Le Courrier de l'environnement n°34, juillet 1998  

les bords de champs cultivés
pour une approche cohérente des attentes cynégétiques, agronomiques et environnementales

1. Chasse et agriculture : des approches différentes
2. Les bord de champs : " zone grise " ou " opportunité " ?
3. Les nouveaux défis proposés à l'agriculture : un moteur pour l'évolution
4. Actions en faveur du milieu et relation avec les bord de champs cultivés
5. Demain, les bords de champs

Références bibliographiques


[R] 1. Chasse et agriculture : des approches différentes

Chasse et agriculture sont des activités traditionnelles qu'un milieu naturel commun rapproche de longue date. L'histoire montre que cette cohabitation n'a pas toujours été exempte de conflits : privilèges cynégétiques seigneuriaux exorbitants d'avant la Révolution française, querelles sur les droits de chasse, de parcours, pose de clôtures intempestives, opérations de remembrement ou de drainage contestables, dégâts sur les semis ou les récoltes... Mais, qu'elles eussent été harmonieuses ou parfois conflictuelles, ces relations demeuraient, pour l'essentiel, l'apanage des hommes du terroir.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'agriculture française, exsangue, s'est vu assigner comme objectif de parvenir à l'autosuffisance alimentaire. Cette incitation n'était pas nouvelle. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la plupart des gouvernements avaient déjà clamé bien haut le souci qu'ils avaient " d'alimenter le pays par le pays " et de devenir si possible pour les productions majeures un " pays d'exportations régulières "... Jules Méline, député et ministre de l'agriculture, insistait d'ailleurs en 1885 sur le fait que, pour élever les rendements, l'agriculture devait à tout prix " améliorer ses méthodes, perfectionner ses procédés et devenir scientifique ". L'éducation des populations rurales et la diffusion du progrès technique étaient alors une voie royale pour parvenir à ces fins et force est de convenir de l'efficacité des axes alors choisis. La productivité s'est régulièrement améliorée, conduisant même à partir de 1950 à un envol remarquable des rendements et à des améliorations qualitatives dans de nombreux domaines. Tous les secteurs connexes à l'agriculture ont apporté une contribution : sélection variétale, industries du machinisme, des engrais, phytopharmacie... avec le concours de conseillers nombreux et efficaces. Vingt ans plus tard, vers 1970, l'objectif était atteint dans un contexte social et culturel nouveau. La main d'œuvre dévolue aux activités agricoles n'a cessé de décroître, conduisant à la désertification de certaines régions et à la constitution d'une population majoritairement urbaine, de plus en plus étrangère à l'agriculture et à son contexte naturel.
Durant ce même laps de temps, le monde de la chasse a dû s'adapter à une donne complexe :
- transformation du milieu naturel du fait de l'agriculture (intensification ou, à l'opposé, déprise), urbanisation, extension des réseaux routiers et ferroviaires, emprise des lignes électriques, etc. ;
- évolution concomitante de l'abondance relative des espèces chassées, des phénomènes de prédation, accumulation des connaissances scientifiques sur les populations-gibiers, sur leur régulation naturelle... ;
- nouvelles réglementations concernant l'encadrement des pratiques, alors même que le nombre des pratiquants régresse pendant que s'accroît leur niveau de connaissances ;
- changement profond des mentalités : le plus grand nombre des non-chasseurs, hostiles ou réservés vis-à-vis de la chasse, est maintenant composé de citadins, peu au fait des équilibres du milieu naturel.
Aux évolutions régionales, nationales ou européennes du cadre d'exercice de la chasse, les autorités préoccupées de faune sauvage ont proposé et mis en œuvre de nombreuses actions destinées à accompagner en sa faveur les transformations des territoires du fait des activités humaines (Havet, 1996).
D'une manière globale, il faut constater que le regard porté par la communauté nationale sur le milieu naturel a clairement changé à partir des années 80. Le thème de l'environnement a dépassé les diatribes anciennes entre écologues, chasseurs et agriculteurs pour devenir un enjeu politique évident, au plus noble sens du terme. Les causes de cette évolution sont connues. Elles se traduisent par une pression nouvelle qui s'exerce, tant sur la chasse que sur l'activité agricole, au travers de réglementations foisonnantes, souvent perçues comme des contraintes. Et même si elles ont conduit nombre de chasseurs et d'agriculteurs à mettre en œuvre des initiatives ponctuelles originales, celles-ci, positives au regard des spécialistes mais ignorées du public, demeurent insuffisantes pour améliorer durablement l'image de ceux qui, courageusement, ont entrepris ces travaux.

[R] 2. Les bord de champs : " zone grise " ou " opportunité " ?

Les actions menées à l'initiative du milieu de la chasse en faveur des bords de champs ont souvent été considérées comme un thème de travail secondaire. L'essentiel des efforts concernait de façon prioritaire des territoires étendus, agricoles ou purement cynégétiques, sur lesquels le cycle biologique normal des espèces chassées pouvait se dérouler dans sa totalité.
En 1989, la mise en place des mesures de gel volontaire des terres agricoles dans le cadre ARTA (aide au retrait des terres arables) n'a pas fait exception. Il s'agissait alors de proposer, entre autres, des méthodes de gestion favorables au gibier à des exploitants, souvent non-chasseurs, et ce afin de profiter de l'opportunité que constituaient pour les populations sauvages les milliers d'hectares retirés provisoirement du circuit productif. Les " jachères obligatoires " instaurées en 1992 ont ainsi été rapidement suivies par la création de jachères " environnement-faune sauvage ", opérations conduites avec dynamisme dans de nombreux départements et dont nous reparlerons plus avant.
La réglementation relative au gel obligatoire fait obligation aux agriculteurs de respecter pour tous les types de jachères une superficie égale ou supérieure à 0,3 ha avec une largeur minimale de 20 mètres. Cette mesure incite l'exploitant agricole à concentrer sa jachère sur des parcelles d'un seul tenant (sur les sols le plus souvent médiocres) et contrarie toutes les évolutions novatrices en matière de conception et d'entretien des bords de champs.
Depuis des siècles, l'agriculture a géré ses bords de champs en fonction de contingences multiples : délimitation du parcellaire, traditions liées à l'élevage (haies vives), aménagements nécessaires au drainage (fossés) ou à la protection contre le vent (peuplier, cyprès et autres espèces d'alignement)... Ce compartimentage du territoire agricole s'accompagnait de fourrières, importantes en termes de linéaire et conséquentes par rapport à la surface agricole utile. A partir des années 50, le remembrement, l'augmentation de la superficie des exploitations et de la taille des machines (outils de travail du sol, moissonneuses, rampes de traitement...) ont eu pour conséquence une régression très marquée des fourrières. Il n'est pas rare de rencontrer aujourd'hui des exploitations contiguës sur des milliers d'hectares où l'intervalle entre parcelles cultivées se limite à une largeur de deux à trois pas. Les rares bois, bosquets et lisières encore présents dans le paysage se réduisent à des îlots distants entre eux de plusieurs centaines de mètres, voire d'un ou deux kilomètres. D'autre part, les cultures sont conduites selon des méthodes éprouvées où la flore adventice est bien maîtrisée et où les populations de ravageurs sont régulées au moyen d'insecticides. Ces méthodes efficaces pour la productivité agricole et le plus souvent indispensables pour assurer la pérennité économique des exploitations isolent encore plus les zones refuges et les ressources alimentaires indispensables à la faune. En cela, chasse et agriculture s'opposent souvent, avec d'excellents arguments de part et d'autre, et rares ont été les convergences possibles avant le début des années 90.
A partir de l'instant où le bord du champ est considéré par l'exploitant, soit comme partie intégrante de l'espace cultivé, soit comme espace non cultivé mais indispensable à la desserte des parcelles (zone de transit du matériel mécanique), il est quasi soustrait aux opérations concernant la faune tout en étant la cible prioritaire des remembrements et restructurations diverses du parcellaire. Le chasseur, d'autre part, tout en connaissant les vertus de ces franges non cultivées pour le petit gibier de plaine, estime souvent aller plus rapidement à l'essentiel en portant d'abord son effort vers les espaces d'un seul tenant que constituent les territoires traditionnels, les jachères ou les espaces réellement cultivés.

L'illustration ci-dessus et celle de la p. 31 sont reprises du Larousse agricole (édition 1921),
collection de livre anciens du Centre INRA de Paris.

Jointes à une constante pression économique, des évolu-tions réglementaires et tech-niques récentes condui-sent à porter un regard nou-veau sur ces bords de champs, qu'ils soient simples fourriè-res, mais aussi pointes, talus, lisières, haies, bandes en-herbées... Leur statut de " zone grise " marginale peut et doit se révéler source d'opportu-nités nouvelles pour résoudre des pro-blè-mes très compli-qués lors-qu'on se limite à les aborder dans une optique tradition-nelle.

[R] 3. Les nouveaux défis proposés à l'agriculture : un moteur pour l'évolution

Parmi les nombreux défis que doit relever le monde agricole pour assurer sa pérennité économique, quatre d'entre eux méritent une attention particulière.

3.1. Normes de qualité des eaux de boisson
Les directives de l'Union européenne relatives aux eaux de boisson qui fixent les concentrations maximales admissibles en nitrates (50 000 µg/l) et en matières actives phytosanitaires (0,1µg/l) des eaux de boisson interpellent l'activité agricole, même si celle-ci n'est pas seule impliquée dans le respect de ces limites.
Les régions les plus concernées ont procédé à un examen portant sur la gestion des effluents d'élevage, la rationalité des apports fertilisants et des pratiques de protection des cultures. Si l'on peut aborder de tels sujets en examinant la densité des animaux par unité de surface, les conditions de stockage et d'épandage des lisiers, les quantités nécessaires et la répartition dans le temps des fumures azotées, la nature, les doses d'emploi et les conditions de mise en œuvre des produits phytosanitaires utilisés, il convient de s'inter-roger aussi sur les caractéristiques du champ cultivé qui font qu'un risque de transfert conta-minant peut exister entre les apports organiques ou chimiques sur la parcelle et les eaux de surface. Des critères tels que le type de culture, la granulométrie, l'acidité, la teneur en humus, l'activité biologique des sols, la topographie, la proximité des cours d'eau, le sens des labours, la présence de haies, la nature des fourrières sont impérativement à considérer afin de caractériser les zones à risques et de proposer des modèles d'évolution.
Les études en cours portant sur des bassins ver-sants de l'Ouest semblent montrer que, pour les eaux de surface, la quasi-totalité des contaminations provient d'un petit nombre de parcelles particulièrement favorables aux transferts. Ce constat débouche donc sur une notion nouvelle qui tendrait à orienter l'action vers les " parcelles à risque " d'un bassin versant donné, tâche autrement plus aisée que la prise en compte systématique de tous les champs cultivés sur ce que l'on considérait précédemment comme un " bassin à risque ".
Pour limiter ces transferts, certaines des évolutions souhaitables passent par la création de zones végétales tampons en aval des cultures. Il s'agit là d'une opportunité nouvelle pour assurer une meilleure biodiversité végétale et des conditions de milieu plus favorables à l'expansion des espèces animales chassées ou non chassées.

3.2. Modification des techniques de mise en culture
Pour les grandes fermes consacrées aux espèces annuelles, la recherche d'une meilleure compétitivité se traduit par une augmentation de la taille des exploitations et une tendance à la réduction des coûts de production. Dans cette optique, les travaux de mise en place des cultures sont l'objet de nombreuses innovations : simplification des itinéraires techniques incluant des postes lourds tels que labour, réduction des passages mécaniques, économies d'énergie et de main d'œuvre.
Outre leurs intérêts économique et agronomique et leur influence sur la qualité des eaux, certaines de ces évolutions peuvent avoir un grand intérêt pour la faune : d'une part, la diminution de la fréquence des labours profonds remplacés par des façons superficielles ou un semis direct réduit l'effet dépressif qu'exerce le travail du sol traditionnel sur les populations d'insectes Carabidés et de vers de terre et, d'autre part, ces mêmes pratiques, jointes à l'abandon du brûlage des pailles, enrichissent le sol en matière organique, offrant un milieu plus favorable à la microfaune, moins sensible à l'érosion.
Ces nouvelles méthodes de mise en culture, de par leur impact positif sur la faune vivant dans le sol ou à sa surface, ont un effet positif pour nombre d'oiseaux et de mammifères qui y trouvent une ressource alimentaire accrue (Best, 1988 ; Granval, 1994).

3.3. Mise en place du gel des terres
Bien que fort mal vécu par le monde agricole à son origine, le gel obligatoire est cependant susceptible d'offrir des opportunités intéressantes pour la gestion des sols, des rotations et du milieu (Bernard, 1994). Dans le domaine qui nous intéresse aujourd'hui, les jachères ont offert deux pistes d'évolution dont il est important de souligner l'intérêt dans le moyen terme.
La jachère environnement et faune sauvage (JEFS) qui a donné lieu à de nombreuses études est apparue pour la première fois lors de la campagne 1993-1994. Les motivations principales des agriculteurs candidats étaient, par ordre décroissant d'importance (Tourneur et al., 1995) :
- la compensation financière ;
- la double appartenance agriculteur-chasseur ;
- la sensibilité environnementale ;
- la fourniture de semences.
Avec des ensemencements à dominante trèfles, ray-grass et fétuques, le plus souvent en association graminée + dicotylédone, ce type de jachère a bien résisté à l'érosion du gel des terres. En 1996-1997, on peut estimer à 17 500 ha les surfaces de JEFS.
La jachère rotationnelle demeure la plus répandue. Elle est conduite par les exploitants selon les textes en vigueur, leurs possibilités ou leurs convictions agronomiques. Les modes de conduite, souvent, à l'origine, sous forme de sol nu travaillé mécaniquement (interdits en 1994), ont largement évolué vers des " jachères industrielles " assimilables à des cultures, des parcelles volontairement semées ou laissées en jachère spontanée, mélange d'adventices et de repousses d'espèces cultivées. Les travaux réalisés, tant sur des couverts semés que sur les JEFS, ont permis de préciser l'intérêt d'une régulation chimique et les risques du broyage en période de reproduction du gibier. Ces derniers, signalés dès 1993 par l'Office national de la chasse (ONC), sont pris en compte par les agronomes (Bernard et Verdier, 1995 ; rapport ANPP-DEPSE, 1996).
La mise en jachère spontanée des parcelles d'un seul tenant temporairement gelées et destinées à une remise en culture ultérieure présente nombre d'inconvénients. Parmi eux, l'enrichissement du sol en graines adventices (Rodriguez et Mamarot, 1994) et un pilotage délicat au moyen d'herbicides à dose réduite. D'où un recours fréquent aux broyages précoces dommageables pour la faune. Le broyeur reste massivement utilisé pour l'entretien des couverts semés en jachères tournantes (Barralis et al., 1995). Le rapport ANPP-DEPSE de 1996, réalisé par des agronomes d'origine variée, prend clairement position en faveur des semis automnaux contre les couverts spontanés et préconise de privilégier l'emploi des herbicides dûment autorisés pour la gestion des montées à graine, pour des raisons touchant à la fois à l'efficacité, à l'économie et au respect de la faune.
Cette orientation devrait avoir à terme des conséquences heureuses pour le gibier. Elle ne résout pas le problème de la répartition des terres gelées sur le territoire d'une même exploitation mais ouvre des perspectives intéressantes pour la gestion des bords de champs en mettant en lumière tout l'intérêt que représentent des doses réduites d'herbicides systémiques (sulfosate, glyphosate) pour la régulation non destructive de la biomasse végétale, concept parfaitement applicable pour un renouveau de la conduite des bords de champs.

3.4. Gestion du sol dans les cultures pérennes
Pour l'entretien du sol des parcelles cultivées, arboriculteurs et viticulteurs ont à gérer simultanément plusieurs phénomènes :
- l'érosion des sols en pente qu'occasionnent des ruissellements excessifs ;
- l'extension de certaines adventices vivaces ou ligneuses ;
- la vigueur de certaines plantations qui doit être réduite afin d'améliorer la qualité des productions en jouant sur le niveau de concurrence des flores herbacées ;
- la limitation des risques d'entraînement d'éléments fertilisants ou de substances utilisées pour la protection des cultures, cas en particulier de certains herbicides de position utilisés en prélevée des adventices.
Dans ce domaine donc, on assiste à une diversification des techniques avec une évolution favorable aux méthodes de gestion de l'enherbement naturel ou semé au moyen d'herbicides de post-levée. En sus de la mise au point du concept de l'ENM (enherbement naturel maîtrisé), des essais sont réalisés au moyen de doses réduites d'herbicides foliaires (ITV, le groupe de travail ANPP-COLUMA et certaines firmes privées) à l'image des travaux entrepris auparavant pour la régulation des couverts de jachère. Ils visent à conserver une couverture herbacée tout en limitant sa concurrence. Cette conception nouvelle devra s'accompagner d'une attention particulière portée aux bords de champs, particulièrement dans les zones de coteaux si fréquentes en cultures pérennes.

[R] 4. Actions en faveur du milieu et relation avec les bord de champs cultivés

L'emprise des activités humaines sur le milieu naturel suscite nombre d'initiatives destinées à préserver certaines composantes : espèces animales chassées ou non chassées, variétés botaniques, biocénoses particulières, paysages... L'agriculture n'échappe pas à ce souci de conservation, notamment en raison de l'importance des étendues cultivées par rapport à la surface totale du territoire.
Nombre de ces actions sont perçues comme des menaces pour l'équilibre économique des exploitations concernées et peu d'entre elles s'attachent à proposer des remèdes faciles à appliquer et propices au maintien d'une activité agricole rentable. Une attention nouvelle accordée aux bords de champ (au sens le plus large du terme) peut fournir aux partenaires des points de rencontre fructueux débouchant sur une véritable convergence d'intérêts que les schémas classiques tendent à opposer (voir les ouvrages de Boatman et de Jorg signalés p. 32 dans l'encadré).
Pour illustrer ce propos, cinq exemples seront rapidement évoqués ci-dessous.

4.1. Amélioration des connaissances sur la reproduction des espèces chassées : l'exemple de la Perdrix grise
Pour nicher, les perdrix recherchent des terrains herbacés, comportant des herbes sèches résiduelles, et surélevés, d'où l'eau s'évacue rapidement après les orages. L'intervalle séparant la zone cultivée de la haie correspond à ces critères mais, dans nombre de situations, l'organisation du parcellaire tend à réduire l'étendue de ces zones favorables, ce qui rend le milieu sans intérêt pour le gibier. Dans les zones de grandes cultures céréalières, 75% des perdrix nichent dans les champs de céréales (Reitz et Mayot, 1997).
Par ailleurs, ce bord de champ, lorsqu'il subsiste de manière significative, constitue un réservoir d'adventices pour les cultures. Pour éviter l'envahissement des parcelles par des concurrents dangereux tels que chiendent, potentille, liseron, gaillet ou brome stérile, l'agriculteur est donc tenté de le désherber énergiquement ou de réaliser des broyages répétés qui contrarient ou empêchent la nidification des perdrix et de nombre d'espèces liées à ce biotope.
En Grande Bretagne, le Game Conservancy Trust, institut privé de recherche sur la faune sauvage, s'est attaché à mettre au point et à proposer des solutions pour contrôler ces adventices tout en maintenant un couvert nécessaire au gibier. Deux méthodes ont été proposées :
- la création d'une bande d'1 m de large indemne d'adventices séparant la zone cultivée du reste de la fourrière ;
- l'utilisation d'herbicides chimiques sélectifs qui détruisent les adventices nuisibles aux cultures sans supprimer le couvert de nidification.
Dans des expériences portant sur l'accès du poussin aux protéines animales, le radiopistage des femelles montre qu'elles conduisent leurs petits en bordure de champ pour qu'ils puissent s'y alimenter à partir des insectes vivant en grand nombre sur les dicotylédones spontanées présentes sur la fourrière ou en bordure du champ cultivé. Un désherbage énergique de la culture et du bord de champ qui élimine ces espèces semble (selon Potts et Aebischer, 1994) exercer un effet privatif de nourriture plus important qu'un traitement insecticide réalisé par l'agriculteur. L'insecticide n'élimine pas tous les insectes alors qu'une suppression totale de la flore non cultivée prive de ressource alimentaire de nombreux arthropodes (pucerons en particulier) dont l'absence devient préjudiciable à la survie de couvées importantes.
Trois solutions existent pour favoriser l'alimentation des poussins.
1) La création de zones refuge non désherbées de 6 m de large en bord de champ (" conservation headlands "). Mal acceptées par les agriculteurs, elles ont conduit le Game Conservancy à proposer un désherbage sélectif ciblé des tours de champ contre brome et gaillet (très nuisibles au Royaume-Uni), tout en conservant d'autres dicotylédones banales potentiellement riches en insectes. Les résultats sont très significatifs. On trouve en moyenne 68 insectes/m² suite à un traitement graminicide sélectif des dicotylédones spontanées (fluazifop-P-butyl) et 19 insectes/m² seulement lorsque les bordures sont entretenues au moyen d'herbicides persistants à large spectre. Conduite en comparaison sur le territoire de 12 fermes durant 5 années, cette méthode a montré chaque année une augmentation sensible de la taille des couvées (Chiverton, 1995).
2) Du bon emploi des jachères... L'apparition des jachères a eu dans un premier temps des conséquences dramatiques pour le gibier. Les broyages en pleine période de reproduction ont tué quantité de levrauts, de perdreaux, de faons et d'alouettes. Cependant, leur impact peut devenir très positif à condition de préférer la jachère fixe à la jachère tournante, en évitant aussi les parcelles gelées en un seul bloc. Selon le Game Conservancy (1997), le meilleur système consiste à créer des bandes de 20 m minimum de largeur, placée en bordure de culture et comportant une bande enherbée avec un mélange fétuque+dactyle de 6 m, le reste en mélange céréales+dicotylédones.
3) Les haies sont un lieu d'hivernage commun pour les carabidés qui sortent au printemps à la recherche des pucerons. Lorsque les haies ont été arrachées, la création de bandes abri, les " beetle banks ", est très utile et simple. En labourant dans les deux sens à l'aide d'une charrue, on crée un tertre surélevé sur lequel sont implantées des graminées favorables à l'hivernation des carabidés (dactyle et houlque). Cet aménagement est particulièrement souple pour l'agriculteur car, aisé à mettre en place, il est aussi facile à supprimer. Les résultats obtenus sont excellents : jusqu'à 1 500 carabidés/m². Ces insectes sont de redoutables prédateurs de pucerons et, à ce titre, auxiliaires des cultures. Ils représentent une nourriture potentielle qui intéresse le gibier et les oiseaux insectivores.

4.2. Résultats observés sur les jachères " faune sauvage "
Les rapprochements entre chasseurs et agriculteurs favorisés par la JEFS ont permis des constats mettant par exemple en évidence l'insuffisance des éléments fixes du paysage, l'absence de couverts végétaux à certaines époques de l'année, le manque de ressources alimentaires.
Forte d'un tel diagnostic, la démarche JEFS a prouvé son efficacité à Jutigny (Seine-et-Marne), commune située aux confins de trois régions agricoles : la Bassée de Seine, le Montois et la Brie Champenoise. En 1994, 30 ha de JEFS y ont été mis en place, le budget consacré aux contrats par la société de chasse de Jutigny s'élevant à 5 800 F environ. Le principe retenu était de réaliser des implantations simples, peu coûteuses et faciles à vulgariser (Mollot et Granval, 1996).
Les premières observations sur l'évolution des populations gibiers sont très encourageantes. Pour la perdrix grise, l'indice de reproduction sur le territoire de Jutigny frôle les sept jeunes par poule d'été (tab. I, ci-dessous), supérieur à celui observé sur Vulaines, territoire de référence proche et bien aménagé, suivi depuis 20 ans par l'ONC et la Fédération départementale des chasseurs, mais où les jachères pratiquées sont des jachères industrielles.

Tableau I. Indice de reproduction des perdrix grises sur deux territoires de Seine-et-Marne

Jutigny Vulaines
1990 10,5 9,9
1991 4,4 4,5
1992 8,4 9
1993 5,9 4,6
1994 6,8* 3,4
1995 7,4* 5,6
1996 7,2* 4,9

* Apparition de la jachère environnement et faune sauvage.

Le test statistique X2 (chi-carré) appliqué à la pro-portion des poules sans jeunes relevée sur ces deux territoires est significatif et permet de montrer pour la première fois un effet positif de la jachère sur la perdrix grise. Il faut remarquer que cet effet est d'autant plus intéressant que l'on observe de forts indices de reproduction sur les deux territoires depuis sept ans.

4.3. Vers de terre et techniques culturales
Les vers de terre ont un rôle agronomique d'in-térêt reconnu : recyclage de la matière orga-nique, influence sur la structure des sols grâce à leur " effet labour ", drainage, aération, etc. Ils sont partout présents, y compris dans les sols sableux. Mais leur contribution est encore insuffisamment prise en compte par l'agriculteur. Constituants majeurs de la biomasse, ils représentent une ressource alimentaire importante pour de nombreuses espèces : carabes, batraciens, grive, bécasse, vanneau, sanglier, blaireau, renard... D'où leur immense intérêt faunistique.

Tableau II. Inventaire des populations de vers de terre réalisé en mars 1997 au domaine des Baillis (Loiret)
A partir des parcelles en culture
labourées annuelles
50 kg/ha
A partir des cultures de choux pérennes 1 195 kg/ha
A partir de bandes enherbées 1 728 kg/ha


On sait de longue date que le labour constitue l'un des facteurs limitants de densité des populations. Le dénombrement récent rapporté ci-contre (tab. II) est un exemple éloquent.
Il est clairement établi que les jachères pérennes sont un atout majeur pour reconstituer ra-pidement les populations. Mais elles ne couvrent qu'une fraction réduite de la SAU.
Pour des raisons économiques, les techniques visant à réduire les façons culturales se sont fortement développées depuis dix ans. Ce mouvement est favorisé par l'augmentation de la taille moyenne des exploitations qui dépassent souvent 200 ha dans les zones de grandes cultures. Les méthodes nouvelles qui accompagnent ce mouvement portent principalement sur une diminution de la fréquence du labour classique et une réduction du nombre des passages mécaniques destinés à la préparation du lit de semence. En corrélation, l'usage des herbicides non sélectifs à large spectre s'accroît mais les plus largement utilisés (glyphosate, sulfosate, paraquat) ne présentent aucun risque particulier pour la faune du sol.
Pour la France en 1994, 92,9% des cultures annuelles étaient mises en place après un labour classique, contre 7,1% avec un travail du sol superficiel, voire un semis direct. Les préparations simplifiées en grande culture ont connu depuis lors une croissance régulière, dépassant actuellement les 20% de la sole. Leurs avantages en matière de lutte contre l'érosion, de conservation de la matière organique et de régénération des populations d'insectes du sol et de lombriciens sont évidents.

4.4. Etudes sur les dispositifs enherbés et l'interculture
La lutte contre les effets nuisibles du ruissellement dans les sols agricoles vise à limiter l'entraînement de terre arable, de matière organique, d'éléments fertilisants ou de produits phytosanitaires vers les eaux de surface. Ce qui a conduit de nombreux organismes à étudier de nouveaux types d'aménagement du paysage (CEMAGREF, ITCF, industriels des engrais ou des produits phytosanitaires, etc.).
La présence de bandes enherbées disposées en travers ou en bas des parcelles, le long des cours d'eau ou en bordure de champ représente un atout majeur pour piéger les particules solides et réduire les pertes en éléments solubilisés. Par exemple, les récents travaux réalisés par Patty (1997) montrent que des bandes de 6 à 12 m de largeur semées en blé et situées en bas de parcelle permettent de réduire efficacement le transfert par ruissellement des matières actives étudiées. Les pertes sont ainsi diminuées en moyenne de plus de 80%, avec une réduction atteignant 100% lors de certains épisodes pluvieux. Le Groupe " Dispositifs enherbés " du CORPEN signalait d'ailleurs, en juillet 1997, tout l'intérêt de réalisations pratiques telles que bandes enherbées perpendiculaires à la pente des coteaux, le long des rivières ou chenaux enherbés anti-érosifs.
Par ailleurs, l'occupation des terres durant l'interculture connaît un succès croissant. Les nombreuses expériences de semis destinés à jouer le rôle de pièges à nitrates, voire de moyen de lutte contre les nématodes sur betterave, contribuent à fournir des abris ou des ressources alimentaires nouvelles durant l'hiver.
Cette démarche volontariste en faveur de la qualité de l'eau est parfaitement complémentaire de l'intérêt qu'agriculteurs et chasseurs peuvent porter aux bords de champs. L'aménagement de nouveaux schémas pour leur gestion peut donc s'avérer précieuse à la fois pour l'agriculture et la faune en ménageant à cette dernière de nouveaux espaces propices à l'abri, à l'alimentation et à la reproduction.

4.5. Replantations de haies
Si les haies ne constituent pas le bord du champ tel que nous l'entendons, elles présentent des avantages pour la faune et peuvent receler un intérêt pour les productions végétales dans les zones anciennement remembrées : effet brise-vent, diminution des phénomènes d'érosion et de transfert d'éléments chimiques par ruissellement, lutte contre les inondations consécutives à des abats d'eau brutaux. Les études actuellement coordonnées par l'ACTA semblent démontrer la fréquence dans les bordures boisées d'auxiliaires nombreux capables d'intervenir précocement lors des attaques de pucerons des épis sur céréales, de psylle dans les vergers de poiriers.
La mise en place de la PAC, avec ses mesures d'accompagnement, offre dans ce domaine des op-portunités nouvelles aux agriculteurs, chas-seurs ou non chasseurs, pour restaurer nombre de paysages. Les replantations de haies as-sociant des essences ligneuses variées se mul-tiplient dans les zones de grandes cultures. Elles permettent une amélio-ration globale de la biodiversité, la création de relais entre des boisements précédemment isolés servant de réservoir et, très simplement, la reconstitution des paysages et de l'environ-nement des exploitations agricoles.

[R] 5. Demain, les bords de champs
Au cours des dix dernières années, le dialogue noué autour de la conduite des jachères amène à des constats communs, voire à de vraies convergences d'intérêt entre chasse et agriculture. Ces convergences peuvent être confortées par l'évolution technico-économique des productions agricoles et par la recherche d'une solution pour certains problèmes environnementaux.
Pour les chasseurs, la réduction programmée des superficies soumises au gel des terres va rendre plus difficile l'extension des JEFS. Mais les enseignements qu'il est possible d'en retirer à ce jour vont déplacer rapidement une partie du débat vers les bords de champs, espaces à partir desquels on peut améliorer grandement la situation du petit gibier de plaine.
Pour les agriculteurs pratiquant des spéculations à cycle annuel, la simplification des techniques de mise en culture est une tendance lourde. Elle fait une plus large place aux outils combinés, aux herbicides foliaires à large spectre, tout en présentant un intérêt marqué pour la lutte contre l'érosion, la conservation de la matière organique, la préservation des vers de terre et de certains insectes vivant sur et dans le sol. Les bords de champs constituent pour ces derniers une réserve à partir de laquelle une recolonisation rapide est parfaitement envisageable. Pour l'agriculteur, cette évolution va doter les végétaux non cultivés d'un double statut : adventices des cultures (" mauvaises herbes ") toujours indésirables au-delà d'un seuil réduit à l'intérieur du champ cultivé et, d'autre part, espèces spontanées qu'il convient de préserver, voire d'encourager sur des zones périphériques servant à la fois de réserve et de tampon. Dans les cultures pérennes, l'attention nouvelle qui se manifeste au sujet de la gestion de l'enherbement naturel conduit à des conclusions similaires.
Au-delà des zones cultivées, nombre d'initiatives en faveur du milieu ont suscité une réflexion novatrice sur l'insertion du parcellaire agricole dans le paysage.
Ces convergences chasse-agriculture-environnement et une attention particulière apportée aux bords de champs (fourrières, tournières, bandes enherbées, haies...) permettent d'envisager un sérieux progrès dans nombre de domaines d'action jusqu'alors relativement indépendants, ouvrant la porte à un modèle agricole durable.
Pour améliorer la situation de l'environnement agricole dans son ensemble, priorité doit être donnée, il nous semble, plutôt à une mise en pratique des éléments existants qu'à l'accumulation des données scientifiques, même s'il est hors de question de contester l'importance de nouveaux apports.
Une des faiblesses prévisibles de cette vulgarisation est l'actuelle dispersion des compétences et des moyens. Les spécialistes du gibier n'ont pas forcément en tête la problématique " nitrates "... En plein mois de juin, le broyage d'une jachère spontanée couverte de chardons est rarement précédée d'une réflexion cynégétique...
La mise en cohérence de certaines mesures réglementaires visant des objectifs différents constitue un puissant outil incitatif. Ainsi la répartition des jachères indemnisées sous formes de bandes enherbées en bord de champ, bord de cours d'eau ou bas de pente, et conduites selon des méthodes simples favorables à la faune, à la flore et à la maîtrise des pollutions diffuses constituerait une formidable opportunité pour l'environnement.
Est-il si utopique d'envisager que les bords de champs puissent fédérer demain des spécialistes de tout bord pour véhiculer vers l'agriculteur des messages simples et économiquement gérables ?

Remerciements à P. Havet, F. Reitz, Y. Châtillon et N. Chaffurin.


[R] Références bibliographiques

ANPP-DEPSE, 1996. Jachères. Guide de recommandations 1996.
Barralis G., Bertin G., Regnault Y., Perez L., Mamaarot J., Bernard J.L., Verdier J.L., Larguier M., Castel T., Fontaine E M., Roy C., Etienne M., Danaiau M., Zambaux C., 1995. Enquête sur les méthodes de conduite des jachères en couvert semé (France 1993-1994). Seizième Conférence du COLUMA, journées Internationales sur la lutte contre les mauvaises herbes.
Bernard J.L.,Verdier J.L., 1995. Entretien des jachères et mauvaises herbes. Possibilités et limites des moyens mécaniques et chimiques. Phytoma-La défense des végétaux, 468.
Bernard J.L., 1994. Quelques pistes pour rendre les jachères plus positives pour l'agriculteur. In A. Fraval : Jachères, Dossiers de l'Environnement de l'INRA n°9, pp.105-112.
Bernard J.L., Béraud J.M., Barnaud C., 1995. Intérêt du sulfosate pour la maîtrise des montées à graines des couverts de jachères semées. Seizième Conférence du COLUMA, Journées internationales sur la lutte contre les mauvaises herbes.
Best L.B., 1988. Impact of tillage practices on wildlife habitat and populations. Farming for a better environment, pp. 53-54.
Chiverton P.A., 1995. Experience with Field Margin - Strips in Sweden. In E. Jorg : Field Margin - Strip Programme (Mayence, 1994), pp. 55-64.
CORPEN-Groupe Dispositifs Enherbés, 1997. Produits phytosanitaires et dispositifs enherbés. État des connaissances et propositions de mise en œuvre.
Game Conservancy Trust, 1997. Game, Set-aside and Match : Your guide to set-aside management for game in 1997.
Granval P., 1994. Gestion des habitats nocturnes utilisés par la bécasse des bois. Proceedings of an International Symposium of the IWRB Woodcock and Snipe Research Group 31 (Sarbruck, Allemagne, 6-8 avril 1992), pp. 46-54.
Havet P., 1996. Les orientations de la nouvelle politique de l'Union européenne : modalités et exemples d'insertion des objectifs fauniques et cynégétiques. Bull. Mens. ONC, 214.
Mollot B., Granval P., 1996. Efficacité de la jachère faune sauvage. Bull. Mens. ONC, 214, 24-29.
Pasquet G., L'Héritier M., 1995. La chasse verte. Aménagement des plaines, des bois et des zones humides pour le retour du petit gibier. Hatier-Le Chasseur Français.
Pasquet G., 1997. Faire revivre un territoire. Le Chasseur Français.
Pasquet G., Granval P., Bernard J.L., 1997. Gestion agro-environnementale et cynégétique des bords de champs : l'expérience du domaine des Baillis. XXIIIrd Congress International Game Biologists.
Patty L., 1997. Limitation du transfert par ruissellement vers les eaux superficielles de deux herbicides (isoproturon et diflufénicanil). Méthodologie analytique et étude de l'efficacité de bandes enherbées. Thèse univ. Grenoble-I - CEMAGREF groupement de Lyon.
Potts G.R., Aebischer N.J., 1994. Population dynamics of the Grey Partridge (Perdix perdix). 1793-1993 : monitoring, modelling and management. Ibis,137, 29-37.
Reitz F., Mayot P., 1997. Etude nationale Perdrix grise : premier bilan. Bull. Mens. ONC, 228, 4-12.
Rodriguez A., Mamarot J., 1994. Salissement des terres par la jachère - Une étude en Midi-Pyrénées. Phytoma-La défense des végétaux, 459.
Sotherton N.W., Robertson P.A., Dowel S.D., 1993. Manipulating pesticide use to increase the production of wild game birds in Britain. In K.E. Church & T.V. Dailey : Quail III : National Quail Symposium (Pratt. Kans.), Kansas Department of Wildlife and Parks, pp. 92-101.
Tourneur C., Arnauduc J.P., Puissant A., 1995. Bilan jachère "faune sauvage" 1994-1995. Union nationale des fédérations départementales de chasseurs

On signale
deux ouvrages collectifs récents sur le thème des bords de champs :
Boatman R., 1994. Field margins : integrating agriculture and conservation. Coventry on 18-20 April 1994. BCPC Monograph n°58, 1-404.
Jorge E., 1995. Field margin - Strip programmes. Proc. EU Technical Seminar, Landesanstalt für Pflanzenbau und Pflanzenschutz, Mayence (Allemagne), du 25 au 27 mai 1994.
Un troisième ouvrage sortira à l'automne 1998, hors-série des actes du colloque UIGB 1997 consacré aux bords des champs.

[R]