout le village attendait le premier camion de montbéliardes. Les habitants avaient accroché sur la stabu des pancartes de bienvenue "Point du Jour" était là et la date de la fête annuelle du village avait été déplacée pour coïncider avec celle de la renaissance du troupeau. (Pour en terminer avec les médias, je crois savoir que le reportage doit être diffusé par Antenne 2 avant la fin de l'année, un dimanche soir.)
Paul a reçu de nombreux témoignages d'encouragement, y compris par des missives anonymes. Il a trouvé une attitude compréhensive et souvent sympathique à la Direction des services vétérinaires.
L'indemnisation a été correcte. Paul a reçu 638 000 F au total pour 50 bêtes de tous âges, soit 13 000 F par animal, qui couvrent: l'achat d'animaux de qualité prêts à produire du lait, l'achat de jeunes animaux ,les frais d'analyse vétérinaire d'achat, les surcoûts liés au rachat d'animaux d'origines diverses dont le microbisme est différent, la perte économique liée au lait non produit pendant les deux mois supposés nécessaires pour repartir avec un nouveau troupeau, le manque à gagner lié au retard pris dans la reconversion à la biologie, donc à la valorisation supplémentaire du lait.
Outre les bêtes du troupeau de Paul, tout le troupeau du beau-frère a été abattu, ainsi que 33 vaches et génisses vendues en Vendée. Au total 130 bêtes pour lesquelles le contribuable aura payé environ 1,3 à 1,5 MF auxquels il faut ajouter les frais de transport des animaux et d'abattage très particulier.
L'attitude des pouvoirs publics est pour lui difficile à comprendre, pour ne pas dire choquante dans certains cas :
- parmi les bêtes abattues on savait identifier celles qui étaient nées chez Paul, qui n'avaient jamais mangé de farine et dont le seul tort était d'avoir fréquenté Jugeote. C'est donc que l'on accrédite la thèse de la contagion de bête à bête ? ;
- on ne comprend vraiment pas pourquoi des recherches ne sont pas faites chez les bêtes qui ont consommé, dans d'autres troupeaux, les farines livrées à la même époque par les mêmes fournisseurs ;
- les règlements semblent varier d'un département à l'autre. Ainsi à ma conaissance, Paul a demandé que les bêtes abattues subissent le test ESB. Demande d'abord rejetée, puis acceptée, mais sans qu'il puisse avoir connaissance des résultats (jusqu'à ce jour). Alors que (selon Ouest France du ?) les bêtes de Jean-Benoît Rault ont été soumises au test et les résultats (négatifs) lui ont été communiqués. Paul a continué à livrer son lait jusqu'au départ du troupeau, alors que Jean-Benoît Rault se l'est vu refuser... ;
- pourquoi ne pas effectuer un test sur toutes les bêtes destinées à la boucherie, avant de les envoyer dans le circuit de consommation ? ;
- à sa demande de conseils sur des mesures éventuelles de désinfection à prendre avant l'arrivée du nouveau troupeau il lui a été simplement répondu que sa question était intéressante...Il a, de lui-même, désinfecté sa stabu à l'eau de Javel diluée, mais n'a rien fait, bien sur, sur ses prairies. Comme le disent Daniel Gloaguen (Valeurs mutualistes juillet 2000) et Mme Brugère-Picoux la contagion par les bouses n'est pas à exclure.
Paul n'a pas le temps de s'ennuyer, avec les différents médias qu'il a accepté, en général, de recevoir, avec la recherche dans le Jura d'un nouveau troupeau de montbéliardes et les travaux lancés avant les "évènements" pour sa conversion au bio et qui progressent.
Il ne pourra pas avant longtemps, je le crains, éprouver le même sentiment de sécurité avec ses nouvelles bêtes qu'avec celles qui ont été sacrifiées (les animaux achetés sont-ils sûrement exempts d'ESB ?). Paul redémarrerait certainement avec davantage d'enthousiasme s'il avait l'impression qu'en haut lieu on pratique la transparence et si on ne s'y laissait pas intimider ou influencer par qui que ce soit.

[R]


Le 22 août 2000, les commentaires tout à fait personnels de Karin Irgens à propos du décret du 14 août 2000, actualisant la liste des matériaux à risque spécifié.

"Art. 1er. - A l'article 31 de l'arrêté du 17 mars 1992 susvisé, le point p est remplacé par les dispositions suivantes :
" p) i) Les abats spécifiés suivants :
" - le crâne, y compris la cervelle et les yeux, les amygdales et la moelle épinière des bovins âgés de plus de douze mois"
commentaire :
Ces mêmes organes de bovins > 12 mois sont classés SRM pour les pays de catégorie II et III par décision UE 2000/418.

" - l'iléon et la rate des bovins quel que soit leur âge ;"
commentaire :
Le texte 2000/418 ne prévoit de retirer comme SRM que l'iléon des bovins de plus de 12 mois dans les pays de catégorie de risque II et III. Ce n'est qu'au RU et au Portugal que la décision 2000/418 classe comme SRM l'intestin entier de bovins de plus de 6 mois. Donc, la décision française est à mon avis meilleure dans le sens de la précaution. La décision 2000/418 ne classe pas la rate des bovins comme SRM (quel que soit l'âge) alors que la rate des petits ruminants est SRM à tout âge... Donc aussi pour la rate bovine, on aura suivi les recommandations de précaution de l'AFSSA.

" - le crâne, y compris la cervelle et les yeux, les amygdales et la moelle épinière des ovins et caprins âgés de plus de douze mois ou qui présentent une incisive permanente ayant percé la gencive ;
" - la rate des ovins et caprins quel que soit leur âge.
commentaire : ici, pas de différence avec la décision UE.

" ii) Les tissus suivants provenant d'animaux ayant pu être exposés à un risque spécifique de contamination par un agent d'une encéphalopathie spongiforme subaiguë transmissible (ESST) :
" - le thymus des bovins d'origine française nés avant le 1er mai 1999 ainsi que des bovins d'importation introduits en France avant cette date ;
commentaire :
Ici aussi, la liste SRM française est plus sévère que celle de l'UE qui ne considère comme SRM que les thymus et rates de bovins de plus de 6 mois au RU et au Portugal, mais pas dans les autres pays.

" - les intestins des bovins nés avant le 31 juillet 1991, des bovins d'importation introduits en France avant cette date, ainsi que des bovins originaires de Suisse nés avant le 1er décembre 1991 ;
Je reproduis ici les commentaires de l'AFSSA :
"(l'AFSSA) ...appelle l'attention sur la nécessité, pour tenir compte de l'hypothèse non démontrée à ce jour, où les segments de l'intestin autres que l'iléon dans lesquels des formations lymphoïdes sont présentes, présenteraient une infectiosité, et comme cela a été indiqué dans les avis précédents de l'AFSSA, d'adapter les mesures actuellement applicables à ces matériaux, en particulier au regard de la date du 31 juillet 1991." (avis de l'AFSSA du 11 août)
commentaire personnel :
Donc, si j'ai bien compris, l'AFSSA aurait préféré pour les intestinsentiers la date du 1.5.1999 plutôt que celle du 31.7.1991. Très peu de bovins (de plus de 9 ans) seront concernés par cette mesure...

" - le crâne, y compris la cervelle et les yeux, des ovins et caprins nés ou élevés au Royaume-Uni, quel que soit leur âge ;"
commentaire :
La décision UE 2000/418 ne fait pas de différence entre pays II ou III et pays de catégorie de risque IV (Portugal et RU) pour les petits ruminants. Donc ici la France classe comme SRM des tissus qui même au RU ne sont classés SRM que pour les petits ruminants âgés de > 12 mois. Ce qui risque de poser des problèmes, mais puisqu'il y a déjà l'embargo sur la viande bovine britannique, cela ne change peut-être pas grand-chose...

" - la tête entière, la moelle épinière ainsi que les viscères thoraciques et abdominaux des ovins et caprins abattus dans le cadre des dispositions de l'arrêté du 28 mars 1997 fixant les mesures de police sanitaire relatives à la tremblante ovine et caprine. "
commentaire :
Je me demande ce qu'ils font dans d'autres pays, en cas d'abattage pour cause de tremblante. Apparemment, ce n'est pas prévu par la réglementation UE. Au RU, la Food standards agency a maintenant publié sur son site pour consultation le texte réglementaire SRM proposé aux britanniques ainsi qu'une lettre accompagnant le projet. Dans cette lettre, il est précisé que la décision (2000/418) ne permet pas aux états membres d'avoir des règles SRM plus strictes que celles données dans la décision 2000/418... (???). Le RU ne pourra donc plus retirer comme SRM le thymus et l'intestin entier des bovins de moins de 6 mois, ni les têtes d'ovins et caprins de moins de 12 mois.... Ils donnent aussi dans cette lettre le point de vue du comité SEAC britannique :
" In relation to cattle, members noted that the Commission proposal would result in the removal of intestine and thymus from cattle over 6 months old rather than from all cattle as is currently the case in the UK. SEAC were content with the proposal in relation to cattle thymus but felt that the change in relation to cattle intestine might represent an increased risk, although this was likely to be extremely small. With sheep, members agreed that it would be preferable to continue to remove whole sheep heads rather than, as proposed by the Commission, the skull including brain and eyes, and from all sheep rather than those over 1 year old. They noted, though, that sheep SRM removal was based on the theoretical possibility that BSE may have passed to sheep and current measures were based on a risk reduction not a risk elimination strategy. On balance, therefore, the Committee felt that the benefit of introducing controls on SRM across the European Union outweighed the slight increase in risk that may arise from any consequential change to the UK's existing controls."

En bref, le SEAC considère que pour les thymus c'est pas grave (mais je ne crois pas qu'on mange le 'ris de veau' au RU) - pour l'intestin il y aurait selon SEAC un risque augmenté, mais pas de beaucoup - quant aux têtes de petits ruminants, le SEAC note qu'il 'aurait été préférable' de continuer comme avant (tête entière, tout âge).

Ci-dessous, un extrait d'un avis précédent du SEAC, de Mars 2000 (lorsqu'on ne connaissait pas encore la liste SRM finale adoptée par la commission UE) :
"... Members further agreed that, in the event that the EU proposal to add intestine to the list of specified risk materials from sheep or goats were adopted by Member States, they would not advise against this but would advise that the whole intestine from sheep of all ages should be classified as specified risk material...."
SEAC March 2000

Traduction :
Les membres du SEAC ne se seraient pas opposés à une éventuelle proposition UE d'ajouter l'intestin des petits ruminants à la liste des SRM, mais auraient dans ce cas conseillé que soit classé SRM l'intestin entier des ovins de tout âge...
Le Danemark a classé SRM (en mars 2000) l'iléon des bovins et ovins-caprins de plus de 12 mois. Vont-ils maintenant oublier les iléons de petits  ruminants ?

Je ne sais pas quelle est la 'politique intestinale' des autres pays.


Le 8 juin 2000, le ministère de l'Agriculture et de la Pêche et sa direction générale de l'Alimentation (mission de recherche " ESB ") publient un comunniqué de presse qui présente le programme de recherche national sur l'Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB).

Le ministère de l'Agriculture et de la Pêche a lancé ce jour le plus  important programme de recherche sur l'ESB en Europe. Ce programme doit permettre de mieux estimer la prévalence de la maladie (c'est-à-dire le nombre de cas dans une population déterminée) et, d'autre part, de valider sur le terrain, en conditions réelles, les tests dediagnostic rapide.
D'ici la fin de l'année 2000, 48 000 prélèvements seront effectués, sur l'ensemble du territoire, sur des bovins âgés de plus de 24 mois, morts en exploitation ou euthanasiés par un vétérinaire, ainsi que sur des bovins abattus d'urgence pour cause d'accidents. Parmi ces prélèvements, 12 000 sont destinés à satisfaire par avance aux obligations communautaires.
Ce programme de grande ampleur proposé par les scientifiques mobilisera 271 millions de francs. Il a pour objectif une connaissance scientifique rapide et rigoureuse de la maladie. Pour autant, il ne modifie en rien les mesures de santé publique en vigueur pour la protection du consommateur, telles que le retrait préventif à l'abattoir des organes potentiellement porteurs de l'agent de l'ESB, l'interdiction des farines animales pour les ruminants. Ce programme ne modifie pas non plus l'indemnisation des éleveurs pour tout nouveau cas d'ESB détecté.
Le test rapide mis en ouvre pour l'ensemble du programme de recherche est l'un des trois tests sélectionnés en juillet 1999 par la Commission européenne. Il s'agit du Prionics, choisi au terme d'un appel d'offre européen par les trois ministères chargés de l'Agriculture, de la Santé, et de la Consommation.
Le suivi scientifique de l'étude, ainsi que l'établissement de son bilan, sont confiés à un comité scientifique de suivi (CSS) placé auprès de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). La direction scientifique du programme est assurée par l'AFSSA. La mise en ouvre concrète du programme de recherche est menée par les services vétérinaires départementaux qui s'appuient pour cela sur les vétérinaires sanitaires.
Présidé par le professeur Marc Girard, directeur du Centre européen de recherches en virologie et immunologie (CERVI) de Lyon, le CSS est composé de huit personnalités scientifiques.
L'annonce des premiers résultats intermédiaires se fera à l'initiative du comité scientifique de suivi, vraisemblablement en fonction du nombre d'échantillons collectés, soit à la fin septembre ou au début du mois d'octobre.

Rappel
Selon le rapport du Comité Dormont du 2 mars 2000, en l'état actuel des hypothèses en matière de transmission de la maladie, la connaissance de la prévalence de l'infection du cheptel français devra contribuer à optimiser l'évolution des mesures sanitaires de lutte en vigueur.
Aujourd'hui, hormis la Suisse, aucun pays ne dispose de données précises ou utilisables permettant d'estimer la prévalence, y compris d'animaux en phase d'incubation et ne présentant donc pas de symptômes cliniques caractéristiques de l'ESB. Le test utilisé par la Suisse était aussi le Prionics.

Information presse
Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, DGA, mission de recherche " ESB "
Tél. : 01 49 55 58 69 / 01 49 55 58 99 ; fax : 01 49 55 81 16 ; progrechtests.dgal@agriculture.gouv.fr


Une analyse tout à fait personnelle de Karin Irgens (Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no) du rapport européen concernant la France en matière de risque d'ESB.

"Le rapport CSD-UE sur la France indique les 'challenges externes' suivants pour la France :
Importation de bovins reproducteurs du RU : environ 100 bovins britanniques par an de 1980 à 1990.
On considère que les années 1988, 1989 et 1990 sont les plus dangereuses sur cette période, soit environ 300 animaux pour ces 3 ans. En 1991 et 1992 le nombre de bovins reproducteurs importés du RU en France augmente énormément, respectivement 1 155 bovins et 8 460 pour ces 2 années. (c'est en 1992-93 que l'épidémie d'ESB atteint son point culminant au RU).
Jusqu'à 1996, beaucoup de veaux sont importés du RU pour engraissement et abattage. Vu le jeune âge à l'abattage, le risque de recyclage ESB est moindre qu'avec les reproducteurs destinés à vivre des années.
Importation aussi de bovins irlandais, portugais et suisses. Leur nombre n'est pas précisé.
Importations de farines du RU : le rapport ne donne les chiffres qu'à partir de 1986 : 9 500 tonnes en 1986, 8 400 t en 1987, 10 300 t en 1988, 16 000 t en 1989 et 1.800 ten 1990. L'importation de farines en provenance de pays UE a triplé entre 1980 (14 157 t) et 1997 (45 430 t). Les dernières années, les FVO importés en France provenaient essentiellement d'Italie, Irlande, Suisse, Pays Bas et Danemark."


L'analyse et les premiers commentaires tout à fait personnels de Karin Irgens (Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no), en direct de la liste ESB. Ils n'engagent évidemment qu'elle-même.

Mode d'emploi :
"Pour trouver les rapports CSD-UE d'analyse de risque géographique ESB, entrer sur : http://europa.eu.int/comm/dg24/health/sc/ssc/outcome_en.html
Pour trouver les rapports pour chaque pays, cliquer sur 'reports'. En fait, il est inutile de tout lire. Le rapport principal 'tous pays' donne l'essentiel pour chacun des 25 pays analysés, en plus de la présentation de la méthode d'analyse utilisée :
Preliminary opinion on the geographical risk of Bovine Spongiform Encephalopathy (GBR) - 25 May 2000
http://europa.eu.int/comm/dg24/health/sc/ssc/out111_en.pdf
On peut commenter les rapports jusqu'au 19 juin. Pour les rapports individuels par pays, il est inutile d'imprimer les 20-21 premières pages de chaque rapport, qui sont une répétition de la présentation de la méthode d'analyse de risque.

Quelques commentaires (personnels) de Karin Irgens :
- L'objectivité paraît plutôt satisfaisante. La même méthode (décrite dans les 20 premières pages de chaque rapport) a été appliquée à chaque pays. Au moins trois experts ont examiné chaque pays, sur documentation écrite et par interrogatoires. Les experts n'étaient pas de même nationalité que le pays analysé, ce qui renforce la crédibilité des conclusions. D'ailleurs, ils ont mis le temps... il a fallu presque 18 mois pour analyser 25 pays après 6 mois pour mettre au point la méthodologie.
- Il faut espérer que la méthode d'analyse utilisée par le CSD sera appliquée (plus rapidement !) à d'autres pays, du moins les pays exportateurs de produits d'origine bovine.
- Des programmes éventuels de dépistage systématique dans les pays catégorie 3 qui n'ont pas encore rapporté de cas d'ESB autochtones permettraient éventuellement de confirmer les conclusions du CSD. Pour l'instant, de tels programmes ne sont prévus que par la France et le Danemark cette année. Les programmes de tests obligatoires à partir de janvier 2001 concerneront un nombre limité d'animaux.
- Ce serait bien aussi, à mon avis, de faire des tests systématiques dans les pays de catégories 2 et 1 - mais le nombre de tests devrait être augmenté dans les pays à risque plus faible et je crains que les pays "bien classés" choisissent de se reposer sur leurs lauriers.
- Enfin, il est maintenant clairement et officiellement admis que le seul fait de n'avoir pas rapporté des cas d'ESB autochtones ne détermine pas forcément le statut ESB d'un pays. Ainsi l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, qui se disaient indemnes, sont désormais classés dans la même catégorie de risque que la France, la Suisse, l'Irlande, la Belgique, les Pays Bas...
- La méthode d'analyse utilisée par le CSD-UE n'est pas vraiment quantitative (ce serait d'ailleurs impossible, par manque de données) et ne permet pas de classer les pays de manière plus précise, de donner des estimations quant à l'incidence réelle de l'infection dans chaque pays.
La méthode d'analyse:
Je n'ai pas le temps de tout traduire... Pour les non anglophones, je conseille de se reporter principalement au tableau 8, pages 29-30 du rapport "tous pays" - je vais tenter de l'expliquer :
- Les analyses de risque sont faites sur plusieurs périodes et le tableau donne les variations en fonction du temps.
- Deux notions sont essentielles dans l'analyse : 'stability' et 'challenge'
- que je préfère ne pas essayer de traduire (peut-être des épidémiologistes de la liste trouveront un terme français meilleur que "stabilité" et une traduction pour "challenge"...)
- Le 'challenge', c'est la quantité d'infection ESB susceptible d'exister dans un pays à un moment donné (par importations d'animaux ou de farines potentiellement infectés, par recyclage dans les farines nationales...). Le challenge a évidemment fortement varié selon les pays et aussi, pour chaque pays, varié dans le temps.
En page 7 du même texte, un autre tableau indique les critères semi-quantitatifs pour juger de l'importance du challenge.
Exemples: Un challenge est "extrêmement élevé" si plus de 10 000 bovins ont  été importés du RU entre 1988 et 1993. Idem pour des quantités de farines de l'ordre de 10 000 tonnes du RU entre 1986 et 1990. Les niveaux inférieurs de challenge sont 'très élevé', 'élevé', modéré', 'faible', 'très faible' et 'négligeable'. On a accordé à ces niveaux des valeurs numériques allant de -3 (négligeable) à +3 (extrêmement élevé).
- La 'stabilité' est une qualification des systèmes en place (ou inexistants)  pour réduire la quantité d'infection. Là, les notations vont en sens inverse de celles du challenge, les -3, -2 et -1 indiquent une mauvaise 'stabilité', c.à d. des systèmes ayant une capacité faible ou nulle de réduire l'infectivité des farines ou d'éliminer les tissus infectés. Une stabilité '0' est considérée comme 'neutre', c.à.d. que la quantité d'infection des déchets retraités et consommés (par ruminants) ne sera ni réduite, ni augmentée par recyclage. Un système 'très instable' aboutira à une amplification de l'ESB par recyclage des déchets. Le mieux pour la stabilité c'est donc les notations +1, +2 et surtout +3, qui est la stabilité 'optimale'. Pour obtenir +3, il faut éliminer les SRM, avoir un système qui évite vraiment les contaminations croisées, et avoir un traitement thermique suffisant des farines. Alternativement, il faut avoir cessé toute production de farines pour l'alimentation animale.
La stabilité du système varie dans le temps, s'améliore progressivement surtout en Europe, notamment par la mise en place plus ou moins tardive de traitements thermiques à 133 degrés, 3 bar, 20 minutes, l'élimination ou non des SRM décidée plus ou moins tard selon les pays, et les mesures pour éviter les contaminations croisées.
Ainsi, la plupart des pays avaient une 'stabilité' très mauvaise dans les années 1980 (exception faite de l'Autriche et du Paraguay) , et beaucoup de pays n'ont introduit un traitement thermique approprié que tardivement (1997-1999) ou même pas du tout. (exemple, la Nouvelle Zélande dont l'extrêmement mauvaise stabilité (-3) ne s'est 'améliorée à 'très mauvaise' (-2) qu'en 1999. Le bon classement de la NZ repose donc entièrement sur l'absence de challenge depuis 1980.
Le pays qui est le mieux noté, c'est le Paraguay, dont le risque négligeable et la bonne stabilité sont restés invariables entre 1980 et 1999. La Norvège a eu un risque négligeable entre 1980 et 1985, années où le système était extrêmement instable (-3). Les importations de bovins danois qui constituent notre seul 'vrai' risque (un peu moins négligeable) ont eu lieu plus tard, à partir de 1991-92, lorsque le 'système devenait plus stable'. Tout dépendra des dates où les bovins danois importés ont été abattus et leurs déchets recyclés. Si beaucoup d'animaux danois abattus avant 1994-95 (meilleure stabilité du point de vue traitement thermique) la Norvège pourrait être reclassée en catégorie 2. Il semble pour l'instant que ces animaux reproducteurs aient pour la plupart survécu longtemps avant abattage.
- On a tenu compte de l'interaction challenge-stabilité qui varie dans le temps. Les risques à l'importation ont pu être pris à des époques variables, avant ou après l'obtention d'une 'stabilité' satisfaisante. Des challenges comparables donneront des risques différents en fonction de la capacité du système à éliminer l'infectivité.
- D'autre part, le challenge/risque par importation de bovins ou farines du RU n'est pas identique pour chaque année. L'incidence par million de bovins adultes au RU n'est estimée qu'à 1,36 pour l'année 1986, mais passe à 7 596 en 1992. De même, le challenge par les farines britanniques varie dans le temps. Moins contaminées avant 1986 et après 1990, plus contamiées dans la période1986-90 (1990 -élimination des SRM des aliments pour porcs-volailles au RU).
- On a estimé 'en gros' que les bovins et farines importés de pays à risque ESB autres que le RU représentaient respectivement un risque 100 fois moindre et 10 fois moindre que si on les avait importés du RU.
- On a modulé les estimations de risque en fonction des âges probables à l'abattage des animaux importés. (p.ex. l'Italie a importé beaucoup de veaux, abattus généralement entre 6 et 18 mois, donc risque nettement moins élevé que le risque pris par l'importation d'un même nombre de reproducteurs abattus à 5-7 ans).
- Pour les détails par pays, se reporter aux rapports par pays (...) Je signale cependant que ces rapports contiennent moins de détails que les textes de demandes de statut ESB envoyés par les 25 pays. J'aurais souhaité des textes UE plus complets et détaillés.

- En ce qui concerne la France, je n'ai pas eu le temps de lire (j'ai commencé par l'Espagne, l'Allemagne, les USA... ). Il est évident que le challenge a été très fort pour la France, et que la stabilité, très mauvaise au départ, comme pour presque tous les pays, s'est améliorée tardivement, par étapes (décision SRM 1996 - températures pressions 1999). Mais certains pays comme l'Espagne sont dans une situation de 'stabilité' bien plus mauvaise que celle de la France. Les stabilités de l'Irlande ou de la Suisse sont cependant meilleures que celle de la France.


Un problème de stockage de farines animales dans l'Oise, par René Gellez (rene.gellez@libertysurf.fr), président de l'Association le Gallet environnement (http://www.multimania.com/legalletenvie/), en direct de la liste ESB.

M. X ancien gérant de la SARL Garault, prévenu d'avoir à Le Gallet ( Oise), dans l'Oise et sur le territoire national, en 1997, procédé à des échanges intra-communautaires, en l'espèce avec la Belgique, de marchandises ne répondant pas aux conditions sanitaires imposées, en l'espèce des farines animales issues de déchets à haut risque destinés à être incinérés.
D'avoir à Le Gallet ( Oise), dans l'Oise et sur le territoire national, en 1997 mis en vente ou vendu des denrées servant à l'alimentation des animaux, en l'espèce des farines animales susceptibles d'être contaminées par l'agent de la maladie de l'ESB, qu'il savait être toxiques.
D'avoir à Le Gallet ( Oise), dans l'Oise et sur le territoire national, en 1997, abandonné des déchets industriels, en l'espèce des fûts d'acides et de farines à haut risques, en violation des dispositions légales.
Le prévenu a nié les faits reprochés.

Le point du vue personnel de René Gellez à ce sujet est le suivant :
"Notre association a su par hasard qu'une procédure était en cours. A l'audience ce que j'ai pu retenir ( il est très difficile d'entendre les plaidoiries complètes) :
Après enquête des services vétérinaires sur le site de le Gallet, 3 200 tonnes étaient stockées, 2 886 tonnes ont été évacuées, il manque 314 tonnes. Il n'a pas été précisé qui a réceptionné les farines mais il semblerait qu'elles étaient destinées à la Belgique.
Devant de telles accusations, on pensait que les services préfectoraux auraient mieux défendu leurs dossiers. La Directrice des services vétérinaires a été entendue comme témoin, mais n'a apporté aucune preuve. Elle n'a pas osé dire au tribunal que le traitement a été effectué sans autorisation et que les farines ont été stockées à même le sol.
Notre association a été mis au courant des faits le 6 mai 2000 par un adhérent qui a reçu une convocation en tant que témoin pour l'enquête des fûts.
Dans cette affaire il faut savoir qu' en 1994, à titre privé, nous avions dénoncé au Préfet de l'époque que des fûts d'acides étaient enterrés sur le site de le Gallet, ses fûts provenant de résidus de traitement de soies de porcs effectués sans autorisation. Le Préfet n'ayant jamais donné suite à notre courrier. (dans notre canton l'histoire des fûts est un secret de polichinelle).
Le procureur a demandé 30 000 F d'amende, l'avocat du prévenu, la relaxe, délibéré le 15 juin 2000.
La justice en réclamant 30 000 F n'a pas estimé les faits très graves. Pour l'avocat de la défense il n'y aucune preuve d'une quelconque contamination.
A savoir qu'en mars 1998 une équipe de 52 sur la Une était venu filmer sur le site( jamais diffusé a l'antenne).
Les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement ont été également alertés de la situation à cette époque. Malgré plusieurs démarches, notre association n'a jamais été entendue dans cette affaire, mais mise en cause par le prévenu à l'audience, de ce fait nous faisons un courrier au Procureur de la République afin d'apporter notre témoignage, en espérant qu'il ne soit pas trop tard (?).
Aujourd'hui (30 mai 2000) dans le quotidien Le Parisien (édition de l'Oise) un compte rendu de l'audience du 25 mai 2000. En voici un extrait :
"Les faits qui lui sont reprochés sont simples: il aurait échangé, vendu et enterré des farines animales, et également enfoui des fûts d'acide. Des faits qui remontent en 1997 et qui depuis l'apparition en 1996 de l'épidémie d'encéphalite spongiforme, suscitent la plus grande attention des pouvoirs publics. Dans son réquisitoire, le procureur a demandé la requalification des délits reprochés."
A la lecture de cet article, je suis surpris que la presse locale annonce les faits comme simples. Je pense que ni la justice, ni la presse se rend compte du risque sanitaire lié à toute cette affaire. Je ne suis pas spécialiste, mais un jour ou l'autre on paiera la négligence de cette société."

R.G.


En direct de la liste ESB un message d'Alain Mangé (Alain.Mange@igh.cnrs.fr), daté du 24 mai 2000, à propos d'un article de Science signé par Fabio Montrasio, Rico Frigg, Markus Glatzel, Michael A. Klein, Fabienne Mackay, Adriano Aguzzi, et Charles Weissmann intitulé "Impaired Prion Replication in Spleens of Mice Lacking Functional Follicular Dendritic Cells" (Science, 19 mai 2000, 288: 1257-1259)

"Alors dans les faits, il faut être plus prudent ! Lors du meeting de Tubingen, plusieurs laboratoires (notamment M. Bruce et C.Weissmann) avaient montré l'importance des cellules dendritiques folliculaires (FDC) de la rate dans la réplication de la prpsc... ces cellules étant décrites comme un lieu de réplication et d'accumulation de la PrPSc. La PrPSc pourrait ensuite être transférees vers les lymphocytes et entraîner la neuro-invasion du système nerveux central.
Les équipes de C. Weissmann et d'A. Aguzzi confirment ces données sur l'importance des FDC.  La formation et le développement des FDC nécessitent la présence de facteur tel que le TNF (Tumor Necrosis Factor) ou la lymphotoxine. L'inhibition du signal déclenché par la lymphotoxine (en saturant les récepteurs membranaires avec une protéine fusion) empêche la maturation des FDC (vérifié par la disparition de marqueurs spécifiques des FDC matures)... mais cause aussi de sévères modifications dans la structure de la rate en cas de traitement prolongé.
Des souris ont donc été traitées avec la protéine fusion une semaine avant ou une semaine après l'inoculation (en IP) avec des prions... et la déplétion de FDC mature a été maintenue en traitant les souris pendant plus de 7 semaines avec la protéine fusion. L'examen immunohistologique confirme la disparition des FDC matures une semaine après le traitement...Dans les souris contrôlees, la PrPSc est détectée dans la rate 8 jours après l'inoculation et reste détectable dans cet organe tout au long de la maladie (la rate devient infectieuse 7 jours après l'inoculation avec un plateau entre 3 et 7 semaines). A l'opposé, dans les souris traitées, la PrPSc n'est pas détectée dans la rate et ce, que les souris soient traitées une semaine avant ou après l'inoculation.
Les auteurs ont regardé ensuite l'infectivité de la rate (un homogénat de rate est injecté en IC à un groupe de 4 souris)...
- dans le cas où les souris sont traitées une semaine avant l'inoculation, aucune infectivité n'est détecté dans les rates après 3 ou 8 semaines post-inoculation. Dans la même configuration (traitement une semaine avant inoculation), il existe des traces d'infectiosité dans la rate une semaine post inoculation...infectivité provenant peut être de l'inoculum d'origine.
- dans le cas où les souris sont traitées une semaine après l'inoculation...les extraits de rates sont, dans certains cas, infectieux (hypothèse: la réplication de l'agent infectieux a commencé au cours de la 1ère semaine).
- de manière gênante, les souris traitées avec un contrôle négatif (immunoglobuline non spécifique) montrent une diminution de l'infectivité de la rate...
En ce qui concerne les effets sur le développement de la maladie, les souris ont été traitées toutes les semaines avec la protéine fusion et ce pendant 8 semaines post-inoculation. Quand le traitement débute une semaine après l'inoculation, les souris développent la maladie 25 à 30 jours plus tard que les souris contrôlees (soit 236+/- 19 contre 206+/-2). Quand le traitement débute une semaine avant l'inoculation, l'effet est plus prononcé et les souris tombent malade 50 jours après les contrôles (256 j contre 206)...une des souris traitée préventivement a survécu plus de 340 j.
Les souris traitées avec l'immunoglobuline non spécifique développent la maladie 211+/-3 jours après l'inoculation. L'analyse de la rate des animaux malades montre que le réseau de FDC a été reconstitué après l'arrêt du traitement à la 8e semaine et que de la PrPSc est de nouveau détectable dans ce tissu.
Ces résultats confirment donc que les FDC sont bien indispensables pour l'accumulation de la PrPSC et pour l'infecitvité de la rate. Quant à l'effet du traitement, il faut les comparer à ceux obtenus avec l'amphotéricine ou le rouge congo par exemple qui augmentent le temps d'incubation de 25 à 130% (contre 15 à 25% dans cette étude). Néanmoins dans cet article, les souris n'ont été traitées que pendant 8 semaines post-inoculation... peut être à cause des effets annexes du traitement sur la rate !

Alain Mange
Biologie des Encéphalopathies Spongiformes Transmissibles
IGH CNRS UPR 1142 (Montpellier)

[R]


« supplique.com »

A Lyon, le 11 avril 2000.

Monsieur le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche,
Madame la Secrétaire d'Etat chargée de la Santé,
Madame la Secrétaire d'Etat chargée de la Consommation.

Madame le Ministre,
Monsieur le Ministre,

En tant que citoyens et, pour un certain nombre d'entre nous, également en tant que professionnels, nous nous sentons particulièrement concernes par les problèmes que soulève l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) en France et dans l'Union Européenne pour la santé humaine et pour la santé animale.

Dans le cadre d'une liste de discussion créée sur Internet, la "liste ESB", nous suivons de près l'actualité scientifique, réglementaire et politique sur ce sujet avec un groupe de 180 personnes composé de chercheurs, de vétérinaires, de médecins, de responsables d'organisations de l'agriculture et de l'élevage, d'ingénieurs de l'industrie agro-alimentaire, de responsables d'abattoirs ou d'industrie de la viande, de responsables de la distribution ou de la restauration collective, de journalistes, de responsables d'associations de consommateurs, d'associations de parents d'élèves et d'associations de défense du cadre de vie et de l'environnement et de citoyens concernés pour des raisons sanitaires personnelles ou familiales, ou tout simplement de citoyens qui s'intéressent à cette grave question. Le nombre et la diversité des participants à cette liste, la qualité du contenu des échanges et leur intensité, rendent ce groupe assez représentatif des préoccupations citoyennes et professionnelles sur l'état de l'épizootie d'ESB en France.

A partir de ce suivi collectif et quotidien, nous sommes arrivés à la conviction qu'un certain nombre d'informations devraient être régulièrement portées à la connaissance du public, si nous voulons, grâce a une plus grande transparence de l'information, répondre aux interrogations des professionnels, d'une part, et de la population d'autre part. Certaines de ces données ont été ponctuellement communiquées à la presse, notamment a l'occasion de la dernière réunion du Comité national de sécurité sanitaire du 23 février 2000. Il s'agit, pour ce qui concerne notre pays, des données issues du réseau de surveillance épidémiologique, relatives aux suspicions et aux cas confirmés, autochtones et importés, d'ESB, par département , par an et par mois, par année de naissance. Ces informations pourraient donc être actualisées et communiquées régulièrement. Mises à disposition sur un site Web, elles seraient disponibles facilement pour toute personne intéressée.

Les enquêtes épidémiologiques conduites après chaque cas confirmé visent à rechercher les causes possible de ces cas, d'un point de vue individuel, mais aussi d'un point de vue épidémiologique. Les conclusions épidémiologiques qui sont tirées de ces enquêtes par les services compétents chargés de leur dépouillement et de leur analyse devraient, à notre point de vue, être communiquées au public, avec toutes les précisions possibles ne mettant pas en cause des opérateurs économiques désignés.

La publication de l'ensemble des données relatives à la situation sur le plan scientifique, technique et épidémiologique contribuerait :
- d'une part à donner aux professionnels de l'élevage, de l'industrie et du commerce les informations objectives les aidant à prendre les décisions les plus adaptées au degré de sécurité qu'ils souhaitent pouvoir assurer au-delà des critères réglementaires ;
- d'autre part à calmer les inquiétudes du public pour lequel le secret entretenu sur des informations existantes ne peut qu'être le signe d'une gravité que l'on cherche à cacher.

Nous souhaitons simplement contribuer par cette démarche a vous signaler ce qui paraît a notre avis participer a la concrétisation du souci de transparence que vous avez régulièrement souhaitée et que nous partageons totalement avec vous.

Nous vous prions d'agréer, Mesdames, Monsieur, les Ministres l'assurance de notre haute considération.

Pour les signataires dont la liste est jointe,
Laurent Berthod,
Yves Le Pape

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Liste des signataires de la lettre "supplique.com" du 11 avril 2000

- Marc L. André, consultant agroalimentaire
- Hugues Aubin, webmestre, conseil en NTI
- Marc Barbier, chercheur en gestion
- Philippe Baralon, vétérinaire, consultant en sécurité des aliments
- Jean-Christophe Béjannin, ingénieur agronome, membre d'une fédération de parents d'élèves
- Olivier Belbéoch, démographe, université de Paris-V
- Claude Bineau, ingénieur, mère de famille
- Jean-Baptiste Brunet, médecin
- Guy Charbonnier, directeur du Groupement de défense sanitaire du Rhône
- Bruno Deshoullières, maître de conférences à l'université de Poitiers
- Bernard Devalois, médecin hospitalier, vice président du parc naturel régional Périgord-Limousin, secrétaire départemental des Verts de Haute-Vienne
- Michel Duprés, vétérinaire
- Jacqueline Estades, sociologue
- Jacques Grassi, chercheur
- Alain Gonthier, docteur vétérinaire, maître de conférences Qualité et Sécurité des aliments, Ecole nationale vétérinaire de Lyon
- Romain Guegan, ingénieur agroalimentaire
- Helga Rachel Hogasen, vétérinaire, chercheur, épidémiologiste
- Pierre-Benoît Joly, chercheur
- Partrick Lahouze, citoyen de la République
- Claude La Bonnardiere, directeur de recherche
- Alain Lachapelle, directeur d'abattoir
- Serge Le Doaré, producteur de lait, vice-président de la FDSEA 29
- Annie Leroy, Coordination des riverains d'usines d'équarrissage
- Alain Mangé, chargé de recherche dans un laboratoire de recherche public sur les EST
- Pierre Mayaux, vétérinaire praticien dans les Côtes-d'Armor
- Sylvie Mondet : présidente APE primaire et maternelle (Val-d'Oise, maman d'enfants mangeant en restauration scolaire)
- Pierre Minonzio, pharmacien, trésorier de "Pharmaciens sans frontières", Comité international
- Jean-Pierre Moreau, ingénieur agronome
- François Nève, étudiant en medecine vétérinaire
- Marie-José Nicoli, présidente de l'UFC-Que Choisir ?
- Mari-Jo Paulet, présidente du Centre d'éditions et de recherches creusoises
- Pascal Prod'homme, maître de conférence
- Fred Romano, écrivain et webmestre
- Marc Roux, professeur de Zootechnie à l'ENESAD-Dijon
- Helene Rudyk, chimiste medicinale
- Michèle Souply, père décédé de MCJ
- Benoit Tabaka, juriste en droit public
- Beatrice Viale, juriste - organisme de recherche public
- François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF)
- Bernard Wolfer, chercheur
- Laurent Berthod, ingénieur agronome, directeur du GIE lait viandes Rhône-Alpes
- Yves Le Pape, ingénieur de recherche, modérateur de la liste ESB

ainsi que Karin Irgens, Pierre Lavie, Josette Hercelin et Fredric Bevernage.

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Sommaire

De la liste ESB : lettre du 11 avril 2000 aux ministres ; liste des signataires.
De la liste ESB : message d'Alain Mangé du 24 mai 2000,
De la liste ESB : message de René Gellez du 31 mai 2000,
De la liste ESB : message de Karin Irgens, du 2 juin 2000.
De la liste ESB : message de Karin Irgens, du 8 juin 2000,
Du MAP, le PRNESB (8 juin 2000),
De la liste ESB : message de Karin Irgens, du 22 août 2000
De la liste ESB : message de Jean-Paul Vieille, du 29 août 2000
De la liste ESB : message de Vincent Beringue, du 30 août 2000
De la liste ESB : message de Laurent Berthod du 3 octobre 2000
De la liste ESB : message de Karin Irgens du 16 octobre 2000
Le SNIA rappelle les mesures de précaution (18 octobre 2000)
La fraude à la viande (24 octobre 2000)
Communiqué de comité de sécurité sanitaire (25 octobre 2000)
Communiqué de presse de la DGCCRF (20 octobre 2000)
De la liste ESB : message de Jean-Christophe Béjannin du 8 novembre 2000
De la liste ESB : message de Karin Irgens (13 novembre 2000)


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