Les Brèves du Courrier

n°26

Nouveau régime (une réserve de faune à l'abandon aux Philippines), Lokheed vert (la firme s'intéresse à l'environnement), Fin de races (l'Europe en perd beaucoup) ; Au fond les limaces broutent (pour maîtriser la caulerpe), Inonder pour éponger (en Alsace), Bio (préservatifs spéciaux), L'INRA c'est chouette ! (un centre de sauvegarde pour l'Effraie), Pots oubliés (la pollution des engins agricoles contrôlée), Le papillon blanc, l'ours noir et la baie violette (le premier met le second dehors).


PHILIPPINES
Nouveau régime

Il y a vingt ans, sur l'îlot Calanite (à trois heures de mer au nord de l'île Palawan) le président Ferdinand Marcos avait créé une réserve d'animaux africains. Furent importés du Kenya des girafes, des zèbres, des impalas, des gazelles tandis que, de Calanite, furent déportés les habitants.
Depuis 1986, avec la chute du dictateur 300 familles se sont réinstallées, avec leur bétail, sur une partie de ces 4 000 ha. Les animaux africains survivants souffrent de maladies apportées par ces derniers, des conséquences - bien connues dans les petites îles - de la consanguinité et sont la proie de braconniers. Loin de tout, privée de moyens, cette réserve attire chaque année 500 visiteurs philippins et étrangers.
D'après Les amis des animaux n°57, septembre-octobre 1995

MEDITERRANEE
Au fond, les limaces broutent

Quid de l'algue exotique, la Caulerpe taxifoliée, qui s'était installé en 1984 sur un petit mètre carré de fond marin vers Monaco ? Elle occupe actuellement plus de 1 500 ha, le long du rivage des Alpes-maritimes et jusqu'au littoral varois,
1 500 ha où les Posidonies ont disparu et, avec elles, la faune marine. Une charte des pays du Bassin méditerranéen est en voie de constitution, qui coalisera les compétences et les moyens en matière de lutte. Le procédé à base d'ions cuivriques, efficace, coûte de 100 à 500 F le mètre carré.
Et la lutte biologique ? En aquarium, tout au moins, des limaces voraces désherbent la Caulerpe.
D'après Presse Environnement, du 28 septembre 1995.
NDLR : pour en savoir plus, photos et cartes à l'appui, sur cette envahisseuse, consultez le serveur http://www.urice.fr/ sur le Web.

EUROPE
Inonder pour éponger

InterRhin est un projet binational à l'étude depuis 1993 par l'Institut franco-allemand de recherche sur l'environnement (IFARE), le Conservatoire des sites alsaciens et l'Institut des plaines alluviales du Fonds mondial pour la nature (WWF) et promu par les associations Alsace Nature, de ce côté-ci du fleuve, et le BUND, de ce côté-là.
Sa finalité : permettre de ré-inonder des forêts du lit majeur du Rhin en période de crue pour "éponger"celles-ci. Tout en préservant la biodiversité de la forêt rhénane. Ce projet nécessitera la construction d'ouvrages sur le Rhin canalisé et le renforcement des digues existantes, travaux dont la maîtrise d'oeuvre devrait être confiée au conseil général d'Alsace.
D'après Presse-environnement, du 8 septembre 1995.

DANEMARK
Bio

Echec commercial des préservatifs naturels fabriqués à partir d'intestins de mouton (à la mode des Egyptiens de l'Antiquité) : très chers (30 FrF environ), ils n'assurent pas une protection efficace contre les maladies sexuellement transmissibles car poreux aux virus.
"Ils sont ainsi principalement destinés aux allergiques et aux écologistes", conclut le communiqué de la Dépèche de l'environnement du 19 septembre 1995.

FRANCE
L'INRA, c'est chouette !

La Chouette effraie, ou Dame blanche (Tyto alba) est un oiseau nocturne qui chasse, de préférence le long des haies, des proies variées, petits mammifères surtout mais aussi oiseaux, batraciens et insectes. Son plat de base est le Campagnol des champs. La Chouette est menacée par le dispositif anti-pigeons ? grillage fermant les ouvertures des clochers notamment - et par la circulation des automobiles ? les collisions sont fréquentes et à son très net désavantage.
Le centre ornithologique Ile-de-France (CORIF) et le centre de sauvegarde de la Faune sauvage (INRA-Versailles) ont lancé une première action de protection, consistant à poser et à entretenir (apport de souris en guise de nourriture) des nichoirs. Ces dispositifs ont servi à faciliter le retour à la nature, dans les meilleures conditions, de chouettes blessées, soignées dans le centre.
Contact : Dominique Robert, 9, Grande Rue, 78790 Montchauvet. Tél. : 30 93 41 99.

ETATS-UNIS
Lokheed vert

La firme américaine d'aéronautique, d'électronique, d'aérospatiale et d'armement Lokheed Martin Corporation vient de créer en son sein un nouveau secteur "énergie et environnement"., basé à Albuquerque (Nouveau Mexique) et dirigé par Albert Narath, par ailleurs directeur de Sandia National Laboratories.
D'après Presse Environnement, du 31 août 1995
NDLR : LMC, née de la fusion, en août 1994, de deux fournisseurs du Pentagone, Lokheed et Martin Marietta, a l'ambition de devenir le n°1 de la défense aux Etats-Unis, devant McDonnell Douglas. Parmi ses entreprises civiles, citons la construction du module "cargo". de la future station orbitale Alpha. Sandia est une entreprise de dépollution du groupe LMC.

ETATS-UNIS
Le papillon blanc, l'ours noir et la baie violette

Les forêts nord-américaines sont défeuillées périodiquement par les chenilles du Gypsy Moth, autrement dit le Bombyx disparate, alias Lymantria dispar. On sait depuis longtemps que de telles attaques diminuent le rendement en bois des peuplements et sont la cause de nuisances graves pour les promeneurs et les riverains : l'aspect dénudé des frondaisons est peu engageant. Les chenilles, bien que non urticantes, sont très désagréables et elles envahissent tout. Leurs crottes obstruent les filtres des piscines... Mais quel impact peut avoir le broutage des feuilles par ces larves d'insecte sur la grande faune ?
C'est ce qu'ont évalué des chercheurs américains, sur les 27 000 ha défeuillés entre 1986 et 1989 dans le parc national de Sherrandoah. Pour ce faire, ils ont muni 54 ours noirs (Ursus americanus) de colliers émetteurs. Il ressort du radiopistage et de leurs observations que les défoliations ont deux effets principaux : d'une part, les ours privés de glands de chêne se rabattent sur les baies violettes de Phytolacca americana et, d'autre part, privés d'abri, les plantigrades périclitent. En effet, l'action des mandibules des chenilles sur les feuilles des arbres fait périr les sujets les plus faibles et, notamment, ceux qui sont creux, lequel creux sert de tanière à l'ours... Le temps nécessaire à la reconstitution de tels abris est estimé à cinquante ans.
D'après M.R. Vaugham et J.W. Kasbohm : 1993 USDA Interagency Gypsy Moth Research Forum, p. 111.
NDLR : Lymantria dispar sévit en forêt de Fontainebleau où les fortes défoliations qu'a subies la hêtraie en 1994 ont eu pour conséquence la prolifération de l'indésirable et exotique Phytolacca americana, importée du Canada, répandue par les oiseaux. Ne manquent plus que les ours (sans tanière fixe).
Pages Lymantria dispar

EUROPE
Pots oubliés

Il était des "engins mobiles non routiers". et à moteur, qui, jusque-là avaient échappé à toute réglementation visant à réduire leurs émissions d'oxyde d'azote (NOx) et de particules en suspension. La Commission européenne a proposé aux Quinze un projet de directive, fixant des normes d'émissions polluantes, dont les premières seraient applicable dès juin 1997 et dont les suivantes seraient instaurées progressivement jusqu'en juin 2001.
Parmi les engins visés, les bouteurs (bulldozers), les pelles rétrocaveuses, les camions-bennes, les moissonneuses-batteuses...
D'après Presse environnement du 19 octobre 1995.

PLANETE
Fin de races

D'après un récent décompte de l'organisation mondiale pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), un bon tiers (soit un effectif de 1 500) des races actuelles d'animaux d'élevage sont menacées d'extinction.
Si la diffusion dans les pays en voie de développement de races exogènes à haut rendement met en péril les races indigènes, pourtant adaptées, c'est en Europe que les pertes de cet aspect de la biodiversité sont les plus massives. L'élevage, pratiqué essentiellement à titre commercial, y est basé sur quelques races sélectionnées pour la viande, le lait, les oeufs... Des zones marginales demeurent seules le refuge de races "anciennes"
Rappelons que la grande variété existant actuellement est indispensable pour pouvoir créer de nouvelles races, qui s'avéreront plus intéressantes, voire nécessaires, en raison de changements à venir dans l'environnement naturel et dans les pratiques agro-industrielles.
D'après Libération, du 6 décembre 1995.


Vers l'Album des Brèves