Les Brèves du Courrier

n°31

Rio pipo (5 ans après le Sommet de la Terre...) ; Touristes, vous risquez de vous retrouver en short ! (la CITES contre le trafic d’animaux) ; Vive le tout faux ! (les engins à moteur de jardin sont particulièrement polluants) ; Ethique botanique (le code de l’AFCEV) ; Les limites du progrès (de la nomenclature des engins de nettoyage) ; Mieux vaut être rétrograde que plantigrade... (les entreprises françaises et l’écomanagement) ; Où l’on ne verra plus repasser les limaces (molluscide assisté par ordinateur) ; La charrue avant les bœufs (les biotechnologies mises en avant aux USA) ; Le petit atomiste (trisecteur sur plage) ; Emplois verts (Dominique Voynet et al.) ; cinquantenaire (les extra-terrestes en agronomie).


PLANÈTE
Rio pipo

" A New-York, les États membres des Nations unies ont fait le bilan de l'application des principes du développement durable, cinq ans après leur proclamation lors du Sommet de la terre de Rio. Depuis 1992, la dégradation de l'environnement n'a cessé de progresser et les engagements corrélatifs en faveur d'un accroissement de l'aide publique au développement n'ont pas été remplis ".
Extrait du communiqué dossier de presse de la Présidence de la République, à l'issue du conseil des ministres du 2 juillet 1997

EUROPE
Touristes, vous risquez de vous retrouver en short !

" Vous ne seriez pas le premier à devenir trafiquant sans le savoir ", " Vous pourriez vous voir imposer une amende pour atteinte à la diversité de la vie sur terre ", telles sont les accroches d'un prospectus - tiré à 4 millions d'exemplaires - destiné aux touristes et où les pièces de puzzle manquantes symbolisent les trous dans la biosphère que tout un chacun, par ignorance ou négligence, risque de contribuer à percer, en rapportant qui des pièces d'échec en ivoire, qui un peigne en écaille, qui un collier de corail, qui un cactus, qui un perroquet ou un caméléon.
Ces matériaux, plantes et animaux sont certes utilisés sur place en bijouterie, cuisine, ornement et pour la fabrication de philtres... mais l'espoir de leur vente aux touristes en provoque l'exploitation forcenée, qui conduit à la disparition de ces espèces si intéressantes. La campagne " Faune et flore sauvages : commerce ou trafic... " a été lancée en mai 1997 dans les 15 États de l'Union européenne. Pour ce qui est de la France, s'y sont associés le ministère de l'Environnement, les Douanes, Aéroports de Paris et l'Union internationale des associations de tourisme.
D'après le communiqué de presse du Fond mondial pour la nature (WWF)-France du 22 mai 1997.

SUISSE
Vive le tout faux !

Une tondeuse à gazon mue par un moteur à quatre temps génère, via son pot d'échappement, autant d'hydrocarbures que 26 automobiles munies, elles d'un catalyseur. Bien qu'utilisés occasionnellement les petits engins de " jardinage et loisirs " sont optimisés pour fournir une puissance importante à faibles poids et coût. Il est tout à fait possible de les faire polluer moins (réduction de 90% des substances dangereuses émises) en généralisant l'usage de moteurs 4 temps (au lieu du 2 temps) avec pot catalytique et emploi de carburant alkylé. On peut aussi opter pour le moteur électrique alimenté sur le secteur ou par panneaux solaires. Enfin, depuis fort longtemps, il existe des engins à huile de coude... qui - manipulés avec adresse et mesure - sont bons pour la forme et font moins de bruit.
D'après Environnement, bulletin de l'OFEFP, 1/97.

FRANCE
Éthique botanique

La passion avec laquelle les amateurs entretiennent et agrandissent leurs collections de cactus et autres plantes fait d'eux des gardiens irremplaçables de la biodiversité et des agents actifs de la conservation ex situ (comme disent les spécialistes pour signifier que les plantes ne sont pas dans leur milieu naturel). Leur enthousiasme et leur acharnement ne doivent cependant pas leur faire oublier quelques bonnes règles, que l'Association française pour la conservation des espèces végétales (AFCEV) vient de formaliser en un code, mis au point avec leurs associations. Quatre recommandations :
- acquisition de toute plante dans le respect réglementaire relatives à la protection des espèces, notamment la Convention de Washington, mais aussi la réglementation phytosanitaire ; - utilisation des plantes en collection dans le programme de multiplication et diffusion des plantules obtenues, afin de faire baisser la pression de prélèvement sur les populations sauvages ; - mise en place, au sein des associations, de dispositifs capables de récupérer les plantes (du moins les espèces rares ou menacées) d'une collection brusquement orpheline (mutation professionnelle, maladie, décès) ; AFCEV, conservatoire botanique, 100, rue du Jardin-Botanique, 54600 Villers-lès-Nancy. Tél. : 03 83 41 47 47 ; fax : 03 83 27 86 59.
- et pour cela, participation à l'inventaire national mis sur pied par l'AFCEV dans le respect de la confidentialité et des libertés individuelles.

FRANCE
Les limites du progrès

Ils répondent aux doux noms d'Aspironix, Clic, Eole 2002, Galopin, Girolav, Pyxis, Scarabée et Technigraff. Ils sont des engins mécaniques perfectionnés. Ils font le même travail, sans les supplanter, que Balai (dans le Nord) et Palme (dans le Grand Sud). Ils assurent à nos trottoirs et à nos " dalles " et autres allées une propreté de bon aloi. Ils décollent les affiches, attaquent les tags, farfouillent sous les grilles d'arbres qu'ils soulèvent. Ils ramassent, lavent et aspirent les merdes de chien (pas lesdits chiens...).
D'après Trois O, n°58, juin 1997

FRANCE
Mieux vaut y être rétrograde que plantigrade...

Les entreprises françaises boudent l'écomanagement. Au printemps 97, aucune entreprise française du secteur agro-alimentaire n'était certifiée au titre de la norme ISO 14001 ou du règlement européen Eco-audit (EMAS). En Allemagne, 29 satisfont à la norme, et 76 au règlement. Reculer pour mieux sauter ?
D'après European Environmental Bess, repris par l'Environnement Magazine, n° 1559, juillet-août 1997.

ROYAUME-UNI
Où l'on ne verra plus repasser de limaces

Parmi les 233 projets lauréats du dernier ROPA (Realising Our Potential Award), celui d'Owen Holland s'est vu attribuer une subvention couvrant deux ans de travaux pour mettre au point un robot agricole anti-limaces. L'engin part de sa base, examine le terrain, le compare à la carte qu'il a dressée auparavant, détecte un objet à peu près de la taille d'une limace qui a bougé à peu près à la vitesse d'une limace, fond sur lui, le capture, le rapporte à sa base, et l'y déverse dans un " fermenteur ". Les produits de l'évolution biochimique de la biomasse des gastéropodes accumulés là alimentent un générateur qui recharge la batterie du robot.
Bel exercice de cybernétique, ce projet s'inscrit dans la recherche de moyens de lutte contre ces ravageurs, autres que les granulés de métaldéhyde ou de thiodicarbe, coûteux et dangereux pour les prédateurs qui croqueraient des limaces empoisonnées.
D'après New Scientist du 5 juillet 1997, signalé par Sciences et Avenir, août 1997.
NDLR 1 : ce procédé remet au goût du jour la " lutte mécanique " contre les ravageurs qui eut ses beaux (?) jours sous forme de hannetonnage ou de capnodage, en remplaçant les enfants des écoles par des engins électriques (et sans plus s'émouvoir du bien être des animaux concernés ni prévoir l'apparition de populations résistantes de ravageurs speedés).
NDRL 2 : L'association du cerveau et des rouages d'un tel robot avec une enveloppe de nain de jardin pourrait donner à ces derniers, enfin, une raison d'être et un espoir de n'être plus moqués.

ÉTATS-UNIS
La charrue avant les bœufs

Le secrétaire d'État à l'Agriculture états-unien, Dan Glickman, a déclaré le 8 juillet dernier qu'il fallait que les agriculteurs et les industriels américains mettent en avant l'atout principal des biotechnologies et des organismes modifiés génétiquement : la protection de l'environnement.
" Si nous traitons cette question uniquement sous l'angle commercial, nous aurons beaucoup de mal à faire changer d'avis les leaders du Parlement européen [...], qui n'ont pas les mêmes conceptions que nous et qui n'ont pas une vision de l'ensemble du tableau [...]. Si nous considérons la question en terme de faim dans le monde, de durabilité, de protection des sols, je crois que c'est une approche qui peut nous permettre de gagner .
D'après US Analyse, juillet 1997
NDLR : il reste néanmoins quelques questions de recherche à mettre sur le métier pour fonder pareille nouvelle argumentation, tant sur le plan biologique et écologique que sur celui des pratiques agricoles, etc. On aurait pu souhaiter qu'il annonce simultanément un programme d'évaluation musclé et large.

FRANCE
Le petit atomiste

Reçu de Barbatre (ses dunes, ses pins, sa plage) le 13-5-97, le cachet de la poste en fait foi.

FRANCE
Emplois verts

Toute information officielle à : http://www.premier-ministre.gouv.fr/PMGVT/VOYNET.HTM

AILLEURS
Cinquantenaire

Une commémoration n'est pas passée inaperçue : c'est celle des 50 ans de la création de la créature de Rosewell aux États-Unis. A propos d'extraterrestres, ceux qu'on appelle les " petits hommes verts " ont-ils la fibre écologique ? Ils ne l'on pas fait savoir clairement. S'intéressent-Ils à l'agronomie ? Oui. D'ailleurs Ils sont très férus de sciences biologiques, procédant à un nombre considérable d'enlèvements de terriens, qu'ils dissèquent plus ou moins dans le labo de leur soucoupe et relâchent, très choqués.
Au chapitre des agrosciences, deux types de manips pratiquées par Eux, les extraterrestres : d'une part, les agroglyphes (pourquoi ne pas leur conserver leur nom anglais de crop circles puisqu'on n'en voit guère que là où l'on parle cette langue ?) qui sont des figures géométriques complexes pouvant s'étendre sur plusieurs ares " qui apparaissent au petit matin dans les champs " et, d'autre part, des expériences sur des bovins, ces derniers étant rendus aux éleveurs terriens morts et délicatement amputés. Et les mouches n'en veulent pas !
Bien que les crop circles provoquent des pertes de rendement (mais de nombreux visiteurs assoiffés viennent consoler l'exploitant céréalier) et que des cadavres biorésistants poseraient un problème de trop à des équarrisseurs aux prises avec des carcasses spongiformes, on se gardera de formuler ici les parades agrozootechniques qu'on sait la Recherche capable de Leur opposer, car Ils savent lire le Courrier de l'environnement en gestation sur le disque dur de l'ordinateur du rédacteur en chef.
D'après divers sites sur Internet.


Vers l'Album des Brèves