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L'Environnement à l'INRA

Ouvrage dirigé par Alain Perrier, paru en novembre 1995.

Lire l'Avant-propos (par Bernard Chevassus-au-Louis, directeur général de l'INRA), l'Introduction (par Alain Perrier, délégué à l'Environnement de l'INRA), consulter la liste des Auteurs, la Table des matières.
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Quatre chapitres : I. Comprendre la complexité ; II. Valoriser la diversité ; III. Produire mieux ; IV. Gérer l'environnement.

Voir le tableau (122 Ko) de la page 1 de couverture

Vers Quoi de neuf ?, l'Album, les Œuvres.


AVANT-PROPOS
par Bernard Chevassus-au-Louis

La prise en compte croissante des préoccupations environnementales par la recherche agronomique peut être considérée soit comme une continuité logique de sa démarche, soit comme une ouverture nouvelle, voire une rupture d'avec ses paradigmes antérieurs. Les tenants de la continuité souligneront combien la recherche d'une gestion plus efficace des intrants, la préservation de la valeur agronomique des sols, l'inventaire et la conservation des ressources génétiques des espèces cultivées ou élevées constituent à la fois des préoccupations anciennes de la recherche agronomique et des enjeux importants sur le plan environnemental. Les tenants de l'ouverture mettront en avant les changements de perspective qu'implique la prise en compte du temps long (rotation pluriannuelles des cultures, cycle de la matière organique...), des échelles d'espaces adaptées à la gestion des ressources naturelles (bassin versant, métapopulation...) et l'intérêt que suscitent maintenant des entités écologiques (haies, zones humides, talus...) considérées auparavant comme secondaires, voire archaïques dans le paysage rural.

Cet ouvrage permettra, je pense, au lecteur de mieux percevoir ce qui relève de l'une ou l'autre tendance.

Je souhaite qu'il permette surtout de réaliser ce qu'est le défi de la recherche agronomique d'aujourd'hui : élaborer des modes de gestion de l'espace rural conciliant les contraintes technico-économiques des activités qui s'y déroulent et les préoccupations de l'ensemble de la société vis-à-vis du patrimoine qu'il représente. Sans nier l'intérêt des zones protégées (parcs nationaux, réserves...), dont le caractère exceptionnel ou fragile justifie l'exclusion de la quasi-totalité des activités humaines, il apparaît en effet que le défi majeur des années à venir, aussi bien dans les pays développés que pour l'ensemble de notre planète, est celui de la gestion de l'environnement " ordinaire " dans ses multiples fonctions de cadre de vie, de support d'une production durable de nombreuses ressources mais aussi de conservation plus globale d'un patrimoine dont certaines composantes n'accéderont au statut de " ressources " que dans un avenir imprévisible qu'il nous incombe de ménager.

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INTRODUCTION
par Alain Perrier

Si l'environnement a pris un développement grandissant ces dernières années et a acquis une audience soutenue auprès des médias, c'est peut-être tout simplement parce que chacun d'entre nous, comme la plupart des acteurs eux-mêmes, se sent questionné, voire remis en cause dans ses propres activités à travers les problèmes soulevés par l'environnement. Cette problématique, comme la prose de Monsieur Jourdain, fut en fait, de longue date, une réalité tangible à l'INRA qui s'est manifestée à travers de nombreuses recherches, souvent purement thématiques ; bien qu'apparemment éloignées du concept environnemental actuel, toujours considéré dans une acception assez large, ces recherches se révèlent pertinentes car au coeur des problèmes à résoudre.

Prenons, par exemple, le thème d'une agriculture plus économe et plus autonome, lancé par la direction de l'INRA il y a deux décennies. S'y trouve affichée la volonté de réduire les intrants, ce qui correspond bien à une problématique environnementale actuelle. Il en est de même des recherches conduites alors sur l'ajustement optimal des bilans minéraux aux besoins de la plante. Enfin, l'analyse des processus de transfert d'eau en vue d'améliorer sa qualité et d'optimiser l'irrigation participe à l'acquisition de connaissances utiles.

Cette orientation générale a également favorisé les recherches sur le fonctionnement de divers agrosystèmes en liaison avec leurs équilibres agro-pédo-climatiques ; elles se sont traduites par la mise en oeuvre d'une politique d'adaptation variétale et se prolongent actuellement par une politique de ressources génétiques répondant en partie aux problématiques environnementales touchant la biodiversité. Elle a été marquée par d'importants travaux en zoologie appliquée qui ont permis de développer la lutte biologique. Ce fut aussi la période de mise en oeuvre des recherches sur les systèmes de culture en vue de réduire les intrants et le coût des interventions en maîtrisant les arrière-effets et en valorisant les résidus de récolte de même que les effluents d'élevage disponibles sur l'exploitation.

Certes ces objectifs de recherche basés sur la valorisation maximum de la production et une minimisation des coûts ont conduit aussi à une intensification dont le début des années connaît certaines formes extrêmes. Cependant, à travers elles, il a été possible de mettre en évidence les premiers effets négatifs de cette intensification et le devenir inquiétant de ces effets sur le futur. Même si des voix se sont élevées, dès les années , pour signaler les difficultés à venir, le principe de précaution, qui devient explicite et fort de nos jours ne pouvait alors prévaloir sans démonstration claire des dommages durables.

Aussi de nombreux travaux dans tous les secteurs de l'INRA ont alors vu le jour, cherchant à préciser ce que confusément, peut-être, beaucoup pressentaient. N'oublions cependant pas que ce sont ces travaux, toujours conçus en vue d'atteindre une meilleure maîtrise de la connaissance des processus, objectif premier de le recherche, qui forment le corpus du savoir engrangé par l'INRA. Ce sont donc ces travaux que l'on retrouve dans cet ouvrage à la base des développements nouveaux mis en oeuvre pour traiter de l'environnement.

Ce savoir représente en effet les atouts indispensables de l'approche actuelle de l'environnement qui suppose une recherche soucieuse des aspirations humaines et plus intégrée :
à la fois par les divers domaines interagissant entre aux pris en compte (systèmes de culture et systèmes techniques) ;
- par les domaines spatiaux mis en oeuvre dans l'espace concret d'une région ;
- et enfin par l'évolution temporelle analysée pour traiter de façon cohérente la notion d'une certaine durabilité.

Si ces caractéristiques de l'approche environnementale sont actuellement bien admises, la vision pratique de ces problématiques environnementales évolue. Schématiquement, la recherche environnementale a d'abord été considérée comme un moyen d'analyser les dysfonctionnements ; puis elle a été prise comme un moyen de diagnostic permettant de faire respecter et de protéger les milieux et leurs ressources potentielles et, finalement, comme un moyen de répondre aux souhaits de prévision des perturbations et d'être si possible à même de les corriger à la source. A cette croissance de l'ambition environnementale s'est toujours mêlée la volonté d'apporter les connaissances permettant d'envisager, dans des temps plus ou moins longs, l'assainissement et la restauration des milieux en vue d'atténuer les modifications négatives induites et régénérer des milieux dans un sens le plus favorable aux activités humaines.

On conçoit alors toute l'importance de la notion actuelle d'environnement. Elle prend tout son sens, à la fois comme une entité globale et complexe intégrant les milieux, les agro- et écosystèmes en y intégrant les activités humaines qui les gèrent et les transforment. Cette entité forme un tout fortement imbriqué tant au niveau local, qu'au niveau régional, voire même au niveau de la biosphère (échelle planétaire). L'environnement apparaît bien comme une science du complexe et de la multidisciplinarité qui doit se fonder sur les connaissance thématiques, adopter une vision non sectorielle et promouvoir la description et la modélisation de la multiplicité des interactions avec leurs rétroactions directes et indirectes. Soulignons qu'il y a complémentarité entre actions ponctuelles thématiques sur les mécanismes - dont les solutions proposées sont tout aussi importantes pour traiter des processus au sein de l'environnement - et les recherches de solutions plus intégrées. Certes ces dernières sont les seules à permettre a priori de mieux prendre en compte les diverses contraintes en vue d'actions plus respectueuses de l'environnement et de meilleure acceptabilité si, d'emblée, elles sont vues sous cet angle.

A l'INRA, l'environnement est considéré à toutes les échelles : parcelle, lac, forêt, bassin versant, etc., autant d'entités qui structurent l'espace rural et au sein desquelles il s'agit de suivre et de maîtriser les perturbations (éléments nutritifs, xénobiotiques, animaux ou plantes nouveaux, etc.).

Mais ce qui focalise notre attention et oriente nos efforts de recherche sur l'environnement, c'est surtout l'homme, avec ses perceptions des milieux et ses approches du fonctionnement de la biologie de la biosphère, avec ses points de vue éthiques et sociologiques, avec ses contraintes économiques, son besoin de produire et d'assurer le développement.

Tous les milieux, toutes les ressources et tous les écosystèmes de la planète sont modifiés par les effets des activités humaines et leurs répercussions sur les facteurs de l'environnement. Il n'y a aucune restriction ni aucun parti pris de sauvegarde particulier dans les actions à entreprendre pour répondre aux questionnements de la société sur l'environnement. C'est un point de vue analytique de la " physiologie et de la pathologie " de la biosphère qu'il faut promouvoir, prenant en compte tous les mécanismes particuliers et les réactions ou rétroactions suscitées qu'il est important de cerner. C'est ce point de vue interne du fonctionnement et des dysfonctionnements de l'environnement régional qui guide nos orientations en sachant que les choix environnementaux seront en plus ou moins bonne harmonie avec les potentialités du milieu et en accord plus ou moins difficile avec les groupes de la société. Ces choix, qui doivent être acceptés par une certaine majorité, se feront toujours avec des contraintes contradictoires et des intérêts opposés, ou encore des principes éthiques différents, divergences fortement exprimées selon les pays et les sociétés.

Ainsi l'environnement ne peut pas avoir de trajectoire rectiligne, ni d'orientations scientifiques trop rigides ; c'est un domaine mouvant où les problématiques doivent conduire à des questionnements scientifiques où les capacités d'analyse et de prospective de tous les secteurs de l'INRA sont à mobiliser pour intégrer au mieux les connaissances et pour mieux traduire la complexité des situations liées aux conséquences des innovations techniques. Le point de vue de la recherche environnementale est la mobilisation des connaissances pour traiter globalement de cette " physiologie et de cette pathologie " de la biosphère et pour en aborder quelques problèmes particulièrement cruciaux.

Cet ouvrage retrace les acquis, les forces qui s'organisent autour de quelques thèmes, prémices de recherches environnementales plus intégrées :
- environnement et fonctionnement des agro- et écosystèmes dans leur milieu sol, eau, atmosphère ; c'est la production de connaissances intégrées pour " comprendre la complexité " (chap. I) et permettre d'en raisonner la gestion à des fins environnementales ;
- environnement et biodiversité des milieux, des écosystèmes des espèces et des gènes : c'est " valoriser la diversité " (chap. II) pour diversifier les ressources, leur qualité et leur exploitation sans déprédation physique ou biologique, individualiser les paysages et les terroirs pour favoriser des milieux de vie mieux adaptés ;
- environnement et protection ou restauration des milieux physiques et biologiques, amélioration de la qualité des produits et réduction des intrants et des pollutions ; c'est " produire mieux " (chap. III) pour améliorer le bien être et la santé ;
- environnement et gestion du développement dans l'espace rural ; c'est " gérer l'environnement " (chap. IV) en proposant des interventions techniques et des aménagements respectueux des potentialités, des points de vue éthiques et répondant aux besoins économiques des sociétés.
Autant de dynamiques de recherches qu'il faut mobiliser en fonction des objectifs pour construire et proposer des scénarios d'optimalisation entre les besoins du développement et les contraintes environnementales dans le respect de la durabilité voire dans l'amélioration des potentialités du milieu. La délégation permanente à l'Environnement de l'INRA coordonne et favorise depuis deux ans ces orientations.

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Auteurs

Le présent ouvrage est le fruit d'un travail collectif de chercheurs de l'INRA, animé par la délégation permanente à l'Environnement de l'INRA.

Sont remerciés pour leur contribution à cet ouvrage :

Jacques Agabriel, Jean-Pierre Amigues, Michel Arbez, Christine Aubry, Annick Audiot, Jean-Luc Baglinière, Alain Baille, Gérard Balent, Jérôme Balesdent, Gérard Balvay, Jacques Baudry, Michel Becker, Bernard Bibé, Jean Boiffin, Raymond Bonhomme, Maurice Bonneau, François Bonnieux, André Bories, Marcel Bouché, Jacques Brossier, Francis Caillez, Raoul Calvet, Alain Carpentier, François Casabianca, Jean-François Castell, Gilles Cattiau, Jean Cavailhès, Pierre Cellier, Jean-Yves Chapot, Marie-Hélène Châtelin, Yves Chilliard, Yvette Dattée, François-Alain Daudet, Pierre Delattre, Thierry Doré, Gérard Dousssinault, Jean-Michel Faure, Bernard Faye, Pierre Ferron, Alexis Fostier, Alain Fraval, Pascaline Garnot, Jean-Pierre Garrec, Jacques Gasquez, Daniel Gerdeaux, Jean-Claude Germon, Claude Grignon, René Guyomard, Yves Henry, Bernard Hubert, Pierre-Alain Jayet, Pierre-Benoît Joly, Claude Juste, Eric Justes, Dominique King, Jean-François Lacaze, Jean-Pierre Lagouarde, Etienne Landais, Guy Landmann, Alain Langlet, Sylvie Lardon, Raphaël Larrère, Jean-Jacques Lauvergne, Hélène Lecoeur, Marianne Lefort, Philippe Legoffe, Yves Léon, Pierre Le Neindre, François Le Tacon, Bruno Ludwig, Jean-Michel Melin, Jean-Marc Meynard, René Moletta, Gilles Monod, Jean-Pierre Moreau, René Morlat, Dominique Normandin, Louis Ollivier, François Papy, François Pernet, Philippe Perrier-Cornet, Michel Petit, Jean Petit, Bernard Pommel, Pierre Rainelli, Alban Richard, René Rieux, Guy Rodet, Pierre-Mathieu Santucci, Bertrand Schmitt, Bernard Séguin, Hervé Sinoquet, Guy Soulas, Jean-Claude Sourie, François Spitz, Patrick Steyaert, Luc Thiébaud, Denis Thiery, Jean Timbal, Michel Tommetter, Egizio Valceschini, François Vallerand, Dominique Vermersch, Bertrand Vissac, Florence Weber.

Coordination : Alain Perrier, assisté de Sophie Le Perchec.

Comité de coordination : Raymond Bonhomme, François Bonnieux, Jean Cavailhès, Alexis Fostier, Alain Fraval, Alain Langlet, Pierre Le Neindre, René Moletta, Louis Ollivier, Bernard Séguin.

Rédaction : Nicolas Darbon.

Graphes et illustrations : Blanche Rivière et Claire Brenot.

Iconographie : photos INRA et diapothèque du centre INRA de Paris.

Edition : Alain Fraval.

Relecture : Véronique Bourgois, Nathalie Pellegrini et Chantal Perrier.

Diffusion : direction de l'Information et de la Communication de l'INRA.

Dessin de Claire Brenot [R]


Table des matières

En italiques : les titres des encadrés

Avant-propos

Introduction

[R] I. Comprendre la complexité

Evolutions climatiques et cycles biogéochimiques

Ecosystèmes en fonctionnement

Activités humaines et espace rural

[R] II. Valoriser la diversité

Paysages, outils de diagnostic

Gestion durable des milieux sensibles

Conservation et exploitation des ressources animales et végétales

[R] III. Produire mieux

Adapter les systèmes de production

Lutter contre les pollutions

Produire autrement

[R] IV. Gérer l'environnement

Politique, espace, région

Vers une politique environnementale

Conclusion

Auteurs

[R]


L'ouvrage, gratuit, est diffusé par la direction de l'Information et de la Communication de l'INRA (DIC)
Salle d'Actualité
147, rue de l'Université, 75338 Paris cedex 07.
Tél. : (1) 42 75 94 51 ; fax : 47 50 27 16.


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