Agriculture urbaine : Toulouse

Agriculture urbaine  


Les politiques agri-urbaines
Le cas de la ville de Toulouse

Ce travail associe le Programme Agriculture urbaine de l'ENSP et l'unité INRA-SAD de Toulouse. Cette étude a été l'objet du stage de DEA d'Arnaud Péral.

A Toulouse comme ailleurs, l'agriculture péri-urbaine est un produit, le résultat d'une commande de la ville. Longtemps assimilée à la production en frais, elle a perdu sa reconnaissance urbaine avec l'élargissement de cet approvisionnement : l'espace agricole péri-urbain de la ville n'allait-il servir qu'à l'urbanisation future ? La question se pose en terme de périmètre d'intervention. La ville a connu une très forte croissance économique et démographique dans les années 70, entraînant une explosion de l'agglomération toulousaine. Aussi, au cours des années 80, la ville s'est étendue largement au-delà des limites de l'aire couverte par le schéma directeur d'agglomération et d'urbanisme (SDAU). Aujourd'hui, plus de la moitié de la population réside dans les communes périphériques, au-delà du périmètre du document de planification. C'est pourquoi la question du sens de l'agriculture périurbaine, dans les formes qui sont maintenant les siennes (céréaliculture, maraîchage orienté vers les grands marchés, etc.), se pose de nos jours à l'aménageur :

- est-elle seulement une activité économique qui a besoin d'être protégée des risques de nuisance de la ville ?
- ou est-elle un nouvel instrument de sa gestion environnementale et paysagère ?

Les prémices d'une politique agriurbaine apparaissent à Toulouse dans deux cadres distincts : celui de l'aire du schéma directeur d'une part, celui de communes périphériques qui se sont données des Chartes d'aménagement, d'autre part. Mais l'objectif est commun : mettre l'agriculture péri-urbaine au service de la ville, afin de la rendre plus durable ; cela traduit d'autres attentes que celles de sa seule production physique.

Pour le schéma directeur, il s'agit d'une part de garantir une production agricole de qualité destinée au marché local ou à l'expédition (actions sur la fonction de production de l'agriculture) et, d'autre part, d'agir sur la fonction de services aux habitants, c'est-à-dire d'accueillir, d'animer et d'affirmer un rôle, (notamment) culturel. Mais cette politique de ville reste en grande partie initiative.

 Cependant, une politique agri-urbaine plus volontariste est mise en oeuvre dans le SICOVAL, Communauté de villes de la périphérie sud-est de Toulouse, au point que cette politique est devenue la justification principale de l'existence de la Communauté. Producteur de la ville par ses zones commerciales, industrielles et résidentielles, le SICOVAL a adopté une réelle politique agricole afin de maintenir ou d'améliorer la qualité de l'environnement et du paysage. Les mesures sont nombreuses : viabilisation de l'agriculture par l'installation de jeunes agriculteurs, signature d'une charte d'aménagement, etc.

  Mais de nombreux autres secteurs péri-urbains ne sont encore couverts par aucune mesure fondée sur le long terme ; c'est pourquoi une politique agriurbaine unifiée à l'échelle de l'agglomération toulousaine tout entière devient indispensable. Elle est encore à définir.

 Contacts : André Fleury ; Arnaud Péral ; Isabelle Duvernoy

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Mise à jour octobre 1998. Pages réalisées par Nathalie Dumont-Fillon qui vous remercie d'avance de vos remarques.