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Le Courrier de l'environnement n°26

Internet : petite chronique d'une excursion sur le réseau

par Alain Fraval

Avec deux encadrés : Un labo bien branché et Internet sert surtout à...
(cliquer sur [R] pour revenir en haut de la page). L'article original, écrit en octobre-novembre 1995, est conservé tel quel dans l'Album ; il est évidemment obsolète.

Mots-clés a priori et dans le désordre : réseau-mondial, humanité-branchée, hypermodernité, netsurfer, informations-sur-tout-et-tout-de-suite, hyperliens, superlogiciels-de-communication, amérloque, minitel-à-la-poubelle, cybercafé, bronzer-à-la-lueur-de-l'écran, fini-le-courrier-via-la-poste, le journal-et-la-radio-et-la-télé-sur-mon-bureau, quasi-tout-en-english, abonnement, toile-d'araignée, militaires, tout-le-monde-en-parle, universités-américaines, la-France-en-retard, on-y-trouve-tout-et-rien, très-chronophage, autoroutes-de-l'information.

Mots-clés a posteriori : bof... les mêmes, en rajoutant des-progrès-chaque-jour, bric-à-brac, auberge-espagnole, sablier et allons-y.

Octobre 1995. Branché, me voilà branché ! Du point de vue quincaillerie : un câble très peu souple, ovale, relie une disgracieuse prise à une carte électronique ad hoc implantée dans mon ordinateur. Du point de vue logiciel : quantité de programmes ont été ajoutés sur mon disque dur ; les icônes pullulent sur l'écran de Windows. Du point de vue financier : c'est gratuit pour les chercheurs des grands instituts (1).

Partant du principe qu'il sera bien temps de se documenter en cas de blocage, j'empoigne ma souris et m'essaye aux outils les plus évidents de ma nouvelle panoplie. A savoir la messagerie (j'envoie un mot à un collègue branché, il me répond dès qu'il a consulté sa boîte aux lettres, opération informatique simple que, dans certains cas, il faut déclencher par un coup de fil...) et le WWW (World Wide Web, toile d'araignée planétaire), ensemble de services se présentant selon une norme commune, avec des liens hypertextes (voir ci-dessous) et apparemment facile à maîtriser et puissant. Quant aux autres instruments à l'air rébarbatif (FTP, Archie, Gopher, WAIS...), ils ont certainement leur utilité, je leur rendrai visite à l'occasion, une autre fois.

En route. Le puissant logiciel de navigation (de marque Netscape), au tableau de bord sobre (avec des pictogrammes pour les analphabètes) s'ouvre automatiquement, privilège maison, sur le serveur INRA, autrement dit sur une page-écran ornée de son logo et regroupant les intitulés, distingués par la couleur bleue (voir plus loin), des services que les puissants ordinateurs de l'établissement eux-mêmes ou agissant comme relais d'autres ordinateurs ailleurs (2) offrent au monde entier. Les mots en bleu (cette couleur n'est pas imposée, je pourrais ordonner à mon logiciel de me les présenter en vert) indiquent des liens hypertextes : les cliquer avec la souris fait apparaître, sans autre manipulation ni frappe de codes complexes, la première page-écran du serveur désigné, généralement une autre liste ou un texte orné lui-même de mots en bleu. Et ainsi de suite, tout au long des innombrables ramifications du réseau.

Clic sur Naviguer sur Internet, clic sur Serveurs WWW mondiaux. Clic sur En France (j'irai de par le vaste monde plus tard, après avoir reconnu mon environnement proche), survol (sans clic) de la rubrique (le néologisme bleuique serait bien adapté) Dernières nouveautés (présente chez tous les bons serveurs, comme à l'INRA), et... hésitations de la souris : le monde de la connaissance est découpé en une douzaine de grands chapitres. Ma curiosité (au service des lecteurs) me porte vers, pourquoi pas, ce qui pourrait être repéré par le mot environnement. Par où y arriver ? Il faudra explorer une voie, revenir, repartir... souris blanche dans le labyrinthe du chercheur. A propos de chercheur, c'est ainsi qu'on nomme un logiciel qui aide à parvenir à l'information souhaitée en dressant (et en tenant à jour) des listes de serveurs et/ou de documents, en définissant des groupes et des titres, en donnant à côté de l'intitulé de chaque article quelques précisions. Le travail d'un chercheur est immense : il y aurait sur Internet 5 millions de points auxquels on peut aboutir (pour en repartir)... Clic sur Administrations publiques, clic sur AdmiNet. Me voilà chez un nouveau chercheur, plus spécialisé, qui offre une très longue liste, de AARC à Yahoo en passant par INRA (ce qui est rassurant). La machine à désigler n'est pas livrée avec... Voyons, entité repérable, le Ministère de l'Environnement. Au bout de cette démarche (officielle), une brève liste où je choisis Animals (en anglais dans le texte !). Vient, sur l'écran et, à ma demande sur l'imprimante, l'arrêté du 27 juillet 1995 fixant la liste des mammifères marins protégés sur le territoire national. Rien de plus.

Ce n'est sans doute qu'un début. D'autres voies auraient pu (dû) être explorées, celle de l'Enseignement, celle de la Recherche, celle des Associations. Elles l'ont été depuis et ont conduit à... pas grand'chose. Un explorateur plus aguerri aurait consulté aussi FranceNet, qui affiche une rubrique Environnement, sous laquelle il aurait trouvé EnviroWeb, The RainForest Workshop, Volcano World, Sea World-Busch Gardens, EcoNet et Environment Canada's Green Lane...

Quelques clics sur la touche Retour à l'étape précédente. Je m'engage dans Agriculture. C'est vite vu, même avec un crochet par About Wine / Beaujolais (non, les capacités techniques d'Internet ne permettent pas la dégustation). Et via FranceNet ? L'accès est offert à 3 serveurs, 2 des Etats-Unis, Agricultural Genome Information Server et Biotech et... un français : " Institut national de la recherche agronomique ", ainsi présenté : " Très sommaire, le site de l'INRA se contente de lister les axes de recherche en cours et de décrire les prestations de du (sic) service de documentation ".

Perplexe, je reviens en arrière et repars dans la WWW Virtual Library, qui classe les serveurs du monde entier par pays, par thèmes, par ordre alphabétique, par rubriques... Un très bel outil. La rubrique Environnement apparaît clairement (il y a aussi, entre autres, Agriculture et Forestry) ; elle est subdivisée en Biodiversity & Ecology, Earth Sciences, Energy, Environmental Law, Forestry, Landscape Architecture et Oceanography. Quelques clics plus loin, je suis convaincu d'être dans une (relativement) riche bibliothèque, et non dans un dépôt de feuillets et de prospectus. L'Australie notamment, que j'ai visitée (depuis ma chaise) dans le prolongement du travail fait pour la rubrique Autres repères, autres paysages de la présente livraison du Courrier (C26), offre, bien classés, des textes explicites, des listes d'êtres vivants menacés, des catalogues de collections entomologiques, des diapositives, des cartes thématiques, des photographies aériennes, des bibliographies, des tableaux, des présentations d'organismes, etc., qui ont tout l'air de constituer un ensemble cohérent sinon complet.

Le réseau renferme bien d'autres ressources très intéressantes. Mais il comporte aussi un grand nombre de sites au titre alléchant mais au contenu très décevant : embryon (vraiment très jeune) de serveur, résumé du condensé de la plaquette de présentation, liste minimaliste, indication que les données sont sur un CD-ROM servi sur abonnement (400 et quelques £), texte de mise au point scientifique datant de 1993, une du quotidien d'il y a deux mois, offre d'un extrait musical (quelques mesures) sans le logiciel de restitution, titres du journal télé de la veille, voire message d'erreur... Pour ne citer que les productions de firmes ou d'organisations puissantes. Car Internet héberge aussi des oeuvres personnelles, pas toujours très " pro ", mais on leur pardonne bien sûr.

Sympathique diversité ou noire pagaille ? Les deux. Internet est un réseau de communication sans autorité centrale hiérarchique, dont les noeuds sont autonomes (ceci, à l'origine, pour des raisons de sûreté militaire ; Internet est en effet un héritage de l'Armée des Etats-Unis). Le réseau est fait de ce que ses utilisateurs (des universitaires, au départ) y ont mis : de tout. Heureusement, nul n'ose songer tout haut à régenter le système. Aussi, pour s'y retrouver, doit-on compter sur les cybernautes pratiquant(e)s (qui donnent volontiers des conseils), apprendre quelques cheminements essentiels (ça vient vite) et faire travailler un ou plusieurs chercheurs intelligents.

Le fonctionnement (3) et l'accès aux informations recherchées sont en constante amélioration. La nature et la qualité des renseignements que l'on peut obtenir en fin de compte, apparemment plus faciles à améliorer (" c'est dans des bouquins, y a qu'à... "), semblent ne pas évoluer. Des habitudes ancestrales (droits d'auteur, rémunération de l'" éditeur "...) limitent (c'est bien domage) les contenus à des textes universitaires ou du domaine public, à des annonces de l'ordre de la " communication " d'entreprise et à quelques productions individuelles.

Conservez et enrichissez votre bibliothèque, ne rendez pas votre minitel, ayez des timbres-poste et... à titre professionnel ou particulier, si vous le pouvez, branchez-vous. Internet est intéressant, instructif, utile (je n'irai pas jusqu'à dire indispensable). Et c'est quand même une bien belle entreprise que celle où tout le monde peut apporter sa pierre (et où la pose d'une briquette pourrie ne met pas en péril l'édifice, elle agace juste le commentateur...).

Et quel ne sera pas votre ravissement de voir s'afficher sur votre écran personnel le logo du Courrier de l'environnement, le sommaire du numéro en cours, peut-être aussi celui de la livraison sous presse, les contenus anciens, quelques dessins de Rousso remarquables, les adresses des auteurs et éditeurs cités (4), les tables des matières des Dossiers, une place pour taper votre message (amical) ou pour inscrire un nouveau destinataire... Car tel est le projet que, parvenu au bout de mon voyage, j'inscris sur mes tablettes et entreprends...

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On lira ci-dessous les deux encadrés de l'article originel : Un labo bien branché et Internet sert surtout à...



[R] Un labo bien branché...

Découvert un peu par hasard et donné à titre indicatif : le serveur WWW de l'URA 2055 du CNRS, composante de l'IASBSE (Institut d'analyse des systèmes biologiques et socio-économiques), qui présente (en français ou en anglais) le laboratoire de Biométrie, Génétique et Biologie des populations, basé à l'Université Claude-Bernard Lyon-I (c'est très bien indiqué, avec adresses postale et électronique). Suivent la liste des équipes, avec leur responsable, l'explication (sous des liens hypertextes) des intitulés des disciplines ou des grands thèmes (photos et graphes à l'appui). Le visiteur internaute peut consulter Activités de recherche, Activités d'enseignement, Services offerts (où lui est réellement offerte une batterie de logiciels d'analyse de données à distance). Et de là il peut voguer vers Autres Serveurs en rapport avec nos thématiques et Autres Serveurs.

Contact : Domitien Debouzie : tél. 72 44 81 70 ; e-mail : debouzie@biomserv.univ-lyon1.fr

...et les autres

Il existe notamment, offert sur le serveur de l'INRA, un " chercheur de labos ", TELELAB, qui part d'un ou plusieurs mots-clés reliés par " et " ou par " ou " (par exemple, BIOMETRIE et LYON). Le moteur de recherche est efficace ; tous les labos de France et de Navarre y sont décrits en principe par une fiche normalisée. Si celle correspondant au labo ci-dessus est à jour, ce n'est pas le cas de bien des autres. Mais contact peut être tenté, par messagerie, via Internet donc, pour faire connaissance.

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[R] Internet sert beaucoup à renseigner sur... Internet

On consultera (c'est en français) Internet reporter (serveur d'un magazine vendu en kiosque), Cybersphère (payant si on veut lire tous les articles... et qui offre en tous cas un très sérieux et très savoureux Lexique cyber), Les Carnets de route de FranceWeb. Liste à compléter. On lira, offert par le serveur INRA, Un nouveau guide d'Internet, par Gilles Maire (accès direct au chapitre souhaité et mise à jour constante) ainsi que beaucoup d'autres ouvrages (même serveur). Mais un livre, un vrai, avec des pages en papier, est peut-être plus accessible au débutant. On se procurera Surfez sur Internet, publié en 1995 par Micro Application (22, rue des Petits-Hôtels, 75010 Paris), livré avec un CD-ROM.

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Notes

(1) L'INRA contribue financièrement au fonctionnement du système. Pour que ça marche, dans mon cas particulier, il aura fallu beaucoup de temps et de compétences. Merci aux ingénieurs du Service informatique. Lecteurs qui êtes des particuliers... reportez-vous à votre magazine multimédia favori, en vente dans tous les kiosques. [vu]

(2) Ces machines sont situées à Jouy-en-Josas (dans les environs de Paris, au sud). [vu]

(3) La consultation d'Internet demande souvent une patience angélique et le petit sablier (icône qui, sur l'écran, symbolise un travail en cours dans les entrailles de l'ordinateur) devient exaspérant. Si la saturation du réseau s'estompe au creux de la nuit et en début de matinée, le faible calibre des lignes par lesquelles on est relié est permanent, tant qu'un effort financier adéquat, vis-à-vis de France Telecom, n'a pas été consenti... L'utilisateur relié aux autoroutes de l'information par un chemin rural (c'est le cas de l'auteur de ces lignes) n'a pas fini de pester contre les gros fichiers et contre les images (sans parler des sons ni même des animations... qu'il ne verra jamais). [vu]

(4) La mise à disposition de telles informations, pourtant déjà publiées dans le Courrier, doit au préalable être soumise à l'agrément de la Commission nationale informatique et liberté. Signalons que le fichier des destinataires du Courrier et de Sauve qui peut ! est agréé par la même CNIL, une obligation légale que tout gestionnaire de fichiers comportant des indications nominatives doit respecter. [vu]

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