Le Courrier de l'environnement n°44 octobre 2001

*Have a look on our marvelous web!

encadré 1 : Nouveautés chez /dpenv/
encadré 2 : Les Hauts débits et territoires ruraux : pourquoi et comment ?


Hauts débits
Le dernier Courrier, daté de mai 2001 (ce qui signifie qu'il a été bouclé pour ce qui est des textes, petits et grands, à la fin de ce mois), est parvenu à la plupart de ses destinataires fin août. Certains malheureux ont dû attendre début septembre, on les plaint, on leur assure tout spécialement qu'on fera tout pour accélérer la diffusion mais on ne les compte pas dans le calcul qui suit. Il aura fallu donc 4,3 millions de secondes pour transmettre une petite dizaine de Mo (des méga-octets - dessins compris). Ce qui fait grosso modo du 2 octets à la seconde, moins de 30 bps (bits par seconde). Ce débit d'information est incomparable. Sauf avec celui mesuré en Norvège sur un système " wireless " colombo-linuxien, c'est-à-dire associant des pigeons voyageurs (vecteurs) et deux ordinateurs sous Linux (émetteur et récepteur). Le débit initialement, de 0,08 bps (ridicule !) a atteint avec un peu de rodage 0,15 bps1. Ce calcul (peut-être faux) est exagéré : tout le temps n'a pas été consommé à la transmission pure et l'on concédera qu'on a probablement " tourné " à 0,5 bps.

Foule d'adeptes
Plus nombreux que les colombophiles, certes, les internetophiles français francophones de France sont encore bien trop peu pour que l'on envisage de songer à une diffusion par Internet et la livraison sur l'écran (et l'imprimante) du destinataire d'un Courrier qui ne serait, d'ailleurs, plus vraiment le vrai Courrier
D'après l'étude publiée le 20 août 2001 par le secrétariat d'État à l'Industrie, en mai 2001 (et on l'a su le 20 août - tiens, tiens…), 1 Français sur 5 était connecté chez lui (en novembre 1999, ce n'était qu'1 sur 12). Six sur 100 (seulement) songeaient à se connecter dans les 12 mois. Plus de la moitié ont déclaré qu'ils n'auront jamais Internet, car ils n'en voient pas l'utilité, n'ont pas d'ordinateur ou - moins nombreux - trouvent la navigation trop compliquée ou l'anglophonie trop envahissante ou encore la fourniture d'accès trop chère.
Il est intéressant de lire le papier d'Alfred Hermida intitulé French failing to click publié sur BBC News le 22 août 2001. Ce point de vue britannique sur la fracture internautique souligne (en intertitre) que " the French are not as technologically advanced compared to, say, Scandinavians "2, des Scandinaves qui laissent vite, dans cet article british, la place (de bon exemple d'Homo modernicus) aux Anglais qui sont 60% à être branchés à la maison. O. Beauvillain (de Jupiter MMXI), l'expert interrogé par A. Hermida, ne dit mot des bases génétiques de la chose ; il explique le retard français par la faible pénétration de l'informatique dans l'administration et l'éducation et souligne que l'effort, en conséquence, doit porter vers l'équipement des écoles.

Lectures d'été
Nous surveillons, vous le savez, la fréquentation du Web et, en particulier nous décomptons les visites faites sur les pages de notre site www.inra.fr/dpenv. Ainsi, nous pouvons proposer un palmarès des articles les plus cliqués (les plus lus, on l'espère) durant les 19 premiers jours d'août, que nous présenterons cette fois numéro par numéro (pour tous les Courriers qui ont leur contenu en ligne intégralement).
Hors concours mais méritant d'être signalés car fort cliqués, ces articles plus anciens :
Jourdheuil P., Grison P., Fraval A., 1991. La lutte biologique : un aperçu historique. (C15) ;
Cayrol J.C., Djian-Caporalino C., Panchaud-Mattei E., 1992. La lutte biologique contre les Nématodes phytoparasites. (C17) ;
Pascal M., 1993. Perspectives de lutte biologique contre les Rongeurs champêtres. (C19).

Non-cliquants, si vous saviez…
Le destinataire isolé (de la Toile) reçoit tous les 4 mois (environ), avec sa livre de papier imprimé, l'essentiel. Mais il passe à côté de beaucoup (à moins qu'il ne clique sur www.inra.fr/dpenv depuis son lieu de travail ou depuis la machine d'un branché voisin).
Bref, vous, non-cliquant domestique, débrouillez-vous et profitez de nos pages en ligne. Nulle part ailleurs, sous aucune autre forme et à titre aussi gratuit, vous ne trouverez, en guise de complément et de renfort au Courrier, les index (par numéro, par auteur, par thème) à jour, les résumés des articles (la plupart traduits en anglais, certains en allemand), l'album des Rousso, l'album des Brèves, celui des Aveulouques (pour voir si je rabâche), les articles en ligne in extenso (depuis le n°23 de novembre 1994), les Bibliographies (depuis le n°8 de juillet 1989…). Le tout complété, embelli, enrichi de Pages spéciales et de Pages très spéciales (avec, en particulier l'actualité au jour le jour de la vache folle). Voir l'encadré " Nouveautés, ci-dessous ".
La souris et tout ce qu'elle a au bout de la queue (matos, logiciels et électrons), c'est vous qui le fournissez (ou l'empruntez), certes. Mais ce qui fait de votre écran plus qu'une vitre, on vous le donne ! Avec, par dessus le marché, un outil (de recherche), dit le farfouilleur, incorporé à la page d'accueil. Et, comme sur tout site hyper-branché (Le Monde Interactif du 23 août 2001), vous avez droit à un cadeau agréable et utile : un convertisseur F/euros.
Quant à vous, " anti " déclarés et autres non-cliquants militants, nous resterons très discrets sur vos visites, d'autant plus que nous ne savons pas, et ça nous désole, qui vient visiter les pages de notre site. Contentons-nous de cette statistique : en juillet, mois un peu creux, le site (3 400 fichiers - textes, images et quelques sons) a reçu 13 500 clics par jour en moyenne, de la part de 15 900 " hôtes distincts " (= visiteurs ?).

Hauts débits
Je suis, comme plus de 13 500 malins qui reçoivent chaque semaine une gazette-courriel, Du côté du web et de l'informatique agricole. On y lit d'abord vite la blague, puis les brèves, les annonces, les comptes rendus, plein d'infos intéressantes… à l'instar de cette présentation de ce qu'il fallait retenir du Forum AgroTIC du 18 juin 2001, sur l'accès des ruraux aux hauts débits (voir encadré ci-dessous).
Et pour recevoir la gazette ou l'offrir - à titre gracieux -, contactez de ma part Guy Waksman, - ACTA Informatique, 149, rue de Bercy, 75595 Paris cedex 12 ; waksman@acta.asso.fr

Historique
Trente ans. C'est l'âge du courrier électronique. Deux fois - pour prendre un étalon universel - celui du Courrier (avec capitale et en italiques, c'est nous ! Voir la dernière Brève, p. 150). Le tout premier message fut l'œuvre de Ray Tomlison, un collaborateur de Bolt, Beranek et Newman (BBC), firme bostonienne (et états-unienne) travaillant à la mise en place du réseau Arpanet, ancêtre militaire d'Internet. Il lui fallut en premier écrire un programme (200 lignes de code) pour rendre possible l'échange de messages entre des ordinateurs distants, où qu'ils se trouvent (et pas reliés par un câble ad hoc). Puis établir la règle d'adressage de chacun des locuteurs : sur le clavier de son télétype, pauvre en touches, il choisit le @ (arobas = a rond bas de casse) comme marque distinctive et s'attribua tomlinson@bbn-tenexa. Ce @ fera fortune comme symbole et fleurira dans les pseudonymes internautiques et les noms de firmes ou les marques de produits. L'arobas n'a donc nullement - tordons le cou à la légende - été emprunté aux zooïdes (la figure ci-contre en montre un qui, posté en page d'accueil, s'est beaucoup investi dans la promo de nos Dossiers) escargoïdes et métagastéropodistes qui, depuis toujours, bossent comme agents d'ambiance sur chacune des pages du site du Courrier (www.inra.fr/dpenv).
La teneur du premier courriel de l'histoire de l'humanité n'est pas connue. Sans doute était-ce quelque chose comme " qwertyuiop " (que le service linguistique du Courrier a vite fait de traduire en " azertyuiop ". Mais le système se montra vite utile, même dans le cadre des 15 postes reliés alors en embryon d'Internet.
En 2002, il y aura 505 millions d'adresses e-mail ; en 2005, 1,2 milliards - dont quelques milliers de la forme prénom.nom@ville.inra.fr comme, par exemple, alain.fraval@paris.inra.fr où l'humanité sait qu'il faut adresser les courriels destinés au Courrier de l'environnement. En dépit de tous les messages qui ressortissent au bombardement publicitaire, malgré les envois piégés (de virus), le courrier électronique fait de plus en plus d'adeptes et représente pour beaucoup la principale utilité de leur ordinateur branché.

Et au Courrier ?
Oui, nous sommes branchés (depuis les débuts de l'ère de La Toile) ; non, nous n'enverrons pas de message oiseux à la cantonade aux destinataires pourvus d'une adresse de courriel et qui ont bien voulu nous la communiquer ; oui, vous pouvez me contacter par ce moyen (validation ou modification d'adresse, envoi de félicitations, de blâmes, de louanges, de critiques… que j'imprime pour mes camarades, soumission d'un projet d'article - qui reçoit le même traitement) ; non, nous n'écrivons pas les articles de nos auteurs dont nous indiquons autant que possible les coordonnées en @ pour que vous vous adressiez à eux facilement et directement ; oui, nous conservons un temps vos messages sous forme imprimée (de même que lettres et cartons jaunes) ; oui, je répercute les annonces de colloques et autres manifestations intéressantes reçues rapidement dans ma BAL (boîte aux lettres) ; non aucune webcam n'est installée qui pourrait vous transmettre mes mimiques ; non, nous ne sommes pas distributeurs des documents indiqués dans la Bibliographie , oui, je tâche de répondre aux questions ; non, je n'accuse pas réception systématiquement (pas le temps !) ; oui, je reçois sans arrêt des propositions pour des substances actives d'origine végétale et des conseils pour gagner des millions en 2 heures ; non, je n'ai pas essayé et, en conséquence, oui, je suis scotché là à mon clavier, au cœur du quartier du Gros Caillou et, tout en traitant (bien) mes messages, je vous prépare le prochain numéro du Courrier et les nouvelles pages de /dpenv/ (cf ci-dessus) en aidant au bouclage du tout prochain Dossier (cf pages suivantes).
A.F.
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Encadré1
Nouveautés chez /dpenv/
Innovations
L'Album (al.htm) - qui conserve bien rangés les éléments récurrents et significatifs des livraisons successives du Courrier - offre deux rubriques nouvelles : - Les Aveulouques (je ne présente pas cette chronique d'autopromotion, apparue en 1996 avec le n°29 et qui méritait absolument l'immortalité en ce recueil) ; - Les Brèves du Courrier, petits textes blottis en fin d'ouvrage, souvent illustrés, chapeautés d'un titre en principe calembouresque et traitant, en général à propos de limaces ou de Martiens, des questions les plus élevées dans l'ordre de l'agro-environnement et des fins dernières du monde. À vous de juger, mais la plupart tiennent le coup dans le temps et leur compilation est aussi l'occasion de voir défiler tous les Rousso qui les accompagnent…
À un clic de la page d'accueil, un calculateur puissant, rapide et précis effectuera vos conversions de francs en euros et réciproquement (euro.htm).
Mises à jour
Les résumés des articles du Courrier, grâce à Nicole Scott (stagiaire à l'INRA, Versailles) sont désormais lisibles en anglais (un travail interrompu, repris et achevé). Une façon de se montrer un peu mieux sur le Web.
On le rappelle : chaque parution enrichit le site, d'abord (au moment du bouclage) des résumés (plutôt des accroches) des articles, de l'In memoriam (animal vedette de couverture) de l'Urbi et orbi (en une langue chaque fois différente) - tandis que les index sont mis à jour -, puis de la Bibliographie et des Rousso (au moment du routage) et, enfin, des versions " en ligne " des articles (un numéro plus tard, en principe). À l'occasion, les Kiosques (répertoires thématiques de liens internautiques commentés) sont toilettés, la page des Fêtes et saints patrons revue, les Thèmes du Courrier sont révisés, etc. Et, chaque jour ouvrable (ou presque), la page Vache folle en ligne (vchfol00.htm) s'accroît de nouvelles nouvelles.
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Encadré 2
Les Hauts débits et territoires ruraux : pourquoi et comment ?
Dans un contexte marqué par l'affirmation du rôle croissant des technologies de l'information et de la communication dans l'activité économique et sociale, l'accès au haut débit représente un facteur essentiel de développement.
C'est, en particulier, un élément d'attractivité et de compétitivité du territoire vis-à-vis des entreprises qui pourront accéder à des services de télécommunications de qualité à des coûts non prohibitifs.
C'est aussi un facteur de désenclavement du territoire : dans la société de l'information, chacun peut téléproduire pour un donneur d'ordre de proximité ou situé à l'autre bout de la planète et, avec le commerce électronique, on accède au marché sans être pénalisé par les contraintes spatiales.
Cependant, alors que les grandes métropoles sont effectivement desservies par de nouvelles infrastructures qui attirent opérateurs, fournisseurs de services Internet, commerce électronique, intranet territoriaux..., le reste du territoire semble rester à l'écart.
La couverture des réseaux de boucle locale radio et xDSL ne concernera qu'une partie réduite du territoire. Ainsi, les opérateurs de boucle locale radio ne couvriront pas plus de 10% de la population dans les régions les moins denses, ce qui correspond, dans la plupart des cas, à une couverture des seules agglomérations d'au moins 30 000 à 50 000 habitants. Concernant l'xDSL, France Télécom se concentre pour le moment sur les villes de plus de 15 000 habitants.
Sans remettre en cause les principes de libéralisation retenus pour assurer le dynamisme du secteur des télécommunications, il convient cependant de reconnaître les limites du jeu du marché, et les responsabilités des pouvoirs publics, notamment pour répondre aux préoccupations en matière d'aménagement du territoire.
Dans ce contexte, on assiste ainsi à une mobilisation croissante des collectivités locales qui se sont vues octroyées par le législateur un cadre réglementaire leur permettant de prendre un certain nombre d'initiatives en matière de mise en œuvre de réseaux et de services de télécommunications.
Il convient cependant à notre avis de préciser quelques lignes de force :
- tout projet visant à corriger des " zones d'ombre " en matière de nouveaux réseaux et services doit être précédé d'une étude approfondie de l'offre existante, de contacts sérieux avec les opérateurs et d'une réflexion qui hiérarchise les besoins en fonction des priorités retenues au niveau régional en matière d'aménagement et de développement ;
- la puissance publique - éducation, enseignement supérieur et recherche, santé, culture, etc. - et les collectivités locales sont un marché réel non négligeable pour les opérateurs de télécoms qui peut représenter jusqu'à 50% du marché potentiel selon la zone considérée. Cela suppose que le secteur public à travers la variété de ses objectifs et besoins, se coordonne de façon efficace.
Contact : Pierre Michel Attali
pm.attali@idate.fr
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Vers l'Album des Aveulouques