Les Brèves du Courrier

n°47

Dans l'air de Pékin (suite) (parmi les polluants, des sauterelles) ; Mission prévention (contre le risque de tigre) ; Minipastèques (plus modernes, plus pratiques) ; Pot russe (la culture, pour les ecdystéroïdes, de Serratula coronata) ; Punaise ! (elles réapparaissent !) ; La cheffe reste la cheffe (elle - c'est une fourmi - pratique le baiser de la mort) ; NAC (la compagnie des blattes souffleuses) ; Géologiquement incorrect (la pub sur les rochers) ; La faune sauvage est sauve (pas les isolateurs, ni la vache...) ; Progrès cynégétique (chien branché) ; Exploitation (de fourmis par les abeilles) ; Renversant (la tenue de route du cafard) ; Amères mouches à miel (les abeilles trinquent...) ; Mouche à faire peur (une drosophile indestructible) ; Zootechniquement incorrect (Cum mula perperit...) ; Pourquoi tant de gènes ? (pour vaincre le paludisme ?) ; Pieds nickelés (les pieds d'alysson, friands de ce métal) ; Qu'on se le dise ! (le Courrier en parle, il est en vente) ; Dégrenouillage (à coups d'atrazine) ; Voie lactée (en viticulture) ; Accident de chasse ? (poire plombée) ; Tempête sur la route du brent (perte de Prestige) ; Le borgne, l'aveugle et le paralytique (Région sans environnement) ; Triangle des Bermudes, fabliau (conseil à viser) ; Cleptopédologues (vol eurs de lune) ; Plus de 500 g par litre d'alcool (l'acool conserve) ; Regarde à gauche ! Regarde à droite ! (ou tu finiras à plat, hérisson) ; Lutte bio (contre le ravageur du maïs, l'éléphant), Changement global (il va faire chaud...).
Et "Les limaces vont en baver", car il fallait bien que cette rubrique terminale comportât, même in extrermis, une histoire de limaces.

[R]


[R] CHINE
Dans l'air de Pékin (suite)

Dans sa précédente livraison, le Courrier indiquait, chiffres à l'appui, tout ce qui " épaissit " d'ordinaire l'air de la métropole chinoise.
Ces lignes à peine sèches, surviennent des nuées de criquets migrateurs, suite à des épisodes météorologiques venteux et chauds. Cinquante millions de yuans (six millions d'euros) ont été dépensés en insecticides pour anéantir ces acridiens. Au grand soulagement des agriculteurs, au grand dam des gourmets amateurs de criquets frits (dont la capitale est Tianjin, près de Pékin).
D'après " Quand les criquets migrateurs passent à la casserole ", dépêche Reuters lue sur Yahoo! Actualités, le 14 juillet 2002, à fr.news.yahoo.com

[R] MALAISIE
Mission prévention

Le travail dans les plantations d'hévéa est dangereux : les ouvrières et les ouvriers sont invités à mettre en œuvre plusieurs moyens pour éviter d'être mordus (dévorés, en fait) par les Tigres (Panthera tigris). Il leur est recommandé de porter un masque… derrière la tête, de façon à faire croire à l'ouvriéricide potentiel qu'il a été vu et à lui faire oublier ses intentions carnivores. Ils doivent aussi rester à l'écoute de la radio, sur n'importe quelle chaîne, pourvu que ça braille fort. P. tigris n'aime pas ça.
Les tigres, protégés, ne sont plus que 500, coincés dans un habitat réduit par les défrichements.
D'après " Deux visages pour prévenir les attaques du Tigre ", dépêche Associated Press lue sur Yahoo! Actualités le 23 juillet 2002, à fr.news.yahoo.com

[R] ÉTATS-UNIS
Minipastèques

Les pastèques ordinaires ont la peau épaisse, le goût plus concentré dans leur partie centrale, des pépins et une taille peu compatible avec la capacité des réfrigérateurs - même nord-américains. Les minipastèques de Syngenta Seeds sont bien plus pratiques avec leurs 12 cm de diamètre, leur absence de pépins, leur goût bien réparti, leur peau fine.
Ce cultivar stérile, produit du croisement de 2 lignées hybrides, une diploïde et une tétraploïde, est commercialisé aux États-Unis et on le trouvera bientôt sur le vieux continent.
D'après " Minimelons go on sale in US ", lu sur Newscientist.com le 26 août 2002, à www.newscientist.com

[R] RUSSIE
Pot russe

L'Institut de biologie de Syktyvkar (République autonome des Komi) annonce la découverte d'une plante cultivable au Nord, produisant en quantité des ecdystéroïdes, Serratula coronata, une Astéracée. Premier ecdystéroïde isolée (en 1954 par Karlson et Butenandt, à partir de 500 kg de Ver à soie), l'ecdysone est l'hormone de mue des insectes, produite par les glandes prothoraciques (voir Insectes n° 118 : Le développement des insectes : mues et métamorphoses, par Michel Lamy).
De nombreuses plantes y compris des algues et des champignons, en produisent ; c'est pour elles un moyen de défense contre les arthropodes phytophages. On l'utilise dans les élevages de Ver à soie pour synchroniser les nymphoses. Leur emploi en lutte contre les insectes ravageurs, pour dérégler leur développement, semble très peu intéressant.
En fait, c'est aux sportifs qu'est destinée la récolte de Serratule, bien plus rentable que l'extraction à partir de Bombyx mori. Les ecdystéroïdes sont en effet des anabolisants qui augmentent la masse musculaire et favorisent la cicatrisation. Cet intérêt pour une hormone des insectes est dû à ce que, extraits de plantes et présents dans l'alimentation - particulièrement dans les épinards -, ils ne sont pas interdits.
D'après InformNauka, lu via www.alphagalileo.org, le 10 novembre 2002.

[R] ROYAUME-UNI
Punaise !

Tous les ans, le nombre de cas d'infestations de locaux par la Punaise de lit quadruple. Oubliée depuis quelques décennies (grâce aux applications de DDT et aux mesures d'hygiène), Cimex lectularius (Hétéroptère Cimicidé), redevient le compagnon - peu désirable - de nombreux foyers anglais, s'y repaissant nocturnement du sang de ses habitants. L'insecte a profité (et continue à profiter) de plusieurs facteurs. Régulièrement traité, il est devenu résistant aux matières actives qui ont remplacé le DDT interdit (comme la perméthrine). Capable de jeûner longtemps, il voyage d'un continent à l'autre sans risque et attend (jusqu'à un an) des jours meilleurs (un repas de sang quotidien) dans tout objet d'ameublement (y compris l'électroménager et l'électronique).
Pour Ian Burgess, directeur du Medical Entomology Centre de l'université de Cambridge, la résurgence de cette vermine est à mettre au compte - en grande partie - de la multiplication des vides-greniers, qui sont devenus très à la mode. Et où s'échangent, avec les objets les plus divers, des petits élevages discrets d'un insecte fort désagréable.
D'après, notamment, NewScientist.com, lu le 2 octobre : " Second-hand Sales blamed for bedbugs'comeback " d'Andy Coghlan (www.newscientist.com).
À cliquer : " Punaise! " une brève entomologique montée en Épingle à www.inra.fr/opie-insectes/epingle.htm
Et, pour les adultes, un relevé des " perversions " sexuelles de la bête, telles que racontées par B. Werber dans Le jour des fourmis à perso.shunsoft.net/humour/punaise.html

NDLR : et il faut changer d'insecte dans l'expression " marché aux puces ".

[R] ROYAUME-UNI
La cheffe reste la cheffe

Chez Dinoponera quadriceps (Hyménoptère Formicidé), il n'y a pas de reine (femelle vraie) à proprement parler mais une " cheffe ", ouvrière promue reproductrice et maîtresse de la petite colonie hiérarchisée de cette fourmi géante (3 à 4 cm de long). Francis Ratnieks (université de Sheffield) et Thibaud Monnin (université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris) ont observé chez elle un curieux comportement de maintien de la cheffe au rang de cheffe. Une sub-dominante (sœur de la cheffe) manifeste-elle une propension à s'élever dans la hiérarchie ? La cheffe l'oint du bout de son aiguillon d'une phéromone. C'est un message - un ordre - pour les ouvrières (filles de la cheffe) qui s'empressent de punir l'audacieuse : morsures, coups, immobilisation des pattes et des antennes. Les tortionnaires se relayent. Au bout d'une heure à quelques jours, elle a son compte. Elle n'en meurt pas mais a rétrogradé d'une bonne douzaine de degrés - un handicap qu'elle ne rattrapera jamais. Tout ceci respecte les lois de la vie. L'ouvrière, en molestant la prétendante, favorise la génération de sœurs et empêche celle de cousines, plus éloignées génétiquement.
Mais la cheffe vieillit, sa fertilité (jamais plus de 2 ou 3 œufs par jour toutefois) faiblit. Un moment vient - au bout d'un ou deux ans - où elle laisse échapper l'ordre… dirigé contre elle même. Le passage à tabac dure quelques jours. Coups et jeûne forcé. Elle est relâchée mais ne récupère pas et meurt. Une nouvelle cheffe prend sa place, devient a, s'accouple, sectionne l'abdomen du mâle, garde les spermatozoïdes dans sa spermathèque et veille à ce que nul individu b ne la déloge, pratiquant quand il le faut, ce " baiser de la mort ".
D'après, notamment, " Godmother'ant uses mob tactics to rub out rivals ", communiqué de presse de l'université de Sheffield, lu le 5 septembre 2002 à www.schef.ac.uk/

[R] THAÏLANDE
NAC

À Bangkok, le dernier chic est d'adopter, comme animal de compagnie, une Blatte souffleuse de Madagascar - dont on peut même entretenir chez soi tout un troupeau, même si l'animal est de bonne taille (jusqu'à 10 cm) et mange en proportion (fruits, pain sec, galettes).
Ce Blattodea Oxyhaloïdé - qui peut vivre plusieurs années - se reproduit très vite : 40 à 60 descendants au bout de 2 mois forment une engeance grouillante qui ne demande qu'à s'échapper dans la nature.
C'est ce qui a incité le ministre de la Santé, Sudarat Keyuraphan, à prier les vendeurs d'en cesser le commerce, pour prévenir invasion et risques sanitaires. L'insecte, importé, est proposé là-bas à 50 baht la pièce au marché Chatuchak, soit un peu plus d'un euro. Cela vaut-il le voyage ? À notre avis, non. Mieux vaut se fournir à l'OPIE où des Gromphadorhina portentosa jeunes et en parfaite santé sont proposées à 10 Æ le lot de 12.
D'après Yahoo ! Actualités du 20 août 2002, lu à fr.news.yahoo.com
Les insectes vivants proposés à la vente par l'OPIE : www.inra.fr/opie-insectes/b-insviv.htm

[R] INDE
Géologiquement incorrect

Le long des 56 km de la route menant de Manali au col de Rohtang (Nord de l'Inde), deux multinationales du soda (marron, sucré, pétillant et capable de dérouiller la ferraille comme de maîtriser les débuts de diarrhée) étalent leurs réclames criardes peintes sur les rochers.
D'où leur mise en examen (ou l'équivalent local) par la Cour suprême pour violation du " Forest Conservation Act of India ", vu les dégâts infligés aux rochers " écofragiles ". P.K. Manohar, avocat auprès de cette cour et spécialisé dans la défense de l'environnement, a argué qu' " on ne peut pas laisser passer et qu'il ne peut être permis de peindre des rochers anciens à valeur géologique ". Pour le Chief Justice, inscrire des réclames sur les rochers en forêt est dérangeant. La réponse d'un des sodatiers est que, dans ce coin, les franchisés ont plutôt les coudées franches ; pour l'autre, c'est une bavure locale et ça ne se reproduira pas.
D'après National Geographic News du 27 août 2002, lu à news.nationalgeographic.com
NDLR : peindre " […]cola " sous les rochers provoquera immédiatement l'ire des entomologistes, arachnologistes et herpétologistes. Attention.

[R] FRANCE
La faune sauvage est sauve

Plutôt que de tirer sur de malheureux oiseaux de passage, au lieu d'abattre des corbeaux perchés sur une ligne électrique à portée de son fusil, un chasseur (patenté) de Vire (Calvados) a fracassé 4 isolateurs puis est allé s'entraîner à viser des bouteilles posées sur une palette, sans remarquer qu'il venait de priver 1 224 habitants, ses voisins, de courant. Sans s'apercevoir non plus qu'au-delà des bouteilles, il avait atteint en plein front et tué une vache.
D'après une dépêche AFP lue sur Yahoo ! Actualités, le 2 octobre 2002, à fr.news.yahoo.com
À Moussy (Seine-et-Marne), le 6 octobre 2002, les TGV Eurostar et Thalys ont été retardés suite à des tirs de carabine sur des isolateurs.
Lu dans 20 minutes du 7 octobre 2002.
NDLR : les isolateurs sont protégés (au moins moralement) par l'Association pour l'archéologie de l'isolateur. Contact : Patrick Legrand, legrand@paris.inra.fr

[R] FINLANDE
Progrès cynégétique

Depuis le néolithique, Homo sapiens sapiens utilise un auxiliaire biologique qu'il a créé à partir de Canis lupus et/ou de Canis aureus pour débusquer et rapporter ses proies. Mais le chasseur a toujours du mal à ne pas perdre le contact avec son chien.
Depuis le XXIe siècle, on dispose, grâce à la firme Benefon, d'un moyen de repérer Médor et de lui donner des ordres. Ceci grâce aux satellites géostationnaires et aux téléphones miniaturisés.
Le chasseur attache au collier de son chien un engin à 1 142 Æ composé d'un portable normal (sans clavier ni écran, toutefois), d'un système de repérage planétaire (GPS) et d'une oreillette. Lui-même allume son portable (normal et complet) et la partie de chasse peut commencer. Un petit SMS et le chien " donne " ses coordonnées. Au prix d'une communication ordinaire - c'est plus cher toutefois que le mini-message - le maître peut aboyer ses ordres et le chien, en échange, exprimer ses pronostics sur la proximité du gibier.
D'après Yahoo ! Actualités du 20 août 2002, lu à fr.news.yahoo.com
NDLR : le cynophone existe-t-il en parure kaki camouflée ? Qu'attend-t-on pour équiper le gibier ordinaire (c'est fait, plus ou moins, pour les ours des Pyrénées, mais ils sont durablement inchassables, sauf lubie et invocation opportune de la légitime défense) ?

[R] BRÉSIL
Exploitation

En Amazonie, dans le fond d'anciennes galeries, se pratique un élevage collectif à double objectif : miellat et cire. Le groupe des éleveurs est une colonie de quelque 200 abeilles Schwarzula (Hyménoptères Apidés). Le bétail, des cochenilles du genre Cryptostigma (Hémiptères Coccidés). Et les galeries ont été forées par des chenilles de Lépidoptères dans le tronc de certains arbres.
La cochenille piqueuse-suceuse s'alimente de la sève de l'arbre et excrète un abondant miellat que les abeilles récoltent au fur et à mesure pour en faire leur miel. Rien de très étonnant, notre miel de sapin provient de l'exploitation du miellat d'Hémiptères, notamment de pucerons (Aphidoidea) installés sur les aiguilles. La découverte, la surprise, c'est que, d'une part, l'élevage ne se fait pas à l'extérieur (comme dans le cas de fourmis éleveuses) et que, d'autre part, la cochenille fournit à l'abeille la cire pour bâtir ses alvéoles. La symbiose abeille/puceron est étroite. L'abeille ne récolte pas de nectar au dehors et se fournit en sucre uniquement auprès de ses cochenilles, la cochenille ne vit que dans le nid de l'abeille et compte très vraisemblablement sur son hôte pour assurer sa dispersion.
D'après " Bee farms honey and wax ", par John Whitfield, Nature Scienceupdate, 28 août 2002, lu à www.nature.com

[R] ÉTATS-UNIS
Renversant

Les blattes (Insectes Dictyoptères) sont des modèles d'agilité et d'équilibre sur les terrains les plus accidentés (à leur échelle).
Pour Robert Full - de l'université de Californie à Berkeley -, si les blattes ne font ni embardées ni culbutes, c'est grâce à la conformation de leurs muscles et de leur exosquelette chitineux.
Comment préciser les raisons de la formidable " tenue de route " du cafard ? En observant sa réaction à une impulsion déstabilisante. Après divers essais, c'est le canon qui a eu la faveur de l'expérimentateur. Un canon petit, de 2 cm de long, chargé de poudre, déclenché par une impulsion électrique, collé sur le dos de Blaberus discoidalis (d'Amérique du Sud) - 44 mm de long. Le recul de l'arme lors du tir (à blanc) déséquilibre le cobaye. Qui vacille mais ne valdingue pas, poursuivant son chemin sur ses 6 pattes. Sa réaction est plus rapide que ce que permet la vitesse d'un influx nerveux ; ce sont les propriétés élastiques de la patte de cancrelat qui expliquent cette performance.
À partir de ce résultat, R. Full et un collègue ingénieur ont construit un robot hexapode à patte élastique, véloce et très stable.
D'après " It's Not Easy to Derail a Roach ", lu le 26 août 2002 sur Daily inSight, à www.academicpress.com

[R] FRANCE
Amères mouches à miel

" Une poignée d'abeilles vaut mieux qu'un sac de mouches ", certes, mais pour l'apiculteur ce maigre cheptel ne fait pas du tout l'affaire, il accuse le Gaucho (insecticide dont la matière active est l'imidaclopride) de la ruine de ses colonies et de ses maigres miellées.
Écrire " l'apiculteur " pour représenter les 100 000 éleveurs d'Apis mellifera (Hyménoptère Apidé) ne vaut que pour leur opposition au Gaucho ; pour le reste, les 1 500 professionnels, les 3 000 pluri-actifs et les 75 000 amateurs sont - et depuis toujours - très divisés, voire violemment opposés (leurs 3 syndicats s'assignent en justice…). Et pour ce qui est des effets néfastes de l'insecticide, tout au plus a-t-on pu mettre en évidence au laboratoire un effet de doses très faibles sur le comportement des adultes. Fait plus troublant, ce n'est qu'en Francophonie que le Gaucho a un effet sur les avettes.
Ceci dit, si nos apiculteurs ont besoin d'un bouc émissaire, c'est que les abeilles ne vont pas bien.
Un acarien parasite, Varroa jakobsoni, parti d'Orient, il y a un siècle, a envahi les ruches du monde entier, profitant des introductions de reines - une pratique aussi fréquente qu'incontrôlée destinée à " améliorer " le cheptel.
L'abondance et la nature des fleurs, sources de nectar et de pollen visitées par les butineuses dans nos campagnes ont changé, du fait de l'intensification agricole de l'entretien des bermes et du désherbage des cultures et des vergers " soigneux ". La transhumance est ainsi souvent devenue nécessaire.
Les 100 000 tonnes de pesticides déversés en France chaque année empoisonnent peu ou prou les abeilles. L'on exige des spécialités, pour être homologuées, de ne pas avoir d'effets létaux sur l'abeille domestique ; bientôt, on vérifiera l'absence d'effet sur leur comportement. Mais les erreurs et mauvaises pratiques ne sont pas rares du tout (cuves de traitement mal rincées, mélange avec du white spirit, etc.) qui provoquent des massacres.
L'abeille - objet d'une intense zootechnie - est sans doute l'insecte le mieux suivi : ses malheurs sont hélas ceux de bien d'autres Hyménoptères floricoles et pollinisateurs, sociaux ou pas, qui, dans les paysages " bien propres " soumis notamment à l'agriculture intensive, ne trouvent que des ressources réduites et ne peuvent échapper aux toxiques.
D'après, entre autres, Yves Miserey, " Malaise dans les ruches françaises " et " Un essaim de dossiers occultes ", parus dans le Figaro Sciences du 5 octobre 2002, lu à www.lefigaro.fr
NDLR : on a lu - on relira - " Impact des pesticides sur les abeilles et autres pollinisateurs " par Jean-Noël Tasei, le Courrier n°29, décembre 1996, en ligne à www.inra.fr/dpenv/tasei29.htm et on cliquera sur www.inra.fr/opie-insectes/epingle.htm pour y lire l'article consacré au Petit Pilleur des ruches (Aethina tumida).

[R] AUSTRALIE
Mouche à faire peur

La Mouche du vinaigre (Drosophila melanogaster, Diptère Drosophilidé), au milieu du XXe siècle, a subi une mutation du gène Cyp6g1, la rendant résistante au DDT, insecticide nouveau à l'époque et très employé. Depuis, les applications de cette matière active ont cessé, pratiquement, mais l'insecte a pourtant conservé ce gène. Second fait étonnant : ce seul gène confère à la drosophile une résistance à toute une variété d'insecticides sans parenté chimique entre eux : organochlorés, organophosphorés, carbonates, urée-substitués… La découverte - qui vient d'être publiée dans Science - est inquiétante.
La Drosophile n'est pas - sauf cas bien particuliers - un ravageur et sa résistance " universelle " n'a probablement aucun impact sur notre économie. Mais on frémit à l'idée qu'une telle mutation se produise chez une peste majeure : nous serions alors désarmés chimiquement (soit presque totalement, dans la plupart des cas). Comme il n'est pas dit que ça n'arrivera pas, il faut - plus que jamais - travailler à améliorer et à appliquer la lutte intégrée, où l'on met en œuvre un ensemble de mesures de lutte, lutte culturale et lutte biologique notamment.
Autre leçon : la Drosophile n'est pas un " modèle " plus ou moins abstrait pour généticien, évoluant en bouteille. C'est un insecte à part entière qui, comme les autres, s'est adapté au " paysage agricole " que l'homme a modifié et qui mérite toute l'attention des phytiatres.
D'après " Pesticide résistance warning after gene discovery ", communiqué de presse de l'université de Melbourne, en ligne le 26 septembre 2002 à www.unimelb.edu.au

[R] MAROC
Zootechniquement incorrect

Cum mula perperit (quand les mules poulineront) disaient les Romains pour dire " quand les poules auront des dents ". Hybride d'une jument (Equus caballus) et d'un baudet (Equus asinus), la mule est stérile - du fait d'un nombre impair de chromosomes. Or, le 28 août 2002, un petit (qu'on peut qualifier de poulânon, faute de mieux - on évitera le terme " mulot ") est né d'une mule, près d'Oulmès (Plateau central). Le petit, sa mère et le propriétaire voient défiler en foule les curieux et reçoivent des cadeaux. En effet, un tel miracle n'arrive que quelques fois dans le siècle : ça mérite le déplacement.
Analyses d'ADN faites, la mule mère est bien une vraie mule et c'est un baudet qu'elle a connu.
D'après " Morocco's miracle mule ", lu le 2 octobre 2002, et " Morocco's miracle mule confirmed " lu le 4 novembre 2002 sur BBC News, à news.bbc.co.uk

[R] AFRIQUE
Pourquoi tant de gènes ?

Toute la presse, papier et internautique, annonce le décryptage des génomes d'Anopheles gambiae (Diptère Culicidé) - 14 000 gènes - et de Plasmodicum falciparum - 5 300 gènes - , agent du paludisme, transmis par la piqûre du moustique sus-nommé.
Quelque 200 chercheurs répartis dans 10 pays (en France, du Génoscope et de l'institut Pasteur) ont contribué à cette double " grande découverte ", que les revues Nature et Science publient cette semaine. Prouesse scientifique et technique entreprise et menée à bien " parce qu'on savait le faire " ou contribution à la maîtrise du fléau sanitaire ?
À (très) long terme, on entrevoit la possibilité d'introduire dans les populations de moustiques sauvages des individus génétiquement modifiés de façon à être incapables de transmettre le protozoaire. Mais cette " lutte génétique " modifiera irréversiblement Anopheles gambiae sans qu'on sache en évaluer les conséquences.
À plus court terme, cette connaissance du génome pourrait accélérer la mise au point d'un vaccin, améliorer les insecticides anti-moustiques et les médicaments contre le " palu " (les matières actives comme les antipaludéens classiques et bon marché sont devenus inefficaces).
Les pays pauvres où sévit cette maladie pourront-ils mettre en œuvre ces nouveaux traitements coûteux ? Aux 500 millions de malades (dont 1,5 à 2,7 millions mourront dans l'année), l'ensemble du monde consacre actuellement un budget dérisoire. Sur place, c'est une petite partie des 5 Æ qui sont alloués, par personne, à la santé dans ces pays. Les travaux des génomiciens, quelque brillants qu'ils soient, ont de quoi rendre amers les entomologistes, les épidémiologistes et les médecins sur le terrain.
D'après, entre autres, cyberpresse.ca, BBC News et le Figaro (rubrique sciences), lus le 3 octobre 2002.

[R] CANADA
Pieds nickelés

Pour la firme minière INCO, l'extraction du nickel ressortit désormais à l'agriculture. On fauchera en effet les pieds d'alysson (un cultivar sélectionné d'Alyssum bertolonii) qu'on aura semés sur des terrains riches en cet élément, on les ramassera puis les charriera vers un incinérateur où le métal sera extrait des cendres de la Brassicacée (crucifère).
L'exploitation commerciale de ce procédé de phytoextraction a commencé au Sulawesi (Indonésie). La récolte d'1 ha rapporte 2 000 Æ, au cours actuel du nickel (qu'on s'attend à voir grimper).
D'après Der Spiegel du 14 octobre 2002, lu à www.spiegel.de

[R] UNIVERS
Qu'on se le dise !

Le Courrier l'annonce (Brève " Cynologue ", n°44, octobre 2001). Puis les techniciens le peaufinent, les commerciaux le placent, les marchands le mettent en rayon et l'Agence France Presse rédige à son propos une dépêche aussitôt reprise par Le Monde.fr qui me l'affiche illico sur mon écran (le vôtre aussi) le 27 septembre 2002.
Le bow-lingual, donc, est disponible, au prix de 125 Æ, au Japon.
Toujours à la suite de cette Brève, le 3 octobre 2002, à Harvard (voir www.improbable.com), les inventeurs sont sacrés Prix IgNobel de la Paix pour leur " contribution à la paix et à l'harmonie entre les espèces ". Notez leurs noms : Keita Sato (président de Takara Co), Matsumi Susuki (président du Japon Acoustic Lab) et Norio Kogure (directeur de la clinique vétérinaire Kogure).
Rappelons que le bow-lingual est un engin qui se fixe à un chien (vivant), dont il restitue, à l'intention du maître, l'humeur ? un traducteur jappement-japonais, en quelque sorte.
Ajoutons que le Prix IgNobel de Biologie a récompensé une étude de zootechnie sur des animaux de rente (qu'on pratique beaucoup à l'INRA, sans jamais décrocher ce prix), précisément un travail sur le comportement de cour de l'Autruche vis-à-vis de l'Homme en élevage en Angleterre (British Poultry Science, 39(4), 477-481).
NDLR : on ne dévoilera rien des travaux sur l'adaptation du principe du bow-lingual à nos poulets, vaches et autres bestiaux. Bientôt, par la magie de l'électronique, ils exprimeront en français leurs doléances et on pourra ouvrir des négociations.

[R] ÉTATS-UNIS
Dégrenouillage

Herbicide systématique très employé par les maïsiculteurs, l'atrazine ruisselle et se retrouve dans les nappes phréatiques et les cours d'eau. Au laboratoire, quelques parties par milliard dans l'eau suffisent à féminiser des xénopes mâles (amphibiens " modèles " d'Afrique du Sud).
Et en nature ? Tyrone Hayes et ses collègues ont récolté des grenouilles communes (Rana pipiens) sur huit sites répartis de l'Utah à l'Iowa. Là où l'eau provient d'une zone agricole - où l'on désherbe à l'atrazine - les mâles sont hermaphrodites, leurs testicules ont une croissance retardée ou encore contiennent des ovocytes. Ces malformations n'apparaissent pas chez les grenouilles vivant dans une eau absolument pas polluée mais leur fréquence n'est pas liée à la concentration en atrazine résiduelle. D'autres polluants agissent sans doute en synergie pour contribuer à la baisse générale de populations d'amphibiens enregistrée en Amérique du Nord.
D'après " Un herbicide change le sexe des grenouilles ", de Cyrille Vanlerberghe, le Figaro Sciences et Santé, lu le 1er novembre 2002 à www.lefigaro.fr

[R] AUSTRALIE
Voie lactée

Les vignes australiennes, comme partout, subissent les attaques du mildiou, champignon phytopathogène (Plasmophora viticola) américain, envahisseur. Au département d'Écologie moléculaire et appliquée de l'université d'Adélaïde, Peter Crisp a recherché des traitements substituables à la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre et chaux), en partant de recettes de bonne femme et autres " huiles de serpent ". Le lait de vache (et le petit lait), employés pour donner du lustre aux feuilles des plantes d'intérieur et balconnières, s'est avéré très efficace. Il peut être employé dilué (au 1/10) et ne présente aucun effet secondaire indésiré… Mais il reste à vérifier que l'image du vin ainsi produit ne souffre pas d'une telle application.
D'après " Drop of white the right stuff for vines ", communiqué de presse de l'université d'Adélaïde du 2 septembre 2002, lu à www.adelaide.edu.au
NDLR : rappelons que la bouillie bordelaise a d'abord été un traitement contre les chapardeurs de raisin, qu'elle est la seule arme autorisée des viticulteurs bio et que son emploi surcharge les sols en cuivre…

[R] FRANCE
Accident de chasse ?

On connaît la poire d'angoisse, la poire à poudre, la poire électrique, la " bonne " poire…, voici la poire de vengeance… pour la soif du même nom.
Une respectable Doyenne du comice, poire matricule 4471 et d'origine picarde, a, à coup de plombs de 12 camouflés dans sa succulence, sauvagement frappé l'une des dents d'un ancien conseiller de ministre de l'Environnement, un temps chargé du joyeux dossier de la chasse (acquis majeur de la Révolution).
La préméditation n'est pas exclue : si l'agression a eu lieu juste avant le lever du jour (et chacun sait que la chasse de nuit - magnifique complément de l'acquis de la Révolution, brillamment inscrit dans la loi " chasse " de juillet 2000 par une forte escouade de représentants du peuple de tous bords - aggrave les risques de confusion), la victime ne ressemble pas plus à un canard de baie de Somme qu'un ours des Pyrénées ou d'ailleurs.
Pour éviter toute récidive, il faut conseiller aux poires picardes, de ne pas survoler à basse altitude les huttes de chasse de la Baie de Somme, de la réserve naturelle du platier d'Oye ou d'ailleurs, et aux arboriculteurs de toute région, de réclamer l'application du droit de non-chasse pour leurs vergers (cf l'article L. 422-13.-1 et suivants du Code de l'environnement).

[R] ATLANTIQUE
Tempête sur la route du brent

Le Prestige en baisse des embruns russes a, enfin et malgré les ressources de la Crownerie des Bachibou'Zoug (pardon, Capitaine…), conduit à des mesures claires à l'encontre des pétroliers foireux. Ils sont maintenant instamment priés d'aller couler au-delà de la zone économique exclusive (la ZEE prévue par l'article 56 de la convention des Nations unies sur le droit de la mer) d'Espagne et de France…
Les oiseaux, quant à eux, n'ont qu'à rester à moins de 200 milles marins (360 km) des côtes.
L'ennui, c'est que les nappes de vieux pétrole dérivant ne connaissent pas plus les frontières que les nuages tchernobylisés et que la majeure partie des pétro-pollutions est livrée franco de port et de déballastage.
D'après, entre autres, " Crown Resources, un négociant en pétrole très discret - Cette filiale basée en Suisse du groupe russe Alfa utilise toutes les ressources des paradis fiscaux ", de Pascal Galinier et Marc Roche, Le Monde du 21 novembre 2002.

[R] EUROPE
Le borgne, l'aveugle et le paralytique

Pendant que l'alouette et la palombe entraient en migration, une drôle d'histoire française courait à Bruxelles (Belgique).
Le président d'une belle région française, dont le prestige est maintenant menacé par une marée noire, se serait rendu, avec ses experts, à la direction générale de l'Environnement de la Commission européenne pour plaider contre deux directives de protection de la nature déjà anciennes, les 79/409 CEE du 2 avril 1979 et 92/43 CEE du 21 mai 1992.
Surprise des technocrates européens : passe qu'aucun délégué ne baragouinât le minimum de broken English requis (le français est l'une des deux langues officielles de l'Europe, tout de même !)… mais qu'en plus, et apparemment, personne parmi eux ne connût vraiment les directives Oiseaux et Habitats… dont ils étaient venus demander l'assouplissement, incitait à sourire poliment ! Comment donc pouvaient-ils en apprécier les contraintes ?
À l'effarement d'un des fonctionnaires, qui parle, lui, le français, le président, sans se démonter, décrivit ensuite sa région comme une région industrielle, sans enjeu environnemental majeur. Tout y serait d'une grande banalité.... Le techno bruxellois manqua de s'étrangler (il connaît plutôt bien la région qu'il fréquente chaque année) quand, enfin, le président réitéra sa demande : il voulait que sa région soit dispensée de l'application des directives honnies.
Il paraît que les couloirs de la Commission se gondolent encore de cette saine naïveté qui augure bien de l'expérimentation dans la décentralisation…
D'après notre correspondant particulier en Europe.
NDLR : Gageons que le même président saura trouver les arguments les plus vibrants en faveur de l'environnement de sa Région quand il ira demander l'appui financier de Bruxelles pour lutter contre la marée noire…

[R] FRANCE
Triangle des Bermudes, fabliau

Une fois le primat des lois de Gaule et incontesté grand commis de l'État, M. Deud'Oz-de-Lès (Yves), élu comme d'habitude président du conseil d'administration, vint le moment de désigner les premier et deuxième vices-présidents.
Il y " avait " trois candidats. Le premier, convenable mais absent, n'avait pas fait acte de candidature, le second, un peu écologiste, ne plaisait pas du tout à la majorité des adorateurs de Diane et le troisième était, paraît-il, incontournable eu égard à sa qualité de grand président d'" usagers de la nature " sérieux et arrangeants.
Le président prit les choses en mains. Il simplifia la triangulaire fictive, trop risquée… À tout coup, l'indésirable aurait été élu, puisque l'absent n'était pas encore candidat. Pendant que de bonnes âmes angoissées allaient fébrilement quérir de l'absent espéré, hors la salle et sur un téléphone portable, une candidature aussi tardive que sollicitée, le président organisa, malgré un inconvenant et léger brouhaha réprobateur, un premier vote entre l'incontournable et l'importun sur l'un des postes de vice-président… L'importun fut évidemment évincé.
L'annonce victorieuse de la candidature de l'absent décupla le plaisir de la battue. Le deuxième poste fut mis aux enchères. L'absent requis le gagna haut la main. Personne ne saura jamais s'il fut vraiment candidat.
D'après un potin de moquette

[R] LUNE
Cleptopédologues

Le sol est - c'est connu à force d'être vérifié et répété à défaut d'être toujours pris en compte - quelque chose de très précieux.
Celui de la Lune encore plus. D'où la manip faite par trois stagiaires dans un labo de la NASA à Houston (Texas, États-Unis) : mettre discrètement de côté, entre autres, un peu de sol lunaire, représenté par 53 cailloux. Et, vu la valeur de leur échantillon, l'emporter dans un coffre fort de 300 kg (où il reposait). Puis faire connaître sur Internet le prix de vente de ces fragments. Des spécialistes bidon de la Science du sol (des agents du FBI en blouse blanche) ont récupéré les bouts de Lune chez les sélénopédologues.
D'après, de Laure Noualhat, " Des voleurs de Lune arrêtés par le FBI ", Libération du 25 juillet 2002.
NDLR : quand il prend une pierre, l'écologue, le vrai, le pur, l'examine puis la repose exactement comme elle était pour ne pas nuire au scorpion ou aux cloportes vivant dessous. Une bonne manière qui aura manqué tout au long de l'histoire ci-dessus.

[R] CHINE
Plus de 500 g par litre d'alcool

M. Li, paysan près de Suizhou (province du Hubei), revenu de son champ, le 12 octobre 2002 à midi, voulut goûter à sa goutte, vieille d'un an, préparée selon la tradition du terroir. Mais un défaut dans le bouchon avait laissé entrer un peu d'air, ce qui fit qu'il fut mordu au cou.
Par un serpent venimeux, ce reptile faisant là-bas in vitro ce que fait l'herbe à bison dans la vodka en Pologne avec moins de risques.
D'après " Chine : mordu par un serpent conservé un an dans de l'alcool ", lu sur Lexpress.fr, le 17 octobre 2002 à www.lexpress.presse.fr

[R] EUROPE
Regarde à gauche ! Regarde à droite !

C'est un sujet pour les Ponts et Chaussée et pour la Zoologie, pour les éthologues et pour les chercheurs en cyndiniques… C'est le problème de la traversée d'une voie carrossable par un hérisson. Aux Pays-Bas, 350 000 de ces bêtes meurent chaque année d'un accident de la route et, en moyenne européenne, on déplore 1 écrasé par an tous les 1 ou 2 km. Mais c'est très peu par rapport à l'effectif de hérissons.
En général, les hérissons hésitent et s'en retournent dans l'herbe du bas-côté. Sont-ils prudents ? Ils n'ont, plutôt, rien à faire sur l'asphalte où le ver de terre - qu'ils recherchent toute la nuit - lui-même ne s'aventure guère. Des dernières études, menées notamment par radio-pistage, il ressort en outre que Monsieur Hérisson, plus fréquemment que Madame, brave le trafic et se lance malgré tout sur l'asphalte.
D'après " Hedgehogs look both ways, then turn back ", New Scientist, 17 août 2002 (www.newscientist.com).

[R] KENYA
Lutte bio

Pour protéger les champs des ravageurs qui les saccagent, il est conseillé aux maïsiculteurs masaï
- bons apiculteurs au demeurant - d'installer des ruches (d'Apis mellifera scutellata, une Abeille domestique agressive) alentour. C'est très efficace : les bioagresseurs s'enfuient ; ils évitent même les parcelles dotées de ruches vides (mais sentant bien l'abeille). C'est écologiquement correct : les déprédateurs sont juste effarouchés. C'est bon marché, bien moins cher que les barrières anti-éléphant.
D'après " Bees keep elephants out off crops ", par John Whitfield, lu sur Nature scienceupdate, le 5 novembre 2002, à www.nature.com

[R] ROYAUME-UNI
Changement global

D'ici 50 à 80 ans, l'Anglais(e) n'arrivera plus à faire pousser un gazon correct chez lui. En effet, suite au réchauffement planétaire, les gelées seront moins fréquentes, les printemps arriveront plus tôt, des épisodes chauds surviendront toute l'année, les étés seront plus secs et il pleuvra plus l'hiver.
En premier lieu, plantes et arbres fruitiers tropicaux s'installeront dans le paysage anglais. Parallèlement, la conservation des jardins historiques deviendra impossible.
D'après " Climate threat to English gardens ", lu sur BBC News le 19 novembre 2002 à news.bbc.co.uk
NDLR : les limaces vont en baver…

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