Bibliographie : Courrier n°39, février 2000

On a lu, on a vu, On signale (Livres, Rapports, comptes rendus, thèses, Périodiques, Documents, plaquettes, dossiers..., Autres médias), Textes.
Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°39 ; Les ressources bibliographiques du Courrier


[R] On a lu, on a vu

Comprendre le goût, (par Gisèle Derpet et Alix Domas) ; The European Roe Deer : the Biology of Success (par François Spitz) ; Le grand livre du ciel - Comprendre l'astronomie du XXIe siècle (par Pierre Marsal) ; Éclipses, les rendez-vous du ciel (par P.M.) ; Dictionnaire de l'astronomie et de l'espace (par P.M.) ; Volcans : Connaître la terre / Volcans du monde (par Gisèle Derpet et Ais Naffah)

[R] Comprendre le goût, Stéphane Girerd, Véronique Leclerc, Olivier Letodé
Cédérom pour Mac et PC

Cette coproduction CNRS, ENESAD et CNERTA, issue d'une collaboration étroite entre scientifiques reconnus, sur une idée originale d’Aline Olsson vise à informer et former tous ceux que le goût intéresse.
Deux niveaux de lecture sont proposés : tout d'abord, un niveau « encyclopédique » traitant en détail de l'ensemble des connaissances fondamentales sur le goût et ses sciences - histoire, plaisirs et préférences alimentaires, molécules sapides, etc. A l'heure du « livre électronique », on retiendra l'originalité de la présentation : c'est un véritable ouvrage qui s'offre à vous, lecteur. Il vous suffira alors de tourner les pages ! Un deuxième niveau, plus ludique, celui de la découverte, nous invite à participer concrètement aux phénomènes gustatifs : physiologie du goût, comportements alimentaires…
Cependant, ces deux univers sont d'intérêts inégaux. Le premier, très riche en informations scientifiques et culturelles, se présente de façon trop académique et est donc peu divertissant ; malgré les nombreux liens hypertextes et un glossaire exhaustif, le lecteur n'est pas engagé à poursuivre sa découverte.
Le second univers est plus accessible à un public non averti : sa « roue », ses 20 narrations, permettent d'aborder plus synthétiquement les nombreux thèmes du goût. Toutefois, il reste peut-être trop succinct dans son contenu pour réaliser avec succès l'évaluation et résoudre les énigmes proposées. Mais persévérez… pour la surprise finale ! Vous pourrez vous aider des notes prises tout au long de votre ballade interactive. Le parcours, avec ses animations, offre un agréable voyage en 3D.
D'une manière plus générale, la navigation est peu aisée (options difficilement repérables, images sombres…) et l'accompagnement musical lassant. On ne peut renier la qualité des informations ainsi que celle du graphisme, dont le style ne saurait être au goût de tous.
Gisèle Derpet
gisele.derpet@cit.univ-st-etienne.fr
Alix Domas
domas.alix@libertysurf.fr

Ouvrage paru aux éditions Educagri
29, bd du Docteur-Petijean, 21036 Dijon cedex
ed.cnerta@educagri.fr

[R] The European Roe Deer : the Biology of Success, par Reidar Andersen, Patrick Duncan et John D.C. Linnell (ed.).
1998, Scandinavian University Press, Oslo, 376 p.

Ce livre rédigé en anglais, de format maniable et couverture cartonnée a réuni les compétences des meilleurs spécialistes actuels du Chevreuil européen pour réaliser une synthèse, qui semble exhaustive, des connaissances. La préface des éditeurs insiste à juste titre sur l’important travail de révision critique effectué, préalablement à la publication, par une pléiade de re-lecteurs de haut niveau. Les promoteurs de l’ouvrage n’ont pas essayé de bouleverser les habitudes d’exposition des connaissances biologiques : le plan de l’ouvrage reste très classique, c’est une revue générale de l’acquis, partant de la phylogénie et de l’histoire de l’espèce pour aboutir à la démographie fondamentale et appliquée en passant par les divers aspects de la biologie individuelle et sociale. Le grand mérite des éditeurs est d’être parvenus à obtenir que tous les sujets bénéficient chacun d’un exposé suffisamment complet et équilibré. J’imagine que ça n’a pas dû aller sans mal ! Mais le résultat est là : un ensemble de chapitres dont non seulement le lecteur suit sans difficulté la progression logique, mais où il a l’occasion d’assister au développement des réflexions spécifiques des divers spécialistes, et à la présentation, courtoise mais sans fard, de leurs controverses, touchant les sujets « chauds » de la biologie évolutive.
Après l’avant propos dû à Helmuth Strandgaard, l’un des pionniers des recherches sur le chevreuil, quatorze chapitres se succèdent. Le premier présente un portrait du chevreuil par les éditeurs, destiné à introduire les grands sujets qui vont être traités, mais aussi dans une certaine mesure, à proposer déjà certaines conclusions. Le chapitre 2 traite de la taxonomie de l’espèce, tandis que le 3 aborde ce que l’on sait de son statut dans la préhistoire récente : l’expansion du chevreuil suivant celle de la forêt après la dernière glaciation est bien mise en évidence, mais il est évidemment beaucoup plus difficile de se faire une idée des adaptations au milieu et de l’état des populations dans ces époques reculées. Il n’était pas simple, venant après le chapitre 2, de bien délimiter le champ du chapitre 4 sur la génétique ; ses auteurs ont su y développer ce qui est lié à la différenciation génétique intra-spécifique, et les applications possibles à une gestion raisonnable de l’espèce. Le chapitre 5 développe les aspects nutritionnels, la physiologie digestive, mais aussi le comportement alimentaire ; une attention particulière est accordée à un trait tout à fait original du chevreuil, à savoir sa tolérance pour des contenus élevés en tanins, qui repose sur des mécanismes digestifs particuliers et aboutit à un choix sélectif de plantes comme le lierre pour l’alimentation hivernale. L’ontogenèse des choix alimentaires est décrite. Au chapitre 6, les mécanismes de survie du chevreuil dans des environnements extrêmes boréaux sont étudiés, sinon tous élucidés. Le fait que la petite taille soit associée à la possibilité de survivre dans de très petites « poches » de milieu favorable, là où une transhumance locale vers des climatozones plus clémentes n’est pas possible, est apparemment ce qui a permis au chevreuil de gagner des centaines de kilomètres vers le Nord à la faveur d’une relativement faible amélioration climatique. Le chapitre 7 traite de la prédation, principalement en examinant le chevreuil en tant que proie pour divers prédateurs. La prédation des jeunes faons par le renard, et celle des animaux de tout âge par le lynx et le loup, sont les plus importantes et ont été les plus étudiées. Par contre les données disponibles sont encore insuffisantes pour tester les hypothèses énoncées pour les relations prédateur-proie au niveau populationnel (prédation régulatrice ou non, indépendante ou dépendante de la densité, selon des processus linéaires ou non…). C’est probablement un des problèmes d’écologie les plus difficiles à traiter dans l’état actuel des techniques. La physiologie de reproduction, traitée au chapitre 8, est peut-être le sujet le plus familier aux lecteurs biologistes, à cause des quelques originalités popularisées depuis longtemps pour cette espèce : l’implantation du blastocyste différée de 5 mois, le rut estival, et le cycle de testostérone circulante débutant (comme le comportement territorial) dès le mois de mars chez les mâles, plusieurs mois avant le rut. On sait moins que la femelle est mono-oestrienne, donc fertile pendant environ 36 heures seulement. Les auteurs font une revue détaillée des observations faites en nature et en situation expérimentale, abordant en particulier l’effet des rythmes internes et de la photopériode.
Le chapitre 9 aborde l’organisation sociale du chevreuil. En fait ce titre dissimule plusieurs exposés distincts : l’utilisation de l’espace (domaines vitaux, déplacements et activités), les systèmes de communication inter-individuelle, le grégarisme et la territorialité. Une part notable est accordée au rôle de l’aboiement et à son origine comme comportement anti-prédateur, devenu un comportement général de signalement de présence à tout intrus, d’où son association avec le comportement territorial. Les auteurs analysent la variabilité du grégarisme, marquée surtout par la formation possible de grands groupes hivernaux chez les chevreuils vivant en paysage ouvert. La variabilité de ce trait s’accompagne de la grande stabilité de certains autres traits, en particulier la territorialité. Sur ce dernier point, les auteurs suggèrent que ce comportement a pu apparaître au cours de l’évolution dans le cadre d’une stratégie d’accouplement efficace en milieu forestier mais « maintenant constitue une contrainte phylogénétique pour des populations vivant à haute densité ou dans des milieux plus ouverts ».
Le lecteur tombe alors au chapitre 10 sur une intéressante et stimulante controverse, car Liberg et ses co-auteurs ne sont pas tout à fait d’accord avec cette opinion. Pour eux, le territorialisme des mâles est fondamentalement une tactique d’amélioration des possibilités d’accouplement, et le système reproducteur du chevreuil entre dans la catégorie des « polygynies avec défense des ressources ». Le lecteur pourra essayer de se faire une opinion à travers une lecture attentive des faits et expériences relatés dans ces deux chapitres. On peut quand même suggérer une piste plus parcimonieuse que les positions très verrouillées des deux groupes d’auteurs : pourquoi ne pas considérer que le territorialisme et le système d’accouplement polygyne observés sont particulièrement adaptés à des habitats pionniers petits et très disjoints, auquel cas ces traits auraient donc pu se fixer évolutivement lors d’une des phases interglaciaires longues où la forêt caducifoliée primaire a occupé toute l’aire du chevreuil en ne lui offrant son habitat que sous la forme de chablis espacés ? Les conditions environnementales ayant radicalement changé, il serait important d’explorer très soigneusement la part de variabilité que le chevreuil possède encore sur ces traits comportementaux.
Le chapitre 11 est en fait le regroupement de deux sujets : la mortalité néonatale et la dispersion. Sur le premier point, les auteurs développent particulièrement le rôle de la stratégie « hider ». Sur le second, il apparaît clairement une grande variabilité individuelle et des différences importantes selon les zones climatiques concernées. De toutes façons, les chevreuil ne passent pas brutalement de la sédentarité à l’éloignement, mais sont plutôt coutumiers d’excursions qui peuvent aboutir à une délocalisation durable. Le chapitre 12 fait le panorama des « life history traits » ce barbare terme anglais, que je préfère ne pas traduire, mais qui veut simplement dire « dimensions, poids et nombre de petits ». Tous ces paramètres apparaissent beaucoup plus variables au niveau individuel que géographique, mais il y a quand même une tendance à ce que la vitesse de croissance et le poids adulte soient plus hauts vers les latitudes plus hautes, et sans doute aussi sont-ils corrélés à la disponibilité des ressources alimentaires. Le chapitre 13 est une mise au point compétente sur le fonctionnement démographique de l’espèce. Son intérêt principal est de tenter de résoudre le dilemme du déterminisme du taux d’accroissement : est-il lié à la survie adulte ou à la survie des faons ? réponse dans le chapitre. Le chapitre 14 aborde plusieurs aspects touchant à la gestion des populations et des impacts. Il soulève un problème théorique important, dont les conséquences pratiques peuvent être majeures : le chevreuil entre-t-il comme facteur déterminant du fonctionnement des écosystèmes européens ? S’il a eu sans doute un rôle notable, mais ponctuel, dans la forêt caducifoliée primitive où il intervenait dans quelques petites taches de milieux pionniers, ne pourrait-il devenir un agent majeur dans des écosystèmes artificialisés nouveaux (forestiers ou cultivés) où sa niche de prédilection deviendrait prépondérante ? Il est bien que l’ouvrage se termine sur cette ouverture concrète.
Malgré toutes ses qualités, le présent livre soulève quelques problèmes de fond. Ainsi le chapitre 9 (social) démarre et se développe sans que la notion de groupe ait été énoncée ; or le « groupe « est plutôt un concept subjectif : les « animaux qu’on voit ensemble » ; ceci impose de les voir et de définir « ensemble ». Comme en outre il existe chez certains spécialistes l’opinion que « organisation sociale » est réservé à des ensembles d’individus où il y a répartition des tâches (sociétés d’Hyménoptères par exemple), on voit qu’une bonne terminologie serait nécessaire ! Ici, comme pour beaucoup de mammifères en activité normale, on a seulement affaire à des proximités plus ou moins grandes entre individus, et à des similitudes plus ou moins grandes entre les activités que chacun pratique à un moment donné. Or rien d’interdit de définir des réseaux de proximité spatiale entre des individus que nous ne voyons pas, ou que nous ne voyons pas « ensemble », ou qui nous paraissent trop « loin » les uns des autres, même si cela nous choque dans nos habitudes. Si cet effort est fait, rien n’empêche alors d’analyser les activités individuelles en relation avec les positions individuelles dans les réseaux. Les auteurs du chapitre 9 arrivent presque à le dire, mais ne le disent pas tout à fait, c’est dommage.
Une dernière remarque sur une absence étonnante dans cet ouvrage : aucun chapitre ne traite spécifiquement de l’utilisation des habitats. Certes les éditeurs disent bien dans leur introduction que c’est volontairement qu’ils n’ont pas touché à tous les thèmes (en mentionnant comme absents la parasitologie ou la microbiologie du rumen, pourquoi ceux-là seulement ?) mais préféré en approfondir quelques-uns seulement. Et pourtant au moins huit des quatorze chapitres peuvent difficilement faire fi de la sélection et de l’utilisation des habitats, et d’ailleurs ils y font plus ou moins directement allusion ! Comment tester certaines des hypothèses fondamentales dont parle l’ouvrage (et comment faire contribuer ces connaissances à une meilleure gestion des richesses biologiques) sans savoir dans quel paysage vit le chevreuil, s’il existe pour lui des « barrières », des « corridors », des habitats constamment sélectionnés ou rejetés, mais aussi comment il perçoit et construit son univers, comment il module ses activités en fonction de l’organisation spatiale des milieux à diverses échelles ? La réponse à ces questions est fragmentée à de multiples endroits de plusieurs chapitres, et il faut bien reconnaître que seul un spécialiste entraîné peut renouer les brins (pour au bout du compte s’apercevoir qu’il lui en manque !). Il est indiscutable qu’un certain nombre des auteurs en lice étaient en mesure de produire une synthèse répondant à ces interrogations. Souhaitons qu’un prochain ouvrage leur en donne l’occasion.
François Spitz
spitz@toulouse.inra.fr

[R] Le grand livre du ciel - Comprendre l'astronomie du XXIe siècle, par Philippe de La Cotardière, Roger Ferlet (dir.)
(préface de Jean-Pierre Luminet)
1999, éd. Bordas, 480 p., 450 photographies

Il y a maintenant quelques cent vingt ans, Camille Flammarion avec son Astronomie populaire suscita auprès de nos anciens un grand mouvement de passion pour le ciel et pour ses splendeurs. L'ouvrage qui nous est présenté ici est de ceux qui pourraient efficacement participer au renouveau d'intérêt que l'on sent se manifester aujourd'hui. Rédigé par une centaine de spécialistes, il joint l'utile de l'information précise, claire et détaillée, à l'agréable d'une somptueuse illustration graphique et photographique.
Il comprend quatre parties : "l'univers en question" qui tente d'apporter des réponses aux perpétuelles questions que l'homme se pose sur l'espace qui l'entoure ; "du ciel à l'univers", une passionnante histoire de l'évolution du savoir astronomique ; "l'astronomie de A à Z", un dictionnaire de 300 articles et dossiers enrichi d'illustrations ; "l'Univers en chiffres" enfin, qui rassemble des informations quantitatives sur un certain nombre de sujets d'astronomie (constellations et étoiles, dates des éclipses, situation et caractéristiques des principaux observatoires, etc.).
Le dictionnaire de la troisième partie a certes moins d'entrées que n'en comporte un ouvrage dédié à cette fonction (tel le Dictionnaire de l'astronomie et de l'espace, présenté par ailleurs dans le présent Courrier), mais il n'en est pas pour autant de moindre qualité. D'ailleurs, à la lecture de certains articles, on constate qu'ils ont souvent les mêmes spécialistes pour auteurs.
Pierre Marsal

[R] Éclipses, les rendez-vous du ciel, par Serge Brunier, Jean-Pierre Luminet
1999, éd. Bordas, 192 p., 40 pages de cartes, 150 photographies

Que ceux qui n'ont pu observer l'éclipse du 11 août 1999 - soit que les nuages leur aient dissimulé le phénomène ou bien qu'ils ne se trouvassent pas sur son passage précis - ne se lamentent pas : les photos de ce livre leur en présentent les aspects les plus spectaculaires.
Livre d'art autant que livre de science, c'est aussi une véritable somme sur tout ce qui concerne le phénomène astronomique des éclipses. Reportage, on y apprend la technique et les émotions des chasseurs d'éclipse ; histoire, on nous conte par exemple le triste sort des deux astronomes chinois, Ho et Hi, qui, lors de l'éclipse du 22 octobre de l'an moins 2237, ivres morts, oublièrent de convoquer archers et tambours pour effrayer le dragon qui dévorait le soleil. La littérature sur les éclipses, y compris celle des journaux, n'est pas oubliée. Et bien évidemment la science est convoquée pour en expliquer en détail les mécanismes.
Enfin un atlas nous décrit toutes les éclipses de lune et de soleil jusqu'en 2060. Alors, si vous n'avez pas le courage d'aller jusqu'en Espagne pour y admirer l'éclipse totale du 12 août 2026 (ce sera un mercredi je crois), rendez-vous dans le sud-ouest de la France le 5 novembre 2059 (un mercredi aussi) pour y observer une jolie éclipse annulaire.
P.M.

[R] Dictionnaire de l'astronomie et de l'espace, par Philippe de La Cotardière, Jean-Pierre Penot
(préface d’Hubert Curien)
1999, éd. Larousse, 544 p., 100 illustrations

Ce dictionnaire résulte de la fusion et de la mise à jour du Dictionnaire de l'astronomie et du Dictionnaire de l'espace. De A1 (alias Astérix), premier satellite artificiel français mis en orbite en 1965, à Zwicky (Fritz), astrophysicien suisse décédé en 1974, qui avait prédit l'existence des étoiles à neutrons, cet ouvrage explicite quelques 2 500 termes, objets ou personnages en rapport avec ces deux disciplines. S'y ajoutent en annexes des tableaux répertoriant les principaux événements historiques de la conquête de l'espace (lanceurs en service, records homologués, etc.).
Utile aux amateurs d'astronomie comme aux passionnés de l'aventure spatiale, il constitue un outil de référence précieux. Mais il intéressera également le simple curieux. Celui-ci y apprendra par exemple que nos Académies proscrivent l'emploi du verbe alunir, que le terme impesanteur doit être préféré à celui d'apesanteur. Il enregistrera non sans effroi qu'aujourd'hui quelques 8 500 débris spatiaux représentant une masse de 2000 tonnes survolent nos têtes (il y aurait même plus de 100 000 objets d'une taille supérieure au centimètre). Les explications y sont précises mais claires : il n'est pas toujours facile d'expliquer simplement au débutant pourquoi plus les corps célestes sont lumineux plus le nombre mesurant cette luminosité (la magnitude) est faible, jusqu'à devenir négatif.
Enfin, à coté de la science et de la technique, le rêve n'est pas oublié : on y mentionne la mystérieuse planète X qui pourrait se situer au delà de l'orbite de Pluton. On y fait référence à quelques auteurs qui ont enchanté notre imagination d'adolescent : Jules Verne, H.-G. Wells, Cyrano de Bergerac (encore que les romans de celui-ci ne soient pas d'un abord très facile pour un jeune lecteur).
P.M.

[R] Volcans : Connaître la terre / Volcans du monde, par Jacques Durieux (dir.)
Cédérom Mac et PC

Dernière publication, une production « multimédia », de l’animateur du Groupe d'étude des volcans actifs, qui a dirigé de nombreuses missions scientifiques sur tous les volcans du monde et auteur de nombreux ouvrages : au travers de notre écran, un fabuleux voyage au centre de la terre.
Il est impératif de s'intéresser tout d'abord au premier volume, Connaître la Terre. La ballade est agréable et instructive : origine des sciences de la terre, histoire des phénomènes éruptifs, mythes et légendes au cours des siècles… et découverte de la radioactivité des roches. Les discours sont scientifiques sans excès, accessibles à tous. De plus, vidéos, graphiques, photos, cartes et animations diverses ont été réunis pour faire de cet ouvrage éducatif un petit moment de bonheur.
La découverte du second volume consacré aux Volcans du monde a été également une heureuse surprise : le contenu est une véritable aventure, et pour une fois, la présentation est attrayante et fait profiter au mieux des outils d’un ordinateur.
Face aux plus grandes éruptions de la planète, on n’est pas pour autant noyé sous une masse d’informations. Ce cédérom est, de toute évidence, destiné lui aussi au grand public : les scientifiques et les experts n’y trouveront rien qui puisse faire avancer des recherches approfondies.
Mais ce qui nous a vraiment fascinés, c’est la présentation du contenu, qui rassemble toutes sortes de documents : diaporamas (succession d’images avec un commentaire), photos saisissantes, tableaux ou illustrations, séquences filmées. La plupart des documents ne contiennent pas de texte. Les informations sont transmises par le biais d’une voix : le spectateur peut ainsi admirer les magnifiques images et les séquences filmées comme dans un film ! Cette optimisation des ressources audiovisuelles s’avère être un superbe instrument pédagogique : on découvre le contenu des disques avec un grand plaisir, en dépit d’un accompagnement musical lassant et sans originalité.
Le « carnet » rend la navigation extrêmement simple et conviviale, avec la possibilité de noter, d’établir un « agenda » qui garde l’historique des différentes consultations.
Quelques mauvais points : il nous est proposé une rubrique Internet qui nous connecte au site des éditions Syrinx sans que cette visite n’apporte rien de nouveau par rapport au contenu du cédérom : il y a des moyens plus subtils de faire sa propre publicité ! D’autre part, on peut regretter l’absence d’interactivité . On ne trouve dans cet ouvrage aucune animation dans laquelle celui qui le découvre prend une part active : nous nous contentons de regarder les différents documents.
Autre regret : l’absence de liens vers les œuvres d’art (notamment les films) qui sont fortement inspirés par les volcans : comment peut-on oublier de mentionner le très beau film Stromboli de Roberto Rossellini ?
Malgré ces petits aléas, ces ouvrages pourraient constituer un très bon point de départ pour un site Web sur les volcans.
Gisèle Derpet
gisele.derpet@cit.univ-st-etienne.fr
Ais Naffah
naffah@paris.inra.fr

Éditions Syrinx (www.syrinx.fr).
avec la participation du Centre national de la cinématographie et du secrétariat à l'Industrie.


[R]  On signale : LIVRES

Franck Resplandy : Lisier dans les yeux
1999, éd. Baleine, 151 p.

Patrick Blandin : Trésors de nature
1999, coéd. de Monza/MNHN, 235 p.

Gabriel Guet : Mémento d’agriculture biologique
1999, éd. Agridécisions, 349 p.

La végétation d’Eure-et-Loir
2000, éd. Eure-et-Loir Nature, 164 p.

Andrée Corvol (dir.) : Les sources de l’histoire de l’environnement : le XIXe siècle
1999, éd. L’Harmattan, 502 p.

Andrée Corvol (dir.) : Forêt et marine
1999, éd. L’Harmattan, 525 p.

Stéphane Hénin : De la méthode en agronomie
1999, éd. L’Harmattan, 191 p.

Gérard Rocamora, Dosithée Yeatman-Berthelot : Oiseaux menacés et à surveiller en France
1999, coéd. SEOF-LPO, 598 p.

Pierre Mestre : 99 réponses sur… les insectes
1996, éd. CRDP de Montpellier, 99 p.

Jean-Jacques Dides (dir.) : 99 réponses sur… l’environnement
1997, éd. CRDP de Montpellier, 99 p.

Claire Le Bouar, Marie-France Belotti, Patricia Ravet : Guide écologique de la famille
1999, Sang de la terre, 348 p.

Pascale Solana : La bio, de la terre à l’assiette
1999, éd. Sang de la terre, 252 p.

Bernard Farinelli : Pour la campagne
1999, coéd. Village magazine, Sang de la terre, 158 p.

Jean-Pierre Leguay : La pollution au Moyen Âge
1999, éd. Gisserot, 127 p.

Frederico Mayor : Un monde nouveau
1999, éd. Odile Jacob, 524 p.

Claude Combes, Christophe Guitton : L’homme et l’animal
1999, éd. Pour la science, 159 p.

Les espaces boisés en France. Bilan environnemental
1999, coéd. IFEN/Frison-Roche, 197 p.

Christophe Drénou : La taille des arbres d’ornement
1999, éd. IDF, 268 p.

Gaëtan du Chatenet : Coléoptères phytophages d’Europe
2000 éd. NAP, 50 p.

Serge Frontier : Les écosystèmes
1999, éd. PUF, 128 p.

Jean-Noël Reboulet : Les auxiliaires entomophages
1999, éd. ACTA, 135 p.

Augustin Berque, Michel Conan, Pierre Donadieu, Bernard Lassus, Alain Roger
Mouvance

1999, éd. De la Villette, 99 p.

Philippe Viaux : Une 3e voie en grande culture
1999, éd. Agridécisions, 211 p.

Didier-Richard Blackbourn : Le Renard roux
1999, éd. Éveil nature, 82 p.

Gérard Bertolini, Pierre Melquiot : A la recherche du vêtement écologique
1999, éd. SAP, 163 p.

Laurent Jolia-Ferrier, Nicolas Boudeville : Guide pratique de l’audit d’environnement
1999, éd. Tec & Doc, 134 p.

Michel Lulek : Ambiance bois
1999, éd. d’Utovie, 123 p.


[R] On signale : RAPPORTS, COMPTES RENDU, THESES

Le recyclage de l’eau en horticulture
2000, ASTREDHOR, 127 p.

Raphaël Larrère, Martine Berlan-Darqué (dir.) : Sciences sociales et espaces protégés
2000, éd. MATE.

L’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers
2000, éd. CNE, 51 p.

Bilan et analyse de la mise en place des CLIS
1999, éd FNE, 34 p. + ann.

Pascale Maillard, Raymond Bonhomme (dir.) : Fonctionnement des peuplements végétaux sous contraintes environnementales
2000, INRA éditions, 566 p.

Le patrimoine fruitier. Hier, aujourd’hui, demain
1999, éd. AFCEV, 291 p.

Boisements naturels des espaces naturels agricoles de déprise
Ingénieries, n° spécial 1999, 176 p.

Jean-Yves Lesouef (dir.) : Les plantes menacées de France
1999, éd. SBCO, 616 p.

Spéciation des métaux dans le sol
1999, éd. ECRIN, 296 p.

Michel Sebillotte (dir.) : Recherches pour et sur le développement territorial
1999, éd. INRA, 484 + 121 + 165 + np

Quelle démarche qualité pour la gestion des espaces naturels ?
1999, coéd. CSE/ENR, 250 p.

Frédéric Bouin : Tourisme et droit de l’environnement
2000, thèse doctorat en droit, université de Limoges, 501 p.

Systèmes laitiers productifs et qualité de l’eau
1999, éd. Institut de l’Élevage, 98 p.

Philippe Kourilsky, Geneviève Viney : Le principe de précaution
1999, non publ, 167 p. +ann.

Avis et rapports du Conseil économique et social

Travail, violences et environnement
Rapport présenté par Michel Debout, 1999, 145 p.

Conseil économique et social. Rapport annuel 1999
1999, éd. Journaux officiels, 256 p.

Éducation relative à l’environnement. Regards – Recherches – Réflexions
Vol.1, 1998-1999

Claire Villemant (dir.) : Protection intégrée des forêts de chênes
1999, Bulletin OILB/SROP, vol. 22(3)


[R] On signale : PERIODIQUES

Insectes, n°116, 1er trimestre 2000

Notre alimentation, n°24, janvier 2000

Paysages en ville, Les Annales de la recherche urbaine, n°85, décembre 1999

La Lettre du Pays, n°4, janvier 2000

The Jester, n°310, octobre 1999

Bulletin de la société royale les naturalistes de Mons et du Borinage, Tome 62, 1999

Thierry Dutoît : Le pâturage itinérant dans la basse vallée de la Seine, Cahiers Agriculture, 8, 486-487, 1999

Village magazine, n°43, mars-avril 2000

Contrat territorial d’exploitation, BIMA, HS n°5, janvier 2000

Travaux et innovations, n°64, janvier 2000

Biopresse, n°45, janvier 2000

Anne Hauben : Le vent des forêts, Science & nature, n°95, janvier-février 2000

Études foncières, n°85, hiver 1999-2000

L’Actualité Poitou-Charentes, n°47, janvier-février 2000

Cosinus, n°2, décembre 1999-janvier 2000

Les plantes invasives, La Garance voyageuse, n°48, hiver 1999

Écobuage et gestion de l’espace, Montagnes méditerranéennes, n°10, 1999

Le Journal des pelouses, n°1-2, décembre 1999

La Feuille verte, n°30, décembre 1999

Le Courrier des Épines drômoises, n°94, janvier/février 2000

Les Carnets du paysage, n°4, automne/hiver 1999

La Lettre de la biosphère, n°51, janvier 2000

Le Râle d’eau, n°100

MEDIT, n°4/99

Jeunes agriculteurs, n°546, janvier 2000

INRA Mensuel, n°102, décembre 1999

Symbioses, n°1, novembre 1999

Le Courrier de la nature, n°182, janvier 2000

Usages de l’eau et équipements hydrauliques en Camargue, Courrier du parc, n°48/49

Le Pou d’Agouti, n°25, septembre 1999

Observatoire des rapports entre rural et urbain, n°1, décembre 1998 ; n°2, janvier 1999

Panorama, n°12/99

Le St. Hubert, NS, n°28, janvier-février 2000

Mille lieux, n°3, décembre 1999

Penn ar Bed, n° 170, septembre 1998

Bien-être animal, Cahiers Agricultures, vol. 8, n°6, novembre-décembre 1999

Sur le même sujet, le centre INRA de Tours propose, sur Internet, les résumés des communications faites au colloque Éthique et bien-être animal réuni le 3 décembre 1999 : - Histoire des conceptions de l’animalité dans la philosophie occidentale : quelques repères ;
- Les différentes positions philosophiques face à l’expérimentation animale ; - L’approche littéraire de l’animal ; - L’animal a-t-il un monde ? Apports de la psychologie cognitive ;
- Les représentations sociales de l’élevage ; - Les enjeux scientifiques posés par le bien-être animal ; - La réactivité émotionnelle chez les ongulés domestiques ; - Le comportement maternel : indices d’une représentation du congénère d’attachement ? ; - Développement des relations sociales chez les mammifères : existence et importance pour la survie ; - Les problèmes de bien-être animal dans la filière porcine : le cas du sevrage précoce.
www.tours.inra.fr/tours/prmd/ethique/jour99.htm

Natures Sciences Sociétés, Vol. 7, n°4, 1999

La Belle Lurette, n° 18, décembre 1999

Planète media, n°1, décembre 1999 – janvier 2000

ONC Actualités, n°1, octobre 1999

Environnement et mondialisation, Les Cahiers de Global Chance, n°12, novembre 1999

JPN mag, n°2, novembre 1999

La Salamandre, n° 134, octobre et novembre 1999

La Tortue, n°48, novembre 1999

Environnement, n°1/2000

Notre terre, n°1, octobre 1999

La science et l’utilisation du savoir scientifique, Connexion, vol. XXIV, n°1/2, 1999

Sud-Ouest nature, n°15, 2e trimestre 1999

Echo-MO, n°20, novembre-décembre 1999

BEDIM, Vol. 8, n°1, 1999

La Lettre du DSF, n°20, décembre 1999

Ces terres qui nous entourent, Les Données de l’environnement, n°51, janvier 2000

Planet Surf Initiative, n°26, juin 1999


[R]  On signale : DOCUMENTS, PLAQUETTES, DOSSIERS…

Déméter 2000. Économie et stratégies agricoles
1999, éd. Armand Colin, 285 p.

L’ADEME publie

Dans la collection Données et références :

Dans la collection Connaître pour agir :

Qualité de l’eau et santé de l’homme
2000, éd. ENGREF, 40 p.

Connaître et gérer les milieux sensibles des forêts
2000, éd. CSNHN, 32 p.

Acheter la destruction
1999, éd. Greenpeace, 76 p.

Schéma de services collectifs des espaces naturels et ruraux
1999, coéd. MATE/DRAF IF, 78 p.

Directive habitats
2000, éd. MATE, 19 p.

Catherine Gabrie (coord.) : L’état des récifs coralliens en France outre-mer
1999, coéd. SEOM/MATE, 136 p.

L’Angélique des estuaires
1999, éd. CRRLA, 11 p.

Pierre Steyaert, C. Gendret, Claude Béranger : Un exemple de démarche pour élaborer des contrats territoriaux d’exploitation
1999, éd. INRA – DADP

Maryam Niamir-Fuller : Managing Mobility in African Rangelands
1999, éd. FAO, 320 p.

Bernard Lambert (dir.) : Analyse après incendie de six coupures de combustible
1999, éd. de La Cardère, 81 p. + ann.

René Condour (dir.) : Coupures de combustible : Le coût des aménagements
2000, éd. de la Cardère, 57 p. + ann.

Situation du recyclage agricole des boues d’épuration urbaines en Europe
1999, éd. ADEME,159 p.

Annuaire des membres de l’AFCEV
Foliaison, n°11, décembre 1999

Acteurs de l’éducation à l’environnement en Bretagne. Annuaire 1999
1999, éd. REEB, 367p.

La rivière m’a dit
2000, éd. FRAPNA

De la graine à la plante
2000, Pour la Science, HS, 131 p.

Foresterie internationale
n°4, mai 1999

Rapport environnement et santé
1999, éd. UIPP, 78 p.

Odile Conchou et Roselyne Pineau : Annuaire des prestataires de services environnement
1999, Victoires Éditions, 735 p.

Inventaire des paysages
1999, éd. CENPC

Dominique Villebonne : Le Chancre du châtaignier en forêt
Les Cahiers du DSF n°4, 1998

Vincent Badeau : Caractérisation écologique du réseau européen de suivi des dommages forestiers
Les Cahiers du DSF n°5, 1998, 211 p.

C. Nicourt, J.-M. Girault, J. Bourliaud : Des agriculteurs sur des scènes locales du risque
1999, éd. INRA-STEPE, 78 p.

Gestion des bords de champs cultivés
1999, coéd. ONF/ZENECA, 20 p.

Valérie Bert et Annabelle Deram (dir.) : Guide des Phytotechnologie
1999, éd. EDA, 154 p.

Institut de l’Elevage : Formation 2000
1999, éd. IE, 89 p.

Dernière minute


 [R] On signale : AUTRES MÉDIAS

Michel Etienne, Hélène Rapey : L’agroforesterie en France
2000, coéd. INRA/CEMAGREF, cédérom 95/98/NT

Guy Paillotin : L’agriculture raisonnée

Accueillir les nouveaux scientifiques et ingénieurs de l’INRA
1999, INRA-DIC, cédérom


Textes

E. Rémy (coord.), P.Alphandéry, J.-P.Billaud, N. Bockel, C. Deverre, A. Fortier, B. Kalaora, N. Perrot, F. Pinton : La mise en directive de la nature. De la directive Habitats aux prémices du réseau Natura 2000.

Rapport pour le ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, DGAD/SRAE., juillet 1999, 280 p.

afortier@mnhn.fr

Résumé

" La directive Habitats offre un bon exemple d'une politique territoriale fondée très explicitement sur la connaissance scientifique. Inscrite dans le prolongement des lois relatives à la protection de la nature, sa mise en œuvre a pour objectif d'harmoniser au niveau européen la conservation biologique des espaces naturels. Sa particularité tient au fait que le texte de référence propose aux différents États de concilier objectifs scientifiques et contraintes socio-économiques dans le cadre de son application concrète. Ces caractéristiques en font un objet d'étude sociologique que justifie aussi l'ampleur des conflits suscités par l'identification des sites à préserver.

Les caractéristiques de la directive nous ont conduit à prendre en compte différents niveaux d'observation : européen, national (France), local (régional, départemental, site). L'objectif de conservation de la " biodiversité " affiché par la directive fait de celle-ci un objet complexe dont l'analyse relève de plusieurs champs : la compréhension des dispositifs de politiques publiques environnementales, les modalités de la production de connaissances scientifiques dans le domaine de l'écologie, les problèmes liés à l'intégration de ces dernières dans l'action publique et enfin les conflits d'intérêts et de légitimité que suscite la conservation de la nature. Dans ces différentes perspectives, nous avons tenté de retracer l'évolution du dispositif en France et le travail d'élaboration des connaissances scientifiques qui l'a accompagné.

On rappelle, dans un premier temps, les références et les cheminements qu'emprunte la directive Habitats par rapport aux politiques de la nature existantes. Selon cette optique, la notion de biodiversité fait l'objet d'une analyse précise. Force est de constater que la préservation de la biodiversité, faute de consensus dans la définition, n'est pas accompagnée par des institutions, des instruments, et des modalités de gestions précises.

L'évolution des procédures et la place donnée à la négociation ont pu être interprétées comme des marques de l'apparition d'un espace public de discussion autour des questions liées à la conservation de la nature. Le débat semble avoir été lié à la difficulté de fonder une politique territoriale sur une approche de la biodiversité qui se veut scientifique. Le dispositif a aussi été analysé sous l'angle d'un conflit de légitimités.

Notre intérêt s'est porté, ensuite, sur le savoir scientifique mobilisé en France pour procéder à l'identification des sites. La production de connaissances passe par de nombreuses étapes que nous avons tentées de reconstituer. Les compétences reconnues ou contestées des divers acteurs impliqués dans cette procédure d'identification des sites ont fait l'objet d'une analyse précise. On mesure alors la façon dont l'inventaire, pris entre des contraintes scientifiques et des exigences sociales et politiques, est amené à être modifié. Ce qui nous conduit à réfléchir aux rapports entre " science "" et politique " tels qu'ils se déclinent au cours de l'application sur le terrain de cette politique de conservation de la nature.

Comme l'on pouvait s'y attendre, les enquêtes empiriques réalisées au niveau local ont traduit une hétérogénéité de situations. Parce qu'elles dressent un panorama des compétences mobilisables et des relais institutionnels disponibles, ces enquêtes donnent un bon aperçu des points d'accords et de conflits qui accompagnent en régions, la mise en directive de la nature.


[R]  Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°39 ; Les ressources bibliographiques du Courrier