Les Brèves du Courrier 

n°38

Trop d'infos tue l'oiseau (les portables !) ; Trottoirs sans OGM (Royal Canin s'engage) ; Pirate : on craint le pire (le chlorfenapyr est-il le DDT du futur ?) ; Parité (Fibro, premier clône mâle) ; Avec un peu de peau (on crée un taurillon) ; Secret défense (des végétaux) (l'agro-bioterrorisme en vue) ; Un chasseur sachant se saper... (pour que les citadins se sentent en sécurité) ; Cochon de polluant, cochon de payant (le déversement de lisier dans la rivière coûte cher) ; Les OGM, l'Eglise et les valeurs (l'Eglise d'Angleterre et les valeurs de ses terrains) ; US go home ! (l'ambroisie, très allergisante, nous a envahi il y a 70 ans...) ; Ressuscitation (du Huia, à la demande des écoliers néozélandais) ; Le centre de tous les dangers (un rond-point médiatique) (L); L'an 2000, ça fait baliser (Max, une cigogne) ; Land art (le néomururalisme à la Galerie 147) ; Extranet (communiquer avec les extraterrestres) ; Métaphore (arachnologie appliquée) ; Agriculture biologique (le Massif Central en pointe) ; Rerepassage de limaces (le robot limacicide - bis) ; - Scorpions utiles et scorpion futile (gène greffé et gène passagère) ; En demi-teinte (le bilan du cotonnier Bt).


PLANÈTE
Trop d'infos tue l'oiseau

On soupçonnait le pullulement des portables de nuire à la durabilité du cerveau du joignable (Brève Pollutions dans le Courrier n°32). On savait la prolifération de la téléphonie mobile responsable de l'enlaidissement des paysages, les points hauts (et visibles) étant truffés d'antennes. On accuse maintenant les industries de la communication de tuer beaucoup d'oiseaux (100 millions par an aux États-Unis) par tours de télévision, mâts, antennes et haubans interposés, d'une part, par le biais de radiofréquences et de lumières perturbatrices de leur système de repérage et de navigation, d'autre part. Les massacres les plus importants ont lieu chez les oiseaux en migration par mauvaises conditions météorologiques.
Des parades sont possibles, que les ingénieurs doivent mettre au point avec les spécialistes du comportement aviaire. Un exemple : remplacer l'illumination permanente des tours par des éclairages stroboscopiques rapides. La gente aviaire a quand même de quoi se faire des plumes blanches : 1 000 tours, rien qu'aux États-Unis, vont se dresser pour permettre la généralisation de la télévision numérique.
D'après un communiqué de l'université Cornell, www.news.cornell.edu/releases/sept99/bird_tower.hrs.html

EUROPE
Trottoirs sans OGM

Le leader européen de l'aliment sec pour chiens et chats Royal Canin vient d'enregistrer une hausse de 36,2% de son bénéfice net au premier semestre 1999. Un succès qui ne doit rien à un quelconque plan zoosocial, avec mise à la rue d'une partie de l'équipe des chiens goûteurs testeurs ou des chats fins gourmets. Fort des bons résultats enregistrés avec les aliments " nutritionnels " ? à forte valeur ajoutée -, Royal Canin annonce la création d'une filiale au Royaume-Uni, la mise sur le marché de plusieurs nouveaux produits dont Feline Nutrition, " révolutionnaire ", et l'engagement du groupe " dans une politique de produits élaborés à partir de matières premières sans OGM ".
D'après Les Échos du 20 septembre 1999.

ÉTATS-UNIS
Pirate : on craint le pire

Le chlorfenapyr est une matière active insecticide de la jeune famille des pyrolles. Elle est à la base du Pirate, spécialité utilisée " en urgence " contre le Charançon du cotonnier (le Canada et l'Europe n'autorisent pas son usage). D'aucuns le considèrent comme le futur DDT, très efficace, certes, mais très dangereux à terme pour l'environnement. En effet, le chlorfenapyr agit en empêchant la synthèse de l'ATP (molécule qui stocke l'énergie). Son action est très variable selon les êtres vivants, sans qu'on sache pourquoi ni comment. D'où la crainte d'effets non prévus et différés graves. En attendant, American Cyanamid, le producteur, recommande de ne pas traiter les bords de champs pour épargner les oiseaux.
Sinon, la récolte a été bonne cette année, les prix sont très bas, les cultivateurs états-uniens doivent plus que jamais obtenir des rendements très élevés et employer, pour ce faire, cet insecticide, largement.
D'après Scientifique American (Pirate Fear, de Wendy Williams), lu sur www.sciam.com/

PLANÈTE
Parité

La revue Nature genetics du 1er juillet 1999 a annoncé la fin d'une inégalité intolérable. Jusque là, tous les animaux clônés étaient des femelles, comme Dolly ou d'autres au nom de fleur. Prélevant des fibroblastes de la queue d'une souris (Mus musculus) mâle, les professeurs Wakayama et Yanagimachi ont créé, avec l'aide d'une femelle (de souris), Fibro, souris mâle clône, normal et père de 2 portées de souriceaux au moment de publier. Un résultat qui donne espoir à ceux qui songent à recréer rapidement par clônage des populations d'espèces au bord de l'extinction.
D'après un communiqué de l'université d'Hawaii, lu sur www.eurekalert.org/

ÉTATS-UNIS
Avec un peu de peau…

Des chercheurs de l'université A&M du Texas ont cloné un taurillon de race Brahman nommé Chance, mort depuis un an. Un morceau de peau avait été conservé ; qui a permis de faire naître, après 6 échecs, un veau, baptisé Second Chance.
D'après CNN (cnn.com), rubrique Nature, du 2 septembre 1999.
NDLR : prenez soin de vos godasses (en cuir) : ce sont les troupeaux de bovins de demain.

PLANÈTE
Secret défense (des végétaux)

Fin juillet 1999, s'est tenue à St-Paul (Minnesota, États-Unis) la réunion annuelle de l'American Phytopathological Society au programme de laquelle figurait l'Anti-Crop Bioterrorism. Et si une attaque des pommes de terre par le mildiou, telle celle qui affama l'Irlande au XIXe siècle, était provoquée par des individus mal intentionnés ? Pour plusieurs intervenants, les maladies des plantes peuvent servir d'armes aux terroristes et il faut prendre des précautions, c'est-à-dire développer des cultivars possédant des caractères de résistance originaux et à large spectre. Et, inconnus des officines d'attaque des cultures…
D'après le communiqué de l'American Phytopathological Society, lu à www.newswise.com/articles/1998/7/PATHOGEN.PHY.html

FRANCE
Un chasseur sachant se saper…

François Patriat député de Côte-d'Or, " Monsieur chasse " a fait, dimanche 12 septembre 1999, plusieurs annonces au micro d'Europe 1. Entre autres celle que des mesures de sécurité seront imposées aux chasseurs, notamment " en matière d'habits ", afin d'éviter que les " citadins ne se sentent en sécurité ".
D'après une dépêche AFP, lue sur le site Internet de Sciences et Avenir.
NDLR : la presse provoque toujours au raccourci. La vivacité incite pernicieusement au flou . Personne ne doute que François Patriat voulait la sécurité pour ses électeurs…

ÉTATS-UNIS
Cochon de polluant, cochon de payant

Premium standard Farms est un éleveur de cochons, de beaucoup de cochons (plus de 2 millions). PSF était accusé par le département de la Justice du Missouri d'avoir pollué des rivières et y déversant du lisier. PSF a conclu un accord à l'amiable avec l'État du Missouri. Le viol de la loi de protection de l'eau lui coûtera 25 millions de dollars (autant d'euros, à quelques cochons près), soit 12,5$ par tête (de cochon) soit, au cours actuel, un peu moins de 15 kg de cochon.
D'après une dépêche de l'AFP du 16 août 1999, lue sur le site Internet de Science et avenir.

ANGLETERRE
Les OGM, l'Église et les valeurs

Le Central Science Laboratory ? principal outil de recherche du ministère britannique de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation - s'est vu refuser la location de terres, propriétés écclésiastiques, autour de son laboratoire d'York, où il projetait d'installer des essais en plein champ de plantes génétiquement modifiées.
L'Église d'Angleterre a déclaré vouloir examiner à fond la question des OGM - qui pourraient être déclarés " contraires à l'éthique " ? et ceci le temps qu'il faudra avant de statuer. Les " commissioners ", gérant les 123 000 acres que possède l'Église, pourraient aussi avoir été sensibles à la menace d'actions de protestation et à la mauvaise publicité qui aurait diminué la valeur de ses terrains.
Le Prime Minister est censé, en tant que chrétien pratiquant, avoir reçu là un coup, lui qui affiche avoir sur cette question l'esprit ouvert et déclare redouter que l'Allemagne ne supplante son pays dans le domaine des biotechnologies.
D'après The Independant, du 4 août 1999, lu sur www.independant.co.uk/stories/A 0408902.html

FRANCE
US go home !

Parmi les effets indésirables du commerce transcontinental, l'un se manifeste chaque été - et de plus en plus - par des allergies souvent graves, touchant plus de 100 000 personnes dans le département du Rhône. La cause : le pollen d'une Composée envahissante, Ambrosia artemisiifolia, introduite en 1863 avec un lot de graines de Trèfle rouge importé d'Amérique du Nord. La présence de l'Ambroisie, reconnue dès 1930, n'est devenue un fléau que bien plus tard. Pour se débarrasser de la mauvaise herbe qui prolifère sur les abords de route, dans les cultures, le long des voies et sur les terrains en friche et qui n'est pas facilement identifiable à l'état de plantule, on ne peut guère songer qu'à l'arrachage ou à la fauche, tâche qui emploie 100 personnes et de nombreux volontaires d'associations d'insertion. L'implantation d'un couvert végétal concurrent est une mesure de lutte biologique efficace dans certains cas. La mise en place d'un système d'alerte, détectant les " nuages " de pollen, permettrait au moins aux personnes sensibles d'entreprendre un traitement préventif.
D'après, notamment, une dépêche de l'AFP du 22 juillet 1999.
NDLR : on compte plus de 6 000 espèces malencontreusement introduites (" aliens ") aux États-Unis : des ravageurs des cultures et des arbres, des concurrents des plantes ou des animaux autochtones, des envahisseurs de plans d'eau, des vecteurs de maladies…

NOUVELLE-ZÉLANDE
Ressuscitation

Début juillet 1999, des scientifiques et des éthiciens (ou moralistes ?) réunis avec des représentants des Maoris ont discuté du projet de recréation - par clonage - d'un oiseau éteint depuis les années 1920, le Huia. Un oiseau très prisé des Maoris pour ses plumes caudales noires à extrémité blanche, lesquelles, pour le malheur de l'espèce, furent aussi très à la mode en Europe. À l'origine de l'entreprise, l'initiative des élèves de l'Hastings Boys High School qui, pour savoir si l'emblème de leur école pouvait revivre, avaient invité des conférenciers pour en débattre.
Le clonage a été déclaré moralement valable car profitant aux Maoris et à la Nouvelle-Zélande et aussi, comme occasion pour l'homme de réparer une faute commise par l'homme. Arguments contre le clonage : l'homme n'a pas à jouer à dieu, les fonds seraient mieux employés ailleurs, les Huias ressuscités n'auront aucune chance de pouvoir vivre dans la nature telle qu'elle est devenue. Les pour l'on emporté et l'assemblée a conclu qu'il fallait entreprendre cette opération sans tarder. Reste à retrouver de l'ADN.
D'après Environmental News Network, du 20 juillet 19998, lu sur www.enn.com/news/

FRANCE
Le centre de tous les dangers

C'est dans les années 1970 qu'on a commencé à installer des ronds-points giratoires à l'anglaise - où l'on n'entre que si la voie est libre - en lieu et place de carrefours " simples ". Ces dispositifs peu coûteux sont jugés efficaces : on ralentit pour les aborder et le danger (de collision) y est vu du bon côté (à gauche) et non du côté réglementairement habituel (la fameuse priorité à droite).
Efficace, utile et pas chère la mise en scène, au centre d'un tel rond-point, d'autres dangers : faite à Buxerolles, dans le Poitou, à l'initiative d'un employé de la ville. À la place de géraniums (ou de rien), des fûts blancs symbolisant les pollutions et les atteintes à l'environnement, un gingko pour représenter la vie et des inscriptions. Les gens s'arrêtent (on frémit un peu !), en parlent, se parlent, des paysagistes viennent donner des conférences…
Contact : Mme Bugeaud, Hôtel de ville, 86180 Buxerolles.
Tél. : 05 49 38 38 49 ; fax : 05 49 46 28 39.

SUISSE
L'an 2000, ça fait baliser

Max, née au haras fédéral d'Avenches, est arrivée au Sahara le 2 septembre 1999, porteuse d'une balise suivie par satellite. Porteuse également d'un projet, celui d'équiper de même d'autres individus et de publier sur Internet en direct leurs déplacements en Europe et en Afrique.
Max est une cigogne blanche. Le projet s'inscrit dans le cadre de l'exposition Oiseaux sans frontières préparée par le Musée d'Histoire naturelle de Fribourg pour l'an 2000.
PS : à la mi-octobre, Max séjourne le long de la Moulouya (Maroc oriental).
D'après le communiqué du MHN de Fribourg (Suisse) du 7 septembre 1999. Contact : FaselA@etatfr.ch
NDLR : les caméras filment les animaux féroces (Zoo au logis, Le Courrier n°37, p. 144), d'aucuns poursuivent des cigognes en ULM tandis que d'autres posent des microphones dans la savane ou dans les champs pour suivre les déplacements et les amours des bêtes, éléphants et insectes, et ne parlons pas de la vidéosurveillance dans les stabulations. Évitez ces endroits.

FRANCE
Land art

La Galerie 147, en fait le hall du 147, rue de l'Université, plus la Salle d'actualité, après avoir exposé les photographies, infographies, tranches de sol, peintures, lithographies… d'artistes par ailleurs fonctionnaires de l'Institut, membres de la parentèle ou amis d'iceux, voire artistes de la place, allait rouvrir avec un programme mêlant science (agronomique, environnementale…) et art, offrant à l'INRA et à son siège une entrée plaisante, sympathique et instructive.
Non, les inscriptions noires tracés à la bombe sur les murs de pierre ocre par une quinzaine de peintres le 30 août 1999 à l'heure du déjeuner n'étaient pas inscrites à son programme (comme performance néomurruraliste ?). Œuvres d'un comité de soutien à José Bové, elles protestaient contre les biotechnologies, " sciences de la mort ". [Croqué sur le motif.]

GALAXIE
Extranet

La société Brentspace met, depuis le 17 août 1999, à la disposition des terriens une antenne parabolique et un émetteur pour expédier leurs messages (1 000 caractères maximum, contenu libre) dans l'espace. Le terrien contacte Brentspace, par Internet à l'adresse www.brentspace.com/, et lui fait parvenir 10,95 $. Brentspace précise qu'elle ne saurait être tenue pour responsable des conséquences des messages.
À la rédaction du Courrier, on rigole et on économise 10,3 € : les extraterrestres férus d'agro-environnement, brèvophages et/ou roussovores sont directement et proprement branchés - par Extranet - sur l'ordinateur où s'élabore le Courrier. Ils nous envoient en retour des messages de satisfaction et d'encouragement qu'on perçoit intuitivement.
C'est en fait ce que recueillent (en le qualifiant de " bruit ") les chasseurs d'extraterrestres adhérant au projet Seti@Home (setiathome.ssl.berkeley.edu/) basé à l'université de Berkeley et qui concourent à l'analyse des signaux captés par le télescope d'Arecibo.

ÉTATS-UNIS
Métaphore

Le docteur David Greenfied de West Hartford (États-Unis) vient de publier les résultats de l'enquête qu'il a menée sur les effets de la pratique de l'Internet sur les branchés. 6% des États-uniens sont ? en langage indigène - on-line addicted, soit en français : drogués au web et sacrifient mariage, travail et fortune à leur vice.
D'après une dépêche de l'AFP, datée du 23 août 1999 de Washington.
NDLR : de même que Net sous-entend spider, Toile est l'abréviation de toile d'araignée. Et l'arachnologue (cousin de l'entomologiste) ne peut s'empêcher de rappeler en ricanant que l'image arachnéenne, soyeuse et joliment architecturée a son revers : c'est collant, on s'y fait embobiner avant de s'y faire pomper- à mort.

FRANCE
Agriculture biologique

Le Massif central pourrait bien devenir l'un des premiers producteurs de produits biologiques en France et en Europe vers 2005-2010 sur les " créneaux " des viandes bovines et ovines, du lait et des fromages, notamment. Les acteurs de l'association Pôle scientifique agriculture biologique Massif central y travaillent. Ils viennent de créer un groupement d'intérêt scientifique, le " GIS Bio " pour servir de comité scientifique à l'association. Ses missions : conduire des programmes de recherche et des travaux d'expérimentation " susceptibles de répondre à la demande des professionnels et nécessaires à l'accompagnement du développement de l'agriculture biologique dans le Massif central. Ses membres : des représentants de la recherche (INRA, CEMAGREF…), de l'enseignement agricole et du développement ( instituts techniques, chambre régionale d'agriculture, groupements techniques vétérinaires).
Contact : Jean-Pierre Dulphy, INRA, SRNH, 63122 Saint-Genès-Champanelle ; dulphy@clermont.inra.fr

ANGLETERRE
Rerepassage de limaces

Scoop sur BBC on line le 2 novembre 1999 : on invente un robot, Slugbot est son nom, qui pourchasse, capture et digère les limaces. Photos d'une limace, de l'inventeur Chris Melhrish et de l'engin harpactophage (une sorte de modèle réduit de grue à 4 roues) et de sa pince à l'appui. Une avancée gastéropodo-phytiatrique que le Courrier avait montée en Brève il y a belle lurette, dans son n°31, d'août 1997, sous le titre " Où l'on ne verra plus repasser les limaces ".
Lu sur internet à news.bbc.co.uk/hi/english/sci/tech/newsid_503000/503149.stm
NDLR : étant donné que la version sur pneus s'adonne à la chasse aux limaces, un modèle sur chenilles serait-il efficace contre les larves de Lépidoptères ?

FRANCE
Scorpions utiles et scorpion futile

À la rubrique Informations générales de la revue de chevet des phytiatres, on lit un article fort documenté intitulé " Les scorpions pourront-ils, un jour, être utiles à la protection des plantes ? " - où l'on (ré)apprend que ces arachnides ont perfectionné, au cours d'une très longue et lente évolution, des venins spécifiques des insectes et vite biodégradés. Ne pourrait-on pas les copier ? D'autant qu'aucune résistance croisée ne semble à craindre vis-à-vis de tels insecticides. Récemment, en Chine, le virus de la Mosaïque du tabac a servi à implanter un gène codant pour un toxique d'Androctonus dans du tabac, qui est devenu résistant aux insectes…
À la rubrique Actualité 24/24 - Santé de Nomade, que tout internaute friand des dernières infos surveille, on a lu, le même jour, qu'une employée d'un magasin de Grenoble avait été piquée au doigt par un scorpion de 5 cm, lequel a été envoyé au Muséum à Paris. La dépêche nous rassure : la jeune fille n'a souffert que d'un léger œdème localisé.
D'après Phytoma, la Défense des végétaux, n°520, octobre 1999
Sur Internet : actu.nomade.fr/actu (lundi 11 octobre 1999)

NDLR : Nous vivons décidément dangereusement.

ÉTATS-UNIS
En demi-teinte

L'incorporation dans le Cotonnier d'un gène de résistance au Ver rose du cotonnier, Pectinophora gossypiella (Insectes Lépidoptères), et la culture dudit Cotonnier-Bt ont fait naître espoirs et craintes. Arme efficace simple d'emploi et économisant des traitements insecticides et/ou folie technologique dangereuse et très vite périmée par l'apparition de chenilles résistantes ?
Les entomologistes de l'université d'Arizona dressent un bilan en rose et noir. Rose l'efficacité contre le pink bolworm, noirs les indices d'une apparition anticipée de populations résistantes : il en existe déjà au laboratoire. Pas très rassurante, la constatation que les chenilles résistantes se développent bien plus lentement sur le coton Bt que leurs consœurs sensibles sur le coton normal des zones refuges (complantées de variétés " normales ") : les papillons issus des premières vont se croiser entre eux plutôt qu'avec les voisin(e)s, déjà morts, renforçant la résistance. Consolante, l'observation d'une mortalité égale tout de même à 63% des chenilles " résistantes " sur Cotonnier-Bt.
Un bilan mitigé que les chercheurs concluent en insistant sur la nécessité de perfectionner le système des zones refuges, qui " reste vital ".
D'après Science & Research News, du 4 août 1999 lu sur science.opi.arizona.edu/


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