Le Courrier de l'environnement n°27, avril 1996

La nature à la reconquête de l'espace rural

Alsace Nature : 17, rue du Général-Zimmer, 67000 Strasbourg.

1. Un constat alarmant, révélateur d'un modèle agricole en crise
2. Un objectif nécessaire : une place pour la nature dans l'espace rural
3. Des moyens pour parvenir à cette reconquête de l'espace rural
En conclusion


Ce texte, oeuvre collective, vient en conclusion de la campagne Agriculture et Nature que l'Association fédérative régionale pour la protection de la nature, Alsace Nature, a menée pendant plusieurs mois, jusqu'à la tenue des Assises de l'agriculture, réunies du 2 au 4 février 1996 et dont un numéro spécial du Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse rendra compte.
En exploitant plus de 40% de la superficie de l'Alsace, l'agriculture occupe une place prépondérante dans l'espace régional. Jusqu'à la IIe Guerre mondiale, même après l'introduction, marquant une certaine intensification, de la luzerne et des plantes sarclées dans l'assolement en remplacement des jachères, les pratiques agricoles sont restées compatibles avec le maintien d'écosystèmes complexes. Les modes d'exploitation diversifiés et extensifs, perpétués pendant des siècles et adaptés aux contraintes naturelles, ont contribué à façonner la grande variété de terroirs qui caractérise l'Alsace. Nombre de milieux secondaires, tels les vergers et les rieds, sont le résultat du travail commun de l'agriculteur et de la nature. Cependant, en une trentaine d'années, la révolution agricole, synonyme de mécanisation et d'intensification, qu'a connue notre région a accru la responsabilité de l'agriculture dans la dégradation du patrimoine naturel de la plaine d'Alsace, en même temps qu'elle a accentué la déprise agricole dans les vallées vosgiennes où les paysages se ferment. Cette industrialisation de l'agriculture a exclu la nature (1) et les paysages de la nouvelle logique de productivité imposée par la mondialisation progressive du marché des produits agricoles et accentuée par la sous-tarification des transports. De vivrière, l'agriculture est donc devenue spéculative, au mépris et au détriment des équilibres naturels.
Ce texte de synthèse n'a pas pour prétention d'aborder ou de traiter l'ensemble de la problématique agriculture et nature, car il s'agit d'une question vaste et complexe dans laquelle interviennent de nombreux acteurs et de nombreuses disciplines. En exposant le point de vue des associations de protection de la nature, il cherche à montrer pourquoi la priorité n'est plus au développement de la production, à l'intensification des pratiques mais à une agriculture autant ménagère du territoire que productive. La performance ne réside plus dans la quantité, ni non plus exclusivement dans la qualité. Elle se situe dans un juste équilibre entre l'agriculture et la nature.

[R] 1. Un constat alarmant, révélateur d'un modèle agricole en crise

Les transformations de l'agriculture alsacienne
L'agriculture est le secteur d'activité qui occupe le plus d'espace en Alsace puisqu'elle exploite 41% des terrains de la région. Tandis que les forêts recouvrent 37% de la superficie alsacienne, les 22% restant du territoire sont occupés par les agglomérations, les infrastructures... et les milieux naturels non forestiers. Or la densité humaine en Alsace est l'une des plus élevées de France avec 196 habitants au kilomètre carré. Il en est de même pour la densité de routes et d'autoroutes qui est en moyenne de 0,78 km au kilomètre carré (2). On peut ainsi estimer que la majeure partie de ces 22% du territoire est stérilisée par le bitume et le béton, laissant peu de choses pour les milieux naturels ouverts non forestiers, surtout en plaine (où l'agriculture utilise plus de 60% des terres). Le développement de la faune et de la flore de milieu ouvert est donc presque entièrement tributaire de la qualité de l'espace agricole. Or celui-ci a subi depuis plusieurs années des modifications de plus en plus marquées. Cette évolution, qui correspond en fait à une massive substitution du capital au travail et qui a été largement stimulée par les politiques agricoles, peut être illustrée par quatre faits principaux :
a) L'augmentation des intrants
Entre 1970 et 1993, les consommations intermédiaires de l'agriculture (eau, engrais, produits phytosanitaires) nécessaires à la production d'un produit agricole d'une valeur de 100 FrF sont passées de 30 à 46,3 FrF (en francs constants). Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation :
- depuis 1979, les surfaces irriguées augmentent de 6% par an. En 1988, date du dernier recensement agricole général, 33 500 ha de surface agricole utile (SAU) sont irrigués, soit 10% de la SAU totale alsacienne. Dans certains cantons du Haut-Rhin, ce sont plus de 50% de la SAU par exploitation qui sont irrigués (3). Or les quatre cinquièmes de ces surfaces sont plantées en maïs, plante grande consommatrice d'eau (l'irrigation de 50 ha de maïs représente en moyenne la consommation annuelle de 1 500 habitants(4)) ;
- la consommation annuelle d'engrais azotés en Alsace s'élève à 51 000 t (dont 70% sous forme minérale), ce qui correspond à un apport moyen de 150,7 kg d'azote par hectare de SAU et par an (5). Nous pouvons noter avec une certaine satisfaction que cet apport diminue régulièrement depuis 4 ans (cette diminution est de 23% depuis 1991 (6)). Cette amélioration est peut-être à mettre à l'actif des opérations Fertimieux en faveur du raisonnement de la fertilisation et de l'information des agriculteurs, menées sur la plaine de l'Ill, la Hardt et le piémont viticole. Ces opérations sont sans doute à améliorer puis à généraliser, puisque l'introduction de la jachère obligatoire en 1993, même s'il s'agit de l'un de ses objectifs, n'a pas accéléré ce processus de réduction des intrants ;
- on estime que 18 millions d'hectares subissent au moins une intervention phytosanitaire par an, soit 40% de la superficie de la France (7). Il existe dans notre pays plus de 460 molécules actives autorisées pour ces traitements, et près de 4 000 préparations commerciales. Même si les estimations sont délicates à effectuer, il est admis qu'en Alsace, la consommation de pesticides par hectare est passée de 3 kg de matière active en 1976 à 5,5 kg en 1988. Depuis 1990, cet apport diminue régulièrement, essentiellement à cause de l'augmentation de l'efficacité des molécules et de l'apparition de nouvelles techniques de traitement (enrobage des semences, etc.). Toutefois, l'usage de désherbants sur grandes cultures (notamment le maïs) constitue toujours un problème aigu et pose en corollaire celui des déchets de traitements. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) a recensé en 1991-92 dans le Bas-Rhin un stock résiduel de 33 tonnes de produits phytosanitaires inutilisables et de 12 tonnes d'emballages, en attente de traitement (8).
b) Une simplification de l'assolement
Grâce aux progrès techniques et à la sélection d'hybrides adaptés aux conditions climatiques alsaciennes, la production de maïs a connu un développement fulgurant dans la région. Ainsi, la surface cultivée en maïs-grain est passée de 36 500 ha en 1979 à 116 700 ha en 1993. Alors que la part de maïs dans la SAU totale de l'Alsace passait de 11% à 34% durant cette même période, celle des céréales d'hiver chutait de 31 à 16% et celle des prairies de 35 à 23% (9). La surface toujours en herbe a donc été sérieusement amputée puisqu'elle est passée de 111 600 ha à 76 800 ha. Ce qui veut dire qu'en quatorze ans, alors qu'elle gagnait 15,7 ha de maïs-grain par jour, l'Alsace perdait 6,27 ha de prairies par jour, situées essentiellement dans les rieds et les vallées alluviales.
c) Une généralisation des remembrements
Afin de faciliter le travail des machines, les remembrements ont été appliqués sur toute l'Alsace depuis 1950. Aujourd'hui, 522 communes sur les 560 que compte le Bas-Rhin et 377 sur les 386 du Haut-Rhin ont connu au moins un remembrement. Ce sont donc près de 80% de la SAU alsacienne qui ont été remembrés (10). Or, un champ céréalier compte 1 à 1,5 arbres à l'hectare alors qu'un terrain non remembré consacré à la polyculture traditionnelle en compte en moyenne 5 à 6. Depuis les premiers remembrements, l'Alsace a été dépossédée de plus d'un million d'arbres fruitiers (11). Les procédures d'aménagement foncier actuelles permettent de légers progrès dans la préservation des zones arborées et des milieux naturels sensibles, ainsi qu'une possible renaturation des terrains agricoles comme ce fut le cas finalement dans la plaine de la Hardt. Mais si l'on encourage aujourd'hui la replantation d'arbres ou de haies, il ne faut pas oublier que de telles zones sont encore détruites, même dans le vignoble " appellation d'origine contrôlée " (AOC), afin d'accroître la surface de production.
d) Une importante mécanisation
Le nombre moyen de tracteurs pour 100 exploitations en Alsace est passé de 11 en 1955 à 140 en 1988. Si ce chiffre évolue peu depuis, les tracteurs sont toutefois de plus en plus puissants puisque la part de tracteurs de plus de 55 CV est passée de 25% en 1979 à 45% en 1988 (12). L'Alsace apparaît ainsi largement suréquipée avec une moyenne de 10 tracteurs pour 100 ha contre 5 en moyenne en France. La nécessité d'amortir ces importants investissements en matériel, 2 fois plus importants que pour le reste de la France, conduit les agriculteurs à intensifier encore plus leur mode d'exploitation. La productivité du sol alsacien est ainsi l'une des plus élevées de France alors même que la rentabilité du travail et du capital reste nettement inférieure aux moyennes nationales (13).
Des conséquences indéniables sur l'environnement
La polyculture traditionnelle et l'élevage, qui ne sont plus pratiqués que sur 26% des exploitations alsaciennes, ont été supplantés par une agriculture de plus en plus spécialisée, notamment vers les grandes cultures, et de plus en plus intensifiée. Cette intensification a des répercussions importantes sur toutes les composantes de l'environnement.
a) L'eau
La teneur en nitrates de la nappe phréatique d'Alsace a pratiquement doublé au cours de ces dix dernières années (la teneur moyenne est de 36 mg/l dans le Haut-Rhin (14)). En 1992, l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse estimait que 230 km2 sur les 2 800 km2 de surface de la nappe connaissaient un taux de nitrates d'origine diffuse de plus de 50 mg/l (limite de potabilité de l'eau). Les estimations pour l'an 2000 sont de l'ordre de 470 km2, soit 16% de la surface totale. Même si elle n'est pas la seule concernée, l'agriculture est l'une des principales sources de pollution diffuse par les nitrates. En effet, sur 51 000 tonnes d'azote apportées par an en Alsace, 40 000 tonnes sont exportées sous forme végétale. Les excédents peuvent donc être estimés à 11 000 tonnes par an, dont une grande partie est lessivée. Or, la réduction de moitié de ces excédents représenterait une économie de 10 millions de francs pour la profession (15).
Celle-ci prend petit à petit conscience de son rôle dans cette pollution et place sa réduction comme objectif environnemental prioritaire. Les campagnes Fertimieux, complétées par des mesures réglementaires (directives nitrates, protection des captages, etc.) et les actions de l'agence de l'Eau Rhin-Meuse, sont autant d'outils mis en place pour la protection de la nappe d'Alsace. Ces campagnes devraient s'étendre aux produits phytosanitaires puisque plusieurs d'entre eux commencent à être détectés dans la plupart des puits de captage (19 molécules en tout dont l'atrazine, la simazine et le lindane, parfois à des taux proches des normes admissibles). C'est ainsi que 45% de la population bas-rhinoise consomment une eau dont la teneur en atrazine est supérieure à 0,1 µg/l (16) qui correspond à la concentration maximale admissible dans les eaux de consommation en Europe. Par ailleurs, cette contamination de la nappe par les pesticides pourrait également être à l'origine du dépérissement forestier en plaine.
Pour ce qui est de la pollution des cours d'eau due à l'agriculture, les principaux problèmes se situent dans le piémont viticole et le Kochersberg où se conjuguent à la fois les phénomènes d'érosion du sol et de lessivage de l'azote, qui augmentent la charge de matières en suspension des rivières et la teneur en azote et en phosphore à l'origine des phénomènes d'eutrophisation. Certaines études ont montré que les rivières phréatiques du Ried central drainent jusqu'à 40 kg d'azote par hectare et par an sous forme de nitrates (17). Cependant, les cours d'eau sont marqués par les aménagements hydrauliques lourds effectués suite aux pressions des agriculteurs.
b) La flore
L'intensification des pratiques agricoles et la modification de l'assolement ont profondément perturbé la flore alsacienne. Aujourd'hui 780 espèces végétales sont rares ou menacées, c'est-à-dire à peu près 40% de la flore régionale. La flore prairiale est la plus touchée. En effet, l'exploitation extensive des prairies du Ried, des collines calcaires ou des hautes chaumes permettaient de maintenir un cortège d'une soixantaine d'espèces au mètre carré, dont certaines espèces remarquables telles les orchidées, l'iris des marais ou le glaïeul palustre. Aujourd'hui, la surface en herbe du Grand Ried a été divisée par 5 au profit de maïs ou des prairies intensives qui ne comptent plus que 5 à 6 espèces au mètre carré. Ces mêmes prairies intensives gagnent les hauteurs vosgiennes.
La sélection génétique est responsable de la réduction drastique du nombre d'espèces cultivées, si bien qu'il faut aujourd'hui multiplier les conservatoires d'espèces pour conserver ce patrimoine génétique végétal, notamment celui des vergers.
Les plantes messicoles ont également payé un lourd tribut à l'intensification puisqu'au début du siècle, un champ cultivé présentait jusqu'à 50 espèces de plantes de moisson. Aujourd'hui, les traitements phytosanitaires et la sélection des semences ont réduit ce nombre à une ou deux espèces présentant de plus en plus de résistance aux traitements. Ainsi du vulpin ou de la matricaire. De nombreuses espèces annuelles discrètes sont en voie de disparition telles la nigelle des champs ou l'adonis estivale, ou en régression importante telles la nielle des blés ou la silène de France. Ces plantes, associées aux cultures comme par exemple la tulipe des vignes dans le vignoble, sont éliminées au nom de la productivité.
c) La faune
L'agriculture intensive se caractérise par une monotonie dans l'espace (la monoculture permettant de réduire les charges d'exploitation) et une instabilité dans le temps (la rotation trop rapide des cultures ne permet pas à l'écosystème de s'équilibrer). Si certaines espèces ont pu se développer dans ces grandes étendues agricoles, notamment le campagnol, le vanneau huppé, ou encore les étourneaux ou certains rongeurs à la faveur de la multiplication des silos à ensilage, la richesse faunistique en milieu rural a fortement chuté. Ainsi, pour les vertébrés, l'indice de richesse faunistique (qui tient compte à la fois du nombre d'espèces et de l'abondance des individus de chacune d'entre elle) des Rieds est de 160, contre 14 pour une steppe culturale (champs de maïs, de blé, etc.) (18). La faune dans ces espaces est en effet confrontée au triple problème d'absence de lieu de reproduction (suppression des haies et d'arbres, fauche précoce des prairies...), de contamination de la chaîne alimentaire et de réduction des sources de nourriture (destruction des insectes, etc.). C'est ainsi que, sur 80 espèces d'oiseaux nicheurs dépendant des milieux créés par l'agriculture traditionnelle (de la Perdrix grise au Courlis cendré), 70 sont en voie de régression ou menacées de disparition en Alsace (19). De même les effectifs de petits mammifères tels le lièvre sont en régression. L'entomofaune, malheureusement peu étudiée, est elle aussi concernée : des études menées en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis ont montré que les traitements phytosanitaires provoquent en moyenne la réduction de 40% des effectifs de populations d'insectes non-cibles.
Il ne faut pas oublier ici la faune domestique qui est également concernée par la course à la productivité. La recherche du rendement a conduit à une sélection génétique des races les plus productives et à l'abandon progressif des races les moins productives, dont certaines se retrouvent aujourd'hui menacées d'extinction. Ainsi, sur les 32 races bovines françaises, 5 représentent à elles seules 93% du cheptel (dont 50% pour la race FFPN-Holstein) (20). La productivité a également conduit à l'abandon de techniques traditionnelles d'élevage extensif au profit d'élevages concentrationnaires et de transports sur de longues distances, souvent nocifs au bien-être et à la santé des animaux.
d) Le sol
Le sol est le support physique même de l'activité agricole. Dans certaines régions, notamment dans la Hardt, l'agriculture a contribué à la formation du sol en apportant d'importantes quantités de matière organique et a permis la mise en culture de ces régions. Mais le travail profond et répété de la terre, la succession des traitements et des amendements minéraux et la modification du couvert végétal sont à l'origine de phénomènes inquiétants pour la fertilité à long terme des sols. Nous pouvons distinguer 3 phénomènes majeurs :
- l'érosion : spectaculaire lorsqu'une inondation met à nu les graviers ello-rhénans et emporte le sol d'une parcelle prairiale qui vient d'être labourée, l'érosion reste un phénomène discret et continu. Des études menées sur des terrains loessiques du nord de l'Alsace montrent que le ruissellement a emporté 1 à 1,5 tonnes de terre/ha/an depuis les premières mises en culture (21). Cette moyenne, faite sur une longue période et incluant donc des épisodes de pratique extensives, masque les chiffres actuels qui annoncent sur les terrains en pente même légère et sur les grandes surfaces remembrées une perte de sol de 10 à 15 tonnes/ha/an (22). L'érosion, favorisée par la mauvaise pratique du labour et les retournements de prairies, est donc de 50 à 100 fois plus importante que la formation de terre nouvelle.
- le compactage : le passage répété de machines lourdes sur les parcelles ou les labours mal opérés peut provoquer un compactage du sol jusqu'à une profondeur de 60 cm, modifiant la structure du sol, donc limitant l'exploration racinaire et augmentant les risques d'érosion. De plus, la matière organique enfouie profondément se décompose mal. La minéralisation est donc incomplète, ce qui amplifie les déséquilibres nutritionnels.
- les pollutions : l'apport répété d'engrais et les traitements successifs provoquent l'accumulation dans le sol de substances toxiques. Les engrais, très souvent non purifiés, apportent de nombreux métaux et métalloïdes. Ainsi, 70 kg de phosphates apportés par hectare contiennent environ 2 à 3 g de cadmium. Les pesticides organométalliques contribuent à augmenter la charge du sol en cuivre (surtout dans le vignoble), en plomb et en mercure. Ces éléments peuvent également contaminer le sol suite à l'épandage de boues de stations d'épuration. Les produits phytosanitaires s'accumulent identiquement dans le sol à raison de 1 à 3 kg/ha/an (23). La plupart de ces produits, faisant intervenir des molécules de synthèse, sont dégradés très lentement. C'est le cas notamment des insecticides organochlorés dont le pourcentage persistant dans le sol, quinze ans après traitement, varie de 15 à 40% de la dose initiale. Ces éléments peuvent contaminer toute la chaîne alimentaire, et donc en dernier lieu, l'homme.
e) La santé de l'homme
Les produits issus de l'agriculture intensive et l'eau peuvent comporter un certain nombre de résidus néfastes à la santé de l'homme. Ainsi, les nitrates contenus dans les végétaux ou dans l'eau sont transformés dans l'appareil digestif en nitrites qui se fixent sur l'hémoglobine du sang et la transforment en méthémoglobine incapable de véhiculer correctement l'oxygène. L'accumulation de cette substance, principalement chez le nourrisson et les jeunes animaux, provoque des troubles de l'oxygénation pouvant aller jusqu'à la mort. Par ailleurs, les nitrites peuvent se combiner aux amines et aux amides (naturellement présentes dans les aliments) pour former des nitrosamines, composés carcinogènes impliqués dans les cancers de l'appareil digestif (24). D'autre part, plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence les liens existants entre l'exposition aux pesticides et l'apparition de cancers. Il semble certain aujourd'hui que les organochlorés multiplient par 4 les risques de cancer du poumon et que les triazines interviennent dans les cancers de l'ovaire et du côlon (25).
Ces conséquences de l'agriculture moderne, telles que nous venons de les décrire, concernent essentiellement la plaine d'Alsace. Les problèmes sont d'un ordre différent pour ce qui est du Massif et du Piémont vosgiens. Les Hautes-Chaumes, soumises à une pression touristico-agricole, devraient retrouver leur équilibre naturel dans le cadre d'un parc national. Les vallées vosgiennes et les collines sous-vosgiennes, désertées par leurs agriculteurs, voient les parcelles non entretenues s'enfricher ou s'enrésiner et les paysages se ferment. Paradoxalement, dans les vallées où certaines exploitations agricoles subsistent, le modèle productiviste conduit à intensifier les prairies (fumures, sursemis de graminées, ensilage) qui deviennent des plus banales. Le piémont viticole accueille aujourd'hui une véritable monoculture de vigne, à l'origine de graves phénomènes d'érosion des sols et de pollutions des eaux (à cause des traitements appliqués mais aussi des effluents de vinification).
Un bilan social tout aussi négatif


dessin CB

Si l'industrialisation de l'agriculture, stimulée par les politiques agricoles, a généré un véritable conflit entre les objectifs agricoles et environnementaux avec les conséquences que nous venons de décrire, le bilan social de cette rationalisation est tout aussi désastreux.
Il l'est d'abord pour le monde agricole. Ne pouvant amortir leurs investissements dans un marché agricole mondialisé où elles se retrouvent en concurrence avec d'autres régions éloignées par le truchement du faible coût des transports et de l'énergie, les exploitations alsaciennes les moins rentables n'ont pu subsister dans cette course à la productivité. S'est donc installé un formidable mouvement de concentration et de spécialisation des exploitations qui a été fatal à 58 990 d'entre elles entre 1942 et 1993 (le nombre d'exploitants en 1993 est de 17 750) (26). Ces chiffres correspondent donc à une réduction de 77% des effectifs. Ce qui veut dire que durant cette période, plus de 3 exploitations par jour ont cessé leur activité en Alsace. La spécialisation, la mécanisation et l'intensification des pratiques provoquent une perte d'emplois importante puisqu'entre 1988 et 1993, la main d'oeuvre agricole a diminué de 5 120 unités de travail annuel familial (27), soit près de 3 unités par jour. Il n'y a donc plus que 3,5% de la population active alsacienne qui travaille dans l'agriculture (28). Et ce déclin risque de se poursuivre puisque plus de 50% des chefs d'exploitation ont plus de cinquante ans. Comment ne pas rapprocher ces chiffres avec ceux du chômage en Alsace ? La réforme de la Politique agricole commune (PAC) ne stoppera sans doute pas cette évolution qui conduira les exploitations à s'agrandir et se concentrer encore. Cette adaptation se dessine déjà puisque la moyenne de la SAU par exploitation continue d'augmenter (elle est de 20 ha actuellement). Cette évolution profite aux grandes exploitations concernées par la PAC (exploitation de cultures céréalières, de grandes cultures et d'élevages bovins et ovins) qui ont vu leurs revenus moyens progresser d'environ 15% en deux ans en partie grâce aux subventions (29).
Mais cet " exode rural " a des conséquences qui vont bien au-delà du monde agricole. La place de l'exploitant dans ce tissu rural diminue et avec elle, sans doute celle d'autres artisans et commerçants. La monoculture, le remembrement, l'irrigation, le drainage justifiés par la recherche de rentabilité et de productivité, induisent une uniformisation et un appauvrissement de l'espace rural et du cadre de vie. Un paysage qui se banalise ou se ferme et une vie rurale qui s'épuise sont autant d'obstacles à l'équilibre du territoire, au bien-être des Alsaciens, qu'ils soient d'origine rurale ou urbaine, et au développement d'un tourisme important pour l'économie régionale.
De ce constat, nous pouvons tirer trois conclusions majeures :
- l'agriculture, par certaines de ces pratiques intensives, est polluante, non respectueuse des besoins fondamentaux des animaux domestiques, et incompatible avec le maintien d'une vie sauvage diversifiée ;
- elle peut mettre en danger, sous l'impulsion de logiques productivistes et de soutien des marchés, à la fois l'emploi des agriculteurs, la pérennité des milieux naturels et l'équilibre du territoire ;
- parce qu'elle perd en Alsace chaque année entre 600 et 1 000 ha de terre au profit de l'urbanisation ou la création d'infrastructures, parce que les dispositions foncières lui sont favorables, elle est tentée de gagner ou de récupérer des terres sur le milieu naturel.

[R] 2. Un objectif nécessaire : une place pour la nature dans l'espace rural

Dans un contexte de surproduction, l'agriculture alsacienne n'a pas pour vocation prioritaire d'alimenter le marché mondial en denrées alimentaires ou en matières premières industrielles. Son objectif premier ne doit pas être l'exportation mais bien la satisfaction des besoins de chaque Alsacien, que ce soient ses besoins alimentaires ou ceux d'un cadre de vie de qualité. En ce sens, l'espace rural ne doit pas être uniquement voué à l'agriculture productive. C'est aussi un lieu de vie, de récréation et d'échanges pour les hommes et les femmes qui y sont nés ou qui ont choisi de s'y installer. Il doit donc être diversifié, accueillant et vivant afin que l'homme mais également les autres êtres vivants puissent s'y implanter, y vivre et s'y épanouir.
Or, l'espace rural que nous propose aujourd'hui l'agriculture moderne tend vers la dichotomie zone d'agriculture intensive-forêt (en détruisant notamment les milieux semi-naturels) qui ne peut répondre à ces besoins fondamentaux de chacun. Il est donc nécessaire de permettre à la nature de reconquérir cet espace rural, de plus en plus stérile. Pour des raisons éthiques, sociales, économiques et environnementales, il est indispensable qu'à l'échelle de chaque ban communal, un espace correspondant à au moins 30% de la surface agricole utile soit réservé à la nature. Ce chiffre moyen pour toute l'Alsace pourra être adapté en fonction des conditions écologiques, économiques et sociales de chaque terroir, à l'issue d'études scientifiques et de la consultation de tous les acteurs communaux : il inclut les surfaces actuellement vouées à la jachère et celles toujours en herbe. Il est évident que dans de nombreux bans communaux de piémont, de vallées et même de rieds, ce chiffre sera largement dépassé : il s'agit d'un strict minimum.
Ce partage de l'espace ne devra pas se faire entre une agriculture très intensive et une nature plus ou moins préservée et exposée dans quelques petites réserves. Au contraire, en fonction des potentialités écologiques de chaque terroir, des zones naturelles et semi-naturelles subsisteront, se développeront et seront reliées entre elles, formant une véritable trame verte, tandis que l'espace agricole sera géré d'une façon extensive compatible avec le maintien de ces milieux.

[R] 3. Des moyens pour parvenir à cette reconquête de l'espace rural

Deux préalables à la mise en place de ces moyens
Le préalable indispensable à cette reconquête est le partage des responsabilités. Devenu aujourd'hui minoritaire en terme de nombre de personnes dans l'espace rural, l'agriculteur ne peut plus en effet rester le seul responsable de la gestion de ce dernier. La fiscalité foncière assurant le financement des chambres d'agriculture, le pouvoir des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER), le droit des baux ruraux donnent de fait une position de monopole à l'agriculture dans la gestion de l'espace rural. Ce pouvoir du lobby agricole doit être aujourd'hui remis en cause tout en admettant que, si la collectivité souhaite préserver son patrimoine naturel, elle doit en assumer la co-responsabilité et être solidaire des agriculteurs. Pour construire un territoire équilibré, il convient donc d'instaurer une véritable cogestion démocratique avec l'ensemble des acteurs ruraux, ceci d'autant plus que les fonds publics destinés au financement d'une agriculture gestionnaire de l'espace - mesures agri-environnementales, fonds de gestion de l'espace rural - sont et seront prélevés chez l'ensemble des contribuables. Ces dernières mesures peuvent être considérées comme les prémices de cette cogestion mais leur répartition et leur organisation sont au main de la profession et de l'administration (direction départementale de l'Agriculture et de la Forêt) agricoles et, de ce fait, restent très insatisfaisantes du point de vue de l'environnement naturel. La mise en place de cette cogestion nécessitera alors des réformes législatives, touchant la fiscalité foncière, les baux ruraux, le fonctionnement des SAFER et des chambres d'agriculture. Il s'agira de se donner des lieux de dialogue et de décision et des outils efficaces, pour préserver la nature et gérer l'espace de façon contractuelle, dans l'intérêt général. C'est dans cette perspective que pourra se créer une instance de cogestion de l'espace rural, qui regroupera paritairement l'ensemble des acteurs ruraux et qui organisera localement des projets de gestion et de réhabilitation pour lesquels chacun des acteurs apportera ses compétences. Au niveau administratif, la gestion de l'espace rural ne sera plus du ressort du seul ministère de l'Agriculture. Le ministère de l'Environnement devra pouvoir y prendre une place prépondérante.
Une deuxième exigence préalable à cette reconquête est la préservation de l'existant. Compte tenu de leur rareté en plaine d'Alsace, il s'agira de conserver les sites naturels de toutes valeurs (d'intérêt international, national, régional ou local) qui ont été décrits dans les différents inventaires menés dans la région (Natura 2000, ZNIEFF, ZICO, inventaire zones humides, etc.). Cette sauvegarde se fera grâce à la combinaison des mesures réglementaires, des mesures agri-environnementales et de maîtrise foncière. Ceci implique la mise en place de la politique départementale des espaces naturels sensibles et le renforcement des actions du Conservatoire des sites alsaciens et du Fonds alsacien de restauration des biotopes. Cette préservation suppose également la transformation des remembrements en aménagements fonciers respectueux de l'environnement, conservant les derniers réseaux de haies, d'arbres le long des cours d'eau, les ceintures de vergers autour des villages, les vergers de plein champ, etc.
La nature entre les champs
Ces deux impératifs de partage des responsabilités et de préservation de l'existant fourniront une bonne assise à la reconquête de l'espace rural par la nature. La nature devra ensuite reprendre ses droits entre les champs par la reconstitution d'une trame interconnectée d'espaces non cultivés (des haies, des arbres isolés, des ripisylves, des bandes herbeuses, des prairies, des mares, des vergers, etc.) et d'espaces semi-naturels extensifs, prenant la place des jachères qui n'offrent pas des milieux suffisamment stables pour la faune et la flore sauvages. Ces milieux constitueront à la fois des coupures paysagères dans la plaine, une animation paysagère dans les vallées, une restauration du patrimoine biologique et des protections face à diverses pollutions. Cette restauration, qui devra concerner toute l'Alsace, sera organisée dans le cadre d'une planification territoriale qui pourrait prendre la forme, au niveau de chaque ban communal, de plan d'occupation de l'espace non bâti. Les communes s'attacheront à recréer ou à développer un maillage vert, grâce à des procédures d'aménagement foncier à objectif " nature ". A titre d'exemple, les propriétés communales seront les premières à bénéficier d'une renaturation.
Au niveau de chaque entité biogéographique (Hardt, Sundgau, piémont, secteurs loessiques, rieds, Vosges, etc.), des schémas directeurs écologiques fixeront, en fonction des potentialités écologiques de chacune, les objectifs de reconquête en termes quantitatif et qualitatif. L'Alsace s'offrira ainsi un plan de ménagement du territoire, dans lequel au moins 30% de la SAU seront gérés de façon à ce que la vie sauvage puisse s'épanouir et circuler, que la diversité biologique redevienne réelle, pour le plaisir de tous les ruraux. De plus, grâce à cette planification, le tourisme rural pourra se développer et s'intégrer dans une démarche locale partenariale organisant et répartissant le flux touristique dans le respect des sites.
La nature dans les champs
Ce partage de l'espace sera renforcé par un retour de la nature dans les champs. Ceci veut dire que les techniques agricoles deviendront compatibles avec le maintien d'une faune et d'une flore variées et les besoins des animaux d'élevage. Les champs ne seront plus des déserts biologiques, sources de pollution des eaux et du sol. La voie déjà tracée pour atteindre cette " éco-compatibilité " des pratiques agricoles est l'agriculture biologique. Il faut donc dès aujourd'hui se donner les moyens de tendre vers la prédominance de cette référence technique réglementée. Ce qui veut dire qu'il faut mettre en place un plan régional de développement volontariste de l'agriculture biologique, qui comportera plusieurs volets :
- un volet financier visant à l'aide à la reconversion à l'agriculture biologique et à son maintien : développement de la mesure " reconversion à l'agriculture biologique " du programme agri-environnemental, prise en charge des frais de contrôle, réforme de la fiscalité à taux réduit des intrants et reversement des produits à l'agrobiologie, adaptations des cotisations sociales pour les agriculteurs bio, etc. ;
- un volet " développement de la demande " à travers des campagnes de promotion des produits bio et d'éducation des consommateurs. Par exemple, l'approvisionnement en aliments issus de l'agriculture biologique des cuisines des lycées, des collèges, des centres d'initiation à la nature, des hôpitaux pourrait être organisé avec le soutien des collectivités ;
- un volet " développement de la formation " à travers le développement de l'enseignement de l'agriculture biologique en lycée agricole et la mise en place de fermes expérimentales et de démonstration ;
- un volet " organisation de la distribution " grâce au développement de partenariat entre producteurs et distributeurs, à la promotion des points de vente auprès des consommateurs.
Compte tenu des enjeux, et notamment celui du maintien de la ressource en eau potable, l'objectif de ce plan doit être ambitieux : à terme, l'agriculture biologique doit devenir la référence technique dominante. A moyen terme, un objectif d'une ferme sur cinq pourrait être visé.
Cette transformation de l'agriculture alsacienne implique de faire évoluer dans un premier temps les pratiques actuelles vers l'extensification. Cette évolution pourra se faire en plusieurs étapes incluant par exemple :
- le développement des productions de terroir, disposant d'un label et soumises à un cahier des charges incluant la protection du milieu, attestant de l'origine et de la qualité du produit ;
- l'application du principe " pollueur-payeur " avec la taxation des intrants chimiques au profit des méthodes extensives ;
- le développement des techniques permettant de réduire la fertilisation chimique et les traitements phytosanitaires ;
- la mise en place de techniques d'exploitation extensives et moins dévastatrices de la faune ;
- la mise en place d'un élevage conforme à la biologie des animaux.

[R] En conclusion

Depuis plus d'une trentaine d'années, l'intensification des pratiques agricoles, stimulée par les politiques et soutenue par les responsables agricoles, a des conséquences dramatiques dans notre région : elle est responsable de la raréfaction et de la disparition de la faune et de la flore sauvages, de la dégradation des sols, de la détérioration de la qualité des eaux souterraines, de la destruction des paysages et de la disparition de bon nombre d'exploitations alsaciennes. Le choix en Alsace est simple : soit l'application de ce modèle intensif se poursuit et l'on condamne définitivement à la fois l'agriculture familiale à disparaître, l'espace rural à devenir un véritable désert biologique et la nappe phréatique à être inexploitable pour nos besoins en eau ; soit l'agriculture se tourne vers une exploitation extensive et accepte une cogestion de l'espace rural et l'on maintient de façon durable un espace rural vivant, un milieu naturel diversifié et la qualité de nos ressources en eau.
Il faut donc aujourd'hui permettre à la nature, dans le cadre d'une gestion collective de l'espace, de reconquérir au moins 30% de la surface agricole grâce à la mise en place de plans régionaux de ménagement du territoire et de développement volontariste de l'agriculture biologique. Cette agriculture diversifiée, s'appuyant sur un réseau de milieux naturels et semi-naturels, permettra de recréer dans notre région un cadre de vie harmonieux, riche et gratifiant. L'application de ce nouveau modèle suppose la participation de l'ensemble de la société, qui doit être solidaire et comptable de la gestion de l'espace devant les générations futures. Cet objectif doit aujourd'hui réunir agriculteurs, protecteurs de la nature et l'ensemble de forces vives de notre région.
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Notes

(1) Georges Bertrand, dans sa contribution à l'Histoire de la France rurale de Duby et Wallon (Coll. Points, Le Seuil, Paris, 1975, pp. 48-49), distingue quatre types de milieux : les milieux soumis à la culture intensive dont les sols sont modifiés par les modes de culture et les apports d'intrants ; les milieux climaciques ou primaires, fruits de l'évolution naturelle sans intervention humaine ; les milieux semi-naturels qui ont conservé l'essentiel de leur structure naturelle (couverture végétale, sol, etc.) mais dont l'évolution est modifiée ou contrôlée par l'intervention humaine ; les espaces intermédiaires soumis à des phases alternées d'exploitation et d'abandon humain (friches, landes). Si ces trois derniers types de milieux composent la nature, ce sont les deux derniers types, formant le saltus (en opposition à l'ager cultivé et à la silva préservée) qui ont le plus régressé en Alsace.[VU]
(2) Album de géographie de l'Alsace. Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, n°826, 3/1992.[VU]
(3) SCEES-INSEE, Recensement agricole 1988, Alsace, Principaux résultats. Agreste, ministère de l'Agriculture et de la Forêt, janvier 1990.[VU]
(4) IFEN : L'environnement en France. Edition 1994-1995, Editions Dunod, 1994.[VU]
(5) R. Oberlé : Terres d'Alsace. Serengeti éditions, 1994.[VU]
(6) B. Desjardins : L'agriculture alsacienne s'adapte à la nouvelle donne européenne. INSEE-Chiffres pour l'Alsace, n°28, juillet 1995.[VU]
(7) F. Ramade : Eléments d'écologie ; écologie appliquée. Ediscience international, 1992.[VU]
(8) Le guide de l'environnement. Jeunes agriculteurs, Hors série, février 1995[VU]
(9) Service régional de statistique agricole : Mémento agricole et rural, Alsace, Résultats 1993. Direction régionale de l'Agriculture et de la Forêt, 1994.[VU]
(10) Album de géographie de l'Alsace, op. cit.[VU]
(11) A. Waechter : L'agriculture industrielle face à la nature. Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse " Agriculture et Nature (1ère partie) ", n°781, 2/1981, pp. 45-52.[VU]
(12) SCEES-INSEE, op. cit.[VU]
(13) INRA-SCEES : Le grand atlas de la France rurale. Editions J.P. De Monza, 1989.[VU]
(14) C. Schenck : La pollution d'origine agricole de la nappe phréatique d'Alsace. Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse " De l'eau et des hommes en Alsace ", n°817, 2/1990, pp. 101-112.[VU]
(15) R. Oberlé, op. cit.[VU]
(16) Service Santé-Environnement : Qualité de l'eau distribuée dans le Bas-Rhin en 1994. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales du Bas-Rhin, mai 1995.[VU]
(17) C. Schenck, op. cit.[VU]
(18) A. Waechter, op. cit.[VU]
(19) Ciconia, livre rouge des oiseaux nicheurs d'Alsace. Vol. 13, numéro spécial, 1989.[VU]
(20) IFEN, op. cit.[VU]
(21) A. Waechter, op. cit.[VU]
(22) D. Heinrich et M. Hergt : Atlas de l'écologie. Editions La Pochothèque, 1993.[VU]
(23) D. Heinrich et M. Hergt, op. cit.[VU]
(24) Conseil de l'Europe : Health aspects of nitrates and its metabolites (particularly nitrite). Actes du colloque international de Bilthoven (Pays-Bas), 8-10 novembre 1994.[VU]
(25) E. Pluygers et P. Gourdin : Evaluation of Cancer Risks related to the use of agricultural chemicals. UNED-RISCAPE, Haine Saint Paul, Belgique.[VU]
(26) SCEES-INSEE, op. cit.[VU]
(27) Service régional de Statistique agricole, op. cit.[VU]
(28) Album de géographie de l'Alsace, op. cit.[VU]
(29). B. Desjardins, op. cit.[VU]

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