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In memoriam

Le Courrier de l'environnement n°16, avril 1992

Le Loup

" Le loup est d'une voracité extrême, et sait s'emparer de sa proie avec beaucoup de hardiesse et une rare habileté. Il vient jusque dans les villages enlever les chiens ; il pénètre dans les bergeries, y étrangle un mouton qu'il emporte. Il est bon de savoir que lorsque le loup a faim, il donne à la charogne ; on prétend que, contrairement au proverbe, très affamés, les loups se mangent entre eux, que les plus forts dévorent les plus faibles. On dit aussi qu'un loup qui a goûté une fois à la chair humaine, en devient très avide, ce qui le rend excessivement redoutable. Et cependant avec cette rapacité, ce besoin impérieux de meurtre et de sang, bien que doué d'une force musculaire tout à fait extraordinaire, il est peureux et lâche ; on le fait fuir en battant le briquet, en soufflant dans une corne ou en jouant de la trompette. [...] Il n'y a que trois manières de détruire les loups : en les prenant au piège, en les tuant à coups de fusil, et en les empoisonnant. [...] "

Ainsi s'exprimait A. de La Rue dans Les animaux nuisibles, ouvrage édité chez Firmin-Didot et Cie en 1890, illustré de belles gravures (voir la 1ère page de couverture).

Les préceptes de cet " ancien inspecteur des forêts de la Couronne " auront été tout à fait efficaces : si quelques rares loups, des vrais, des sauvages, pointent parfois encore leur museau, venant d'Italie, les spécimens qu'on peut voir en France vivent en fait enfermés.

Les loups peuplent désormais expressions, chansons et contes... qu'ils y demeurent, dans des paysages qui ne sont plus qu'un souvenir.

par A. F.

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