Bibliographie : Courrier n°40, juin 2000

On a lu, on a vu, On signale (Livres, Rapports, comptes rendus, thèses, Périodiques, Documents, plaquettes, dossiers, Autres médias)
Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°40 ; Les ressources bibliographiques du Courrier


[R] On a lu, on a vu

Une approche de l’agriculture durable (par Alix Domas) ; Lettre sur les Chimpanzés. Plaidoyer pour une humanité totale (par Florence Burgat) ; Leçons de jardins à travers l'Europe (par Pierre Donadieu) ; L'illusion néo-libérale (par Pierre Marsal) ; Le paysage : sauvegarde et création (par Pierre Donadieu) ; Éloge de la plante pour une nouvelle biologie (par Daniel Bizet).

[R] Une approche de l’agriculture durable
2000, éd. Solagro, cédérom

Sous-titre :
1992-1999 : l’expérience des plans de développement durable, un prélude aux contrats territoriaux d’exploitation - l’exemple du groupe d’agriculteurs du Val d’Agout
Conçu et réalisé par Solagro, cet ouvrage présente les résultats de l'expérience des plans de développement durable (PDD) en Val d'Agout. Grâce à une grille interactive dont le fonctionnement, très simple, est expliqué dès le début de la lecture, chacun peut concevoir son propre itinéraire de visite. La balade est agréable, car ponctuée de nombreuses photos. Elle reste cependant instructive. La présentation économique, sociale, environnementale des résultats s'accompagne de cartes, de chiffres, de bilans. Trois cas concrets illustrent la démarche des PDD. Les informations sont claires et précises : de nombreux liens permettent d'approfondir certains points, de passer facilement d'une rubrique à l'autre.
Impossible de se perdre toutefois ! Le menu déroulant situé en haut de l'écran permet à tout moment de se repérer, de changer son itinéraire ou de revenir à la présentation générale de la grille. En outre, des annexes méthodologiques et techniques sont disponibles. Elles peuvent être imprimées.
Ce cédérom constitue à la fois une synthèse de l'expérience des plans de développement durable à l'échelle d'un territoire et un instrument de travail pour tous les professionnels qui mettent en place des démarches d'agriculture durable comme, par exemple, les contrats territoriaux d'exploitation.
Alix Domas
domas.alix@libertysurf.fr

Solagro
219, av. de Muret, 31300 Toulouse.
solagro@wanadoo.fr

[R] Lettre sur les Chimpanzés. Plaidoyer pour une humanité totale par Clément Rosset
1965, Gallimard, Paris (1999 pour la préface), 70 p.

Clément Rosset écrit, dans une préface à la seconde édition, s'être décidé à republier sa Lettre sur les Chimpanzés, parue en 1965, pour la raison que les «catéchismes bêtifiants qui faisaient autorité dans l'intelligentsia française de l'époque [...] n'ont pas cessé d'être d'actualité». Et de citer à l'appui de ce constat les propos de Stéphanie de Monaco déclarant que «les animaux sont des êtres humains comme les autres». Cette phrase, qui vise un certain usage idéologique de la notion de différence et emprunte le même mode de subversion des critères du singulier et de l'universel que la célèbre remarque de Groucho Marx selon laquelle «les femmes sont des hommes comme les autres», attesterait le point de vue de l'auteur. Si ce dernier opte pour une lecture au premier degré des dires de la princesse, voilà ce qu'il ne faut en revanche pas faire avec son propre texte.
L'objet (apparent) de la Lettre... est de dénoncer la relégation des chimpanzés du côté d'une vulgaire animalité pour faire au contraire valoir leurs capacités (intellectuelles et sociales) étouffées derrière des barreaux, et justifier enfin leur inclusion dans la communauté des Hominiens. Bref, l'heure est venue de délaisser un humanisme vil bâti sur des critères moralement non pertinents au profit d'un «super-humanisme [qui] s'appellera tout naturellement le Primatisme» (p. 28). Dans ces pages brillantes et enlevées, tout sonne subtilement faux : ton affecté, concepts à la fois périmés et pompeux empruntés à la mystique teilhardienne («Le Mieux», «l'ascension de l'Humanité vers la Perfection», etc.), mode d'exposition daté et argumentation inappropriée («Actualité et réalité du problème chimpanzé ; Que le Chimpanzé, tout comme les Hominiens, est un être pensant ; Qu'il est sensible, et que c'est la société des Hominiens qui l'aigrit», etc.). Les chimpanzés semblent ridiculisés, à moins que ce ne soient certains de leurs malhabiles défenseurs, ou bien que les chimpanzés n'en soient pas...
Plus que le détail des arguments qui étayent ce pseudo-plaidoyer, c'est sa logique (ses condensations et ses déplacements) dont il importe de prendre la mesure pour tenter de comprendre ce que l'auteur, en fait, fustige. Une faute logique pipe volontairement tout le discours : de l'affirmation à la déduction, la conséquence n'est jamais bonne. Tel est le procédé qui permet d'ébaucher une vraie question pour la faire immédiatement sombrer dans le burlesque ; ce dérapage constant du texte rend évidemment impossible une lecture naïve. Des éléments réels sur la condition animale, dont le chimpanzé serait la synecdoque, («humilié, enchaîné, ridiculisé, mal soigné, mal nourri, objet d'expériences douteuses», p. 19) sont mis sur le même plan que des motifs et des remèdes, décalés sinon extravagants, à cette situation («droit à la parole, à l'expression, droit de réunion, accès à la culture» [latine, en particulier], p. 19 et 37 ; accès aux «mariages mixtes entre Hominiens et Chimpanzés» pour lesquels ces derniers sont réellement prêts, alors que nos jeunes filles, si elles sont nombreuses à s'y déclarer disposées «dans les salons hominiens» dans la mesure où «un tel mariage n'a rien de choquant et ne peut heurter en nous que des préjugés bourgeois», ne passent pas à l'acte : p. 48 et 49). Cet entrelac d'objets qui se substituent les uns aux autres travaille tout le texte, provoquant un effet comique incontestable.
Mais est-il vraiment question des chimpanzés ? On serait tenté de répondre non, d'abord en raison de certaines absurdités évidentes qui font de ces animaux une métaphore de groupes humains au sujet desquels un certain type de discours (antiracistes) «gauchisants» en 1965, «moraux» en 1999 seraient tenus par les bien-pensants (i.e. les intellectuels). La «supercherie», selon le mot de l'auteur se résignant à lever une partie du voile, serait tapie dans ce qui pro quo. Pourtant, les références «bêtifiantes» de la préface donnent à penser que ce sont bien d'animaux qu'il s'agit ; on se demande alors quels écrits et discours Clément Rosset peut bien avoir en tête. Car s'il est un monde fermé au sort des animaux, c'est bien celui de l'«intelligentsia française». Envers cette question, la mode est plutôt à l'hostilité affichée, précisément au nom de l'humanisme métaphysique. S'agissant des animaux, on voit donc mal à qui et à quoi l'auteur veut faire pièce. L'interrogation sur le propre de l'homme et le droit qu'il tire de sa différence sur le monde animal n'est pas d'aujourd'hui ; on ne saurait réduire sa critique aux tentatives de quelques chercheurs pour faire essuyer la vaisselle aux chimpanzés (p. 35). On ne saurait non plus imaginer, faute de les avoir lus, que les tenants de la libération animale confondent égalité de considération et égalité de traitement. On ne saurait pas plus suspecter l'auteur de telles ignorances.
Mais voilà que nous sommes en train de prendre cette fable au sérieux en tombant dans le piège de l'analyse de son contenu manifeste !
Florence Burgat
INRA-STEPE

[R] Leçons de jardins à travers l’Europe
rédaction et suivi éditorial de Michel Thomas-Penett et Claude Fauque, photographies de Jacques de Givry
1998, Alternatives, Paris.

Cet ouvrage, superbement illustré, a été préparé par l’Institut des itinéraires culturels dans l’esprit des itinéraires européens lancés en 1987 par le Conseil de l’Europe avec les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. S’il est vrai qu’il cherche d’abord à faire connaître des jardins historiques et récents, il révèle surtout les missions que le projet européen confie symboliquement aux jardins. Au-delà de son agréable érudition historique, la lecture de ce livre invite à se souvenir que le jardin a été d’abord et reste toujours un univers symbolique chargé de dire les multiples rapports que l’homme entretient avec la nature. Le choix des douze jardins qui sont présentés n’obéit pas seulement à une règle de répartition géographique entre les pays du nord, du sud, de l’est et de l’ouest, il traduit aussi à la manière du jardin, le projet de la construction d’une culture européenne qui fait cruellement défaut aux sociétés des pays de l’Union.
Dans le projet du Conseil de l’Europe, la culture européenne devrait réunir, à terme, les trois religions monothéistes, juive, chrétienne et musulmane, qui au cours de l’histoire, se sont combattues et aujourd’hui se méfient toujours l’une de l’autre. Deux jardins expriment ce projet de réconciliation religieuse. Le premier près de Madrid, au sein du parc Juan Carlos Ier, a été réalisé par l’architecte Myriam Silber Brodsky qui a conçu l’espace sacralisé du Jardin des trois cultures. Le jardin chrétien, «cloître des chants» entouré d’une colonnade doublée de sorbiers, est dessinée en forme de croix. Le jardin musulman «des délices» est organisé, à la manière d’un tapis d’Orient, à partir du dessin de l’étoile à huit branches, alors que le jardin juif, «le verger des grenades», s’inspire directement du Cantique des Cantiques. De même, près de Rome, le jardin de la Nymphe réunit des mythes fondateurs mauresques et germaniques, ainsi que les images de la Pastorale italienne et celles du jardin sauvage de l’Anglais William Robinson. Autant métissé que les carmen de Grenade, ces jardins expriment l’idéal culturel européen : une fusion des valeurs respectueuses des identités de chaque civilisation qui les compose.
Les jardins ont une autre vertu. Non seulement, ils reposent sur des mythes anciens
- l’épopée de Gilgamesh, la légende du roi Arthur, les gnomes de la Kabbale, le jardin des Hespérides ou le songe de Poliphile - mais leurs créateurs peuvent en inventer de nouveaux. Ainsi vont être réveillés des projets de reconquêtes de territoires endormis ou meurtris. Comme à Terrasson, en Dordogne, pour stimuler le désir de se réapproprier les espaces abandonnés par l’agriculture. Comme à Heligan, en Cornouailles, pour restituer les anciennes techniques horticoles et agricoles et de ce projet faire une entreprise économique rentable grâce aux visiteurs. Ainsi conçus, ces jardins racontent des histoires contemporaines avec le langage des symboles ; ils tissent des récits pour dire ce qui a été, mais aussi ce qui pourrait être afin de réanimer des pays restés immobiles, comme ceux du centre de l’Europe.
S’ils ont l’ambition de réconcilier et de stimuler, les jardins sont aussi des lieux initiatiques dont la figure la plus emblématique est celle du labyrinthe, comme celui de la propriété des époux Van Buuren à Bruxelles, dessiné par René Péchère. Initiation à l’amour (en forme de cœur), à l’art et au recueillement mystique, le dédale représente l’enfermement mortel de la forêt originelle dont délivre le miraculeux fil d’Ariane. Ainsi le projet européen veut-il rompre avec les périlleux replis nationalistes et proposer la libération de la construction communautaire. Ce déplacement collectif n’étant ni simple, ni immédiat, la figure métaphorique du labyrinthe suggère, dans le rite de passage, le mouvement de l’ombre à la lumière, de la guerre à la paix, du tumulte à la sérénité.
Les jardins sont connus de tous parce que ce sont des lieux où l’eau et le végétal, mis en scène de manière raffinée, concourent aux plaisirs des sens et de la fête. Au-delà des styles historiques français, anglais, italiens ou andalous – témoins de la diffusion des cultures – , l’eau fédère tous les jardins d’Europe : eaux jaillissantes et cascadantes comme à Versailles, à la villa d’Este, à Saint Petersbourg ou à l’Alhambra de Grenade ; eaux dormantes des bassins du château de Schönbrunn, à Vienne, ou des étangs du parc d’Ermenonville, près de Paris. Vives ou calmes, toniques ou mélancoliques, les eaux représentent le lien des Européens depuis les figures mythologiques germaniques et gréco-latines jusqu’à la crise écologique contemporaine.
Mais la plante est surtout le trait commun à tous ces microcosmes qui parsèment l’Europe. Moins pour les classiques oppositions entre jardins architecturaux et mises en scènes de la nature pittoresque que pour les projets qui mobilisent les créateurs de jardins contemporains : jardins des savoirs ethnobotaniques, comme au Prieuré du Salagon ; jardins des cinq sens (à Yvoire ou Pontoise) ; parcs aux «folies» contemporaines (à Bercy ou la Villette) ; jardins sauvages à la manière de William Robinson (à Mount Usher près de Dublin ou au bois des Moutiers à Varangeville) ; jardins en mouvement inspirés par Gilles Clément (au Parc Citroën de Paris, ou dans la tranchée du métro de Lausanne).
Ces leçons de jardins sont d’abord des leçons d’Europe. Elles ont l’ambition de mobiliser les consciences individuelles dans une même construction culturelle, pour réunir d’abord symboliquement les nations séparées, à la manière du futur Jardin des deux rives entre Strasbourg et Kehl. Les jardins, rappellent Philippe Nys, furent d’abord l’expression de pouvoirs politiques et économiques ; leurs images – et leurs réalités – franchissent les frontières, inspirent le façonnement des territoires délaissés, créent les conditions de la fête et mettent en scène les valeurs écologiques planétaires. Certes, il n’y a pas encore, ou si peu, de jardins qui expriment le projet européen, mais cet ouvrage indique que la gestation est en cours. L’avenir dira si les desseins de l’Europe susciteront la naissance d’un art européen des jardins ou bien si les identités nationales ou régionales l’emporteront.
P. Donadieu
Dessins de Claire Brenot, d’après les illustrations de l’ouvrage.

[R] L'illusion néo-libérale par René Passet
2000, Fayard, Paris, 2000, 288 p.

Un livre de René Passet est toujours un événement. Cet économiste, professeur émérite à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, avait déjà publié il y a vingt ans un ouvrage remarqué, L'économique et le vivant (Payot, 1979). Il y procédait à une analyse lucide et pertinente de la situation de crise du monde contemporain : la science économique classique, centrant sa démarche sur la gestion optimale de biens matériels, inanimés, soumet hommes et Nature à une loi qui n'est pas nécessairement la leur. A une «économie de l'avoir», des choses mortes comme la monnaie, le capital, il faut substituer une "économie de l'être", une économie du vivant. Malgré l'originalité et la pertinence de sa démarche, force est de reconnaître que ce message arrivait peut-être trop tôt, dans un milieu intellectuel mal préparé à mesurer les conséquences du choc provoqué par le développement des sciences du vivant. Il peut paraître pour le moins étrange que les économistes ruraux, dans leur grande majorité, soient restés imperméables à ce discours. Depuis lors le monde a changé : d'un coté, le libéralisme économique affirme sa prétention à gouverner la planète, de l'autre, des fractions toujours plus importantes de la société civile commencent à faire entendre leur contestation diffuse. Ce livre arrive donc à point nommé, d'une part pour nous tracer un panorama général et très complet de la situation dans toute sa complexité, d'autre part – et c'est peut-être là son apport essentiel –, pour nous donner des clés d'explication, des pistes de réflexion et aussi d'action.
Il est évidemment impossible de résumer trois cents pages aussi riches. Je me contenterai
– non sans arbitraire – d'en extraire quelques idées significatives. René Passet rappelle que l'humanité sort d'une phase de son développement fondée sur l'énergie, pour s'engager dans une autre dominée par l'émergence de l'immatériel. La société a certes pris conscience de cette mutation, mais n'en a pas tiré les conséquences qui s'imposent dans la gestion des affaires de la planète : la conception économique dominante demeure fondée sur la vision mécaniste du monde, héritée du dix-huitième siècle. L'économie, ancrée sur sa propre logique interne (la sphère économique), en vient à ignorer la finalité humaine de son activité (la sphère humaine) et à porter atteinte à la sphère naturelle qui constitue le cadre et l'objet de cette activité : «Deux facteurs – l'homme et le capital – sont associés pour transformer la nature. L'économie construite sur la seule logique du second n'est qu'une ‘science tronquée’, une simple ‘logique des choses mortes’, un pur non-sens établi sur une inversion des finalités». Sphère de la nature et sphère de l'homme obéissent à leurs propres lois qui ne sont pas celles du marché. Prise de conscience, par les enseignements de la thermodynamique, que l'évolution est destruction créatrice, reconnaissance que le tout est plus que la somme des parties1, voici quelques éléments qui rendent caduques les conventions sur lesquelles reposait la théorie économique classique : «le passage du singulier au collectif ne se fait pas par simple addition des préférences, à logique constante». Il faut donc porter un nouveau regard sur la réalité ; il faut développer de nouvelles approches.
René Passet examine en détail la métamorphose que le monde a subie : le rôle de l'immatériel, du relationnel, de l'interdépendance, de la globalisation, etc. Il explique au passage pourquoi des méthodes et des critères chers à des générations d'économistes sont devenus caducs et ont perdu toute signification dans l'économie contemporaine (le calcul «à la marge», la maximisation du profit individuel, les avantages comparatifs, etc.), pourquoi le marché peut amplifier les déséquilibres au lieu de les résorber. Surtout, il met l'accent sur les nouvelles logiques et sur les nouveaux acteurs qui pervertissent la belle promesse qu'on attendait du progrès technique et économique : la monnaie devenue objet de spéculation, la confiscation par les seuls actionnaires de la valeur créée, les financiers devenus les seuls «maîtres du monde», le règne des créanciers, bref, la transformation de tout bien et toute valeur en objet marchand : «Quand l'appât du gain s'affirme comme finalité première, tout devient marchandise».
La promesse pervertie du progrès du génie humain provoque les conséquences que l'on connaît bien, mais qui sont décrites ici avec précision, arguments factuels et quantitatifs à l'appui : le caractère pervers d'une croissance qui perd de vue ses finalités, qui oublie l'homme et détruit la Nature : déconnexion des rythmes de croissance réelle et financière, «glissement d'une recherche légitime de productivité vers une course productiviste»2, compression de salaires et licenciements pour maximiser la plus-value des actionnaires, délabrement de la situation des plus faibles (nations, entreprises, individus), accroissement des inégalités, chômage, pauvreté et exclusion sociale considérés comme instruments de gestion de l'économie, etc. Sur les problèmes touchant au vivant, René Passet, à l'encontre de maints écologistes intégristes ou de «khmers verts» prompts à enfourcher le cheval d'Attila dès qu'ils croient renifler un relent d'OGM, adopte une position raisonnable. Il en souligne les aspects positifs et les espérances que l'on n'a pas le droit de rejeter : «Ce n'est pas la recherche, le génie génétique et ses produits, le décryptage du génome, qu'il faut mettre en cause, mais les critères qui président à leur développement et à l'exploitation de leurs résultats». Ce qui est en cause, c'est l'appropriation privée d'un bien commun. Le choix ne peut être que social. Voilà un discours qu'il convient d'écouter au moment où les passions se déchaînent et où les intérêts de tout bord cherchent à convaincre de faibles législateurs du bien fondé de leurs positions (cf le débat actuel sur la brevetabilité du vivant).
Au total, pour René Passet, la solution est claire : on doit renverser la démarche par une action volontariste, guidée par la priorité à donner aux valeurs de l'homme et de la vie. Il faut rétablir la suprématie du politique et de la démocratie sur l'économique, renoncer à tout réductionnisme marchand, en reconnaissant notamment que l'intérêt collectif existe aussi et qu'il n'est pas réductible à la somme des intérêts individuels. Il faut évidemment développer une politique de développement durable, mais à condition de ne pas se méprendre sur sa signification : rechercher non pas la durabilité des choses (destructibles par nature), mais celle de leur fonction. Enfin, il faut juguler la «chienlit mondialiste laisser-fairiste», selon l'expression du très libéral Maurice Allais : en maîtrisant les dérives de la finance, en favorisant la régulation monétaire internationale, en organisant la solidarité au niveau mondial. Qu'on ne croie pas, à ce sec énoncé de quelques thèmes majeurs, que l'auteur soit un adepte du «yaka» ! Bien au contraire, toutes ces analyses sont accompagnées de propositions : président du conseil scientifique de l'association ATTAC3, il a participé à la réflexion sur un certain nombre de projets ou mesures concrètes, ne serait-ce que la fameuse «taxe Tobin»4 dont l'idée a été à l'origine de la création d'ATTAC.
Ce livre, ouvrage d'économiste, fourmille évidemment d'informations et de références à des travaux d'économistes, à des rapports d'organismes internationaux. Mais ce n'est pas pour autant un livre destiné aux seuls économistes. Chacun y trouvera de quoi alimenter sa réflexion personnelle. Si l'Économique et le vivant n'a peut-être pas eu toute l'audience qu'on eût pu espérer, gageons que ce nouvel écrit devrait bien davantage imprégner les esprits. Il arrive en effet à point nommé pour apporter des munitions à ceux qui, de plus en plus nombreux, s'inquiètent de ce qu'ils perçoivent comme une dérive de la société, sans disposer toujours d'instrument d'analyse pour en saisir le sens, ou bien sans imaginer les moyens d'y porter remède. Une preuve ? A coté des mouvements qui se dessinent dans la société civile (ATTAC déjà cité est l'un d'eux), les futurs cadres de la Nation eux aussi se questionnent. Ainsi apprend-on qu'une pétition circule dans les milieux universitaires, dénonçant les excès de la modélisation mathématique5 : signée par de très nombreux étudiants en économie, elle est favorablement accueillie par des économistes de renom. Ce qui est mis en cause dans cette affaire c'est surtout le formalisme inspiré par la théorie néoclassique, formalisme dogmatique ne laissant pas place à la réflexion et au pluralisme des points de vue. Les temps changent !
Qu'il me soit permis de formuler maintenant une petite remarque plus personnelle. René Passet explique la mutation intervenue par le passage d'une société symbolisée par le mécanisme et le déterminisme de l'horloge et fondée sur l'énergie, à une société complexe représentée par l'ordinateur et dominée par les forces de l'immatériel. De l'auteur de L'économique et le vivant on aurait attendu une métaphore qui aurait semblé plus évidente dans la logique de sa pensée : le passage de l'ère de la mécanique et de la matière à l'ère de la biologie et du vivant. Après tout il fut l'un de ceux – et non des moindres – qui nous inspirèrent cette idée6. Un progrès technique, aussi important soit-il, n'est pas le moteur d'une mutation, s'il peut en être un facteur favorisant. René Passet le reconnaît implicitement en mentionnant que l'information avait montré sa capacité de transformation du monde lors de l'apparition de l'écriture puis de l'imprimerie ; mais, comme il le reconnaît, les sociétés de ces époques sont demeurées sous la dépendance des flux énergétiques. On aurait pu tirer des arguments de même nature à propos des transports : depuis le transport des êtres et des matières, depuis la domestication de l'animal de trait, en passant par les caravelles, les canaux, les chemins de fer, l'automobile, l'avion, pour en arriver aux transports d'information. Le moteur du changement, formé de tous ces éléments, est de nature bien plus fondamentale, car il touche au mode de représentation que les hommes se font de leur maison commune et de leur destin commun. Mais ce ne sont là que points de détail par rapport au contenu de l'ouvrage.
Pierre Marsal

1 Je précise bien "reconnaissance", car Platon écrivait que le nom de Socrate est bien plus que la somme des lettres qui le composent.
2 Celà évoque peut-être quelque chose aux économistes du secteur agricole !
3 ATTAC : Association pour une Taxation des Transactions financières et pour l'Aide aux Citoyens.
4 La "taxe Tobin" (du nom de James Tobin, prix Nobel d'économie 1981), prélèvement modéré de l'oedre de 0,1 à 0,5 % sur toute transaction faisant intervenir des devises, aurait pour effet principal de contrarier les mouvements spéculatifs à court terme. Les avis sont partagés sur la faisabilité d'une telle mesure.
5 Mentionné par Le Monde, 21 juin 2000.
6 R. Groussard, P. Marsal, Monde du vivant, agriculture et société (La pépite et le grain de blé), L'Harmattan, 1988, 384 p.

[R] Le paysage : sauvegarde et création par Gilbert Pons (dir.)
1999, Champ Vallon, Seyssel

Les 1er et 2 juin 1996, un colloque sur le paysage a réuni à Ussel, en Corrèze, des géographes et des historiens, des ingénieurs et des écrivains, des philosophes, un plasticien, un critique d’art et des archéologues. Un colloque de plus qui s’ajoute sans innovations notables aux nombreuses autres célébrations publiques du paysage depuis vingt ans en France, ou bien une discrète manifestation qui fait notablement avancer le débat intellectuel par la qualité de ses arguments ?
Les textes des douze intervenants défendent une position que d’autres colloques ou ouvrages ont déjà explorée en France, à Lyon en 1981, à Beaubourg en 1991 et à Blois en 1992, entre autres. La crispation de la société française sur ces paysages, la fétichisation de la ruralité et l’horreur de l’urbain nous empêchent de prendre acte des mutations normales, rurales et urbaines des territoires de vie, d’habitat, de travail et de loisirs, de vivre avec leur mouvement, bref d’accompagner sereinement la transformation de ce qui n’a plus de sens économique et qui doit faire place à de nouvelles formes et fonctions. Idéalisée et «arcadisée», la nature – l’espace hors la ville – éternisée comme paysage est devenue un frein mortel au changement social, une gangue de plomb, un poison d’autant plus insidieux qu’elle anesthésie le rapport au monde sous prétexte de restituer les jouissances perdues. La cause défendue est simple : loin des lamentations nostalgiques et crépusculaires, la société aurait à retrouver le goût de la création audacieuse, à désirer l’innovation technique, à admirer les vertigineuses sinuosités des autoroutes plutôt que d’en déplorer les sinistres balafres paysagères, à faire confiance en somme aux artistes, aux architectes et aux paysagistes autant qu’aux promoteurs du développement durable. Est-ce en fait si simple ? L’idée du progrès remède à tous les maux ne motive plus les regards sur les mutations de ces cinquante dernières années. Le désenchantement est-il une fatalité ? La nouveauté est-elle maudite ?
Non, répond François Dagognet, le couloir planifié de l’autoroute triomphante ne remplace certes par les sortilèges de la route pittoresque, mais il créé une nouvelle culture de voyage qui révèle les spectacles des villes et des campagnes. Derrière le spectacle des bocages considérés désormais comme un patrimoine régional dans l’Ouest, il est réducteur de ne placer que des valeurs de refuge édénique là où la misère a éliminé les plus faibles des campagnes, sans voir l’activité contemporaine des agriculteurs et des éleveurs. Les immenses damiers céréaliers ne remplacent pas non plus l’émiettement charmant des petits champs d’antan, mais suggèrent un nouveau rapport à l’étendue agro-industrielle plus proche de l’océan que de la terre. Enfin, nul ne ressuscitera les vieux villages ruraux sinon la reconquête urbaine qui peut aussi faire l’économie d’une folklorisation des campagnes.
La société se raidit sur son passé qu’elle pétrifie, alors que l’enjeu, comme le rappelle le philosophe Robert Damien, est d’abord politique et non écologique ou esthétique. L’argument est en effet séduisant : en rapprochant le paysage de la citoyenneté, on le déplace du pôle de la nature sage, de la méditation religieuse et de la permanence campagnarde vers celui de la culture urbaine par essence mouvante et labile. Depuis que Virgile a cantonné l’autorité sénatoriale déchue dans les perfections bucoliques de la campagne, la culture occidentale a continué en effet à prolonger l’autorité naturelle du paysage en opposant la ville à l’idéal d’une ruralité arcadienne. Et si l’idée de paysage urbain affleure aujourd’hui, c’est surtout pour reconquérir, au nom de la naturalité campagnarde, les cœurs historiques des villes moyennes et pour reconstituer des villages et leur convivialité champêtre. Ce faisant, on rejette l’espace commercial et l’habitat vers les périphéries rurales où se dissout l’idée même de ville. Cette même logique de l’autorité naturaliste aboutit aussi à fracturer les campagnes entre les espaces fétichisés du tourisme et des parcs, et les déserts agro-industriels issus des logiques des marchés de l’agro-alimentaire. Or l’idée de paysage, explique-t-il, relève d’abord d’une posture de pouvoir politique, d’une vision totalisante qui reliant ville et campagne fonde le lien social et permet l’exercice de la citoyenneté, c’est-à-dire de l’appartenance à un espace commun. La crise serait là, nichée dans la dénégation de la ville et la pathétisation bucolique d’une relation désuète au monde.
Pour y faire face, suffirait-il de faire confiance aux hommes et femmes de l’art, aux artistes, aux architectes et aux paysagistes. Non, répond le critique d’art Guy Tortosa en revisitant le pays de Vassivière dans le Limousin, modelé depuis cinquante ans par les forestiers et les ingénieurs hydro-électriciens, mais aussi par des sculpteurs qui ont investi une île du lac de barrage. Double échec, affirme-t-il, à la fois pour témoigner des mutations contemporaines des arts plastiques dans leur rapport à la nature, et pour s’insérer dans le contexte local. Le site, que n’ont pas investi les artistes du land-art, est devenu un musée «à l’architecture stéréotypée» étranger à son environnement.
En revanche, Jacques Houlet, inspecteur général honoraire des monuments historiques, explique comment les autoroutes ont modifié le rapport esthétique aux paysages traversés en les mettant en spectacles, comment les concepteurs ont raffiné les tracés, les ponts, les aires de repos et les stations services ; qu’il est donc injuste pour un équipement aussi utile de concentrer autant d’opprobres immérités. Les autoroutes peuvent être belles, mais la société française continue dans son ensemble à l’ignorer, car elle n’oublie pas leurs nuisances et refuse de changer ses modèles archaïques d’appréciation des paysages ruraux.
Le pouvoir mental des paysages hérités serait-il impossible à déstabiliser ? Convoqués sur un sujet qui fait partie de leur culture scientifique, les géographes, T. Brossard et son équipe, se situent du côte des outils cartographiques qui fabriquent des représentations objectives du paysage et de son évolution. Ils ne cherchent pas à changer les modèles culturels d’appréciation, mais à prévoir comment les formes du paysage vont évoluer en fonction, d’une part, des sociétés locales et, d’autre part, du relief, de l’exposition et de la distance au village et comment il est perçu depuis les axes de circulation. Les géographes, grâce à la synthèse d’images montrent ce qui est et sera donné à voir, mais n’en jugent pas, sinon à travers des modèles esthétiques qui leur permettent, par exemple, d’estimer le potentiel touristique d’une région donnée. Ils anticipent des transformations matérielles, indiquant aux décideurs politiques des opportunités économiques, et enregistrent des modifications des comportements sociaux dans l’espace. Les géographes n’ont pas en charge la transformation du rapport des hommes au monde. Au mieux, comme les géographes culturalistes, peuvent-ils rendre compte du changement lent et imperceptible de ce rapport ou le comparer d’une culture à l’autre.
De ces paysages matériels, les historiens de la Corrèze, Jean-Michel Desbordes et Simon Lauradour, retiennent, là aussi, leur inéluctable transformation et la volonté farouche d’un forestier – Marius Vazeilles – de reboiser le plateau de Millevaches, tout en ménageant son héritage architectural et l’économie agricole. La cause semble donc entendue : aucune fatalité momifiante n’a ni ne doit - arrêté le cours de l’histoire en dépit de la montée lente et inexorable des politiques patrimoniales qui, dans la plupart des pays d’Europe «congèlent» monuments historiques et naturels, sites et milieux écologiques menacés.
S’il est honorable et politiquement opportun de conserver les sources patrimoniales de paysages, il faut surtout rappeler, comme le précisent les écrivains Alain Galan et Sylvain Jouty, que la quête inlassable d’images est d’abord affaire de mots, à défaut de peintures ou de photographies. Non seulement les mots ressuscitent les saveurs passées des terroirs, mais les cartes anciennes tout autant que les hiéroglyphes égyptiennes décryptés par Michel Dewachter exhument les regards et les cosmologies oubliés. Les textes écrits sur la montagne se sont imposés comme représentations collectives, dans le cadre de chaque culture, avec leurs distorsions, leurs approximations et leurs erreurs. Historien de la montagne, Sylvain Jouty traque ainsi l’énigme métaphorique des diffluences – division des cours d’eau en plusieurs branches – à travers les âges et les civilisations, mais aboutit au constat récurrent, que les sociétés occidentales sont d’abord fascinées par les paysages qui les excluent, comme les déserts ou les forêts tropicales. Entre la rigueur de l’histoire et la fiction littéraire, il est possible en se laissant aller dans les courants de la diffluence – de ne pas choisir entre les regards qui vérifient et ceux qui mettent en images.Le colloque d’Ussel n’innove donc pas, mais redit avec conviction et clarté que l’histoire des sociétés occidentales ne doit s’embourber ni dans les nostalgies patrimoniales, ni dans la fuite en avant d’un progrès contesté, que la notion de paysage doit rester ouverte à la diffluence des connaissances scientifiques et des imaginaires artistiques et littéraires, exprimant ainsi tour à tour la rigueur de l’analyse, les pulsions du rêve et le projet cosmologique d’un univers cohérent mais inaccessible.
P. D.

[R] Éloge de la plante pour une nouvelle biologie, par Francis Hallé
2000, Seuil /Science ouverte, Paris, 341 p.

Pourquoi les hommes sont-ils plus sensibles à la mort d'un animal qu'à celle d'une plante ? Et comment les plantes s'adaptent-elles à leur condition d'être vivant fixé, en tirent-elles seulement des contraintes ou, au contraire, plutôt des avantages par rapport aux êtres capables de se déplacer ?
Francis Hallé critique d'abord la dérive d'une biologie toujours dominée par l'animal et constate que le fossé se creuse de plus en plus entre «végétalistes» et «animalistes». La perte d'intérêt (financier et fondamental) pour les recherches et analyses du monde végétal, au profit des recherches touchant à l'animal (voire à l'homme) et promettant des applications à court terme...
Il commence ensuite sa comparaison entre le fonctionnement des plantes et celui des animaux pour y rechercher des similitudes et des antagonismes. Il applique l'interdisciplinarité en puisant dans les connaissances de la biochimie, de l'embryologie, de la biologie moléculaire... et même de la cristallographie ! Il explore successivement les formes, les cellules, la biochimie, l'évolution, l'écologie des êtres vivants végétaux et animaux. Il trouve ainsi quelques passerelles entre les deux règnes, tels que des animaux fixés (les coraux), et des analogies troublantes entre architecture d'un arbre et celle de colonnes d'exploration des fourmis, par exemple. La notion d'individu et de sa longévité (immortalité ou non ?) chez les plantes est également discutée, avec des conclusions innovantes.
Bien sûr, Francis Hallé connaît mieux les plantes (et particulièrement les végétaux tropicaux) que les animaux, mais des éclairages complémentaires (tirés d'une très riche bibliographie ou de collègues compétents) complètent ses connaissances et intuitions quand cela est nécessaire. Son livre enrichit le lecteur des réflexions et des analyses de son auteur. On en ressort convaincu de la richesse du vivant, et, notamment des facultés des végétaux à s'affranchir des contraintes induites par leur condition végétale, pour en tirer au contraire des inventions (presque «géniales»).
Daniel Bizet


[R] On signale : LIVRES

Robert Hainard : Chœur de loups
1999, éd. Slatkine, 140 p.

Nathalie Hervé-Fournereau : L’entreprise et le droit communautaire de l’environnement
2000, éd. Apogée, 524 p.

Robert Ali Brac de la Perrière, Franck Seuret : Plantes transgéniques
2000, éd CLM, 146 p.

Alain Franc, Sylvie Gourlet-Fleury, Nicolas Picard : Une introduction à la modélisation des forêts hétérogènes
2000, éd. ENGREF, 312 p.

Wilfrid Blunt : Linné, le prince des botanistes
1986, éd Belin, 349 p.

Rémy Brossut : Phéromones
1996, éd. Belin, 143 p.

Bernard Lemesle, Roger Cloupeau : Insectes remarquables. Loire moyenne et région Centre
1998, éd. ETL, 219 p.

Anne-Catherine Benchelah, Hildegard Bouziane, Marie Maka, Colette Ouahès : Fleurs du Sahara
2000, éd. Ibis, 255 p.

Jean-Pierre Nicolas : Plantes médicinales des Mayas K’iché du Guatemala
2000, éd. Ibis, 310 p.

Aline Tauzin : Le henné, art des femmes de Mauritanie
2000, éd. Ibis, 61 p.

Minh-Hà Pham-Delègue : Connaître et découvrir les abeilles
1999, éd. Minerva, 206 p.

Les 2000 meilleures plantes de jardin
2000, éd. Bordas/HER, 576 p.

Didier Willery, Pascal Garbe : 1 000 mariages de plantes
2000, éd. Bordas/HER, 413 p.

Pippa Greenwood, Andrew Halstead : Le guide santé du jardin
2000, éd. Bordas, 224 p.

Plus jamais ça !
2000, éd. de la Sept, n.p.

Laurent Mailliet et Corinne Bourgery : L’arboriculture urbaine
1999, éd. IDF, 318 + 139 p.

Christian Bromberger, Denis Chevallier (dir.) : Carrières d’objets
1999, éd. MSH, 224 p.

Promenade et nature en Gâtinais
2000, éd. Les Corbeaux, 196 p.

Jean Petit (dir.) : Environnement et aquaculture
2000, INRA Éditions, 214 + 354 p.

Gérard Grosclaude (dir.) : L’eau
2000, INRA Éditions, 204 + 210 p.

Denis Bathélemy, Jacques David (dir.) : L’agriculture européenne et les droits à produire
1999, INRA Éditions, 434 p.

Denis Baize : Guide des analyses en pédologie
2000, INRA Éditions, 257 p.

François Couplan : Dégustez les plantes sauvages
2000, éd. Sang de la terre, 174 p.

Jean-Marc Wathelet : Dictons des bêtes, des plantes et des saisons
1985 éd. Belin (coll. Le français retrouvé), 302 p.

Éric Vial : Les noms des villes et des villages
1983, éd. Belin (coll. Le français retrouvé), 319 p.

Jacques Brosse : Larousse des arbres et arbustes
2000, éd. Larousse, 576 p.

Gérard Bertolini : Le minimalisme
2000, éd. Économica, 97 p.

Annie Mollard-Desfour : Le rouge
2000 CNRS-Éditions, 490 p.

Sophie Musso-Gabai : Amiante. Obligations et responsabilité
2000, éd. SAP, 208 p.

Pierre Quézel : Réflexions sur l’évolution de la flore et de la végétation au Maghreb méditerranéen
2000, Ibis press, 117 p.

Hervé Domenach, Michel Picouet : Population et environnement
2000, éd. PUF « Que sais-je ? », 128 p.

Abdelmalek Benabid : Flore et écosystèmes du Maroc
2000, coéd. Ibis press/KWD, 359 p.

Arnaud Ménager (dir.) : Électricité
2000, éd. Eyrolles, 525 p.

Eugène Angelier : Ecologie des eaux courantes
2000, éd. Tec & Doc., 224 p.


[R] On signale : RAPPORTS, COMPTES RENDUS, THESES

Agriculture durable et prairies
Fourrages, n°160, décembre 1999

Pérennisation des emplois jeunes
1999, éd. FNE, 108 p.

Jocelyne Porcher : L’abattage des animaux : in-montrable ?
2000, éd. BN, 24 p.

L’éducation dans les jardins botaniques
2000, éd. JBFPF, 60 p.

Éric Marochini : Les remembrements en Moselle entre économie, environnement et société. Essai de géographie rurale et appliquée
Thèse UFR Sciences humaines et Arts de Metz, 601 p.

Villes et campagnes pour de nouvelles solidarités
2000, éd. BNR, 16 p.

Bilan et gestion des gaz à effet de serre dans l’espace rural
C.R. Acad. Agric. France, 85 (6), 1999

Perrine Maynadier : Le séchoir à foin solaire
2000, chez l’auteur, 19 p.

Biotechnologies de la reproduction animale et sécurité sanitaire des aliments
2000, éd. AFSSA, 118 p.

Avis et rapports du Conseil économique et social


[R] On signale : PÉRIODIQUES

Passages, n°100, décembre 1999

Les Cahiers du Comité consultatif national d’éthique, n°21-23, octobre 1999 – avril 2000

La Belle Lurette, n°19, mars 2000

Erica, n°13, mars 2000

Natures Sciences Sociétés, Vol. 8, n°1, janvier-mars 2000

Lettre PIGB-PMRC – France, n°10, février 2000

Soulager la planète, Manière de voir, n°50, mars-avril 2000

La tempête dans les réserves naturelles, La Lettre des réserves naturelles, n°54, 1er trim. 2000

Aménagement et Nature, n°136, mars 2000

Forêt méditerranéenne, tome XXI, n°1, mars 2000

Le Courrier de l’UNESCO, mai 2000

BIMA, n° 1483, mai 2000

Alter agri, n°41, mai-juin 2000

Fruits oubliés, n°1-00, printemps, mai 2000

La lettre de l’environnement en Languedoc-Roussillon, n°27, juin 2000

Natura 2000, n°11, avril 2000

L’Actualité Poitou-Charentes, n°48, avril-mai-juin 2000

Information Eaux, n°510, avril 2000

Cahiers du PROSES, n°1, 2000

Planet surf initiative, n°28, décembre 1999

Garde de l’espace littoral, n°41, mars 2000

Insectes, n°117, 2e trimestre 2000


[R] On signale : DOCUMENTS, PLAQUETTES, DOSSIERS…

Arbres morts, arbres à cavités
2000, éd. ONF, 32 p.

L’autruche pédagogique
2000, éd. CIRAD, 28 p.

Audit environnemental et économique des filières d’élimination des boues d’épuration urbaines
1999, EAE n°70, 28+153+130+124 p.

AFSSE
2000 éd. Assemblée nationale

Guide pratique du Contrat territorial d’exploitation
2000, éd. MAP, 80 p.

Contrats territoriaux d’exploitation : 30 fiches pratiques de présentation
2000, éd. MAP, 65 p.

Questions et réponses
1998-1999, Conseil de l’Europe

Le sapin blanc Abies alba
2000, éd. Silviva, dossier.

Jacques Trotignon : Des étangs pour la vie
2000, éd. ATEN, 70 p.

Luc Strenna (dir.) : Les rapaces de Bourgogne
2000, éd. L’aile brisée, 175 p.

Marcel Besombes, Alexandre Czekalski : Transhumance collective en Cantal
2000, éd. de la Cardère, 63 p.

L’intercommunalité pour mieux gérer les espaces agricoles péri-urbains
2000, éd. BNR, 42 p.

La santé des forêts. Bilan annuel, France 1998
Les Cahiers du DSF, 1, 1999, 111 p.

Menaces sur l’eau
Science et vie, HS, n°211, juin 2000

INRA-ESR Bibliographie 1999
2000, éd. INRA-ESR, 305 p.

La montagne
2000, éd. CE, 36 p.

Bibliographie agricole et rurale
Vol. XXXIII, n° 1-2/2000

Zones humides infos
n°28, 2e trimestre 2000

Le Bibliotin
n°40, 1er trimestre 2000


[R] On signale : AUTRES MÉDIAS

M. Cheylan, P. Geniez, J. Fonderflick : Reptiles et batraciens de France
1999, éd. CEPF, 20 p. + CD photo

PhytActa
2000, éd. ACTA, cédérom

J.-C. Roché, Jean Thévenet : Cigales et grillons
2000, éd. Sitelle, disque compact


[R] Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°40 ; Les ressources bibliographiques du Courrier