Juin 2002 : Actuellement pullulation de L. dispar dans la costière au sud de la Crau sur Q. ilex et Q. coccifera.

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Lymantria dispar en Europe et en Afrique du Nord

par Claire Villemant et Alain Fraval

Introduction
Résultats pays par pays (Albanie, Algérie, Allemagne, Autriche, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Maroc, Moldavie, Norvège,  Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchéquie, Tunisie, Ukraine, Yougoslavie)
Conclusions
Références bibliographiques


Le Bombyx disparate, Lymantria dispar L. (Lep. Lymantridae) est un ravageur des forêts de feuillus et de conifères - et aussi d’arbres fruitiers et de plantes basses - dans tout l’Hémisphère nord. L’espèce est originaire du Japon et de Corée. Au XIXe siècle elle était présente en Russie, Chine du Nord, Europe balkanique et de l’Ouest. En 1869, un expérimentateur audacieux, Léopold Trouvelot, l’introduisit, depuis la France, aux Etats-Unis, à Medford dans le Massachussetts. Dans ce pays, le Gypsy Moth est devenu le ravageur forestier le plus coûteux. Au début du XXe siècle, des pullulations de L. dispar inquiètèrent les forestiers d’Algérie et du Maroc. En 1991, on détecte l’intrusion, sur la côte est du Canada à proximité de Vancouver de l’Asian Gypsy Moth (AGM), venu par cargo de Russie orientale ; cette population américaine diffère de celles issues des élevages de Trouvelot notamment par une voracité supérieure et la capacité qu’ont les papillons femelles de voler. Peu après, on remarque en Europe que les défoliations par le Bombyx disparate touchent des forêts où le ravageur ne s’était jamais manifesté en masse. Pour beaucoup, ces pullulations pourraient s’expliquer par l’invasion de l’AGM en provenance de l’est, et la plupart des efforts des entomologistes forestiers portent désormais sur la caractérisation et la différenciation des races. À l’heure actuelle, un consensus semble se dégager sur le schéma suivant : l’Europe héberge des populations de L. dispar d’identité génétique variable avec, à l’est, une plus forte proportion de gènes « asiatiques » qu’à l’Ouest ; parmi ces gènes, certains s’expriment plus en période de culmination et l’on voit ainsi, par exemple, des femelles voler. Ce phénomène, toutefois, n’est pas une nouveauté et des vols de femelle de Bombyx disparate ont été jadis notés en Europe orientale (voir Finlande). Les chenilles et les papillons aux caractéristiques inhabituelles vus lors des gradations récentes en Europe ne proviennent pas d’invasions à partir de la Russie mais expriment des variantes du patrimoine génétique des populations locales. Les « nouveaux » Bombyx disparates ne sont pas des immigrants indésirables et les pays européens n’ont pas à instaurer de mesures pour empêcher l’introduction des éléments asiatiques de l’espèce. Aux Etats-Unis en revanche, deux types de population sont présents : celui de l’ouest , issu des individus importés par Trouvelot d'Europe de l'Ouest (mais qui s’est répandu depuis jusqu’à la côte pacifique) et celui de l’est, issu de Russie. L’un comme l’autre sont issus d’un tout petit nombre d’individus, et l’effet de goulot d’étranglement confère à la génétique de ces populations des caractéristiques particulières.

Les pullulations récentes, avec femelles volantes, chenilles plus voraces et mortalités d’arbres ont remis le ravageur au premier plan de l’actualité de la protection des forêts et stimulé fortement les travaux de recherche. Outre la génétique des populations, ont été examinés, notamment, les auxiliaires de lutte biologique (avec un volet assez nouveau, leur impact négatif éventuel sur les autres composants de la zoocénose), les dégâts (amplifiés par la sécheresse), les modèles de dynamique des populations (application du calcul parallèle, de la logique floue, etc.).

Les forêts européennes et nord-africaines suscitent beaucoup d’inquiétudes et les réseaux de surveillance comme les simples observateurs enregistrent des dépérissements. Les causes, lorsqu’on les connaît, sont multiples et aucune perte d’arbres n’a jamais pu être imputée au Bombyx disparate seul.

Bien que nous connaissions à l’avance la grande disparité des régimes de dynamique des populations locales de l’espèce, il nous a paru intéressant de dresser un tableau comparatif des situations de L. dispar en Europe et en Afrique du Nord au cours de ces dernières années. Pour ce faire, nous avons interrogé en 1995 et 1996 sur la base d’un questionnaire préétabli les forestiers (entomologistes et autres) des pays européens et Nord-africains. La plupart des adresses ont été tirés du document de Killing & Batzer (1995). Que ceux qui nous ont répondu soient vivement remerciés ; on lira leurs noms et coordonnées au tableau VI. Étaient demandés les date, lieu et importance des deux dernières gradations, ainsi que la liste des plantes attaquées par les chenilles. Nous résumerons leurs indications, complétées le cas échéant par les données de la littérature, pays par pays (cf. tableaux II à V). Une carte (fig.1) recense les pullulations signalées depuis les années 90.

Tableau I. Dénominations du Bombyx disparate

Synonymies (de genre)
Phalaena, Lymantria, Bombyx, Liparis, Porthetria, Ocneria
Noms vernaculaires
Allemagne, Autriche, Suisse : Schwammspinner
Danemark : LøVstraesnonne
Espagne : Zig-zag ; Lagarta peluda de los encinares (chenille)
Etats-Unis : Gypsy Moth
Finlande : Lehtinunna
France : Bombyx disparate, Spongieuse
Hongrie : Erdei gyapjaslepke
Italie : Limantria ; Bombice dispari
Maroc (Mamora) : Laroka
Pays-Bas : Plakker
Portugal : Lagarta peluda (chenille)
Roumanie, Yougoslavie : Gubar
Royaume-Uni : Gipsy
Slovaquie : Mniska vel’kohlava
Suède : LöVskogsnunna
Tchéquie : Bekyne velkohlava

Nous donnons ci-dessous un bref commentaire pour chaque pays, en signalant, le cas échéant, des publications complémentaires, sans souci d’exhaustivité.

Résultats

Les informations recueillies auprès de nos informateurs sont présentées dans quatre tableaux (II à V) où les forêts sont classées par pays, régions et localités. Les tableaux II et III indiquent l’importance des dégâts (en surface défeuillées) ; chaque colonne correspond à une année de la gradation. Les indications sur les espèces végétales attaquées sont rassemblées dans les tableaux IV et V. D’un tableau à l’autre, le numéro de la forêt sert de repère simple.

Albanie

Données manquantes. [R]

Algérie

La première infestation de L. dispar est signalée dans forêt d’Edough, près d’Annaba, (1923-1927). En 1925, plus de 3 000 ha de chênes-lièges et de nombreux vergers sont défoliés. Tous les feuillus sont attaqués à l’exception du figuier. Une première tentative de lutte biologique a lieu dès 1925 : les populations d’auxiliaires (calosomes notamment) sont renforcées par l’introduction de spécimens importés d’Espagne (Delassus, 1923, 1925). Malgré l’interdiction du trafic du bois et les traitements au DDT, de nouveaux foyers apparaissent ensuite à Azazga (Kabylie), Boghari, dans la Mitidja et à Oran, puis le Bombyx disparate disparaît presque totalement de la région (Balachowsky & Mesnil, 1935). Les foyers observés à El Kala se sont formés à partir d’insectes venant de la Tunisie. D’autres infestation ont lieu, en 1934 dans la chênaie verte de Tlemcen et en 1961 au Sud-Ouest d’Azazga (Khous, 1993).

Dans le Nord-Constantinois, l’infestation de L. dispar couvre 5 800 ha de chênes-lièges en 1976, 25 200 ha en 1977 et 22 000 ha en 1978 (Hamra Kroua, 1986). Durant la gradation de 1986-87, des défoliations sont observées dans plus de 10 wilaya ; la surface totale défoliée atteignant 12 634 ha (Jijel : 9 524 ha, Skikda : 2 260 ha, Annaba : 350 ha, El Tarf: 400 ha, Tizi-Ouzou: 50 ha, Mila : 50 ha) (Hamami, 1986 in Khous, 1993). Dans les chênaies vertes d’altitude, souvent en mélange avec le cèdre dans le parc national de Tikjda (Durdjura), Khous (1995) observe jusqu’à 27 360 pontes/ha en 1988. La brusque rétrogradation des populations du ravageur l’année suivante est attribuée à une polyédrose nucléaire (Khous et al., 1991).

Une gradation de relativement grande ampleur débute en 1992 dans plusieurs massifs algériens (cf. tableau II) avec des défoliations partielles mais sur une vaste surface dans les régions de Saïda et de Tlemcen (Khous, Bouhraoua, in litt.). En 1995, une forte infestation en forêt d’Akfadou (Kabylie) sur Q. afares favorise la multiplication de Calosoma sycophanta (Osella, in litt.). Selon Khous (in litt.) la durée des infestations est en général de 3 ou 4 ans dans les subéraies littorales, et de 2 ans seulement dans les chênaies de montagne (Djudjura, Aurès) : les attaques du Bombyx disparate débutent vers 800 m d’altutitude dans la chênaie pure puis gagnent les peuplements mixtes de chêne vert, cèdre de l’Atlas et genévrier oxycèdre. L’infestation s’arrête vers 1 300 m, au niveau de la cèdraie pure.

Actuellement, beaucoup de programmes d’observation sont interrompus par la guerre civile. [R]

Allemagne

Dans ce pays, comme en Autriche ci-dessous, les pullulations du Schwammspinner provoquent beaucoup d’inquiétude dans les années 90. L’invasion inhabituelle des habitations par les chenilles émeut fortement le public au point de suggérer à un journaliste un titre alarmiste « les chenilles tueuses attaquent l’homme » (Roy et al., 1995).

L’avant-dernière gradation en 1984-86 s’étend dans le Sud-Ouest (1 300 ha défoliés) dans des zones jusqu’ici jamais infestées par le Bombyx disparate (Bogenschütz, 1994). Entre 1991 et1994 les plus fortes défoliations ont lieu en Bavière, Hesse, Saxe mais aussi en Bade-Wurttemberg et Rhénanie-Palatinat où le ravageur n’avait jusqu’ici jamais provoqué de dégâts importants (Otto, 1993; Schröter & Seemann, 1996; Autorenkollektiv, 1996). Des pullulations sont signalées pour la première fois en Basse Saxe, Thuringe et Saxe-Anhalt (Veldmann & Kontzog, 1993; 1994; 1995 ; Baier, Habermann, in litt.). Les chênes sont attaqués en premier puis tous les autres feuillus, à l’exception du frêne et du robinier. Les dégâts sur pins apparaissent après la totale défoliation des feuillus (Schröter & Seemann, 1996). La pullulation observée en Bavière est sans précédent : sur 30 000 ha infestés en 1993, 1 500 sont totalement défoliés par L. dispar et Tortrix viridana (Feemers, in litt.).

Sur l’ensemble du pays, les surfaces défoliées en 1992, 1993 et 1994 atteignent respectivement, 2 000, 47 000 et 80 000 ha. Des traitements phytosanitaires ne sont appliqués que dans les cas les plus critiques. 11 000 ha en 1993 et 34 000 ha en 1994 sont traités à l’aide du Bacillus thuringiensis, du Diflubenzuron ou plus localement du Baculovirus (Wulf & Berendes, 1993). La présence de femelles volantes en 1994 dans plus de 20 localités différentes (surtout dans la région de Karlsruhe-Heidelberg-Heilbronn où les forêts ont été fortement défoliées en 1993 mais non en 1985) suscite de vives émotions (Bogenschütz, 1994; Gossenauer-Marohn, 1994). Aucun indice sérieux de l’introduction de la race asiatique n’est finalement retenu. L’influence des conditions climatiques sur ces infestations est confirmé par la pullulation simultanée de Lymantria monacha et Dendrolimus pini (Roy et al., 1995; Wulff & Graser, 1996). Comme en Alsace, les défoliations totales associées à une attaque de l’oïdium conduisent à une forte mortalité des chênes dans les stations très hydromorphes (Block et al., 1995). La survie des arbres est meilleure dans les zones traitées (Gossenhauer-Marohn et al., 1996 ; Delb, 1997).

Depuis 1970, dans 3 districts forestiers du Sud de l’Allemagne, L. dispar pullule tous les 7-8 ans, comme dans le sud de l’Europe où il trouve ses conditions optimales de développement. Une succession anormale d’étés chauds et secs a précédé le début des gradations de L. dispar en 1984 et 1991 (Bogenschütz, 1994; Gonschorrek, 1995; Wulff & Graser, 1996).

La gradation de L. dispar s’achève presque partout en 1994. La forte mortalité larvaire est due à la polyédrose nucléaire et à la Tachinaire Parasetigena silvestris. (Bogenschütz & Kammerer, 1995, Wulff & Graser, 1996). Le Calosome pullule localement (Niehuis & Schneider, 1994). [R]

Autriche

En Basse-Autriche et au Burgenland, les infestations ont lieu tous les 15 ans environ et durent 3 à 4 ans. La gradation de 1953 à 1956 entraine des défoliations sur plus de 5 000 ha en 1955 et près de 2 000 ha l’année suivante (Jahn & Sinreich, 1957). La totalité des surfaces infestées entre 1972-74 n’est pas connue. En 1973, 175 ha sont totalement défoliés au Burgenland (Krehan & Holzschuh, in litt.). La dernière infestation débute en 1991. Dans certains secteurs, le Bombyx disparate pullule avec la Processionnaire du chêne (Krehan, 1993). En 1993, 1 400 ha de chênaie sont totalement défoliés. En 1994, 1 600 ha sont infestés. Les ennemis naturels jouent un rôle important dans la repression de la gradation qui s’achève sans qu’aucun traitement ne soit nécessaire (Krehan, 1994 ; Eichhorn, 1996; Piglmann, 1994; Hoch & Schopf, 1995). Comme en Allemagne et en Alsace, l’ampleur inhabituelle de l’infestation serait liée aux changements climatiques récents (Greenpeace Climate Impacts Database). [R]

Belgique

Données manquantes [R]

Biélorussie

Données manquantes [R]

Bosnie Herzégovine

Voir Yougoslavie. Pas de données récentes connues. Entre 1880 et 1956, 10 pullulations sont recencées (Hadzistevic & Hadzihalilovic, 1959) [R]

Bulgarie

Données récentes manquantes. Entre 1891 et 1932, les gradations durent 3 ans puis s’étendent à 4-5ans avec des latences de 5 à 11 ans. Deux gradations importantes, 1946-1957 et 1962-1967, font suite à des périodes anormalement chaudes et sèches. Les pullulations sont aussi favorisées par l’extensiuon du pâturage et de la pression humaine sur les forêts (Keremidchiev, 1972). [R]

Croatie

Voir Yougoslavie. Pas de données récentes connues. Dans l’île de Hvar, où les gradations sont périodiques (1963-65, 1968-69), on observe deux foyers d’infestations distincts, l’un sur peupliers et feuillus divers, l’autre sur pin d’Alep et Tamaris (Maksimovic & Politeo, 1970). [R]

Danemark

L. dispar n’est pas considéré comme un ravageur en Scandinavie et il est absent de la Norvège (Roy et al., 1995). Certaines années, quelques rares adultes, entrainés par le vent, traversent la mer et sont capturés dans le sud-est du Danemark (Harding, in litt.). [R]

Espagne

Les gradations qui peuvent durer très longtemps se succèdent tous les 12-15 ans environ (McNamara, 1995). Elles concernent les peuplements de Quercus suber, Q. pubescens, Q. pyrenaica et surtout Q. ilex qui s’étendent sur plusieurs millions d’hectares (Romanyk, 1993 ; Soria, 1987).

Dans la région de Salamanque, la première infestation connue a duré 24 ans (1860-1883) (Schwenke, 1978). Dans les années 1920, des milliers d’hectares de forêt sont défoliés dans les régions de Madrid, Salamanque et Cordoue (Romanyk, 1973). Dans certains secteurs, l’infestation dure depuis 15 ans. En Estremadure et dans la région de Tolède, où les dégâts de L. dispar sont moins importants, le ravageur pullule avec Malacosoma neustria et Tortrix viridana. La disparition des glandées de chêne vert suite aux défoliations ont de graves conséquences pour l’élevage des porcs (Feytaud, 1923). Des peuplements de Pinus radiata sont aussi très fortement attaqués en 1952-53, dans les Asturies. De 1954 à 1971, les gradations qui se succèdent sur de vastes étendues de chênaie sont pour la plupart traitées au DDT. Des essais de multiplication de parasites oophages (Ooencyrtus kuvanae et Anastatus disparis) et d’entomopathogènes sont entrepris à partir de 1958 (Romanyk et Ruperez, 1960 ; Ruperez, 1973).

Les dernières gradations importantes remontent aux années 80 (Del Tio, in litt.). Entre 1993 et 1995 une pullulation limitée est signalée en Castille-Leon (Vigil, in litt.). Dans le sud du pays, des peuplements de chêne-liège infestés sont traités en 1993-94 (Roy et al., 1995). [R]

Estonie

Données manquantes [R]

Finlande

En Finlande, comme dans les pays scandinaves, le bombyx disparate n’est pas un ravageur. Pendant les périodes chaudes, on le rencontre occasionnellement le long de la côte sud (Annila, com. pers.). En 1971, Mikkola signale un important vol « migratoire » de L. dispar depuis l’Eurasie vers la Finlande. [R]

France

Des défoliations particulièrement brutales et spectaculaires sont restées célèbres : en 1880 au Mont Ventoux; en 1902 en forêt d'Orléans. Les attaques sur platanes sont fréquentes dans la région de Bordeaux (Feytaud, 1923; Schedl, 1936). En 1901 à Fontainebleau, l'invasion des chenilles est telle qu'elle contraint les militaires à abandonner le camp d'Avon (Villemant & Legay, 1995). La lutte contre le ravageur se fait par destruction des pontes (ramassage ou badigeonnage au pétrole) et des chenilles (bandes engluées, pulvérisations d'arséniate de plomb, ramassage après secouage des branches) (Barsacq, 1913).

Une des premières démonstrations de lutte biologique a lieu à Poitiers en 1840 : M. Boisgiraud lâche des Calosomes, Calosoma sycophanta, contre les chenilles de L. dispar défoliant les peupliers (Fraval, 1993).

Pendant la période de 1970 à 1989, les observations faites ans le cadre du réseau Protection phytosanitaire de la forêt, par J;-F. Abgrall, au CERAFER, puis au CTGREF et enfin au CEMAGREF de Grenoble, ont permis de caractériser 2 grandes phases de pullulations : de 1970 à 1976 et de 1980 à 1986 dans le sud de la France. Elles se sont manifestées avec 1 à 2 ans de décalage dans l'est et le sud-est.

A partir de 1990, le réseau des correspondants - observateurs du département de la Santé des forêts du ministère de l'Agriculture et de la Pêche assure un suivi, sans toutefois disposer de chiffres précis pour tous les lieux (Barthod, 1994). L'European Biological Control Laboratory de Montpellier poursuit la collecte et la mise à l'épreuve d'auxiliaires pour lutter contre le Gypsy Moth états-unien, orientant son effort vers les parasites de phase de latence, comme la Tachinaire Seranthia samarensis (Fuester et al., 1988; Mills & Nealis, 1992.)

Dans les secteurs les plus fréquemment infestés, les gradations se succèdent en moyenne tous les 6 à 12 ans environ. Les défoliations ont rarement lieu plus de 2 années consécutives sur un même site. Elles concernent principalement les chênes, chênes pédonculés et sessiles dans la majeure partie du pays, chênes-lièges et chênes verts en région méditerranéenne. Durant la dernière gradation (1989-1994), les zones les plus touchées sont : Corse, Midi Pyrénées, Poitou-Charentes et Vallée de la Loire, Bourgogne, Ile-de-France et surtout Alsace (Hett, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996; Garsault, 1997).

En Corse, les gradations se succèdent tous les 10 ans dans la subéraie de Porto-Vecchio : 1951-1955, 1960-1963, 1971-1975, 1981-1986. Si le calosome à provoqué la régression de population en 1955 et 1963 ( Grison, 1955), sa présence a été très réduite en 1974 et 1975 . Les dégâts furent très importants en 1974 : 20000 ha de chêne liège défoliées à PortoVecchio et Bonifacio ainsi que 2000 ha dans le Cap Corse (Martouret et Emonnot, 1974; Cervera et Ham 1976; Ham et Cervera, 1976). La gradation suivante était plus faible, 10000 ha défoliées dans les mêmes zones de 1981à 1984.

La dernière gradation a débuté en 1990 et s'est achevée en 1995 après la très forte défoliation de 1994 (12 000 ha) entre Figari et Lecchi (Hett, 1993). L'incendie de l'Ospédale en 1995, en détruisant une large bande de végétation entre la montagne et la mer semble avoir arrêté l'extension de l'infestation au Nord de Porto-Vecchio (Céria, com. pers.).

Dans le Sud et le Sud-Est les manifestations de Lymantria sont connues depuis la fin du XIXe siècle, dans le Gard ( Aubussargue, 1887 ; Lussan, Verfeuil, 1906 ; 1926, 1931-1933, fortes pullulations autour d'Uzès et Pont-Saint-Esprit.)

De 1970 à 1976 c'est tout le Languedoc Roussillon qui est concerné avec une vaste gradation dont les premiers foyers sont signalés en 1970 et 1971 dans les Albères ( Pyrénées-Orientales ) et l'Hérault (Montagne de la Gardiole). La pullulation se développe en 1973 principalement dans l'Aude ( Alaric) , l'Hérault (Quissac, Gange) et le Gard (Uzès) avec des défoliations sur 1 000 à 2 000 ha. Elle culmine en 1974 dans la garrigue à chêne vert au sud et au sud est des Cévennes dans ces mêmes secteurs, avec plus de 100 000 ha de défoliés, tout en se déplaçant vers l'est où elle atteint l'Ardèche, le Vaucluse (Sérignan ), les Bouches du Rhône et les Alpes-Maritimes.

L'insecte pullule de nouveau en 1975 dans le Vaucluse et l'Ardèche où le Calosome se manifeste, alors qu'une récession s'amorce à l'ouest. La rétrogradation générale s'observe en 1976 : seuls quelques foyers subsistent (Aix-en-Provence).

De 1980 à 1986, une nouvelle gradation se développe selon un schéma comparable à la précédente. Après l'apparition des premiers foyers en 1980 autour de Nîmes, la pullulation s'étend en 1981 dans la garrigue du Gard , l'Hérault, l'Aude et l'Ardèche pour culminer en 1982 et 1983 dans toute les chênaies à chêne vert et pubescent au sud du Massif central, jusqu'aux Pyrénées Orientales et le Var ( Soliès Pont, Ramatuelle).

En 1989, la gradation débute de nouveau près de Montpellier puis progresse vers le Sud-Est et la vallée du Rhône; elle s'achève en 1994 après deux années de pullulation (Hett, 1995).

A l'est du Massif central ( Rhône Alpes, Bourgogne, Franche Comté) des dégâts sont observés en 1954 près de Saulieu puis en 1977 et 1978 dans la région du Creusot - Montcenis sous forme de foyers localisés, ainsi que dans les chênaies du Jura ( St-Aubin, Tavaux) et du Val de Saône. La région de Bourg en Bresse est touchée en 1982 .

De 1985 à 1988 une forte gradation apparaît en Rhône Alpes et au sud est de la Bourgogne . A partir des premiers foyers repérés en Côte d'Or ( Val de Saône ) en présence de Géométrides , dans l'Ain, la Savoie et l'Isère, elle culmine en 1986 et 1987 dans le Dauphiné ( Grenoble, Vif, Grésivaudan ), la Savoie ( Chambéry, Aix-Les-Bains, Albertville), justifiant des traitements aériens sur 1 500 ha.

Dans le sud ouest de la France, en région Midi -yrénées , les infestations débutent tous les 6 à 7 ans ( 1976, 1982, 1989 ) en forêt de Bouconne, chênaie dégradée de 2500 ha au sud ouest de Toulouse . L'insecte y a culminé en 1977 - 1978 ( 2 000 ha défoliés) et en 1984 ( traitement sur 2 000 ha ) pour s'étendre en 1985 à la forêt de Buzet, le Gers et les Hautes Pyrénées ( Tarbes) en association avec la Processionnaire du chêne et le Bombyx Cul brun.

La dernière gradation de la même façon, s'étend entre 1991 et 1993 vers le Nord (forêt de Buzet) et à l'Ouest vers le Gers. Dans les Landes, les défoliations de 1991 et 1992 sont localisées.

Dans les Landes l'insecte est connu sur chêne liège. Anglade et Bergeron signalent une pullulation en 1950 en forêt de Hossegor , et un foyer a été repéré en 1984 à Arrande ( Pyrénées Atlantiques). Les défoliations observées en 1991 et 1992 sont restées localisées.

A l'ouest du Massif central (Poitou Charente, Pays de la Loire, sud de la Bretagne) , 2 vastes gradations se développent entre 1973 et 1988 dans les chênaies dégradées de la zone lusitanienne ( culmination en 1978 et 1985-86)

Les quelques foyers présents de 1973 à 1977 dans les Deux-Sèvres (Massif d'Oiron) et la Loire Atlantique (Herdré, Heric) précèdent de très fortes infestations avec défoliations totales en 1978 dans toute la Charente et la Charente Maritime ( St Jean d'Angely, Paulnay, Massif de la Boixe, Forêt de la Braconne au nord d'Angoulème). Elles régressent à partir de 1979 ; seuls quelques foyers persistent en 1981 et 1982 en Forêt de Rouillac (Charente) et de S- Sauver (Vienne).

Une nouvelle gradation s'amorce dès 1984 pour culminer en 1985 et 1986 dans une vaste zone incluant la Charente Maritime ( St Jean d'Anjely, Forêt de la Boixe), la Charente ( Forêt de Rouillac), les Deux Sèvres ( Forêt de Chef Boutonne) et la Vienne ( Gencay, Poitiers). Les attaques sont très fortes en forêt de Benon en 1985 et 1986 ( Charente Maritime) où se manifeste conjointement la Processionnaire du chêne.

Des foyers plus localisés sont enfin observés à Belle-Ile et au nord de Vannes dans le Morbihan.

Au nord du Massif central un schéma comparable peut être décrit de 1970 à la fin des années 1980.

Dans la vallée de la Loire et de l'Allier ( régions Centre et Auvergne) des attaques en foyers plus ou moins isolés sont observées de 1972 à 1975 en Indre-et-Loire, au sud de Tour, dans le Loiret (Bois de Chassepaille, de Bucy et de Russy), ainsi qu'à l'est d'Orléans ( St-Lye-la-Forêt) en présence de Tordeuse Verte et de Géométrides.

Ces infestations gagnent vers le sud et l'est en 1977 à 1986, touchant fortement la région de Montargis ( Loiret), les forêts de Vierzon et de Soudrain (Cher), ainsi que la forêt de Tronçais (Allier) et le secteur de Châteauroux (Indre). A cette époque des traitements sur près de 1 500 ha sont organisés.

Après une période de latence en Poitou Charente, Auvergne, et Centre, de nouvelles fortes défoliations ont lieu en 1992 et 1993. Plusieurs plantations de conifères sont défoliées totalement (douglas) ou partiellement ( épicéa ). La rétrogradation en 1994 est brutale; seuls quelques sites sont presque totalement défoliés (Charentes, Orléannais) en 1994. Soumise à des défoliations répétées, la forêt de Benon serait en voie de substitution de flore (Basset et al., 1986). En Bourgogne, la forêt de Val Suzon subit des défoliations importantes en 1994 (50 ha) et 1995. En Basse-Seine et en Ile-de-France, les dégâts sont importants en 1993 et 1994. Quelques sites sont totalement défoliés en 1994 (Yvelines, vallée de la Seine et une hêtraie à Fontainebleau). En Lorraine, Champagne-Ardennes et Franche Comté les attaques, assez fortes en 1992 et 1993, sont réduites et plus localisées en 1994.

En Alsace, comme en Allemagne, la dernière gradation d'ampleur exceptionnelle est consécutive à une succession d'années particulièrement chaudes et sèches. Les défoliations de L. dispar commencent en 1991 sur des taillis de chênes et charmes; elles s'étendent aux futaies régulières en 1993. En 1994, les défoliations sont maximales dans la plaine de Haguenau (23 500 ha) ; au total 1 500 ha sont traités au Bt (Bacillus thuringiensis) principalement dans le Bas-Rhin (Hett, in Saintonge et Malphettes 1995). Les chênes et surtout les chênes pédonculés sont défoliés en premier. L. dispar attaque ensuite tous les autres feuillus, les plantes basses (myrtilles surtout) et même les fougères. Du fait de la sécheresse mais aussi probablement à cause des attaques de l'oïdium, les défoliations de 1994 entraînent des mortalités importantes sur chênes pédonculés et sessiles l'année suivante; sur 6 000 ha totalement défoliés, la mortalité atteint plus de 30% des arbres dans un tiers du peuplement. A Haguenau 30 000 m3 de chênes morts sont recencés et 160 ha de futaie à renouveler entièrement. L'influence de la pollution sur ces dépérissement est évoquée mais demeure difficile à apprécier (Landmann, 1994).

Selon les observateurs du DSF, en dessous de 400 pontes / ha, le danger de défoliation est passé ou à venir; au dessus de 1 000 pontes / ha, de graves risques existent (DSF, 1993). Dans la plupart des cas, la défoliation totale d'un peuplement entraîne l'effondrement de la pullulation dans ce site l'année suivante. Les chenilles meurent de famine et les antagonistes se multiplient : virus de la polyédrose nucléaire (Alsace 1994), prédateurs comme le calosome (Fontainebleau,1901 ; Corse 1954, 1974 ; Vallée du Rhône 1975) et parasites comme les Tachinaires Parasetigena sylvestris (Alsace 1995) et Blepharipa pratensis (Corse1994).

Les traitements, de ce fait, sont limités au maximum; ils sont utilisés surtout pour protéger les jeunes peuplements dont les risques de dépérissement suite à une défoliation totale sont élevés mais aussi pour la protection des forêts et parcs périurbains à cause des nuisances pour le public (aspect hivernal des arbres défoliés et pullulation des chenilles) (DSF, 1993; Barthod, 1994).

Les pullulations concernent souvent plusieurs défoliateurs. Dans les années 1990, L. dispar est associé à Tortrix viridana (Languedoc-Roussillon, Provence-Côte d'Azur, Corse, Midi Pyrénées, Massif Central, Alsace), à Malacosoma neustria et Euproctis chrysorrhoea (Ile-de-France, Bretagne, Poitou-Charentes) à une Noctuelle (Alsace). Dans les années 80, le Bombyx disparate pullule avec Thaumetopoea processionea (Poitou-Charentes 1980-87, forêt de Benon 1983-85) et des Geometridae.

[R]

Grèce

Le Bombyx disparate est commun dans toute la Grèce où il attaque peupliers et chênes, et plus particulièrement le chêne kermès Q. coccifera. Ce n’est qu’après avoir totalement défolié les buissons de kermès qu’il s’attaque aux vergers avoisinants. Aucune donnée chiffrée concernant les infestations et l’extension du ravageur dans le pays ne semble avoir été publiée (Avtzis & Markalas, in litt.). [R]

Hongrie

Des attaques sont signalées dans le bassin des Carpates entre 1991 et 1996 avec des défoliations étendues sur plusieurs dizaines de milliers d’hectares de chênes (Q. cerris et Q. rubra). En fait les pullulations n’ont pas cessé depuis 1986 (Lesko et al., 1994; Lesko, 1996). En 1954-56, de vastes surfaces de chêne rouvre sont défoliées dans le Nord du pays (Szalay-Marzso, 1957). [R]

Irlande

L. dispar n’est pas signalé dans l’île. [R]

Islande

L. dispar n’est pas signalé dans l’île. [R]

Italie

En Sardaigne, les 90 000 ha de subéraires, qui constituent une importante ressource pour l’industrie du liège, sont des terrains de recherche très actifs. Les données chiffrées sur l’étendue des défoliations y font cependant défaut. 3 espèces de Lépidoptères, L. dispar, Malacosoma neustria et Tortrix viridana sont particulièrement nuisibles et peuvent défolier jusqu’à 60 000 ha par an. Une défoliation totale entraîne une perte de 60% de la production de liège, et une défoliation à 50% une perte de 40% (Cambini, 1971). Dans les subéraies du Nord, les populations de L. dispar et de M. neustria fluctuent périodiquement et leurs pics de pullulation coïncident (Prota et al., 1992). La forte activité des ennemis naturels, prédateurs (calosome), parasites (surtout la Tachinaire Blepharipa pratensis) et virus, durant les trois dernières années de la gradation n’empêche pas le retour rapide d’une nouvelle progradation (Luciano & Prota, 1985). En 1950-51 et en 1963, l’infestation de la Limantria touche respectivement 30 000 et 11 000 ha de subéraie dont plusieurs centaines sont traités au DDT (Boselli, 1955; Zanardi et Loi, 1973). Depuis la fin des années 80, les pullulations sont controlées à l’aide du Bacillus thuringiensis (Prota et al., 1992; Tiberi et al., 1993). Les traitements n’ont pas d’effet direct sur l’activité des prédateurs et des parasitoïdes (Lentini & Luciano, 1995).

La périodicité des infestations varie selon les régions (Luciano et al., 1995). Au nord-ouest, dans les régions de Logudoro et Marghine, les risques de défoliations sont fréquents (tous les 5 à 6 ans). Des défoliations totales peuvent avoir lieu trois années de suite dans les subéraies dégradées, éclaircies par le paturage intensif et les cultures.

Dans les régions granitiques du Nord (Galure), du centre (Mandrolisai) et de l’ouest du Logudoro, les infestations apparaissent périodiquement tous les 8-9 ans. Les subéraies, au sous-bois bien développé, sont souvent inaccessibles aux machines agricoles et sont soumises à un paturage traditionnel. L’allongement de la période de latence entre deux infestations semble favorisé par l’abondance des parasites polyphages dont les hôtes secondaires sont présents en nombre suffisant. D’autres régions granitiques d’altitude, Goceano et Nuorese au Nord, Ogliastra et Iglesiente au Sud-Est, ne subissent que des infestations occasionnelles, tous les 10-12 ans. Dans ces zones, l’écosystème forestier est plus complexe car les subéraies avoisinent de vastes peuplements de chênes vert et pubescent. De plus, la survie du Bombyx disparate est meilleure sur chêne-liège que sur ces deux autres essences (Lentini et al., 1996).

Dans le reste de l’Italie, les pullulations de L. dispar sont plus occasionnelles. De 1963 à 1965, une forte pullulation est signalée dans les chênaies de la région d’Orvieto en Ombrie (Nizi & Prosperi, 1973. En 1995 et 1996, dans le Nord, les Abruzzes et l’Apenin central, le ravageur n’est pas présent sur les chênes (Osella & Simbolotti, in litt.). Des populations en progradation sont signalées en 1995 dans les chênaies de Toscane (régions de Siène et de Chianti) et de Molise (Tiberi, in litt.). Diverses forêts privées des Pouilles subissent des infestations en 1970-1974 et 1995-96 (Triggiani, in litt.). La cartographie des zones défoliées par L. dispar et T. viridana dans différentes chênaies d’Italie est en cours (Rovesi & Covasi, in litt.).

En Sicile, suite à la très forte infestation de la forêt de Ficuzza en 1933-34, on introduit du Maroc, le parasite oophage Ooencyrtus kuvanae (Monastero, 1955). En 1953 et 1954, environ 100 ha de chêne-liège et chêne vert sont défoliés et une partie traitée au DDT (Monastero, 1955). Une infestation importante est signalée en 1995 dans la région de Messine (forêt de Malabotta) sur Q. cerris et Q. pubescens (Osella, com. pers.). Depuis quelques années, O. kuvanae est récolté dans diverses chênaies d’Italie et multiplié au laboratoire en vue de nouveaux lâchers en Sicile (Tiberi, 1996). [R]

Lettonie

Données manquantes [R]

Lituanie

Des pullulations ont été enregistrées dans des forêts mélangées : bouleau, pin, épicéa. Le bouleau est l’essence la plus attaquée lors des gradations de 1985-1987 et de 1992 à 1996 (Zolubas, in litt.). Les gradations relativement peu fréquentes sont consécutives à l’immigration d’adultes provenant du Sud de la Russie où le ravageur pullule tous les 6-11 ans (Molis, 1970). [R]

Macédoine

Voir Yougoslavie. Pas de données récentes connues. [R]

Maroc

Les manifestations du Laroka apparaissent en 1918, avec la pacification et la mise en valeur des forêts. Cartographiées depuis 1924 en subéraie de la Mamora, massif de plus de 100 000 ha, ses infestations suivent un rythme quasi cyclique de 10-15 ans. Le schéma d’expansion, constant, se fait à partir d’un foyer situé en bordure ouest (atlantique), soit au nord soit au sud. Plus au nord, deux autres forêts distantes et bien plus petites (Ain Felfel et Khemis Sahel) suivent ce même rythme (Fraval, 1989). Détecté en 1972 dans toutes les autres chênaies du Maroc, L. dispar n’y pullule jamais (Hérard & Fraval, 1980).

Depuis 1924, les défoliations se succèdent : 1924-26, 1932-41, 1943-59, 1972-81 (Fraval et al., 1980 ; Fraval, 1989). D’autres Lépidoptères comme Orgyia trigotephras ou plus récemment la Tordeuse verte pullulent souvent aux mêmes périodes (Villemant & Fraval, 1991). Entre 1986 et 1989, l’infestation demeure localisée au nord-ouest du massif (Fraval et al., 1988 ; Villemant & Ramzi, 1995). De 1992 à 1996, la gradation se développe plus à l’est. Les surfaces menacées de défoliation totale, qui atteignent 18 000 ha en 1994 sont protégées par des traitements à base de Bacillus thuringiensis et de Diflubenzuron (Hamdaoui, 1995 ; Ramzi, in litt.).

Au cours des deux dernières décennies, au moins 3 modes de régulation des populations de L. dispar sont intervenus (Villemant & Fraval, 1995). Le principal est basé sur la réaction du chêne-liège à la défoliation complète par les chenilles (Fraval, 1984) ; les deux autres font intervenir les ennemis naturels (insectes entomophages parasites et prédateurs - à l'exclusion de tout virus) (De Lépiney, 1930; Hérard, 1979 ; Fraval, 1986 ; Villemant, 1995). Après l’introduction du parasite oophage, Ooencyrtus kuvanae en 1924 (De Lépiney, 1932), les agents biologiques mis en oeuvre récemment sont la bactérie Bacillus thuringiensis Berliner et le Baculovirus de L. dispar (Fraval, 1982 ; Fraval & Villemant, 1995).

Le ravageur a fait l’objet au Maroc d’un nombre considérable de travaux de recherche dont une synthèse est présentée par Fraval (1989). [R]

Moldavie

Données manquantes [R]

Norvège

Voir Danemark. L. dispar n’est pas présent en Norvège. [R]

Pays-Bas

Les gradations du Plakker en Hollande sont suivies depuis les années 40. Jusqu’en 1970, les attaques sont limitées (1949-50, 1961). Une dizaine de sites sont infestés chaque année entre 1972 et 1974, une trentaine entre 1979 et 1981 et moins de 10 en 1985 et 1987. La dernière gradation a débuté en 1992. Des défoliations sont notées dans 17 sites en 1993 et 1994, dans 11 sites en 1995. Leur étendue n’a pas été chiffrée sauf en 1994 où 54 ha de chênaie sont totalement défoliés à Dorst dans le Brabant septentrional. Les pullulations de L. dispar concernent principalement les peuplements de chênes du Sud-Est. Dans cette zone, les températures maximales moyennes de juin sont les plus fortes (>30°C), les précipitations les plus basses (moins de 250 mm/an) et la pollution atmosphérique azotée la plus forte. Sur l’ensemble du pays toutefois, la relation entre ces facteurs abiotiques et l’apparition des infestations demeure encore mal définie (Moraal, 1994; 1996). Depuis 1994, les chênaies néerlandaises souffrent surtout des attaques de la processionnaire du chêne Thaumetopoea processionea (De Haas & Stigter, 1994). [R]

Pologne

L. dispar est un ravageur commun des parcs et des vergers ainsi que des tilleuls le long des routes. C’est aussi un défoliateur périodique des forêts mélangées de chênes, hêtres et charmes. Dans les plantations de conifères, la chenille s’attaque à la myrtille (Glowacka, in litt.). La surveillance du ravageur est assurée par l’Institut de Recherche forestière polonais qui publie des rapports annuels. Depuis 1945, 4 gradations se sont succédées avec des densités d’infestation croissantes : 1952-56, 1966-71, 1980-86, 1992-96 (Lipa & Kolk, 1995). Un des principaux foyers d’infestation est localisé au nord-est du pays, dans la forêt marécageuse de Trzcianne près de la frontière biélorusse (Sliwa, 1994).

Entre 1980 et 1986, plus d’un miliers d’hectares sont infestés chaque année. Les attaques les plus fortes s’étendent sur plus de 3 000 ha en 1981 et 1984; seuls 526 ha sont traités la première année. Lors de la dernière gradation, aucun accroissement progressif des populations de L. dispar en 1990-1991 n’a annoncé la brusque pullulation de 1992. 6 863 ha sont infestés d’un coup, pour la plupart dans la forêt de Trzcianne. En 1993, le ravageur pullule dans 18 districts forestiers sur 2 280 ha ; 233 ha ont fait l’objet de traitements au Bacillus thiuringiensis. En 1994, la moitié des 3 312 ha infestés est traitée. En 1995, les 1 107 ha infestés sont traités (Lipa & Kolk, 1995).

Les deux dernières gradations en Pologne concernent approximativement les mêmes régions : Bialystock au nord-est, et Zielona Gora et Wroclaw à l’ouest. Dans ces dernières, le ravageur pullule aux mêmes périodes que dans les provinces allemandes voisines (Saxe et Brandebourg) (Lipa & Kolk, 1995).

De nombreux parasitoïdes de L. dispar introduits aux Etats-Unis ont été collectés en Pologne (Drea & Fuester, 1979 ; Coulson et al., 1986). Les épizooties dues au Baculovirus jouent également un rôle important dans le déclin des gradations (Glowacka-Pilot, 1982). [R]

Portugal

La Lagarta peluda est très connue dans ce pays de chênes-lièges jardinés ; elle n’y cause jamais de dégâts étendus. Comme en Espagne, l’intervalle entre deux gradations dure 12 à 15 ans mais chaque gradation peut se prolonger pendant plus d’une décennie (McNamara, 1995).

Les premiers dégâts importants de L. dispar sont enregistrés sur chêne-liège dès 1886 (Seabra, 1908; Azevedo e Silva, 1944). Après une défoliation totale, les pertes de liège atteignent 30% et la glandée est supprimée (Azevedo e Silva, 1960). A la suite d’un déliégeage excessif la défoliation entraîne souvent la mort des arbres. Dans les années trente on fait appel à la lutte biologique (Baeta Neves, 1942). Entre 1945 et 1948, le Bombyx disparate produit des dégâts très sévères, surtout au sud du Tage (Nogueira, 1967). L’utilisation du DDT sur de très larges surfaces de subéraie conduit à un grave déséquilibre de l’écosystème. Des pullulations de Tortrix viridana font suite à plusieurs années consécutives de traitement (Ferreira, 1992). Depuis 1960, les attaques de L. dispar sont limitées à quelques foyers localisés au voisinage des dépôts industriels de liège. Les populations du ravageur y sont présentes en permanence mais leurs dégâts demeurent limités du fait du rôle repressif important joué par les parasitoïdes. Les pullulations occasionnelles (1974, 1982, 1984) sont contrôlées par application de Dimilin (Nogueira, 1974, 1982). D’autres insectes ravageurs sont impliqués dans le déclin actuel de la subéraie portugaise qui subit en outre une très forte anthropisation (cultures, paturage) (Ferreira & Ferreira, 1991; Sousa, 1995).

En 1991, au Nord-ouest du pays, 290 ha d’une plantation de Pinus radiata de 15 ans sont défoliés par le Bombyx disparate. La parcelle est abattue l’année suivante (Leite, 1993). [R]

Roumanie

L’habitat optimal du Gubara correspond aux forêts de Quercus (Q. robur, Q. pedunculiflora, Q. frainetto, Q. pubescens et Q. cerris) des plaines du sud et de l’ouest (Munténie, Olténie, Banat et Transylvanie). Le ravageur infeste aussi les peuplements de robiniers, et les peupleraies et sauleraies de la vallée du Danube (Simionescu et al., 1973; Pirvescu, 1978).

Les gradations débutent en moyenne tous les 6-7 ans. Celle de 1953-60 atteint son maximum en 1955 avec 600 000 ha attaqués. Elle a fait suite à deux années de forte sécheresse. Lors des gradations suivantes, 1961-67, 1969-74, 1975-84, les surfaces envahies sont plus faibles, 200 000 ha en 1964 et 1965, 60 000 ha en 1973, plus de 100 000 ha chaque année de 1978 à 1982. L’infestation de 1984-90 est particulièrement forte et s’étend en 1988 sur près de 700 000 ha. Une nouvelle gradation débute en 1990. Jusqu’en 1956, la lutte est faite par « pétrolisation » et récolte des pontes, puis DDT et HCH sont utilisés sur de larges surfaces jusque dans les années 80. Actuellement, les peuplements les plus menacés sont traités au Diflubenzon ou au Bacillus thuringiensis (Simionescu et al., 1973; Mihalache et al., 1994; Ciornei, 1994). A chaque phase de la gradation, un riche complexe d’antagonistes, parasitoïdes, prédateurs, nématodes et virus, assure la régulation naturelle des populations du ravageur (Constantineanu & Constantineanu, 1983). Les prédateurs oophages et les épizooties virales jouent un rôle primordial en phase de culmination. L’impact du virus dépend à la fois du type de forêt et de la phase de la gradation. Dans les peuplements de robiniers, les épizooties virales interrompent la gradation avant que les arbres aient subi de fortes défoliations tandis que dans les chênaies leur action repressive n’intervient qu’après la culmination (Mihalache et al., 1994).

Les données du tableau II concernent seulement la région de Craiova (Olténie) au sud du pays (Simionescu., 1992; Netoiu, 1996). Lors de la dernière gradation, 50 000 ha sont infestés en 1988. Un début de gradation, suivi et traité, se manifeste en1995 et 1996 (Netoiu, in litt.). [R]

Royaume-Uni

Introduit au cours du siècle dernier, L. dispar a disparu du Royaume-Uni en 1907. Depuis seuls quelques mâles migrants ont été collectés (Baker et al., 1996). Entre 1995 et 1996, le Gipsy pullule dans les jardins au nord-est de Londres, dévorant érables, pommiers, pruniers, rosiers, aubépines, cotoneaster et eucalyptus. La surface défoliée ne dépasse pas 0,5 ha mais la forêt d’Epping, voisine, n’est pas infestée. La découverte de vieilles pontes laisse supposer que l’insecte est présent depuis 1 ou 2 ans mais l’origine de son introduction demeure inconnue. En 1995 et 1996, le Gipsy présent dans les vergers est erradiqué par piègeage des mâles au disparlure (phéromone sexuelle), grattage des pontes et traitement des jardins infestés au Bacillus thuringiensis (Winter, in litt.). [R]

Russie

Pas de données récentes sur la partie européenne. Dans le Sud de la Russie, le ravageur pullule tous les 6-11 ans (Molis, 1970).

Pour mémoire, une forte pullulation, très dommageable pour les arbres (chênes), a lieu dans l’extrême Est en 1990-91, engendrant l’émigration du ravageur par voie maritime vers le Canada et les Etats-Unis (Savotikov et al., 1995). L’impact de L. dispar sur les forêts russes est souvent important. Dans la steppe boisée de la région de Voronezh (Centre est), 10 défoliations dues à L. dispar, Tortrix viridana et Operophtera brumata, sont enregistrées entre 1958 et 1987. Les défoliations répétées, qui affectent gravement la croissance des chênes pédonculés, conduisent parfois à la mort des arbres (Rubstov, 1997). [R]

Slovaquie

Sur l’ensemble du pays, les gradations durent 4 à 5 ans et surviennent environ tous les 9 ans : 1974-78; 1983-88; 1992-95 (Surovec et al., 1989; Turcani in litt.). La Mniska vel’kohlava est l’un des défoliateurs des feuillus les plus actifs dans l’ouest et le sud du pays. Ses gradations coincïdent souvent avec celles d’autres défoliateurs forestiers comme des Geometridae et la Tordeuse verte. Entre 1983 et 1986, les attaques sont particulièrement fortes dans les régions de Bratislava (plus de 3 000 ha en 1985 et 1986) et de Banska Bystrica au centre (1 200 ha infestés en 1986). En 1993 et 1994, l’infestation s’étend respectivement sur 15 348 et 12 586 ha, et plus de 8 000 ha sont totalement défoliés chaque année. Les dégâts les plus importants sont observés dans les régions de Trnava, Nitra et Levice. Dans l’est du pays (région de Trebisov) quelques centaines d’hectares sont également atteints. Les traitements réalisés dans les secteurs les plus menacés contribuent largement à la régression de l’infestation (Turcani et al., 1994 ; Novotny et al., 1995 ; Vrinsky et al., 1996). [R]

Slovénie

Pas de données récentes. Pour mémoire, une forte pullulation démarre brusquement en 1954 dans la région du Kras. Cachées sous les pierres et sur les racines au niveau du sol, les très nombreuses pontes déposées l’année précédente par le ravageur n’ont pas été détectées. 30 000 ha de forêt de chênes (Q. pubescens, Q. cerris et Q. sessiliflora) sont défoliés ainsi que des vergers et des alignements d’arbres le long des routes. Des conifères sont également attaqués notamment le cèdre et le genévrier. Les déplacements en masse des chenilles provoquent même localement l’arrêt du trafic ferrovière (Zivojinovic, 1955). [R]

Suède

Voir Danemark. [R]

Suisse

L’infestation du mélèzin en 1903 dans le Bas-Valais s’aggrave en 1906-1907 suite à une sécheresse anormale. L’interruption brusque de la gradation en 1908 coïncide avec une forte gelée printanière (Barbey, 1909; Feyraud, 1923). En 1984-85, le Bombyx disparate pullule à nouveau dans le Bas-Valais et sur chênes et chataîgners dans le Tessin. En 1991, un foyer primaire apparaît au Sud-Est du Tessin, dans un site infesté environ tous les 30 ans (Roy et al., 1995). La gradation se développe sur tout le versant sud des Alpes. Tous les feuillus sont attaqués, et principalement les chataîgners. De nombreux vergers sont aussi envahis. En 1992 plus de 400 ha de forêt sont totalement défoliés. La gradation s’achêve en 1994 grace à l’action combinée des ennemis naturels et du facteur trophique (Wermelinger, 1993 ; 1994 ; 1995). Aucun ravageur secondaire ni dépérissement notable n’est signalé dans ces zones (Meier, in litt.). [R]

Tchéquie

Entre 1991 et 1994, de fortes défoliations sont observées dans les chênaies-charmaies de la région de Brno, en Moravie. En Moldavie de vastes surfaces sont également infestées mais les dégâts sont limités. La gradation précédente, en Moravie, date de 1950-55. En 1964-66, le Bekyne velkohlavé pullule dans un peuplement de robiniers (Svestka, 1994; 1996). [R]

Tunisie

Les infestations sont localisées dans les subéraies qui couvrent la majeure partie de la Krouminie (forêts d’Aïn Draham et ses environs) au Nord du pays. Des défoliations importantes ne s’observent jamais plus 2 ans consécutifs dans un même site. La première année seul le chêne liège est défolié, l’année suivante après sa défoliation totale, le chêne zène, le chêne kermès puis les plantes du sous-bois (bruyères, arbousiers et enfin fougères) sont attaqués à leur tour. Des dégâts s’observent aussi dans les vergers et sur les eucalyptus. Les plantations de Pinus insignis périssent après une défoliation totale (Rabasse & Babault, 1975).

La première pullulation est signalée en 1903-1904. Les gradations débutent tous les 20-25 ans et durent environ 10 ans : 1921-1930, 1945-1955, 1966-75?, 1986-1996. Les surfaces infestées atteignent 18 700 ha en 1929, 26 000 ha en 1930, et plus de 7 000 ha en 1968 et 1969 (Rabasse & Babault, 1975). Entre 1990 et 1993, les défoliations s’étendent chaque année sur plus de 10 000 ha (Ben Jamaa, in litt.). [R]

Ukraine

Données récentes manquantes. En Crimée, les gradations durent 3 ans et elles sont régulées par les ennemis naturels, parasites et entomopathogènes; elles débutent dans la partie sud de la péninsule puis s’étendent vers le Nord (Chugunin, 1959). [R]

Yougoslavie

Jusqu’à la guerre, L. dispar est un ravageur très étudié et bien surveillé dans l’ensemble des régions de l’ex-Yougoslavie : Bosnie-Herzegovine, Croatie, Macédoine, Monténégro et Serbie. Au cours des 50 dernières années, il developpe de fortes infestations en 1940-44, 1951-57, 1961-66 sur de très larges surfaces. Dans certaines forêts les pullulations du Gubara sont suivies de celles de Geometridae, Tortricidae ou de Malacosoma neustria. Les infestations démarrent toujours dans les chênaies et les forêts mélangées du sud du pays puis se développent vers le nord et en altitude, atteignant parfois les forêts de bouleaux (Fratian & Simionescu, 1964). En 1973, plus de 100 000 ha sont envahis dans l’est de la Servie et des traitements au Bacillus thuringiensis sont mis en oeuvre. Les pullulations sont réprimées naturellement par les entomophages (notamment les prédateurs oophages, très actifs) et les épizooties virales (Nonveiller, 1959 ; Vasiljevic & Injac, 1973 ; Maksimovic, 1978).

La dernière infestation débute en 1995. Pendant les 30 ans qui séparent les deux dernières gradations générales, le Gubar pullule de façon chronique. Dans quelques sites au cours de cette période, la pullulation est stoppée juste après le début de la progradation. La phase de culmination n’est pas atteinte et la défoliation ne s’étend pas (Mihajlovic, in litt.).

Dans les peuplements de robiniers, la mortalité due aux maladies (polyédrose et nosémose) est plus forte que dans les chênaies et favorise le maintien à un faible niveau des populations de L. dispar (Sidor & Jodal, 1983 ; Sidor et al., 1992).

En Serbie, la dernière infestation qui démarre en 1995 est de type aigu (tab. II). La première année, L. dispar est observé dans de petits sites isolés sur une surface totale d’environ 10 000 ha. En 1996, 80 000 ha sont envahis dans le centre de la Serbie. L’année suivante la gradation culmine : environ 500 000 ha sont infestés en 1997 et 400 000 en 1998. La rétrogradation est attendue en 1999 (Mihajlovic et al., 1998). [R]

Conclusions

Le Bombyx disparate est présent en Europe de la côte ouest jusqu’à l’Oural. Sa limite nord va du centre de la Suède à Moscou. Au Sud, il est présent dans tous les pays d’Europe méditerranéene, y compris la Corse, la Sardaigne et la Silice, et en Afrique du Nord. Sa limite en altitude correspond à celle des peuplements de chênes (Giese & Schneider, 1979; Gripjma, 1989).

En relation avec sa très vaste aire de distribution, L. dispar s’attaque à un très large éventail de plantes hôtes (environ 300). Il préfère toutefois les chênes, puis d’autres Fagaceae comme le charme, le hêtre et le chataîgner. Il consomme également les saules, peupliers, robiniers, bouleaux, érables et tilleuls, et divers conifères comme le mélèze, l’épicea, le cèdre et surtout le douglas. Parmi les essences jamais attaquées citons le figuier. Lorsque les arbres sont totalement défoliés, les chenilles s’attaquent à un grand nombre de plantes du sous-bois. Elles dévorent également les tapis de myrtilles sous les peuplements de pins (cf. Tab. V).

Les dégâts du ravageur augmentent d’ouest en est et du nord au sud de l’Europe. La zone la plus atteinte est la péninsule des Balkans où les gradations se succèdent environ tous les 6-8 ans et durent 4 ans (2 ans de prolifération suivis de 2 ans d’effondrement). Dans cette région, le climat est optimal, avec des températures suffisamment élevées et une humidité du sol faible. La fréquence des gradations est limitée exclusivement par des facteurs biotiques (complexe entomophage, vitesse de récupération de la plante-hôte...) (McNamara, 1995). Ailleurs, de telles conditions climatiques sont occasionnelles et l’intervalle entre deux gradations augmente. Lors des étés chauds et secs la période larvaire est raccourcie et le taux sexuel en faveur des femelles est favorable à l’explosion des populations (Gripjma, 1989). Ainsi, la dernière gradation en Europe centrale a-t-elle fait suite à une succession d’années exceptionnellement chaudes et sèches. Dans la région méditerranéenne où les conditions climatiques lui sont aussi favorables, le ravageur pullule pendant de longues périodes ; il provoque des dégâts considérables, surtout sur le chêne-liège, qui est une essence particulièrement favorable à son développement.

[R]


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[R]  Mis en ligne le 1er octobre 1998