Les Brèves du Courrier

n°34

On n’en parle pas dans les pubs (la clim, ça pollue) ; Auto-défense, Monsieur le Président ! Pas auto-défonce (marcher sur les capots) ; Arme biologique (menaces avec essaim d'abeilles) ; Plastiques irréprochables (à base de plantes cultivées) ; Bois durable (en Suède) ; Action concertée (pour des indicateurs environnementaux) ; Emblématique (le cas du Pygargue à tête blanche).


FRANCE
On n'en parle pas dans les pubs

L'agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) a fait l'évaluation des impacts énergétiques et environnementaux de la climatisation des automobiles dont les fabricants font (effet de serre oblige ?) actuellement un argument de vente.
Le bilan n'est pas brillant. La climatisation augmente la consommation de carburant en ville de 3,1 litres aux 100 km pour les véhicules essence et de 3,2 l/100 km pour les véhicules diesel, avec en prime une forte augmentation des rejets polluants (en particulier : CO et Nox pour les essences et Nox et particules pour le diesel) !
D'après la lettre de l'ADEME, n°50, avril 1998
NDLR : la moindre des choses serait que les véhicules climatisés, avec ou sans pot catalytique, n'aient pas droit à la pastille verte !

ALLEMAGNE
Auto-défense, Monsieur le Président ! Pas auto-défonce
La trentaine, un Berlinois n'aime pas les voiture. Dès qu'en stationnement, elles empiètent sur l'espace des piétons, il y grimpe. Avec soin : " Il existe des méthodes pour ne pas faire de bosse sur la carrosserie : monter par le pare-chocs et poser les pieds uniquement sur les arêtes ".
Depuis plus d'un an, il le fait l'âme en paix. Un tribunal allemand a, en avril 1997, jugé qu' " il est permis de marcher sur une voiture à condition qu'elle soit garée sur le bas-côté et qu'il n'y ait pas intention d'endommager le véhicule ".
D'après le Monde, 16-17 novembre 1997.
NDLR : Très intéressée par l'expérience et considérant que cela enrichirait la compétition, la Ville de Paris envisage de ne plus supprimer la circulation des véhicules particuliers sur le trajet du Marathon de Paris. Une commission ad hoc étudie le cas des camions et des bus. Aux dernières nouvelles, seuls les poids lourds fonctionnant au gaz naturel seraient " marathonisables " et offerts au piétinement et à l'escalade.

FRANCE
Arme biologique

Un vendredi en fin d'après midi, un petit exploitant furieux, une boîte en carton sous le bras, fait irruption au siège de la Mutualité sociale agricole de Draguignan (Var) et apostrophe tout le personnel, mécontent d'un remboursement qui tarde. Invité à prendre connaissance des raisons du problème par le chef de service en son bureau, l'homme n'écoute plus, ouvre la boîte et déverse son contenu, un essaim d'abeilles, sur la tête du fonctionnaire. D'où des piqûres, une certaine perturbation du service et l'intervention d'un apiculteur qui repartira avec les hyménoptères susdits dans une boîte.
D'après Le Petit Bouquet : www.le-petit-bouquet.com.

PLANÈTE
Plastiques irréprochables

En Autriche, depuis le 1er janvier 1998, chez Mac Donald, les couverts ? faits d'un plastique biodégradable à base de maïs ? sont jetés avec les reliefs des repas. En Allemagne, les pots de yaourt de Danone n'ont plus à être lavés pour être déposés avec les emballages à recycler car eux aussi sont en plastique biodégradable (issu de sucres de maïs ou de betterave fermentés). Et en Angleterre et au Brésil, c'est avec un matériau de même extraction qu'on fait des cartes bancaires.
Les plasturges manifestent de plus en plus d'intérêt pour ces nouvelles matières plastiques, face à des réglementations sur les déchets de plus en plus sévères, et ces produits coulés en quantités croissantes voient leur prix baisser. Une évolution attendue est la suppression de la phase de fermentation, coûteuse, et leur production directe à partir de la plante.
D'après Blé Contact n°104, mai 1998.
NDLR : les très biodégradables chèques en bois connaissent une certaine vogue.

PLANÈTE
Bois durable

Assi Domän, un très gros propriétaire forestier suédois, vient d'achever la certification FSC (Forest Stewardship Council) de la totalité de ses forêts, soit 3,3 millions d'hectares. Dans le monde, il y a désormais plus de 10 millions d'hectares, regroupant des ensembles de tailles et de statuts très divers, estampillés par
ce certificat de bonne conduite sylvicole (forêt gérée de façon respectueuse de l'environnement, socialement avantageuse et économiquement viable) qui confère aux produits un label valorisant.
D'après le communiqué WWF/AssiDomän du 30 juin 1998.

EUROPE
Action concertée

Le lecteur du Courrier de l'environnement, s'il ne s'est pas précipité sur les Rousso pour arriver sur les Brèves en échappant aux gros articles, n'ignore plus rien de l'indicateur Ipest développé par l'INRA de Colmar. D'autres indicateurs ont été mis au point dans plusieurs pays voisins. Certains renseignent, à l'instar d'Ipest, les agriculteurs sur l'impact environnemental des pesticides comme, par exemple, l'" Outil d'aide à la décision " de l'université du Hertfordshire (Angleterre) et l'" Aune environnementale pour les pesticides " du Centre pour l'agriculture et l'environnement (Pays-Bas). D'autres permettent de comparer différentes façons de produire, servent de critères pour des labels " verts " ou sont employés pour évaluer les conséquences environnementales de telle politique agricole comme, par exemple, SYNOPS de l'Institut de protection des plantes (Allemagne) et SEPTWA du Centre de recherches vétérinaires et agrochimiques (Belgique).
L'Action concertée sur les indicateurs du risque environnemental des pesticides (CAPER), financée par l'Union européenne, a pour objectif d'évaluer ces indicateurs, de faciliter les échanges d'information entre les chercheurs et d'aboutir à un consensus sur la meilleure méthode pour construire de nouveaux indicateurs. Les participants à CAPER travaillent également à diffuser les résultats de cette action concertée vers d'autres organisations dans la Communauté européenne.
D'après CAPER Newsletter n°1, juin 1998 ; www.clm.nl/english/articles/CAPER.html

AMÉRIQUE DU NORD
Emblématique

Il ne restait, en 1963, que 417 couples de Pygargue à tête blanche (bald eagle) aux Etats-Unis d'Amérique, pays dont cet oiseau pêcheur est l'emblème. Grâce à des mesures de protection efficaces leur effectif est passé à 4 452 en 1994 et augmente de 10% l'an. N'étant désormais plus un animal rare, il a été retiré (en compagnie d'une trentaine d'autres espèces animales et végétales) de la liste des espèces en voie de disparition, laquelle liste comporte toutefois plus de 1 100 taxons.
Sensible et exigeante, l'espèce a été proposée comme indicateur de la santé des écosystèmes aquatiques en vertu de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs.
D'après France 2, Magazine Vert, du 10 juillet 1998
et Environnement Canada (www.cciw.ca/glimr/data/fish-wildlife-habitat-rehab/basin-f.html)


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