Les Brèves du Courrier   

n°42

Basses-besogneuses (c'est comme ça chez les Atta) ; Réapparition (de Dryococelus australi) ; Lunatisme (Risque-t-on plus de se faire mordre durant la pleine lune ?) ; Mission qualité (pesticides dans le Tiers Monde) ; Dioxine verte luisante (merci la luciole) ; Contre les infiltrations (fourmis pisseuses) ; Un vache de parpaing (ejusdem farinae) ; Le poids des mots (des bons mots : 20 tonnes) ; Primates et bureaucrates se battent (dans les ministères) ; Trésors (Cryptocephalus coryli) ; Médusé (encore un vert luisant) ; Sino-cynophages (le bon saint bernard) ; Trois à l'heure… (maffieusement véloce) ; Les dents de la forêt (les mandibules de Lymantria dispar) ; Quantifions (dites-moi ce que vous mettez au menu, je vous dirai ce que vous faites pour le maintien d'un climat tempéré) ; Raisonnables (une enquête FARRE) ; Gibier débile (les wapitis du Canada) ; Toro loco (la vache espagnole folle) ; Cochon de yaourt (au bifidus ?) ; Farine animale (attirante !) ; Métaux lourds, métaux loin (de votre pot catalytique à la banquise) ; Touristoraptor virtualis (la fin du virtuel Pseudonovibos spiralis) ; Agrinautes (en dépit de petits tuyaux) ; Langue bleue (en Corse, les arabis...) ; Printemps très silencieux (campagnes anglaises muettes) ; Le goût du bouchon (et le déclin des subéraies) ; Plus que 15 (numéros du Courrier ? )


PLANÈTE
Basses-besogneuses

Au sein de la colonie, des ouvrières sont affectées au service des ordures et cantonnées sur les lieux de décharge. Leur espérance de vie est moitié moindre que celle de leurs congénères, car, notamment, elles y côtoient des organismes hostiles et pathogènes. Essayent-elles de s'échapper qu'elles sont repoussées, voire férocement attaquées et démembrées, si elles sont salies par les déchets.
C'est comme ça chez Atta cephalotes, une fourmi (Hyménoptères Formicidés) coupeuse de feuilles des forêts tropicales humides d'Amérique centrale.
D'après le New Scientist magazine du 20 janvier 2001 (www.newscientist.com).

AUSTRALIE
Réapparition

Forte émotion pour les entomologistes de l'Australian Museum et du Service de la faune et des parcs nationaux : ils ont, en effet, trouvé, sur une île à 600 km à l'est de l'Australie, 3 femelles et des œufs de Dryococelus australis (Phasmoptères, Phasmatidés), espèce disparue. Autrefois abondant dans les arbres creux de l'île de Lord Howe (mer de Tasmanie), ce phasme a été éradiqué au début du XXe siècle par des rats accidentellement introduits en 1918, sans doute friands de leurs œufs et jeunes larves - mais pas de taille à affronter des imagos de 15 cm de long, gros comme un doigt.
Il pourrait subsister une dizaine d'individus de D. australis. Un élevage devrait être tenté, sur place.
D'après tf1.fr du 13 février 2001 et A guide to the stick Insects of Australia de Peter Miller, à www.acay.com.au/~pmiller/

COMMONWEALTH
Lunatisme

Risque-t-on plus de se faire mordre par un animal durant la pleine lune ?
Le British Medical Journal publie deux articles sur ce sujet éternel. À Bradford (Royaume-Uni), selon les statistiques d'admission à l'hôpital, le risque est doublé lorsque la lune est pleine. En Australie, en revanche, il y aurait, selon les mêmes critères, un tout petit peu moins d'agressions ces jours-là, le risque maximum se manifestant durant la trêve des confiseurs.
D'après Eurekalert (www.eurekalert.org/), lisible depuis le 21 décembre 2000.

TIERS-MONDE
Mission qualité

L'organisation mondiale pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) répète une mise en garde.
Dans les pays en développement - et surtout en Afrique, au sud du Sahara - une part importante des pesticides est " de mauvaise qualité ". Ces produits surdosés et/ou contenant des impuretés, non conformes aux standards internationaux, sont dangereux pour la santé humaine et l'environnement. Ceci d'autant plus qu'ils sont fréquemment utilisés pour tout autre chose que ce pourquoi ils sont homologués.
D'après le communiqué de la FAO (Rome) du 1er février 2001.

BELGIQUE
Dioxine verte luisante

Agréé par l'Institut scientifique de la santé publique (Bruxelles, Belgique) et, bientôt, par l'Agence états-unienne de l'alimentation et des médicaments (FDA) le test CaluxÒ commercialisé par Xenobiotic Detection Systems permet de détecter les traces de dioxines dans les aliments, les poulets et les boues pour un coût moindre que les procédés classiques. Ceci grâce à une luciole (Coléoptère Lampyridé) qui a fourni le gène d'une enzyme, la luciférase, qui est produite par la cellule de mammifère où on l'a greffé…
Ainsi, en présence d'une dioxine, la chimère en tube luit vert.
D'après Office.com du 5 janvier 2001.
On aura lu, de Catherine Vincent, " Le ver luisant, porteur intemporel des feux de l'amour " paru dans Le Monde du 25 mars 2000.

MALAISIE
Contre les infiltrations

Les fourmis (Hyménoptères Myrmicinés) font leur nid dans les bambous géants en Malaisie, lieu fréquemment affecté de pluies torrentielles. Contre l'intrusion de l'eau, ces fourmis tentent d'abord de faire bouchon, 2 ou 3 d'entre les ouvrières obturant l'entrée du nid avec leur tête. En cas de dégât des eaux, cette espèce manifeste un comportement unique. Les ouvrières boivent l'eau et vont soulager, non point leur vessie - elles n'en possèdent pas - mais leur proctodeum à l'extérieur du nid.
Dans un nid artificiel, les 2 millilitres d'eau colorée injectés par les expérimentateurs ont été évacués au dehors en 2 jours sous la forme de 3 030 gouttes, le nid ayant été ainsi asséché.
Chez d'autres espèces de fourmis vivant dans les tiges, l'eau est recrachée, tandis que chez celles qui colonisent le bois en décomposition, le déménagement prévaut.
D'après Ulrich Maschwitz et Joachim Moog (université de Francfort), travail publié en 2000 dans Naturwissenschaften, 87(12), pp. 563-565 et résumé par le NewScientist (www.newscientist.com).

LUXEMBOURG
Un vache de parpaing

Que faire des bovins immangeables ? De la poudre. Et cette poudre (environ 1 million de tonnes prévues), je la mets où ? J'en fais quoi ?
Plutôt que de l'incinérer, AEDIS, une entreprise franco-germano-luxembourgeoise de capital-risque, propose d'en faire un matériau de construction, analogue au béton mais moins cher. Les farines animales y serviront de charge (à raison de 85% du mélange de base), leurs particules étant liées par une résine phénolique. Trois laboratoires indépendants vérifient l'innocuité du " béton phénolique ".
D'après une dépêche AFP du 5 février 2001, lue sur Sciences actualités.

FRANCE
Le poids des mots

La France produit autant de papier qu'elle en consomme, soit environ 1 million de tonnes. Sur cette quantité, 20 tonnes - un beau camion - sont réservées pour le Courrier et les Dossiers.
D'après Le Monde du 24 janvier 2001.

INDE
Primates et bureaucrates se battent

Le ministère de la Défense, celui des Finances et celui des Affaires Étrangères, bâtiments datant de l'Empire britannique, abriteraient au moins 10 000 singes, de plus en plus agressifs vis-à-vis du personnel, qui ne se déplace plus sans bâton ni pierre pour parer à toute attaque. Il n'est pas envisageable de déclencher des campagnes d'empoisonnement ni des battues (administratives) contre ces animaux, sacrés pour les tenants de l'hindouisme. Il n'est pas non plus possible de les délocaliser, les autres États ayant assez à faire avec leurs propres singes. En réunion de crise, on a évoqué plusieurs mesures, de l'internement à la contraception, mais rien de concret n'a été fait.
Pour les activistes zoophiles, l'homme a dévasté leurs habitats, en a emporté les fruits, y a tari les sources, les a pourchassés… de sorte que ces singes sont venus en ville. Et le problème ne réside pas dans la pullulation des singes mais dans celles des humains.
D'après Monkey business rules in India's corridors of power, de Sunil Katavia, lu sur Environmental News Network (www.enn.com).

GRANDE BRETAGNE
Trésors

Cryptocephalus coryli fut jadis fort répandu en Grande-Bretagne. Aujourd'hui, on ne connaît qu'une poignée de sites où se reproduisent des individus de ce Coléoptère Chrysomélidé Cryptocephaliné. L'insecte est remarquable par la logette mobile que construit la femelle - qui vit dans les frondaisons du bouleau - pour y pondre ses œufs qu'elle jette au sol avant de découper des feuilles qui rejoindront sa descendance (peut-être pour lui procurer une nourriture de départ). Les larves vivent dans le sous-bois en traînant leur logette. Pour étudier leurs déplacements et savoir quels éléments leur seraient favorables - ceci dans le but de les sauver de l'extinction - les entomologistes ont lâché 200 individus à Whisby (Lincolnshire) après avoir inclus une petite paillette d'acier inoxydable dans leur fardeau - ceci pour les suivre au détecteur de métaux.
D'après BBC News du 14 novembre 200, lu à news.bbc.co.uk/

ÉTATS-UNIS
Médusé

Après un moustique, une drosophile, un lapin de l'INRA et bien d'autres animaux, c'est au tour d'un macaque du Centre régional de recherche de l'université de Portland (Oregon) de s'être fait génétiquement colorer en vert fluo par le moyen d'un gène de méduse introduit dans un ovocyte de sa mère.
Ce succès, très attendu, pourrait ouvrir la voie, au prix sans doute d'un travail long et difficile, à des manipulations génétiques plus utiles, destinées à créer des PGM (primates génétiquement modifiés) exprimant des dysfonctionnements métaboliques humains et pouvant servir à la recherche de traitements.
Le jeune macaque rhésus s'appelle Andi. Ils ont été 3 survivants de 224 ovocytes traités et de 40 réimplants dans 20 femelles. Deux frères d'expérience n'ont pas attrapé la fluorescence, il est le seul anormal. Croisera-t-il Tetra, la première macaque clone née un an plus tôt dans le même labo ? Se connaîtront-ils ? Le petit aura-t-il les yeux vert fluo ?
D'après, notamment, Julie Lestrade, dans Libération du 12 janvier 2001 et Françoise Dupuy-Maury, dans Infoscience (www.infoscience.fr) du 15 janvier 2001.

CHINE
Sino-cynophages

Sa viande fine et délicate, son caractère doux, sa frugalité, ses bonnes performances de croissance et sa prolificité, sa résistance aux maladies l'ont fait sélectionner comme race à viande, dénommée Grand Chien stupide. On le consomme en ragoût ou en côtelettes grillées.
Les autorités suisses - interpellées par une association - démentent toute implication, affirmant que ces saint-bernard (nom local dudit chien) ne proviennent pas d'élevages helvétiques.
D'après une dépêche AFP en date du 5 février 2001, lue sur LeMonde.fr

ITALIE
Trois à l'heure…

Cette fréquence est le résultat du travail effectué par la principale association écologiste italienne, Legambiente, qui a observé et décompté les délits contre l'environnement perpétrés par la mafia.
Cette organisation a réalisé, ce faisant, un chiffre d'affaires de 13,4 milliards d'euros, en progression. Elle a mobilisé, pour ces actions, 143 clans, essentiellement dans le Sud du pays : Campanie, Calabre, Sicile et Lazio.
Encore quelques chiffres : le trafic des déchets dangereux a rapporté 3,1 milliards (comptons désormais en euros), celui des animaux protégés 1,9 milliards, soit un tout petit peu (100 millions) mieux que les constructions sans permis.
D'après une dépêche de l'AFP du 5 mars 2001, lue sur Science actualité à www.cite-sciences.fr/actu/

AUSTRALIE
Les dents de la forêt

Les forestiers australiens redoutent une invasion de leur continent par un insecte ravageur des conifères et des feuillus jusque-là confiné à l'Hémisphère nord, le Bombyx disparate (Lymantria dispar, Lépidoptère Lymantriidés) dont les chenilles phyllophages sont d'une voracité dévastatrice. L'espèce n'est pas homogène. Les populations de l'Est de l'Asie manifestent un appétit supérieur et les papillons femelles sont capables de voler. Attirées par la lumière, elles vont pondre, entre autres, sur les caisses entreposées sur les cargos en partance. La " race asiatique " a ainsi pris pied (le mot tarse serait plus approprié) récemment sur la côte pacifique de l'Amérique du Nord. C'est cette " race " que redoutent les Australiens qui la savent très capable de s'accommoder des arbres de rente locaux, indigènes (Eucalyptus) ou introduits (pin de Monterey), et craignent " la ruine des industries du bois ".
D'après un communiqué de presse du CSIRO du 28 décembre 2000.
NDLR : " nos " Bombyx disparates, ceux d'Europe occidentale et d'Afrique du Nord, ne sont pas en général de caractère " asiatique " ; ils pullulent parfois au point de provoquer de sévères défeuillaisons (qui tuent très rarement ces arbres) et de se nourrir - ayant épuisé le feuillage du chêne, leur arbre favori - d'Eucalyptus et de pin de Monterey, pour finir par en mourir.
Un clic :
www.inra.fr/dpenv/ld.htm

PLANÈTE
Quantifions

Les écologues ont pris, depuis quelques décennies, l'habitude d'évaluer les échanges entre êtres vivants (individus et communautés) en unités d'énergie (calories ou joules).
À l'université d'Exeter (Grande-Bretagne), David Coley et ses collaborateurs ont pesé le contenu du panier de la ménagère (sur un échantillon de 2 000 Britanniques) en mégajoules, calculant une grandeur correspondant à l'énergie nécessaire pour produire chaque élément depuis la graine jusqu'à l'assiette, en passant par la fabrication et l'épandage d'engrais, les transports, les conditionnements, etc.
Quel est le produit le plus consommateur d'énergie (fossile) et pourvoyeur d'effet de serre ? Le café (177 MJ nécessaires pour 1 MJ ingéré). Les moins gourmands (si l'on peut se permettre cet adjectif…) avec 1 MJ ou moins : les chips, les glaces, les sucreries, le pain blanc. Les viandes requièrent 6 à 8 MJ, la salade grimpe à 45 !
D'après Fred Pearce (New Scientist), lu dans le Courrier international n°534, 25-31 janvier 2001.
NDLR : dites-moi ce que vous mettez au menu, je vous dirai ce que vous faites pour le maintien d'un climat tempéré.

FRANCE
Raisonnables

Plus de 9 agriculteurs sur 10 connaissent (et décrivent correctement) l'agriculture raisonnée (AR), une proportion à comparer à celle des Français (du " grand public ") qui répondent au même critère : 1/3. Les agriculteurs associent l'Agriculture Raisonnée à la limitation de l'utilisation des engrais et produits de traitement au strict nécessaire (53%), à l'analyse (des sols, des besoins de la plante…) s'inscrivant dans une agriculture de précision (41%), à la protection de l'environnement (27%), à un bon compromis entre protection de la nature et performance (11%), à une agriculture intermédiaire entre les agriculteurs " bio " et " productiviste " (10%) et, enfin, à la fourniture de produits agricoles de qualité (9%).
Pour l'avenir, les agriculteurs sont 8 sur 10 à considérer que l'AR doit être " développée de manière préférentielle ", et ce pour les raisons suivantes : protection de l'environnement (29%), défense de l'image des agriculteurs grâce à un comportement raisonnable de ceux-ci qui rassure le public (25%), limitation du coût des engrais et produits de traitements et gains de rentabilité (16%), fourniture de produits agricoles sains et de qualité (15%), nécessité de produire en quantité suffisante pour nourrir les population et, donc, opposition au " tout bio " (12%), sentiment que l'AR représente le progrès et l'avenir (11%), amélioration induite de la traçabilité (2%).
Un agriculteur français sur 2 déclare pratiquer l'AR sur la totalité de son exploitation, comme le veut le concept d'agriculture raisonnée qui concerne la globalité d'une exploitation.
FARRE (Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement), commanditaire de l'enquête réalisée du 20 décembre 2000 au 3 janvier 2001, conclut que l'AR est devenu le modèle des agriculteurs français.
D'après Agri@gro Veille, lu à www.agrisalon.com
NDLR : Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…

CANADA
Gibier débile

La MDC, maladie débilitante chronique, encéphalopathie analogue à celle qui frappe nos bovins - la maladie de la vache folle - et dont on connaît très mal les voies de transmission, affecte le Cerf mulet, Odocoileus bemionus (Artiodacyles, Cervidés), le Cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) comme le Wapiti, Cervus canadensis.
Les éleveurs sont tenus de déclarer les cas survenus dans leurs troupeaux, dont tous les individus sont alors abattus. C'est dans ce cadre que l'Agence canadienne d'inspection des aliments a ordonné l'abattage de 1 500 " wapitis d'élevage débiles ". Aux États-Unis, de l'autre côté de la frontière, 6 à 15% des cerfs et 1% des wapitis sauvages du Colorado et du Wyoming seraient infectés.
D'après Info Science (www.infoscience.fr) du 10 janvier 2001 et le site de l'ACIA, à la page
www.cfia-acia.agr.ca/francais/anima/heasam/disemala/cwdmdcf.shtml

ESPAGNE
Toro loco

La corrida produit des bovins morts hors abattoirs, des " animaux à risques " soumis à l'interdiction de dépeçage et, donc, à la destruction obligatoire. On ne saurait trop insister auprès de nos lecteurs pour qu'ils s'abstiennent désormais, d'une part, de couper l'oreille ou la queue du taureau qu'ils viennent de vaincre (en évitant la moelle épinière et autres tissus prionophiles) et, d'autre part, de consommer la viande de l'animal, forcément âgé de plus de 30 mois et qui a toutes les chances de n'avoir pas subi le test ESB.
D'après une dépêche de l'AFP du 24 janvier 2001, en ligne sur le site de la Cité des sciences et de l'industrie à www.cite-science.fr/actu/index.html
Et les vautours ? L'association " Écologistes en action " attire notre attention sur le sort des 1 116 couples de Vautour fauve recensés dans les parcs naturels de la province de Cadix, qui se nourrissent exclusivement des carcasses de bovins laissés sur place dans les élevages extensifs - en contravention avec les mesures anti-ESB. Deux solutions : a) prélever la tête, la tester et retirer le corps si, et seulement si, l'épreuve est positive ; b) déposer dans les champs des cadavres de cochons, chèvres et moutons.
D'après une dépêche AFP de Madrid du 31 janvier 2001.

ÉTATS-UNIS
Cochon de yaourt

Pour éviter que la bactérie Salmonella ne contamine leur viande, on fournit aux porcs des antibiotiques. D'où la crainte de voir se développer des résistances qui pourraient être dangereuses pour l'homme.
Or, les porcelets nourris avec des produits lactés contenant la bactérie Lactobacillus hébergent beaucoup moins de Salmonella.
Or, Lactobacillus sert à faire des yaourts. Donc, mettre du yaourt au menu des porcs - et notamment de ceux mûrs pour l'abattage - devrait être fort intéressant. C'est ce sur quoi travaillent les chercheurs du Collège universitaire d'agriculture de l'Iowa (États-Unis).
D'après Agri@gro Veille, lu sur www.agrisalon.com le 12 janvier 2001

PLANÈTE
Farine animale

Fine, légère et bien aérée, de couleur brune, elle contient de nombreux acides animés (lysine, cystine, arginine…) en quantités importantes. " Vous pouvez l'incorporer en petite quantité quel que soit votre mélange de base ". Deux quotients importants : 80/100 pour " qualité odeur " et 60/00 pour sa " puissante odeur ".
Il s'agit de farine d'asticots déshydratée. De l'ablette à la perche, tous lui font bon accueil, mais pas le poisson chat.
Entre Arrow root et Avoine, sur le site des 101 farines, à www.multimania.com/hnet/101f/101_farines.html

GROENLAND
Métaux lourds, métaux loin

Analysant des carottes de glace prélevées au Groenland, les chercheurs du laboratoire de Glaciologie de Grenoble, associés à ceux du département des Sciences de l'environnement de Venise, ont trouvé 100 fois plus de platine (Pt), de rhodium (Rh) et de palladium (Pd) dans les dépôts de la dernière décennie que dans ceux datant de 8 000 ans.
Cette pollution a pour origine les pots catalytiques dont sont obligatoirement équipés les véhicules dans le but de réduire les émissions de gaz nocifs. On ignore son effet sur la santé humaine.
D'après une dépêche AFP du 24 janvier 2001, lue sur Voilà (www.voilà.fr).

PLANÈTE
Touristoraptor virtualis

À partir des cornes spiralées d'un Linh Duong du Viêt-Nam, deux chercheurs allemands créent, en 1993, l'espèce Pseudonovibos spiralis, un Bovidé. En 1996, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) l'inscrit à sa liste des espèces menacées.
En 1999, un zoologiste rentre bredouille d'un parcours de 10 000 km à la recherche du Khting Sipnoh (nom que lui donnent les Khmers) et, de retour, compare plusieurs lots de cornes spiralées : toutes ont été chauffées pour les tordre et les belles spirales sont l'œuvre d'habiles tourneurs… L'espèce P. spiralis est invalidée.
D'après une dépêche de l'AFP, datée du 15 décembre 2000, lue sur Science Actualités

FRANCE
Agrinautes

Terre-Net, un portail internautique bien connu (www.terre-net.fr), filiale d'Isagri (www.isagri.fr) a interrogé, entre novembre et décembre 2000, un échantillon de 556 agriculteurs.
Les " agrisurfers " sont assez âgés (par rapport à la moyenne nationale des internautes), habitent plutôt dans le Grand Ouest et sont, pour la plupart, céréaliers.
Presque tous (95%) considèrent qu'Internet est un outil utile pour leur exploitation. Les deux tiers consultent les cours et les marchés au moins une fois par semaine. 96% ont déjà passé des commandes en ligne et près de 7 sur 10 s'estiment prêts à acquérir, par ce canal, des produits phytosanitaires ? contre 1 qui se refuse à envisager de s'approvisionner ainsi.
La demande est forte, surtout de services auprès des organismes locaux, via des accès réservés.
NDLR : il semble, par ailleurs, que seuls les habitants des villes puissent bénéficier à un accès à haut débit à Internet...

CORSE
Langue bleue

Fin octobre 2000, le préfet de Haute-Corse met en place une cellule de crise pour faire face à la fièvre catarrhale du mouton (ou maladie de la langue bleue, due à un réovirus) après avoir interdit la sortie de tous les ruminants de l'île et " enclenché un traitement par insecticides des cheptels concernés ". La maladie, non contagieuse, est en effet transmise par un insecte volant ou piquant appelé " moucheron " ou " moustique " dans une certaine presse. Précisons qu'il s'agit de Diptères Cératopogonidés du genre Culicoides, aux larves aquatiques, vulgairement nommés arabis dans le Sud de la France où il peuvent constituer une gêne importante en été ou en automne - mais ne sont pas dangereux pour l'homme.

ROYAUME-UNI
Printemps très silencieux

Un déclin sans précédent frappe les populations d'oiseaux des zones agricoles d'Europe, " dont les chants faisaient partie du paysage sonore des campagnes ". Trois espèces ont vu leurs effectifs sombrer durant le dernier quart du XXe siècle : l'Alouette des champs, Alauda arvensis, le Bruant proyer, Milaria calandra, et le Bruant jaune, Embrezia citrinella.
Après avoir accusé l'agriculture intensive et ses épandages massifs d'engrais et de pesticides, on en vient à reconnaître le rôle néfaste des manières actuelles de produire de l'herbe, provende du bétail. Manières (coupes fréquentes, notamment) qui seraient tout aussi avicides en bio… Également néfaste à la gent aviaire, la spécialisation " élevage " de vastes régions où l'on devrait réintroduire des cultures par-ci par-là.
D'après Birds Threatned by farming methods par Tim Hirsh, lu sur BBC News à news.bbc.co.uk/

ROYAUME-UNI
Le goût du bouchon

Les Anglais, grands importateurs de vin, bouchent (ou font boucher) 15 à 20% des bouteilles britanniques avec des bouchons ou des capsules en matière plastique, pour éviter le risque de " goût de bouchon " encouru avec le traditionnel liège. Or, l'entretien et la survie de la subéraie (ensemble des forêts de chêne-liège) sont liés au dynamisme et à la durabilité du marché du bouchon (les agglomérés en étant des sous-produits). Quelque 80 000 personnes vivent de la subériculture, semant, plantant, dépressant, démasclant, déliégeant, taillant, régénérant les arbres ou employés dans les usines de transformation en Espagne, en Sardaigne, au Portugal et en Afrique du Nord.
Et bien plus d'oiseaux (protégés des susdits Anglais) encore sont dépendants du maintien de ce type de milieu.
D'après BBC News (news.bbc.co.uk/) du 22 décembre 2000.
NDLR : En Afrique du Nord, et tout particulièrement au Maroc, la subéraie est moins menacée par les fluctuations des prix du liège que par des ennemis directs, humains et naturels. À lire dans le Dossier de l'environnement n°15 Forêts : la Mamora et ses ennemis (par A. Fraval et C. Villemant) ou sur Internet à www.inra.fr/dpenv/d15 mamora.htm

PLANÈTE
Plus que 15

D'ici cinq ans, on (certains chercheurs états-uniens très probablement) saura fabriquer un virus artificiel. D'après les congressistes de l'American Association for the Advancement of Science à qui le professeur Clyde Hutchinson (université de Caroline du Nord) a fait cette annonce, il ne faut pas dramatiser. En effet, il n'est pas sûr que quelqu'un parvienne à faire un virus pire que ceux que Dame Nature a créés.
NDLR : alors plus que 15 numéro du Courrier ? Sauf si on augmente le rythme de parution…
D'après Synthetic virus nearing reality, par Jonathan Amos, lu sur BBC Online. Le 21 février 2001, à news.bbc.co.uk

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