Sauve qui peut ! n°3 (1992)

les ressources génétiques chez les agrumes

1. Taxinomie et diversité génétique
2. Dispersion des gènes et génomes d'intérêt agronomique
3. Les facteurs de gestion de la recombinaison sexuée
4. Les conservatoires
En conclusion

Encadré : La collection d'agrumes de la station de San Giuliano

Références bibliographiques


La superficie totale plantée en agrumes est évaluée à plus de 3 millions d'hectares (Rouse. 1988) répartie sur une aire très large située approximativement entre les 40° de latitudes Nord et Sud. tout autour du Monde. Les agrumes présentent donc une grande capacité d'adaptation à des conditions pédoclimatiques très différentes. L'adaptation aux pressions parasitaires en constante évolution et la conquête de nouveaux espaces justifient à eux seuls les nombreux programmes de création variétale et de sélection menés à travers le monde. Ceux-ci peuvent s'appuyer sur une base génétique large dont l'efficacité de l'exploitation repose sur une évaluation à deux niveaux
- l'évaluation agronomique qui permet de sélectionner directement des génotypes intéressants mais également de repérer les géniteurs des programmes de création variétale
- l'évaluation génétique qui s'intéresse à l'organisation de la diversité génétique et aux modalités de sa gestion (en particulier aux systèmes de reproduction et aux compatibilités sexuelles).
Nous faisons ici un point bibliographique sur ces différents aspects. Une revue des principaux conservatoires, dont celui de la station de recherches agronomiques de San Giuliano. et la description des méthodes d'assainissement du patrimoine génétique complètent ce tour d'horizon des ressources génétiques des agrumes.

[R] 1. Taxinomie et diversité génétique

1.1 Classification botanique et centre de diversification
Le terme d'agrumes correspond à 3 genres botaniques : Citrus, Fortunella et Poncirus (les AngloSaxons appellent
" citrus " l'ensemble des agrumes). Ils appartiennent, avec 8 autres genres dont Eremocitrus. Microcitrus, Clymenia. Citropsis et Severinia. à la sous-tribu des Citrinae, tribu des Citreae, sous-famille des Auranrioideae. famille des Rutaceae. ordre des Géraniales (Swingle et Reece, 1967).
- Le genre Fortunella désigne les Kumquats. Il comprend 2 ou 4 espèces selon les auteurs avec quelques cultivars commerciaux.
- Le genre Poncirus est monospécifique : P. trifoliata est la seule espèce, parmi les agrumes, à être à feuilles caduques et trifoliolées, elle est très résistante au froid, son fruit est impropre à la consommation.
- Deux grandes classifications existent pour le genre Citrus. Celle de Tanaka (1961) comprend 156 espèces tandis que Swingle et Reece (1967) n'en distinguent que 16. Cette contradiction s'explique par les larges possibilités d'hybridations interspécifiques ainsi que par la polyembryonie qui fixe ces structures hybrides :  Tanaka élève ainsi au rang d'espèce de nombreux hybrides intra ou interspécifiques.
Les agrumes sont originaires du Sud-Est asiatique. Selon Tanaka (1954). le principal centre d'origine se situerait sous une ligne allant du Nord-Est de l'Inde au Nord de la Birmanie et au Sud de Ille de Hainan. A partir de cette zone. la dispersion se serait effectuée vers l'Est de l'Inde, l'archipel Malais et la Chine du Sud.
La diffusion des agrumes à travers le Monde s'est faite très lentement. Le Cédratier (Citrus medica) fut la première espèce connue en Europe (300 ans av. J.-C. d'après Webber, 1967). Le Bigaradier (C. aurantium), le Citronnier (C. limon) et l'Oranger (C. sinensis) n'ont été introduits dans le bassin Méditerranéen que vers la moitié du XIIe siècle, et le Mandarinier (C. reticulata) au XIXe siècle La diffusion vers le continent américain est postérieure au second voyage de Christophe Colomb. Le Pomélo (C. paradisi), originaire de la zone antillaise est sans doute issu d'une hybridation spontanée entre les agrumes introduits dans la région.

1.2 Ploïdie
Chez tous les agrumes et chez les genres apparentés le nombre de chromosomes de base est n = 9 (Krug, 1943). La grande majorité des agrumes est diploïde, seuls quelques polyploïdes naturels ont été identifiés (Fortunella hindsii. lime Tahiti) ou produits artificiellement. La diploïdie est également de règle pour les 10 genres suivants : Severinia, Triphasia, Citropsis, Aeglopsis, Feronia, Murraya, Afraegle, Atalantia, Clausena, Microcitrus, Eremocitrus, Micronielum (Iwamasa et al.. 1988).
Dans les semis de graines polyembryonnées, la fréquence des tétraploïdes spontanés varie de 1 à 3% (Barrett et Hutchinson, 1978). Elle est sous contrôle génétique mais peut être modifiée par des facteurs physiologiques et environnementaux (Hutchinson et Barett. 1982). Ces tétraploïdes seraient issus d'un doublement des tissus nucellaires de l'ovule (Cameron et Soost. 1969).
Des triploïdes peuvent également être obtenus dans des descendances d'hybridations entre diploïdes. Ils sont alors issus de la fécondation d'un gamète femelle non réduit par un gamète mâle haploïde (Esen et Soost. 1971). La fréquence de gamètes femelles non réduit varie suivant les génotypes entre moins de 1 % à prés de 20 % (1wamasa et al.. 1988).
Quelques aneuploïdes ont été observés (Esen et Soost. 1972). issus de croisements 2n X 4n. avec un nombre de chromosomes allani de 19 à 41. Des niveaux de ploïdie supérieurs à 4n sont très rares.
I1 faut donc constater que. malgré une aptitude non négligeable à produire des descendants triploïdes ou tétraploïdes. la polyploïdie semble avoir joué un rôle négligeable dans l'évolution des agrumes. Ceci pourrait s'expliquer par les moindres vigueur et fertilité de ces niveaux de ploïdie, et donc par un désavantage sélectif important. De plus, les cultivars tétraploïdes ont généralement de faibles rendements, une écorce du fruit épaisse et irrégulière (Soost et Cameron. 1975) et présentent donc peu d'intérêt pour la consommation humaine. Ils constituent, en revanche, des géniteurs privilégiés, en croisement avec des diploïdes. pour la production de variétés triploïdes aspermes.

1.3 Structuration de la diversité génétique dans le genre Citrus
L'analyse du polymorphisme au niveau moléculaire (Torres, et al., 1978 ; Harda et al., 1986 ; Green et al., 1986 ; Roose 1988 ; Ollitrault, 1990) a permis de préciser l'organisation génétique du genre Citrus. Les structures intraspécifiques apparaissent très contrastées :
- Citrus medica (Cédratier) présente une diversité allélique très faible due à une forte homozygotie et un faible polymorphisme entre cultivars.
- Citrus paradisi (Pomelo). C. sinensis (Oranger) et C. aurantium (Bigaradier) présentent des structurcs intraspécifiques similaires. La diversité allélique et l'hétérozygotie sont modérées et le polymorphisme intercultivar est inexistant.
- Citrus limon (Citronnier) est très hétérozygote mais ne présente aucun polymorphisme intervariétal.
- Citrus latifolia et C. aurantifolia (Limettiers à gros et à petits fruits) sont également fortement hétérozygotes.
- Citrus grandis (Pamplemoussier) et C. reticulata (Mandarinier) offrent une très grande richesse allélique principalement due à un important polymorphisme intervariétal.
Ces résultats mettent en lumière les modes de diversification variétale dans les différentes espèces. Ainsi Citrus sinensis, C. aurantium, C. paradisi et C. limon paraissent s'être diversifiés par mutations successives à partir d'un génotype ancestral, tandis que les hybridations ont joué un rôle majeur pour Citrus grandis et Citrus reticulata. Ces deux dernières espèces constituent ainsi un très important réservoir de gènes.
Les marqueurs moléculaires ont également confirmé les relations interspécifiques proposées par Barret et Rhodes (1976) dans une étude de taxonomie numérique. La diversité des Citrus cultivés se structure ainsi autour de trois pôles. Le premier regroupe les Mandariniers, les Orangers et les Bigaradiers, le second associe les Pamplemoussiers et les Pomelos, le troisième est formé par les Cédratiers qui ont sans doute participé à la genèse des Limettiers. Les Citronniers seraient issus d'une hybridation entre le groupe des Mandariniers et celui des Limettiers (Ollitrault, 1990). Enfin, le Citrus halimii récemment découvert en Malaisie parait très éloigné des Citrus cultivés, et son apport à leur évolution est sans doute minime, sinon nul (Ollitrault et Faure, 1991).

[R]  2. Dispersion des gènes et génomes d'intérêt agronomique

L'évaluation agronomique a permis de repérer de nombreux génotypes possédant des caractéristiques agronomiques intéressantes, tant dans le genre Citrus que dans les genres apparentés. L'héritabilité de ces caractères n'est toutefois pas toujours connue.

2.1. Les ressources des agrumes vrais
Depuis de nombreuses années. Poncirus trifoliata a été utilisé comme source de résistance au froid. Les Kumquats, les Mandariniers Satsuma et les Citrus junos (Yuan) résistants au froid sont également utilisés comme géniteurs pour l'amélioration des cultivars. C. inchangensis pourrait également être une source de résistance.
La tolérance à la salinité est un des objectifs de la sélection de porte-greffe. La mandarine Cléopâtre. et la lime Rangpur sont utilisées à cet effet. soit directement. soit comme géniteurs. En Chine les hybrides " gou tou chen " et " xiao hong chen " ont été sélectionnés pour les zones de polder du Zhejiang (Aubert. comm. pers.).
Qu'il s'agisse de cultivars ou de porte-greffe, un des objectifs majeurs est la résistance aux maladies et parasites. Pour les Phytophthora spp. et les Nématodes, la principale source de résistance est le Poncirus. Grimm et Hutchinson (1980) ont également trouvé des résistances chez Citrus grandis et C. aurantifolia. Pour la Tristeza. importante maladie virale, la meilleure source de résistance trouvée est également le Poncirus. Citrus sinensis est tolérant au blight (maladie de dégénérescence). C. grandis et certaines mandarines originaires de la zone tropicale seraient tolérants au greening (maladie bactérienne).
Sadana et Joshi (1979) ont cherché des résistances aux Acariens phytophages. Ils ont retenu les Mandariniers Satsuma et Dancy ainsi que le Pomelo Marsh qui est relativement résistant.

2.2. Les ressources des genres apparentés
Les genres voisins des agrumes présentent de nombreux caractères de résistances qui les rendent attractifs pour une utilisation comme porte-greffe (IBPGR,.1986).
Des résistances au sel sont ainsi trouvées chez Severinia buxifolia, Eremocitrus glauca et Limnocitrus littoralis. Les deux premiers sont par ailleurs également résistants au bore. Certains Microcitrus et en particulier l'hybride M. australis X M. australisica présentent une bonne aptitude à pousser dans des sols pauvres en azote organique. Des résistances aux Nématodes et aux Phytophthora sp. sont présentes dans le genre Severinia et chez Citropsis gilletiana (Grosser. 1990). Tandis que Muraya paniculata est tolérant au greening (Nito et Akihama, 1990).
Les genres Feronia et Feroniella stimulent une première floraison précoce des Citrus lorsqu'ils sont utilisés comme porte-greffe, ce qui présente un intérêt indéniable pour les programmes de création variétale (IBPGR, 1986).
Par ailleurs, les Aurantinoideae sont, ou pourraient être, utilisés pour la pharmacopée. les arômes. les huiles essentielles. le bois. l'ornement, etc. (Jones. 1989).

[R] 3. Les facteurs de gestion de la recombinaison sexuée

3.1 Biologie florale et système de reproduction
Dans les régions subtropicales, la floraison des agrumes est très abondante et a lieu généralement au début du printemps. l'induction florale se déroulant début janvier. Quelques cultivars, comme le Citronnier Eurêka, ont plusieurs floraisons dans l'année. Les Fortunella fleurissent généralement après les Citrus, les Poncirus ont généralement une floraison plus précoce. Ces écarts de précocité de floraison contribuent à l'accroissement de la différenciation génétique entre ces trois genres.
Chez certaines espèces comme Poncirus trifoliata, Citrus limon, C. auranrifolia et C. medica. le style est absent d'un bon nombre de fleurs. La proportion de fleurs portant des anthères est également variable suivant le cultivar et les conditions de culture.
Le stigmate est réceptif quelques jours avant l'anthèse et jusqu'à plusieurs jours après. L'anthèse peut. pour certains cultivars, se dérouler avant l'ouverture de la fleur favorisant ainsi l'autofécondation. Pour les autres cultivars, l'autopollinisation peut également se faire facilement étant donnée la proximité des anthères et du stigmate. Cependant plusieurs caractéristiques des fleurs les rendent très attractives pour les Insectes : l'attrait de la corolle, le parfum, le nectar abondant, le pollen. Ce dernier est par ailleurs adhérent, de type entomophile et le vent semble n'être qu'un facteur secondaire dans l'allopollinisation.
On assiste à une chute de fleurs et de jeunes fruits tout juste noués souvent dans des proportions importantes (90% chez le Citronnier. 95% chez l'Oranger).
Le système de reproduction des agrumes se caractérise par une grande diversité de comportement La polyembryonie de nombreux génotypes constitue sans doute sa plus grande originalité et a sans doute limité considérablement les brassages génétiques en induisant dans les semis, des fréquences très élevées de multiplication conforme du génotype maternel. A l'inverse, l'autoincompatibilité a dû favoriser la recombinaison dans les populations monoembryonnées.
- La polyembryonie.
Chez de nombreux cultivars les graines contiennent plusieurs embryons : les embryons surnuméraires sont issus des cellules du nucelle. Très occasionnellement, il peut y avoir division de l'oeuf fécondé et ? embryons sexués. La fécondation semble nécessaire au développement des embryons nucellaires (Soost. 1987). L'embryon sexué est en compétition avec le ou les embryons nucellaires, à la fois pour l'espace et pour les éléments nutritifs. Les graines polyembryonnées produisent rarement plus de 2 ou 3 plantules. Lorsque le nombre d'embryons par graine est faible, la probabilité de survie de l'embryon sexué est augmentée. Cette apomixie partielle a joué un rôle essentiel dans l'évolution des agrumes et est aujourd'hui de toute première importance pour les programmes d'amélioration génétique. De nombreuses études se sont donc intéressées à son contrôle ainsi qu'à la distinction des plants d'origine zygotique et nucellaire.
L'expression de l'apomixie partielle.
Seules 2 espèces (C. medica et C. grandis) ne présentent que des cultivars monoembryonrtés. Pour les autres, le degré de polyembryonie peut varier de manière importante suivant les variétés (Frost et Soost . 1968). La polyembryonie apparaît comme dominante et son degré est vraissembIablement déterminé par un petit nombre de gènes dans le genre Citrus (Cameron et Soost. 1979 et 1980). Par ailleurs, dans les semis de cultivars polyembryonnés, les proportions de plants zygotiques et nucellaires varient en fonction des conditions environnementales et suivant les pollinisateurs (Khan et Roose. 1988). Plusieurs techniques ont été utilisées pour tenter d'accroître la proportion de plants zygotiques. Ainsi un choix rigoureux des conditions environnementales (Nakatami et al.. 1978 et 1982), des traitements chimiques (de Lange et Vincent, 1977), la culture in vitro d'embryons immatures (Rangan et al. 1969) ou d'ovules (Ollitrault, 1990b) ainsi que des irradiations gamma (10 à 20 Gray) de boutons floraux un mois avant anthèse (Ikeda, 1982), permettent d'améliorer sensiblement l'obtention de plantes hybrides. De plus, des études in vitro ont permis d'identifier des substances, dont certains régulateurs de croissance, qui répriment l'embryogenèse nucellaire (Tisserai et Murashige. 1977). II est possible, pour les cultivars monoembryonnés, d'induire la production de plants nucellaires par culture in vitro de nucelles isolés (Juarez et al.. 1977).
La discrimination.
Les plants nucellaires présentent, comme les plants zygotiques, des caractères de juvénilité marqués (présence d'épines, 1ère induction florale tardive) et sont souvent plus vigoureux que les zygotes issus d'autofécondation. De nombreuses techniques biochimiques ont été expérimentées pour distinguer précocement les plants zygotiques et nucellaires : chromatographie sur couche mince (Tatum et al.. 1974). chromatographie en phase gazeuse (Weinbaum et al., 1982). polyphénols (Esen and Soost, 1977). A l'heure actuelle, l'électrophorèse d'isozymes s'avère la plus performante pour les analyses de routine (Soost et al.. 1980 : Ollitrault. 1990).
- La stérilité gamétique. Qu'elle affecte les pièces mâles ou femelles de la fleur, la stérilité gamétique peut être soit d'ordre génétique, soit d'ordre physiologique et due à des facteurs environnementaux comme des basses températures (Iwasama et Iwasaki. 1963 ), ou à l'utilisation de certains porte-greffe (Brieger et Gurgel, 1941). La stérilité pollinique est très souvent présente à des degrés variables. L'exemple de stérilité mâle le plus connu est celui de l'Oranger Washington Navel. De plus, chez de nombreux cultivars comme les Pomelos Marsh et Thompson, le Citronnier Eurêka, la proportion de pollen viable est faible : 5 à 15%. La stérilité femelle est, quant à elle, plutôt due à une mauvaise évolution des tissus gamétiques qu'à une absence d'organes reproducteurs: chez les Satsuma comme chez les Orangers Washington Navel, Hamlin, Valencia et le pomelo Marsh, le sac embryonnaire dégénère très fréquemment avant d'atteindre le stade 8 noyaux (Jackson et al., nd). Des études cytogénétiques ont permis de mettre en évidence l'origine de certaines stérilités totales ou partielles (Iwasma, 1966). En effet, les translocations (ex. l'Oranger Valencia), les inversions (ex. la lime mexicaine) ou les phénomènes d'asynapsie (Citrus junos) affectent à des degrés divers la fertilité des gamétophytes.
-L'incompatibilité. Auto et inter-incompatibilité sont présentes chez les agrumes. Tous les Pamplemoussiers sont auto-incompatibles ; plusieurs hybrides ou supposés tels le sont également : les Tangelos Orlando et Minneola. les cultivars Robinson. Nova, Page, Fairchild, le Clémentinier. Certains cultivars d'Oranger et de Citronnier le seraient également (Frost et Soost, 1968). Certains cultivars auto-incompatibles sont également incompatibles en croisement : Orlando et Minneola, Robinson Nova et Page (Heam et al., 1969) et quelques cas d'inter-incompatibilité unilatérale ont également été cités (Ueno, 1978). La plupart des hybrides entre cultivars auto-incompatibles présentent ce même caractère. Ces résultats sont cohérents avec une incompatibilité de type gamétophytique, gouvernée par une série d'allèles S. L'existence de 8 allèles a été proposée par Soost (1969). Chez le Clémentinier. cette incompatibilité gamétophytique ne revêt qu'un caractère partiel, quelques tubes polliniques atteignant l'ovaire (Tisne-Agostini et Orsini, 1990). Ces incompatibilités peuvent être contournées par l'application d'exsudats stigmatiques, ou d'extraits de pollen avant autopollinisation ainsi que par des pollinisations répétées de fleurs immatures.
Les stérilités gamétiques et l'incompatibilité gamétophytique peuvent être une gêne pour le sélectionneur, mais elles lui offrent. en combinaison avec la parthénocarpie (très largement répandue dans le genre Citrus). l'opportunité d'obtenir des cultivars à fruits aspermes.

3.2 Les hybridations interspécifiques et intergénériques
Les premiers hybrides intergénériques entre Citrus et Poncirus et Citrus et Fortunella ont été réalisés par l'USDA (United States Department of Agriculture) dès 1897. Depuis. de très nombreuses combinaisons ont été testées (Barret. 1977 et 1982 ; Iwamasa et al.. 1988). Ces travaux ont démontré la très grande compatibilité sexuelle entre Citrus, Fortunella, Poncirus, Eremocitrus et Microcitrus. Les études d'affinité chromosomique chez les hybrides entre ces différents genres (Iwamasa et Nito. 1988) suggèrent qu'ils possèdent des structures chromosomiques très voisines. Ce malgré une séparation de 20 à 30 millions d'années entre les trois premiers originaires d'Asie et les deux derniers d'origine australienne. Des croisements entre Citropsis et Citrus, et Citropsis et Fortunella ont fourni quelques graines, mais aucun plant hybride n'a pu être obtenu Mm and Akihama, 1990). Les hybridations réalisées avec des genres plus éloignés (Glycosmis, Murraya. Triphasia, Sévérinia. Hespererhusa) n'ont pas produit de graines (Iwamasa et al.. 1988).
Récemment, les techniques de fusions de protoplastes ont permis d'élargir considérablement la base génétique exploitable par le sélectionneur. grâce à la réalisation de nombreux hybrides somatiques (Grosser, 1990).

[R] 4. Les conservatoires

Deux grands types de conservatoires peuvent être distingués : 1) les conservatoires régionaux destinés à évaluer, dans les conditions locales les performances de variétés exotiques en comparaison avec les variétés indigènes et à multiplier les génotypes élites pour la production. 2) les banques de gènes qui regroupent les géniteurs potentiels des programmes de création à long terme. Le premier type justifie la conservation de nombreux mutants d'un même cultivar de base (ex. l'Oranger Washington Navel) si celui-ci revêt une importance régionale particulière. A l'inverse la constitution d'une banque de gènes doit chercher à maximiser la diversité génétique conservée.
La sélection sanitaire ou l'assainissement des pieds-mères des cultivars conservés doit constituer l'une des priorités des conservatoires des ressources génétiques d'agrumes.
La première voie d'assainissement des pieds-mères a été la sélection de plants de semis d'origine nucellaire (Cassin et Lossois. 1977). Il est en effet démontré que, sauf rare exception, les maladies des agrumes ne sont pas transmissibles par la graine. Toutefois, cette technique présentait 1'inconvénient d'induire des caractères de juvénilité et n'était pas applicable aux cultivars embryons on aspermes. Les tentatives d'induction in vitro de l'embryogenèse nucellaire à partir de variétés monoembryonnées ont par ailleurs conduit à la régénération de très nombreux " variants " (Nauarro et al. 1985).
Aujourd'hui, l'assainissement est classiquement réalisé par combinaison de la thermothérapie et du microgreffage de méristèmes (Navarro,1981a; Vogel et al., 1988a). Le contrôle de l'état sanitaire est ensuite assuré grâce aux techniques d"Indexation classiques (Vogel et al., 1988b) ou aux techniques moléculaires (ELISA, électrophorèse de l'ARN des viroïdes). Il s'accompagne d'une vérification de la conformité pomologique des cultivars régénérés par microgreffage ; celle-ci est indispensable, en particulier pour les cultivars en chimère.
Les collections les plus importantes au niveau mondial sont celles de l'université de Californie (Riverside) et de l'USDA (Orlando, Floride) aux Etats?Unis, celle de l'IVIA (Moncada, Valence) en Espagne, celle d'Okitsu Branch (Fruit tics research station) au Japon et celle de la station de recherches agronomiques (INRA/IFRA de San Giuliano (Corse) qui renferme environ 200 porte-greffe et 450 cultivars. Les deux dernières collections se sont récemment enrichies de matériel traditionnel asiatique suite à des prospections menées dans le cadre, respectivement, de projets IBPGR (Akihama et al.. 1985) et FAO-PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement). Toutes ces collections associent la vocation de conservatoire régional et celle de banque de gènes. Le conservatoire de l'Université de Malaisie est. pour sa part, remarquable par sa collection d'Aurantioideae d'Asie du Sud-Est et la banque de données informatisée qui y est associée (Jones. 1989). '
A l'heure actuelle. dans les différentes collections, les génotypes sont conservés sous forme d'arbres. soit en plein champs. soit sous cage d'isolement pour éviter la transmission de maladies par les Insectes dans les zones à risque. De récents travaux sur la cryoconservation de suspensions cellulaires (Sakay et al.. sous presse) ouvrent des perspectives prometteuses pour la constitution de banques de gènes cryoconservées.
La station de San Giuliano présente l'avantage de disposer d'un conservatoire à la fois sous cage d'isolement et en plein champ. du fait de l'absence en Corse des principales maladies transmissibles par vecteurs.

[R] En conclusion

De nombreux géniteurs d'intérêt agronomique ont été identifiés dans le genre Citrus et les genres apparentés. La compatibilité sexuelle, tant interspécifique qu' intergénérique. est par ailleurs très large. Cependant. plusieurs facteurs limitent leur exploitation dans des schémas d'amélioration sur plusieurs cycles : 1) peu d'informations sont disponibles concernant le déterminisme génétique des caractères considérés, 2) les particularités du système de reproduction (polyembryonie. incompatibilité) réduisent les possibilités d'hybridation. 3) la phase juvénile est longue et l'encombrement des descendances est important. Le recours aux hybridations intergénériques est donc peu recommandé dans les programmes d'amélioration des cultivars. En revanche, une diversité génétique très large a été exploitée pour l'amélioration des porte-greffe, soit classiquement par hybridations, soit plus récemment par fusions somatiques.


[R] Encadré

La collection d'agrumes de la station de San Giuliano

Depuis 1959, la station de Recherches agronomiques (INRA-IRFA) de San Giuliano, en Corse a entrepris de sélectionner les variétés d'agrumes indemnes de maladies de dégénérescence connues causées per des virus, viroïdes, mycoplasmes et bactéries endocellulaires. Ce travail est réalisé sua une collection issue d'échanges avec des collections du monde entier (USA. Espagne, Sud de l'Afrique Turquie, Maroc...) et de prospections dans le Sud-Est asiatique, aire d'origine des agrumes.
L'assainissement consiste à associer thermothérapie, et microgreffage d'apex ; on contrôle ensuite l'état sanitaire par indexation sur plante indicatrice, test ELISA et électrophorèse des viroïdes (Vogel, B ove et Nicoli, 1988 ; Chabrier et Caruana,1992).
Ce programme permet de disposer en 1992 d'une base génétique de près de 720 cultivars maintenus en vergers à raison de 3 à 4 arbres par accession. Ils graines et greffons correspondants sont de plus stockés en chambre froide à court terme (6 mois pour les graines. 2 mois pour les greffons) à l'intention des utilisateur. Un double de la collection est réparti entre les centres IRFA de La Martinique. La Réunion. Nouvelle Calédonie et l'IRA au Cameroun.
La majorité du matériel en collection est décrit précisément (pomologie = science des fruits à pépins) et évalué agronomiquement : cycle de production, sensibilité au froid...
Outre cet aspect d'assainissement et de conservation des ressources génétiques des agrumes, la station de San Giuliano est engagée dans un certain nombre de programmes de recherche scientifique, notamment sur le genre Citrus :
- étude des structures génétiques, taxonomie, phylogénie et structure génomique (Ollitrault et Faure, 1992 ; Rapport Région Corse, 1992). Ce programme est réalisé en collaboration avec INRA de Bordeaux et le CIRAD de Montpellier. Diverses techniques de marquage sont utilisées isozymes, RFLP, RAPD, cytométrie en flux ;
- étude de la transmission et de la recombinaison des fragments chromosomiques chez les hybrides interspécifiques.
En parallèle d'un programme de transgénose pour une amélioration génétique ponctuelle, un projet de constitution dune banque cryoconservée de suspensions cellulaires des principaux cultivars commerciaux est en cours de réalisation, fort de travaux déjà très prometteurs engagés en collaboration avec l'IRFA-CIRAD et l'ORSTOM de Montpellier sur des suspensions de Citrus deliciosa. Pour la petite histoire, sachez que la station de San Giuliarro a distribué, en 1991, 120 000 greffons et 350 kg de graines à plus de 25 pays!

Détails de la collection:

Genre Citrus
C. ambicarpa-2, C. assamensis-3, C. aurantdoia-6, C. aurantium-26, C bergamia-1, C. deliciosa-7, C erythrosa-1, C. excelsa-1, C. grandis-16, C. hafimii-1, C. hystrix-1, C. ictangensis-3, C. intermedia-1, C. jambhiri-8, C. kama-1, C. latifolia-6, C. latipes-1, C. fimettioides-2, C. limon-34, C. limoria-5, C. macrophylla-4,  C. macturensis-2, C medica-11, C myrofolia-1, C. nobilis-6, C. paradisi-23, C. pectinifera-1, C. penivesiculata-2, C. pseudogutgul, C. reshni-6, C reticulata-140, C. shunkokan-1, C. sinensis-113, C. suntara, C. sunki-3, C taïwanica-1, C. tankan-2, C. unshiu-26, C volkamenana-2,

Genre Citropis
C. articulana-1, C. gabunansis-1,

Genre Fortunella
F. obavata-1, F. marganta-5, F. japonica-6,  F hindsii-1, F crassifolia

Genre Poncirus
P. trifoliata-42

Genre Sevennia
S buxifolia -1,

Hybrides
Citrus / Citrus-84, Citrus / Poncirus-94, Citrus fortunella-5

Références particulières

Vogel R, Bove, J.M., Nicoli M Le programme français de sélection des agrumes. Fruits 12(43 ), 709-720.
Chabrier C, Caruana MI, 1992 The French Citrus improvement programme afterr thirty years. Proc. Int. Soc. Citriculture sous presse.
Evaluation génétique de la collection d'agrumes de San Giuliano. Rapport Région Corse.


[R] Références bibliographiques

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