Le Courrier de l'environnement n°47, octobre 2002

repères dans le paysage agricole français

Paysages des deux rives de Gélise au XVIIe siècle *

La lande d’une subtile diversité
La lande habitée
La lande aux ressources inespérées
Les coteaux en échiquier coloré ?
Les coteaux dominés par les châteaux
Les villages entre lande et coteaux

Encadré  : Le nombre de termes employés


La Gélise vient en Aquitaine du Bas-Armagnac et poursuit son cours en direction de la Garonne dans une terre de limites, aux marges des landes, au rebord des coteaux, à la frontière du Lot-et-Garonne, du Gers et des Landes. Jusqu’à son confluent avec la Baïse, à Barbaste, elle a creusé une vallée encaissée entre deux terroirs : landes forestières, solitaires et sablonneuses à l’ouest, coteaux cultivés, peuplés et fertiles à l’est. Mais, en voyageant dans l’histoire, une image apparaît moins simple et moins tranchée. À l’aide de cartes anciennes, de documents d’archives - notamment un cadastre de 1672 - et des traces préservées sur le terrain, on peut tenter de dessiner les paysages des rives de Gélise au XVIIe siècle, où les déterminismes géographiques ne sont plus tout à fait aussi évidents.

[R]  La lande d’une subtile diversité

Chacun sait que les landes n’ont pas toujours été l’horizon bleuté qui se découvre depuis la place de Mézin dans un effet de perspective atmosphérique. Les grandes plantations de pin ne datent que de la Monarchie de Juillet et du Second Empire. Pourtant, les marges landaises orientales étaient déjà boisées auparavant, bois mêlant les essences, les résineux et les feuillus. Les cartes du milieu du XVIIIe siècle, de Belleyme et de Cassini, distinguent feuillus et conifères. Qui longe la Gélise au printemps peut toujours apercevoir le vert sombre des pins alternant avec les verts plus clairs des autres essences. À l’automne, le contraste se fait plus vif entre les pins au vert permanent et les arbres à feuilles dorées, puis caduques.

Au-delà de cette première division, ces forêts possèdent une riche diversité : chênes, pins, " surriers " ou chênes-liège, ormes, aubiers, bouleaux, charmes, châtaigniers, noisetiers, acacias, pommiers, etc. Quelques boisements résiduels présentent encore l’essentiel de ces caractères, près de Saint-Pé, Sainte-Maure-de-Peyriac, Réaup, Lisse ou Sos, vestiges de forêts plus anciennes : " ils sont probablement, ces bois, les restes du peuplement primitif de ces contrées (1) ". Les hommes se sont longtemps contentés d’entretenir et d’éclaircir la forêt, préservant naturellement cette variété mêlée, jusqu’à ce que l’exploitation industrielle du XIXe siècle rase des pans entiers de bois anciens pour créer d’immenses parcelles monoculturales. Dans le cadastre de la juridiction de Mézin de 1672  *  (2) apparaissent souvent des " pinatas y ayant quelques surriers ", une " terre labourable où il y a plusieurs aubiers, chesnes et surriers "
- souvenir probable d’un défrichement récent.
Plus à l’ouest, les landes étaient nues. " Imaginez-vous, chère, un désert affreux, une lande désolée, couverte d’arbres-lièges "(3), écrira George Sand à son arrivée à Guillery, propriété des Dudevant. Pour d’autres observateurs, cependant, ces terrains n’étaient pas si uniformes. On découvre ainsi des " bois entrecoupés de marais, d’espaces cultivés et d’arides friches "(4). Mieux encore, les mots du quotidien des hommes de la lande inscrits sur le cadastre de 1672 révèlent un paysage tout en nuances, celui de l’exploitant qui ne saurait confondre landes et terres de bruyères, taillis à moutons et " mauvais taillis ", et sait la valeur d’un pâturage (voir encart). En somme, vues par l’utilisateur du XVIIe siècle, les landes forment un univers subtilement différencié.
Bois et cultures ne s’excluaient pas non plus systématiquement : les précieux chênes-lièges se dressaient au-dessus des céréales, sous forme de " terre labourable où il y a surredes " (2). Ces paysages de labours complantés étonneront encore Boudon de Saint-Amans au début du XIXe siècle avant de disparaître dans la région.

[R]  La lande habitée

Il y a trois siècles, ces terres landaises étaient plus densément peuplées qu’aujourd’hui. Peu de villages - Sainte-Maure-de-Peyriac, Saint-Pé et Réaup se sont constitués après le tournant des XVIIIe et XIXe siècles -, mais des fermes isolées et des hameaux ponctuaient le territoire de façon diluée. Les paroisses, cadre territorial de référence où l’on déclarait les grands actes de la vie, naissance, mariage et mort, étaient en effet plus réduites que nos communes actuelles : Sos divisée en sept paroisses d’inégales dimensions, de même que Réaup-Lisse. Des chapelles rurales tranquilles et solitaires, vers lesquelles tous convergeaient le dimanche, rappellent une époque où la lande était plus peuplée, comme celle de Saint-Simon au bord de la Gélise loin de tout village, de Saint-Pau en pleine lande, de Saint-Julien bâtie en petits moellons dans la forêt après la guerre de Cent Ans, ou encore de Meylan et Gueyze.
Plus distants, châteaux et manoirs se dressaient de loin en loin dans le paysage landais, désignant ici l’immense seigneurie de M. de Réaup, plus loin celle de Jean de Lustrac, seigneur de Losse et de Montesquieu, ou les terres des Chartreux de Bordeaux autour du prieuré de Sainte-Catherine. Ces très grandes propriétés foncières impliquent par leur ampleur même un contrôle moins resserré qu’ailleurs. De grands terrains seigneuriaux ou communaux, les vacants, sont définis comme des terres " vagues et vaines ", espaces au statut incertain où les habitants jouissaient d’un droit d’usage immémorial et qui ne seront appropriés qu’au XIXe siècle non sans d’inextricables procès. En matière de propriété, la lande apparaît donc longtemps comme un pays relativement ouvert. Des magistrats de Mézin ont pu acheter des terres et des métairies dans le secteur landais, comme l’avocat Jean Descomps, le juge Jean Dubarry, ou l’avocat Jean Sargasset, propriétaire du domaine de Conques.
Les autres demeures se répartissaient entre fermes isolées et hameaux peuplés de brassiers. Les fermes du XVIIe siècle sont difficiles à décrire, faute d’exemples dans ce secteur, mais il est vraisemblable qu’elles ressemblaient peu ou prou aux constructions du XVIIIe : des bâtiments larges et bas sous un toit à trois pans, ouverts à l’est et fermés aux vents pluvieux de l’océan ; tous les matériaux locaux y sont employés, pan-de-bois, terre, médiocre moellon et planches ; jouxtant l’habitation, quelques dépendances, notamment un enclos fermé pourvu d’un abri, le " parc ", pour le troupeau de moutons. Quant aux hameaux (appelés " villages "), c’étaient de petits logements agglutinés " en ruche " qui ont à peu près disparu, bien que nombre d’exemples figurent sur les plans cadastraux de 1833-1834. Entourant les demeures, se trouvent le potager, puis les champs et les pâturages, espace de défrichement perceptible sur la carte de Belleyme : le terme " ayrial " est bien employé dans les textes du XVIIe siècle, mais doit-on lui donner tout à fait le même sens qu’au XIXe ?

[R] La lande aux ressources inespérées

Dans les sables labourables, on cultivait majoritairement du seigle et du panis. Les pâturages étaient essentiellement destinés aux moutons, dans le cadre d’un élevage extensif attesté depuis le milieu du Moyen âge, comme l’a montré Pierre Simon pour les terres de la Grange de Lannegrasse, dépendance du prieuré du Paravis (5). Enfin, les bois faisaient bien partie intégrante de l’économie agricole. L’association seigle-bois-moutons, symbole de pauvreté, voire de misère, ne doit pas être comprise avec cette dévaluation caricaturale dans les landes de la juridiction de Mézin à l’époque moderne : l’exploitation des bois, l’élevage et les cultures - y compris la vigne mentionnée en 1672 - se complétaient pour constituer une économie rurale viable et équilibrée.

Les landes ne manquaient pas d’engrais, grâce à l’épandage des litières du bétail, souvent de bruyères. Surtout, le bois de chêne se vendait bien, et mieux encore l’écorce de Quercus suber, le chêne-liège ou " surrier ". Le liège était au XVIIe siècle une des principales productions agricoles de ce secteur, soit " cueilli " dans la forêt, soit récolté dans les plantations en labours ou en surrèdes. Il était vendu depuis au moins le XVe siècle, puisqu’une vente de liège est mentionnée à Lisse en 14.., selon Stuart Munro-Hay. En 1585, la balle de liège est inscrite dans les produits courants au péage de Sainte-Bazeille sur la Garonne. Les produits étaient exportés par le grand chemin de la Ténarèze, une des voies majeures du Sud-Ouest, voie de passage et de transhumance des Pyrénées à la Garonne, qui passe la Gélise à Sos et se dirige par Réaup vers le Béas et Barbaste. Outre le bois, le liège et le pacage, la forêt fournissait du gibier en abondance. L’apiculture donnait un dernier complément, qui a périclité après la Révolution, selon Boudon de Saint-Amans.
Les hommes du XVIIe siècle ont hérité à la fois des chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire, ceux qui ont dressé le cromlech de Saint-Pau, et des défricheurs qui leur ont succédé. On ne peut appliquer aux bords de Gélise l’image déshéritée des Lugues et du Haut-Ciron 6. La diversité des ressources, de façon assez comparable à celle de la montagne méditerranéenne décrite par Fernand Braudel pour le XVIe siècle, et la plus-value du liège livrent un bilan moins maigre que ce qu’on aurait pu prévoir a priori. C’est même le paradoxe de ce territoire comme le souligne un intendant au début du XVIIIe siècle : " le pays qui paroit le plus inculte etoit celui qui produisoit le plus 7.".

[R]  Les coteaux en échiquier coloré ?

L’apparence actuelle des coteaux est inverse, image éclatante d’une terre intensément cultivée, pays de vigne et de blé. Les interfluves adoucis par l’érosion s’étagent en plans successifs que séparent des vallées. Dans les labours d’hiver, la terre apparaît lourde, grasse, épaisse. Les Romains ne s’y sont pas trompés, qui y ont installés de grandes villae, comme celle de Calès, près de Trignan, où a été découverte la statue du " Jupiter de Mézin ". Les champs dessinent des rectangles de couleurs variant au gré des cultures et des saisons : mosaïques de verts au printemps, de blés mûrissants, de pampres de vigne et de bourgeons d’arbustes, blondeur des blés avant la moisson, puis jaune intense des tournesols contre le vert soutenu du maïs ou les épis rouille du sorgho.
Toutefois, le paysage sous Louis XIV était sans doute moins ouvert et moins varié qu’aujourd’hui, les cultures plus répétitives, les champs plus étroits avant la mécanisation agricole. Des haies de têtards ou des lignes de chênes-liège, d’ormeaux, de peupliers, soulignaient les bordures des champs, les chemins et les méandres des rivières, silhouettes d’arbres et de buissons qui forment encore ponctuellement des écrans de verdure ourlant les limites paysagères. Les déboisements n’avaient pas été aussi radicaux que de l’autre côté de la Baïse : des bois, des " bousigues " même, figurent dans les propriétés en 1672. à Sainte-Maure-de-Peyriac, certains paysages évoquent toujours une marge, intermédiaire entre les cultures intenses des coteaux et les bois étalés des landes. Cependant, ces terres donnaient du froment, du vin, de l’eau-de-vie, et permettaient d’engraisser des volailles, des porcs. Les moulins serrés de la Gélise, de l’Auzoue et de l’Osse, moulaient le bon grain des coteaux à tour de meules - souvent deux paires -, avec une tout autre capacité que leurs confrères des ruisseaux landais, d’ailleurs disparus pour la plupart avant le début du XIXe siècle. Pourtant, là aussi perduraient des jachères, des taillis de petits chênes et de genévriers sur les versants, des prairies inondables au fond des vallées.

[R]  Les coteaux dominés par les châteaux

Du maillage paroissial serré et régulier mis en place au milieu du Moyen âge, on peut déduire que le peuplement est relativement dense depuis des siècles. Seize petites paroisses se partageaient les trois communes de Lannes, Mézin et Poudenas. Chacune possédait une église, le plus souvent un sanctuaire rural comme Arbussan, Cazeaux, Fousserie ou Trignan ; dans ces constructions, se lisent agrandissements et remaniements, plus nombreux aux moments de croissance et de conquêtes agraires, comme les XIIIe et XVIe siècles. À cette densité d’églises correspond un habitat à la fois dispersé et toujours proche, d’où l’on voit les grands arbres rafraîchissant les logis voisins. Dominant le paysage, les châteaux arborent la masse de leurs murs et les silhouettes élevées, voyantes et effilées de leurs tours et tourelles - plus hautes encore avant que la Révolution ne les fasse abaisser. Nombreuses, rapprochées, ces nobles demeures tissent un filet étroit, illustrant mieux que dans les landes le célèbre adage selon lequel toute terre appartient à un seigneur. Les propriétés sont en effet moins étendues, plus organisées et intensivement exploitées. Depuis le château, où le métayer porte sa part de fruits, le maître embrasse du regard ses terres et ses métairies. Ces domaines agricoles pourraient être les successeurs des villae dans la mise en valeur du sol, mais cette ressemblance a surtout été revivifiée par la réorganisation qui suivit le désastre de la guerre de Cent Ans : la fragmentation en petits fiefs sous l’égide de seigneuries suzeraines a disparu alors, et les maisons-fortes qui contrôlaient au plus près le territoire sont devenues des métairies, comme Enferrus ou Auzac (Lannes). Repère visuel, les pigeonniers abondent sur les coteaux, car toute demeure aisée en possède un, de pierre ou de pan-de-bois, carré, rond, polygonal, sur piles, accompagnant le prieuré de prémontrés de la Grangerie, le manoir de Carboste ou la ferme des sœurs de Jeanne de Lestonnac à Jeanoulet.
L’habitat se partage par ailleurs entre métairies et hameaux de journaliers, témoignage d’un système agraire reposant sur trois groupes, propriétaires, métayers et ouvriers agricoles. Si les hameaux - semblables à ceux des landes - ont disparu au XIXe siècle, les ruines de Ribère (commune de Lannes) permettent d’imaginer un mode de vie plus communautaire, dans un écart de onze logements agglutinés, entourés de petits lopins de potagers. Les métairies sont au contraire des fermes autonomes, disposant de matériel et de dépendances agricoles de polyculture : étables, fenil, chai, pressoir, porcherie, poulailler. Les reconstructions ont été nombreuses aux XVIIIe et XIXe siècles, mais quelques exemples antérieurs subsistent, sous une façade en pignon à l’est, avec cuisine au rez-de-chaussée et chambre à l’étage ouvrant par une croisée de pierre.

[R]  Les villages entre lande et coteaux

Ce n’est ni sur les coteaux, ni dans les landes, que se trouvent les anciens villages, Sos, Poudenas, Mézin et Barbaste, mais sur leur limite, sur les bords de la Gélise. Mézin est campé entre deux paysages, si bien que, depuis le clocher, on voit d’un côté une étendue monochrome et de l’autre un damier multicolore. Et il apparaît alors de façon évidente que cette vallée qui serpente entre landes et coteaux et semble aujourd’hui les séparer, reliait au contraire deux terroirs proches et complémentaires, dont dépendaient marchés, commerces et artisanats. Les métiers figurant dans le cadastre de 1672 confirment combien Mézin vivait des deux pays dépendant de sa juridiction : des landes venaient le bois, le liège et la laine, dont vivaient marchands de bois, charpentiers, menuisiers, cardeurs et tisserands, et des coteaux arrivaient la farine, le vin et l’eau-de-vie destinés à l’exportation vers Bordeaux par l’entremise des négociants mézinais.
Le chemin de la Ténarèze et ses passages sur la Gélise ont compté dans l’implantation de plusieurs villages, comme Sos sur son éperon commandant la traversée de la rivière, ou Barbaste sur le gué, puis le pont. Un site de défense, un point fort, sont à l’origine déterminants - châteaux de Sos et Poudenas, moulin fortifié des Tours de Barbaste, prieuré de bénédictins de Mézin -, mais le développement des villages s’appuiera ensuite sur leur situation géographique et l’éventail économique favorable qu’elle procure. Le seul village au cœur des coteaux, Villeneuve-de-Mézin, n’a d’ailleurs pas connu grand essor, bien qu’il soit un modèle exemplaire de Castelnau, défendu sur un angle par son église à salle haute et à l’opposé par son château à échauguettes et meurtrières.
Dans les villes et villages du XVIIe siècle, l’héritage médiéval demeure perceptible : à l’intérieur des remparts, qui subsistent dans toutes les agglomérations d’Albret, demeures et boutiques en pan-de-bois et en pierre se pressent le long des rues principales et des places à " cornières ", tandis que de grands jardins s’étendent au pied des remparts. Les nouvelles constructions y adoptent un style sobre et incolore. Le seul village transformé de façon spectaculaire est Poudenas, vers 1664-1686, avec les travaux des Bouzet de Roquépine qui ouvrent leur château sur le jardin, le village, la vallée et leur nouveau marquisat, agrémentent les façades de pilastres en rythme régulier, de galeries et de terrasses à balustrades : le site entier du village en est métamorphosé, prenant un air de modernité teintée d’italianisme au cœur de la Gascogne.

Les paysages comme les bâtiments ne cessent de se transformer au gré des générations. Au XIXe siècle, un nouvel équilibre économique s’est mis en place, gommant certaines nuances des rives de Gélise des siècles précédents : l’industrialisation a remplacé la forêt diversifiée par la monoculture du pin - les chênes-liège ne fournissant plus assez de matière première - et implanté scieries et résinières dans l’espace landais, en même temps que l’on bâtissait des maisons ordonnancées, classiques et solides, de moellon enduit, dans les villes et les campagnes. Pourtant, quelques traces et indices du cadre de vie du XVIIe siècle subsistent sous ces changements profonds.


Illustrations : pigeonnier à Mézin, cimetière fortifié et église paroissiale Saint Jean-Baptiste de Meylan. Dessins Claire Brenot d’après photographies. Et carte topographique de Belleyme (levés vers 1763-1764).

* Article publié par ailleurs dans Le Festin, 42, 44-53, juin 2002 [VU]


[R] Encadré Le nombre de termes employés
dans ce document pour qualifier les différents espaces prouve la diversité inespérée du milieu landais : on y distingue les prés ou " preds " [herbages destinés à être fauchés], les " patus " ou " pasteings " [simples pacages], les " padouens " [" fragments de vacants dont l'utilisation est concédée par le seigneur à un ou plusieurs usagers nommément désignés "], les " broustés " [jeunes taillis destinés aux troupeaux de moutons], les " bousigues " [mauvais taillis], les " bruquas " ou " branas " [plantes poussant au pied des pins, essentiellement de la bruyère, employées pour les litières des animaux domestiques] , les " lannes " ou landes et les sables incultes. Les définitions du Littré, de Pierre Deffontaines et de Jean-Gilbert Bourras (loc. cit.) ont été nécessaires pour préciser au mieux le sens ancien de chaque expression.


Notes 

(1). Jean-Gilbert Bourras, 1995. La querelle des vacants en Aquitaine. J. et D. éd., Biarritz, p.92. [VU]
(2). Arch. dép. de Gironde : C 2446 (cadastre de la juridiction de Mézin, 1672). [VU]  [VU]
(3). Lettre à Zoé Leroy, 1825. La naissance de George Sand, textes publiés par H. Delpont, 1995, p. 51. [VU]
(4). Jean-Florimond Boudon de Saint-Amans : Voyage agricole, botanique et pittoresque dans une partie des landes de Lot-et-Garonne, et de celles de la Gironde. Agen : chez P. Noubel ; Paris : chez Ledoux et Tenré, 1818 (reprint L’Horizon chimérique, 1988), pp. 10-22
[VU]
(5). J. -P. Rajchenbach, 1981. Les Lugues et le Haut-Ciron à la fin du XVIIe siècle : structure foncière et utilisation de l’espace. Actes du colloque de Sabres (CNRS), 217-236. [VU]
(6). Rapport de Lamoignon de Courson, cité par F. Loirette : Le Condomois dans la première moitié du XVIIe siècle, d’après les mémoires des administrateurs. Fédération historique du Sud-Ouest, 1987, p. 168. [VU]
(7). Rapport de Lamoignon de Courson, cité par F. Loirette : Le Condomois dans la première moitié du XVIIe siècle, d'après les mémoires des administrateurs. Fédération historique du Sud-Ouest, 1987, p. 168. [VU]